Le Niger en deuil après la mort de 21 personnes dans une attaque de "groupes armés terroristes"
Le ministère de la Défense du Niger a accusé
mardi une "coalition de groupes armés terroristes" d'avoir attaqué un
détachement de l'armée dans la région de Tillabéri, tuant 20 militaires
et un civil. Il affirme également que "plusieurs dizaines de
terroristes" ont aussi été tués dans cette attaque. Un deuil national de
trois jours a été décrété.
Vingt militaires et un
civil ont été tués, mardi 25 juin, lors d'une attaque perpétrée par des
"groupes armés terroristes" dans l'ouest du Niger, pays dirigé par un régime militaire qui a décrété trois jours de deuil national.
"Mardi
25 juin aux environs de 10 h (9 h GMT), un détachement des Forces de
défense et de sécurité (FDS) en contrôle de zone a fait l'objet d’une
attaque par une coalition de groupes armés terroristes", a indiqué le
ministère de la Défense dans un communiqué lu à la télévision nationale
Télé Sahel. L'attaque a eu lieu "aux abords du village de Tassia", dans
"la zone de Téra", a-t-il précisé.
Il fait état de "21 martyrs
dont un civil", "9 blessés pris en charge à l'hôpital de Gothèye" et de
"deux véhicules endommagés". "Plusieurs dizaines de terroristes" ont été
tués, indique-t-il également et "des renforts aériens et terrestres
sont actuellement déployés pour rechercher et détruire le reste des
assaillants". "Un deuil national de trois jours sera observé à compter
de demain mercredi 26 juin sur toute l’étendue du territoire national,
les drapeaux seront mis en berne", a-t-il déclaré.
Dimanche, l'armée nigérienne a dit avoir tué un "membre" de l'État islamique dans cette région.
Dans
la zone de Téra, les civils sont fréquemment visés par les atrocités
commises par les jihadistes, qui entraînent régulièrement d'importants
déplacements d'habitants. Téra est également le lieu de passage du fret
du Niger - des milliers de camions par mois -, arrivant du port de Lomé,
au Togo, via le nord du Burkina, sous escorte des armées des deux
voisins.
Le Niger est également miné dans son sud-est par les violences de Boko Haram et de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP).
L'alliance de trois régimes militaires
Par
ailleurs, le pays est dirigé par un régime militaire issu d'un coup
d'État perpétré le 26 juillet 2023, avec à sa tête le général Abdourahamane Tiani. Les militaires ont renversé le président civil Mohamed Bazoum et le détiennent depuis.
Comme
le Mali et le Burkina voisins, également dirigés par des militaires -
respectivement depuis 2020 et 2022 -, le Niger a multiplié les actes de
rupture avec la France, ex-puissance coloniale.
Les trois pays sahéliens, regroupés au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES),
ont "finalisé" mi-mai à Niamey un projet de texte créant la
Confédération de cette alliance, que les chefs d'État de ces trois
régimes militaires devraient adopter lors d'un prochain sommet.
La
coopération de l'AES a "pris un chemin de non-retour", a déclaré mardi
le chef du pouvoir malien, le colonel Assimi Goïta, après un entretien à
Ouagadougou avec son homologue burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré.
Il a réaffirmé les nouveaux liens noués par l'AES avec d'autres pays
comme "la Russie, la Chine, la Turquie". "Ces nouveaux partenariats ont
permis aux trois pays de bien s’équiper et de mener avec efficacité les
opérations contre les groupes armés terroristes", a-t-il poursuivi.
Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine
En janvier, ses pays membres ont annoncé leur retrait de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), une organisation qu'ils jugent instrumentalisée par la France.
Le
Niger, lui, vit une brouille diplomatique avec le Bénin. Un oléoduc de
près de 2 000 km est censé transporter le brut d'Agadem jusqu'au port
béninois de Sèmè-Kpodji, mais les relations entre les deux voisins sont
tendues depuis le coup d’État militaire. Le Niger refuse toujours
d'ouvrir leur frontière commune et a coupé les vannes du pipeline.
Selon
Télé Sahel, les anciens présidents béninois Nicéphore Dieudonné Soglo
et Thomas Boni Yayi ont été reçus mardi par le général Tiani en présence
du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine. Le média évoque
une "mission de médiation" entre les deux pays. Aucune déclaration n'a
été rendue publique.
Les journaux locaux se font régulièrement l'écho de gros problèmes à la maison d'arrêt de L'Hermitage, à Brest. Et encore, on sait bien que tout n'est pas rendu public...
Que fait la LDH (Ligue des Droits de l'Homme) ?
Rien.
Il y a bien longtemps qu'elle ne se soucie plus des conditions de détention à L'Hermitage et l'affiche sans aucun complexe en s'étant choisi comme représentant... un psychiatre chef de service de l'hôpital psychiatrique de Bohars, dont l'un des collègues est responsable de la santé mentale des détenus, et où règnent de toute façon depuis toujours violences et arbitraire : tous les détenus ayant connu à la fois la prison et l'HP s'accordent à dire que l'HP est bien pire et personne n'entend jamais parler de toutes les horreurs qui s'y passent à moins d'être assez proche de personnes directement intéressées.
Sauf en 2021 après le passage du Contrôleur général des lieux de privation de liberté :
« Vous avez tué des détenus, la roue tourne » : un homme de 21 ans condamné pour outrage par le tribunal de Brest
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Ce
mardi, au tribunal de Brest, un détenu de 21 ans a vu la date de sa
libération s’éloigner. Il a été condamné à une peine de trois mois pour
un outrage à l’endroit de deux agents pénitentiaires.
Ce
mardi 22 juin 2024, un homme de 21 ans, détenu à la maison d’arrêt de
Brest, a été condamné pour un outrage à l’endroit de deux agents
pénitentiaires. (Photo d’illustration Le Télégramme)
À
l’audience des comparutions immédiates de ce mardi 25 juin 2024, un
homme de 21 ans, détenu à la maison d’arrêt de Brest, était présent à la
barre du tribunal de la cité du Ponant. Un outrage à l’endroit de deux
agents de l’établissement pénitentiaire, le 15 mai 2024, lui était
imputé.
À la maison d’arrêt de Brest, il insulte plusieurs surveillants
Au lendemain du meurtre
de deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, tués au
péage d’Incarville (Eure) lors d’une attaque à la voiture-bélier, un
détenu de Brest (Finistère) avait insulté plusieurs surveillants. Le
tribunal de Brest l’a condamné, ce mardi 25 juin 2024, à trois mois de
prison.
Le tribunal de Brest l’a condamné à trois mois de prison pour outrages à agents. | OUEST FRANCE
« Le contexte est essentiel pour comprendre le dossier. » Un détenu de 21 ans a insulté plusieurs agents pénitentiaires de la maison d’arrêt de Brest (Finistère), le 15 mai 2024.
Nous sommes au lendemain du meurtre de deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello.
Les deux agents pénitentiaires ont été tués au péage d’Incarville
(Eure) lors d’une attaque à la voiture-bélier, alors qu’ils
transportaient un détenu, Mohamed Amra, qui est toujours en fuite. Le
pays est sous le choc et les surveillants de Brest s’apprêtent à
respecter une minute de silence.
Trois mois de prison
C’est à ce moment-là que le détenu de 21 ans indique à son voisin : « Vous tuez des détenus en cellule, ne vous étonnez pas que la roue tourne. » Des propos entendus par l’un des surveillants qui lui demande de répéter. Il le fera, plusieurs fois.
À l’audience, ce mardi 25 juin 2024, le détenu est calme. Il maintient sa version des faits : « Je ne les ai pas insultés, je n’ai jamais dit : bien fait pour eux. » Le parquet requiert six mois de prison ferme. Le tribunal l’a condamné à trois mois de prison.
430 détenus à Brest pour 254 places, matelas au sol… Reportage entre les murs de la maison d’arrêt
À la maison d’arrêt de
Brest, les conditions de détention et de travail sont pointées du doigt
par les agents. Ils ont pu s’en ouvrir au député Didier Le Gac, en
visite pendant deux heures.
Le député brestois Didier Le Gac visite une cellule de la maison d’arrêt de l’Hermitage. | OUEST FRANCE
Troisième étage du bâtiment 3, de la maison d’arrêt de Brest (Finistère). « Le 3-3 », comme l’appellent les surveillants de l’établissement. Dans cet étage, s’entassent 60 détenus, pour 35 places.
« À la base, cette cellule était prévue pour une seule personne,
indique un des agents de la pénitentiaire, en rentrant dans une pièce,
dont le sol est recouvert de lino et le mur d’affiches ou de dessins. Depuis, on a mis un lit superposé et rajouté un matelas au sol. »
Trois détenus occupent désormais cet espace, embaumé d’une
solide odeur de tabac froid et où règne un désordre certain. Près de
l’unique fenêtre, trône un petit téléviseur, qui retransmet un...
Face à la surpopulation carcérale, la maison d’arrêt de Brest est au bord « l’implosion »
La situation à la
maison d’arrêt de Brest (Finistère) ne fait que se dégrader. Selon le
syndicat Force Ouvrière (FO), le nombre de détenus dépasserait les 458,
pour une capacité d’accueil de 254 places. Une surpopulation qui a des
conséquences sur les conditions de détention, mais également sur le
personnel, qui craint l’événement de trop.
Près de 458 détenus occupent la maison d’arrêt de Brest (Finistère), alors que la capacité d’accueil est de 254 places. | OUEST FRANCE
« On ne peut tout de même pas pousser les murs ! »
s’insurge Reynald Cochennec, délégué FO-Pénitentiaire. La maison
d’arrêt de Brest (Finistère) vient de battre un triste record, celui des
458 détenus, pour une capacité d’accueil qui ne dépasserait pas les
254 places. Depuis quelques mois, syndicats et personnels alertent sur cette surpopulation carcérale. « On
a beau faire sortir trois à quatre détenus par jour, il y en huit qui
vont rentrer à la journée. Ce n’est pas un rythme soutenable », soutient le syndicaliste.
Alors
que la surpopulation devient chaque semaine plus critique au sein de la
Maison d’arrêt de Brest, les représentants syndicaux du service
pénitentiaire d’insertion et probation appellent à une « réaction
immédiate ».
Si
les conseillers du Spip sont tenus au devoir de réserve, leurs
représentants syndicaux tapent du poing sur la table face à la
surpopulation carcérale à Brest. (Photo Le Télégramme/Pierre Chapin)
La
maison d’arrêt de Brest a atteint le chiffre record de 461 détenus la
semaine dernière, pour une capacité théorique de 254 places. Quelles
sont les conséquences sur la vie à l’intérieure de la prison ?
Ronan
Guéguéniat (CGT) : « Ce sont des cellules à trois ou quatre personnes,
avec des matelas au sol… Il y a 212 places pour les hommes normalement,
ils étaient 425 en milieu de semaine. Certains devraient être seuls en
cellule, au vu de leur profil ou de leurs troubles, mais ce n’est plus
possible. Cela crée forcément des tensions. Il y a un véritable enjeu de
sécurité pour les détenus, mais aussi les personnels pénitentiaires
et intervenants. Même le quartier arrivants, qui est censé être plus
calme, est touché : le climat est désormais hyperanxiogène. Globalement,
on peut s’estimer heureux de n’avoir pas eu de drame à déplorer ces
dernières semaines. Et plus largement, cette situation bloque tout :
plus il y a de détenus, moins il y a de possibilité de travailler, que
ce soit au service général (environ 50 postes) ou dans le petit atelier
de couverture de livres (quatre places). Et c’est pareil pour la
scolarisation ».
La surpopulation carcérale dépasse
les 200% dans le quartier hommes de la maison d'arrêt de Brest. Une
situation qui accroît les tensions entre détenus et qui rend le travail
des surveillants et agents de plus en plus compliqué.
Le
constat est unanimement partagé : la prison de Brest est en
surchauffe. Les députés finistériens Didier Le Gac et Jean-Charles
Larsonneur se sont rendus sur place récemment et le sénateur Michel
Canevet a alerté le gouvernement sur la situation de surpopulation
carcérale qui atteint aujourd'hui 190% dans l'établissement et plus de
200% dans le quartier hommes, avec 452 détenus pour 224 places en fin de semaine dernière.
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"C'est une cocotte minute, reconnaît Didier Le Gac (Renaissance), qui a visité les lieux à deux reprises ces deux derniers mois. À
tout moment, ça peut exploser, il suffit d'un incident ou d'une
agression. Mais comme me l'a dit la directrice, on a de la chance : si
la maison d'arrêt tient, c'est grâce aux personnels."
Davantage de tensions entre détenus
Aujourd'hui,
toutes les cellules du quartier principal sont triplées, alors que la
norme en France est censée être d'une cellule pour un détenu. Environ 80 détenus dorment donc au sol,
sur un matelas. Une situation qui empêche de les regrouper par
affinité, ce qui accroît les tensions et qui stresse les nouveaux
arrivants qui s'entassent dès les premières heures d'emprisonnement. "Le
constat est dramatique. La prison est censée punir, mais aussi réduire
la récidive, or aujourd'hui, je pense qu'on augmente la récidive", lance Charlotte Cloarec du Snepap-FSU.
Certains craignent de revivre l'affaire Jouan, jugée cette semaine aux assises de Quimper. Et cela empêche de travailler en amont avec les détenus : "La
semaine dernière, 27 personnes ont été écrouées sur la période, ce qui
complique nos tâches d'accompagnement, de suivi et d'analyse", explique Ronan Guéguéniat de la CGT du SPIP, les services pénitentiaires d'insertion et de probation.
Il
n'y a pas que le nombre global de détenus qui augmente, mais aussi les
flux à l'intérieur de la prison. Comment, dans ce contexte, analyser
finement les profils des prisonniers pour donner les éléments
nécessaires au juge d'application des peines ou mettre en place des programmes de réinsertion adaptés ? "Je pense que la baisse constatée du nombre d'aménagements de peine est liée à cette situation", explique Chalotte Cloarec.
Tir au mortier sur le mirador
Dans ce contexte, les gardiens ont du mal à assurer leur propre sécurité. En l'espace d'une dizaine de jours, on a tiré au mortier sur le mirador de la prison,
une agression a eu lieu dans la cour de promenade et une bagarre a
éclaté entre détenus, ce qui était rare jusqu'à présent à Brest.
Il y a aussi la problématique du trafic de drogue, extrêmement juteux en prison, avec des colis lancés régulièrement par-dessus les murs : "On retrouve en moyenne deux à trois kilos par semaine, les tarifs en prison sont plus chers donc l'enjeu financier pour les trafiquants est grand",
explique Reynald Cochennec, surveillant et secrétaire local adjoint de
FO Justice. Du cannabis, de la cocaïne, du crack, de l'héroïne et
récemment une lame de 18 cm. "Il faudrait des filins de sécurité, mais apparemment ça ne se fera pas. Et quand ce sera une arme à feu ?", lance le syndicaliste qui décrit "une équipe fatiguée, mais heureusement solidaire". Ils sont une centaine d'agents à se relayer dans les murs. Les arrêts maladie sont de plus en plus fréquents.
Des
surveillants qui craignent que la situation ne se tende encore avec la
montée des températures dans quelques semaines. De quoi faire monter
encore la tension dans les coursives surchauffées de la prison.
La direction n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Prison de Brest : "la qualité des soins se dégrade, les bagarres se
multiplient"
La surpopulation carcérale à la maison d'arrêt de
Brest a des conséquences sur le travail des professionnels de santé.
Ils dénoncent la dégradation des soins.
Le personnel soignant de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt de Brest était en grève ce mercredi 17 avril 2024. Un rassemblement était organisé devant la prison de 11 h à 13 h.
Les professionnels dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail en raison notamment de la surpopulation carcérale.
470 détenus pour 256 places
Ce mercredi matin, il y avait 470 détenus pour 256 places, d’après une soignante rencontrée sur place. « Et ils étaient 486 la semaine dernière. »
Une
femme, membre de l’unité sanitaire (comprenant des médecins
généralistes, psychiatres, addictologues ou encore des dentistes), nous
expose la situation à laquelle elle est confrontée :
En ce moment, la prison est comme une cocotte-minute. Je constate une
dégradation de la santé mentale de plusieurs détenus. Au sein du centre
médico-psychologique, nous avons jusqu’à un mois d’attente en ce
moment. Les arrivées étant nombreuses, il faut parfois attendre jusqu’à
quinze jours pour voir les nouveaux détenus, alors qu’en principe il
faudrait les rencontrer dans les 24 heures.
Elle regrette de devoir donner des soins de moins bonne qualité.
« Pour les traitements de substitution aux drogues, nous devons voir 50
détenus en une heure. Or, ce moment est censé être un peu privilégié
entre le détenu et le soignant, pour discuter de ce qui ne va pas. »
Vidéos : en ce moment sur Actu
« Les bagarres se multiplient »
La
conséquence, selon les professionnels de santé, des tensions qui
génèrent par exemple des bagarres dans la prison, « il y en a une par
jour en ce moment ».
Des tensions que ressentent forcément les surveillants.
Pour l’un d’eux, présent ce matin par solidarité avec ses collègues,
« beaucoup de détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Tout le
monde ne peut pas être vu à l’instant T, les agressions se
multiplient. »
Et par ricochet, la charge de travail du personnel ne fait qu’augmenter. Il réclame des conditions de travail plus sereines et dignes.
« Même
pour le travail de réinsertion, rien n’avance. Certains sortent de la
maison d’arrêt avec des prescriptions de médicaments qu’ils ne peuvent
même pas aller chercher car nous n’avons pas eu le temps de faire les
démarches pour leur procurer une carte vitale. »
« Prison morte » : le mouvement se poursuit à la maison d’arrêt de Brest
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Par
David Cormier
Deux
jours après la mort de deux de leurs collègues lors d’une attaque dans
l’Eure, les agents pénitentiaires de Brest poursuivent l’opération
prison morte, vendredi 17 mai. Un des agents d’extraction, Reynald
Cochennec, raconte son métier.
Ce
jeudi 16 mai 2024 au matin, comme la veille, des agents de
l’administration pénitentiaire se sont regroupés devant la maison
d’arrêt de l’Hermitage, à Brest. Parmi eux, Reynald Cochennec (deuxième à
droite), raconte son expérience d’agent d’extraction. (Photo Le
Télégramme/David Cormier)
« Quand
on fait de l’extraction, forcément, il y a des risques. Nos véhicules
portent les symboles de l’État, le profil des détenus n’est pas celui
d’enfants de chœur, il y a des gens qui n’ont plus peur de rien. Et nos
véhicules ne sont pas adaptés. Ici, on a demandé plusieurs fois un
véhicule banalisé, c’est tout le temps refusé, par idéologie »,
estime-t-il.
La fouille de deux cellules de la
maison d'arrêt de Brest a permis de mettre la main samedi 8 juin sur de
la drogue, des téléphones et plusieurs armes blanches. Un syndicat
alerte sur le caractère "régulier" de ces saisies.
Des
armes blanches, 250 grammes de résine de cannabis et au moins sept
téléphones ont été retrouvés après une fouille de deux cellules de la
maison d'arrêt de Brest, samedi 8 juin au matin, indique le syndicat
Force ouvrière, confirmant une information de Ouest-France. Le syndicat précise qu'une fouille a été ordonnée après le signal d'un survol de drone
au-dessus de l'établissement pénitentiaire. Les surveillants auraient
réussi à identifier la cellule qui se faisait livrer, et procédé à une
recherche. "Ils ont mis la main sur un couteau en céramique, couteau
qui échappe aux détecteurs de métal, et qui est notre principale
inquiétude", précise Reynald Cochennec, délégué syndical FO-Pénitentiaire, qui fait partie du personnel.
Le syndicaliste nous précise que plus tôt dans la semaine, les surveillants avaient déjà découverts des couteaux et des armes artisanales. Et d'ajouter : "C'est régulier, on trouve de tout." Reynald Cochennec réclame "des filets antiprojections et des systèmes antidrônes."
... uniquement contre la fraude sociale et celle à la TVA...
Il pousse un peu, quand même, non ?
On trouve quantité de fraudeurs du fisc parmi ses militants et partisans.
Mes anciens employeurs mafieux, par exemple, les complices de le mère maquerelle Josette Brenterch du NPA de Brest : tous fraudeurs du fisc pour des millions de francs à l'époque des faits, et de l'URSSAF, des ASSEDIC, etc... jusqu'à virer des gens uniquement pour faire supporter par l'ASSEDIC une part de leur revenu salarial habituel et ne plus leur verser que le complément au noir, tout en continuant à les exploiter en clientèle, et même à l'ASSEDIC dans un cas, d'où la découverte du pot-aux-roses... avec sanction uniquement pour l'informaticien qui avait accepté de travailler dans ces conditions, mais lui n'avait pas le choix... Sans parler des faillites frauduleuses et de toutes les autres magouilles...
Comment ? On ne comprend pas ce que je raconte à propos de l'ASSEDIC ?
C'est pourtant simple : pour faire des économies sur les salaires, plutôt que d'arrêter de payer ses salariés, ce qui peut quand même conduire à des procès prud'homaux, il vaut mieux les licencier pour fautes graves (imaginaires, bien sûr) et le faire savoir auprès de leurs futurs employeurs potentiels juste assez pour qu'ils ne puissent pas retrouver du travail tout de suite, de telle sorte qu'ils soient obligés d'accepter de continuer à travailler pour l'employeur licencieur, mais cette fois à ses conditions, qui ne sont plus celles de contrats de travail légaux et librement consentis, mais passent par l'inscription à l'ANPE ou aujourd'hui Pôle emploi, avec versement d'allocations de chômage en guise de nouveaux "salaires" mensuels, complétés par des sommes versées par l'employeur en dehors de tout contrat. Celui de mes anciens employeurs mafieux qui l'a fait, à une certaine époque de manière massive relativement au nombre total de ses salariés, en avait placé un dans ces conditions au service informatique de l'ASSEDIC qui n'a pas tardé à se rendre compte qu'il était inscrit au chômage et percevait des allocations de chômage. Bien sûr, le faux chômeur et vrai fraudeur s'est fait gravement taper sur les doigts : poursuivi, il a été condamné. Mais l'employeur qui l'avait contraint à accepter cette situation n'a jamais été inquiété.
C'est un très bon copain de la mère maquerelle de Brest et de toute sa clique, pas seulement brestoise. A l'époque où il m'est tombé dessus, il bénéficiait déjà de complicités chez les syndiqués Sud ou CGT de La Poste, France Télécom, la Sécurité Sociale, etc... l'Inspection du travail, qu'il était très fier de dire à ses salariés avoir achetée pour n'avoir aucun problème, des fonctionnaires de police, également achetés, etc, etc.. ses juges... plein de monde. Il n'avait de soucis qu'avec les agents du fisc et ceux des RG d'un certain niveau, puisqu'il se plaignait que ses copains flics ne pouvaient pas accéder à ma fiche aux RG.
Élections législatives 2024 : à quoi servirait le ministère de la lutte contre la fraude voulu par Jordan Bardella ?
Lundi
24 juin, Jordan Bardella a présenté le programme du Rassemblement
national pour les législatives anticipées du 30 juin et du 7 juillet
2024. [REUTERS/Gonzalo Fuentes]
Par
CNEWS
Publié le
-
Mis à jour le
S’il obtient une majorité de sièges à
l’issue des élections législatives, Jordan Bardella a promis de créer un
ministère chargé de lutter contre la fraude, estimée à plusieurs
dizaines de milliards d’euros selon lui. Mais quel serait le rôle de ce
nouveau portefeuille ministériel ?
Faire de la lutte contre la fraude un des arguments de la campagne
législatives, plusieurs candidats l’ont fait. Et le Rassemblement
national n’y échappe pas : ce lundi 24 juin, alors que Jordan Bardella présentait le programme
du parti nationaliste, il a indiqué dans ce dernier qu’«un ministère
chargé de la lutte contre la fraude» serait créé si son camp parvient à
remporter une majorité de sièges à l’Assemblée nationale.
Dans le détail, le parti entend «permettre aux organismes sociaux
d’accéder aux fichiers utiles pour lutter contre la fraude», mais aussi
de «contrôler que les personnes qui perçoivent des prestations sont
toujours vivantes, en particulier lorsqu’elles vivent à l’étranger» et
de «mettre en place la carte vitale biométrique».
La partie du programme mentionnant la lutte contre la fraude promet
également de «renforcer les contrôles des importations pour mettre fin
à la vente de produits étrangers ne respectant pas les normes
françaises» et de «rendre les distributeurs responsables juridiquement
en cas de vente de produits non conformes aux réglementations
nationale».
En France, «les fraudes seraient de l’ordre de 15 milliards d’euros
par an pour la seule TVA, de 10 à 20, voire 25 milliards d’euros pour la
fraude aux prestations sociales, alors même que les organismes sociaux
n’ont détecté, en 2019, qu’un milliard d’euros de fraude», a par
ailleurs justifié le parti politique.
Contrôler le versement des prestation des personnes vivant à l'étranger
En clair, le Rassemblement national entend lutter à la fois contre la
fraude à la TVA et la fraude sociale. Sauf que si le montant relayé au
sujet de la première s'avère exact conformément à un rapport de la Cour
des comptes datant de 2019, la véracité du second chiffre évoqué pose
question. En effet, les Sages ont établi plusieurs estimations de la
fraude sociales, qui pourrait atteindre 8 milliards d'euros selon eux.
Une somme qui serait bien inférieure à celle avancée par le RN.
Proxénétisme, avortements forcés et rites vaudous : plongée dans un "cult" nigérian à Paris
Sept Nigérians sont jugés à partir de lundi par
la cour criminelle de Paris pour traite des êtres humains et
proxénétisme en bande organisée. Il s'agit de l'un des rares dossiers
sur les "cults", ces gangs criminels nigérians qui prospèrent de Paris à
Naples, en passant par Marseille.
Ils sont discrets mais
redoutables. Depuis plusieurs années, les "cults", sortes de mafias
nigérianes, prospèrent en Europe de l'Ouest, et notamment en France, où
plusieurs succursales opèrent, principalement dans la traite d'êtres
humains ou le trafic de stupéfiants. Sept hommes comparaissent à partir
de lundi 24 juin et jusqu'au 9 juillet devant la cour criminelle
départementale de Paris, accusés d'avoir monté un réseau de proxénétisme
de femmes nigérianes en région parisienne.
Selon l'ordonnance de
mise en accusation consultée par France 24, ils appartiendraient à la
confraternité "Maphite", issue de Benin City, et dont le chef
international Don Cesar a été incarcéré en 2020 en Italie pour
organisation criminelle.
"En Europe, deux groupes 'cultist' sont particulièrement implantés :
les Eiye (Supreme Eiye confraternity) et les Aye (Black axe). Ils sont
spécialement présents en Espagne et en Italie où ils sont impliqués dans
le trafic de stupéfiants et la traite des êtres humains", lit-on dans
le document.
Violences et avortements forcées
À Paris, les
sept membres de Maphite qui s'apprêtent à être jugés ont créé une
succursale intitulée "Famille Tour Eiffel". Ces hommes sont pour la
plupart originaires de l'État d'Edo, dans le sud du Nigeria, d'où vient aussi l'immense majorité des prostituées du pays.
En 2021, en France, 40 % des victimes de traite d'êtres humains étaient
originaires du Nigeria, et ce chiffre grimpait à 63 % lorsqu'on parle
d'exploitation sexuelle, selon un rapport ministériel.
Les
faits de proxénétisme remontent entre janvier 2019 et juin 2021.
"Chacun des protagonistes avait à sa disposition plusieurs jeunes
femmes, se livrant à la prostitution en France, notamment dans le
secteur du Bois de Vincennes ou de Château Rouge, mais également à
l'étranger", estiment les services d'enquête. L'une des victimes affirme
par exemple avoir rapporté entre 11 000 et 12 000 euros à son
proxénète, Ehis O., entre 2018 et 2019. Une autre, Blessing O., estime
avoir remis entre 6 000 et 7 000 euros sur neuf mois à son souteneur.
Quand
les passes ne sont pas assez fructueuses ou nombreuses, les membres du
cult n'hésitent pas à faire usage de la violence. Blessing O. "était
battue, notamment lorsqu'elle ne ramenait pas assez d'argent, résume
l'ordonnance. Les menaces et les violences pouvaient aisément s'étendre à
leurs familles restées au pays, ce dont il était d'ailleurs fait
mention dans les interceptions téléphoniques."
Celles qui ont le
malheur de tomber enceinte sont également contraintes d'avorter.
Parfois, on leur tend une pilule de Cytotec, un médicament qui provoque
de violentes contractions, retiré du marché en
raison de ses effets indésirables graves. D'autres sont frappées au
niveau du bas ventre. L'une des plaignante dénonce ainsi pas moins de
dix avortements forcés, dont cinq avec des coups. "Toutes ces femmes ont
subi des violences, des coups, des avortements forcés. Elles ont
tellement été réifiées, qu'elles ont fini par se laisser faire [...].
Mais ma cliente est pleine de courage, elle tient à venir témoigner au
procès et à dénoncer ces agissements", réagit Me Catherine Daoud,
avocate de l'une des premières plaignantes.
Emprise psychologique du "juju"
Un
acte d'autant plus courageux que les prostituées nigérianes ont signé
un pacte, le "juju", qui leur interdit de désobéir ou de dénoncer ceux
qui les ont aidé à rallier l'Europe, sous peine de malédiction. Cette
cérémonie spirituelle est ritualisée, avec un prêtre, le "Native doctor"
et inclut parfois des pratiques violentes allant de la scarification au
viol. "En général, on sacrifie un coq, parfois elles doivent en manger
le cœur encore palpitant. On leur demande ensuite de donner des poils
pubiens ou des aisselles, ou une culotte avec du sang menstruel. Il y a
quelque chose de l'emprise psychologique très forte", raconte Me
Catherine Daoud, qui a elle-même vécu au Nigeria.
Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine
Les femmes contractent ensuite une dette d'environ 30 000
euros, qu'elles doivent rembourser auprès d'une "Mama" ou "Madam", sorte
de gestionnaire de la prostitution qui est souvent elle-même une
ancienne prostituée. La plupart sont passées par l'enfer des prisons
libyennes, avant de traverser la Méditerranée en canot et d'être
secourues par les garde-côtes italiens. En 2016, au plus fort de la
crise migratoire, plus de 40 000 Nigérians ont ainsi débarqué en Italie,
devenant la première nationalité représentée selon Frontex, l'agence
européenne en charge des frontières. La tendance a depuis changé,
puisque le Nigeria n'est plus dans les 10 principaux pays d'origine
en 2023.
Les procès se multiplient
Avec l'augmentation de
la prostitution nigériane à Paris, Lyon, Bordeaux ou encore Marseille,
les autorités judiciaires françaises ont commencé à s'intéresser de près
aux "cults", là où l'Italie les considère désormais comme des
organisations mafieuses, au même titre que la Camorra. En 2018,
15 personnes, dont 11 femmes, ont été condamnées par le tribunal
correctionnel de Paris pour proxénétisme aggravé et traite des êtres
humains dans la cadre d'un réseau de prostitution nigériane.
En 2020, un proxénète a été condamné aux assises de Paris
à 18 ans de prison pour traite des êtres humains et proxénétisme
aggravé sur mineures. À Marseille, où les "cults" ont pris une
inquiétante dimension, 15 prévenus du gang des Arrow Baga ont été
reconnus coupables d’association de malfaiteurs en décembre 2023. Ils
ont écopé de peines allant jusqu'à 10 ans de prison ferme.
Interrogés
à de multiples reprises par la juge d'instruction, les sept hommes mis
en cause dans l'affaire "Maphite" rejettent la plupart des accusations,
même s'ils ont admis qu'ils savaient que ces jeunes femmes se
prostituaient. Bien que les enquêteurs aient mis la main, lors des
perquisitions, sur des vêtements paramilitaires verts – typiques des
Maphite –, plusieurs contestent leur appartenance au "cult".
L'un
des mis en examen compare ainsi l'organisation à une "association
étudiante pour défendre les droits des étudiants au Nigeria et en Europe
qui servait de lieu de rencontres festives et d'entraide". Si les
"cults" sont bien nés dans les universités nigérianes dans les années
1970, ils se retrouvent désormais sur les bancs des tribunaux français.
Épisode 3/4 : De Lagos à Marseille : l’emprise des gangs nigérians
Mercredi 22 novembre 2023
À
Marseille, 13 membres du gang nigérian “Supreme Vikings” comparaissent
pour proxénétisme, viols en réunion et réseaux d’immigration
clandestine. Loin d’être un cas isolé, ce "cult" fait partie d’une
nébuleuse de groupes criminels aux allures de mafia, qui pullulent en
Europe.
Avec
Célia Lebur Journaliste à l’AFP, coordonne la cellule d’investigation numérique pour l’Afrique francophone
Le
6 novembre dernier s’est ouvert à Marseille le procès du gang “Arrow
Baga”, autrement connu sous le nom de “Supreme Vikings”. Treize membres -
tous des hommes - de ce "cult" nigérian ultraviolent comparaissent en
correctionnelle pour proxénétisme, viols en réunion et réseaux
d’immigration clandestins. Loin d’être un cas isolé, ce "cult" fait
partie d’une nébuleuse de groupes criminels aux allures de mafia, qui
pullulent en Europe. À Lagos, à Marseille, mais aussi Naples, les
mercenaires de la Nigerian Connection tissent leur réseau d'activités
criminelles.
De
l’intronisation des nouveaux venus, aux funérailles de leurs membres et
jusqu’aux cérémonies d’avant le départ du Nigeria des femmes qu’ils
destinent à la prostitution, les "cults" accompagnent leurs trafics et
leurs crimes de pratiques mystiques et de rites difficiles à saisir.
Focus - La justice face à la traite humaine des femmes
La
traite humaine des femmes est l’un des activités principales des
"cults". Alors que de nombreuses enquêtes sont en cours, que l’attention
de la justice se porte sur ces gangs, et que de plus en plus de
victimes osent parler, de quels outils juridiques disposent réellement
la France et l’Europe ? Comment démanteler ces réseaux, en juger les
membres et protéger les victimes ?
France: treize condamnations lors du procès du gang nigérian des «Arrow Baga» à Marseille
À Marseille, le procès des « Arrow Baga»
vient de se terminer après trois semaines. Un « cult » nigérian, en
fait un gang criminel au fonctionnement ultra-violent. Les prévenus ont
été jugés pour proxénétisme, viols ou encore réseaux d’immigration
clandestine.
Pour les treize accusés
âgés de 22 à 37 ans, les peines vont de 3 à 10 ans de prison pour viols
en réunion, proxénétisme aggravé par l’usage de la contrainte, détention
d’armes ou encore participation à des réseaux d’immigration
clandestine. La majorité des accusés écope de 10 ans, la peine maximale
que peut attribuer le tribunal correctionnel, un soulagement pour les
parties civiles. « Je suis relativement satisfaite parce que les peines prononcées ont été très élevées », souffle Jennifer Attanasio, avocate des parties civiles. Même si les victimes resteront marquées à vie.
Les
victimes ont été absentes durant les trois semaines du procès, faute de
moyens pour se déplacer, par peur ou, car elles ont fui Marseille. Le
premier jour, une femme de 22 ans a eu le courage de défier la loi du
silence, visage caché. Elle a raconté avoir été séquestrée, forcée de se
prostituer, menacée par armes.
De l’eldorado à l’enfer
« On va leur faire miroiter, comme c’est souvent le cas, "l’eldorado
français", explique Alain Lhote, avocat des parties civiles. "Viens en
France, c’est magnifique, tu verras, tu seras coiffeuse, tu seras
hôtesse"... Et en réalité, elles échouent sur le trottoir marseillais… »
Ces victimes sont des femmes très jeunes, parfois mineures. Au Nigeria,
ces gangs organisés leur font miroiter monts et merveilles, mais dès
qu’elles quittent leur famille, le piège se referme et commence par un
parcours migratoire semé de traumatismes. Une fois arrivées en Europe,
elles sont séquestrées, démunies de leurs papiers et forcées
d’abandonner leur corps pour 5, 10 ou 20 euros. Alain Lhote refuse de
parler de « prostitués » mais bien « d’esclaves victimes de la traite humaine ».
Leur
asservissement est finement calculé, via notamment le rite du djoudjou,
effectué au Nigeria et selon lequel tout acte de désobéissance entraîne
une malédiction. « Elles ont vraiment peur qu’un mauvais sort soit
jeté à leur famille et sur elles. Donc, c’est extrêmement difficile de
parler et même quand elles parlent, c’est comme s’il y avait une épée de
Damoclès sur leur tête », explique Laure, une travailleuse sociale.
Mais
le silence de ces femmes ne tient pas qu’aux croyances. Pour
contraindre leurs victimes, les proxénètes utilisent couteaux et
machettes. Les viols collectifs, pendant des heures et sans préservatif,
sont utilisés pour briser ces femmes et servent de punition… Le
premier jour du procès, une femme, à visage caché, a raconté à la Cour
qu’elle a essayé de s’enfuir, mais qu’elle a été rattrapée et brûlée au
fer. Ces femmes ont une peur constante de mourir.
Alors, « ce verdict est un message fort envoyé aux victimes », selon Jennifer Attanasio. « On
dit : Non, ce n’est pas possible de prendre ces jeunes femmes, de les
faire venir sous de faux prétextes et de les mettre sur le trottoir,
contraintes et forcées. » Laure abonde : « Sans peines fortes, les filles ne vont pas faire confiance à la justice et resteront toujours silencieuses. »
Les jeunes femmes seront indemnisées jusqu’à 35 000 euros.
L’association L’amicale du Nid, qui a soutenu et accompagné ces jeunes
femmes jusqu’au procès, sera également indemnisée.
On estime que, chaque année, 45 000 femmes nigérianes sont transportées en Europe pour devenir des esclaves sexuelles.
Ces attaques ont été revendiquées par l'État islamique au Khorassan, qui avait mené l'attentat de mars dernier à Moscou.
Moscou
Le scénario est tristement banal pour la République russe caucasienne du Daguestan,
située entre la mer Caspienne et la Tchétchénie. Dimanche soir, au
moins six terroristes, des locaux, ont pris d'assaut deux synagogues et une église orthodoxe
dans les deux grandes villes de la République, Makhatchkala et Derbent.
À Derbent, une synagogue a été incendiée, un prêtre orthodoxe, Nikolaï
Kotelnikov, 66 ans, a été tué, la gorge tranchée. À Makhatchkala, les
terroristes ont attaqué un poste de police, cibles habituelles des
islamistes dans la région.
Des vidéos des corps ensanglantés de policiers
abandonnés au milieu d'un carrefour ont été publiées sur les réseaux
sociaux dimanche soir alors que les autorités appelaient les habitants à
se retrancher chez eux. Sur les 20 victimes de cette attaque, au moins
17 l'ont été dans les rangs des forces de l'ordre. Les autorités russes
ont affirmé avoir «liquidé» - selon leur terme - six terroristes à l'issue des fusillades.
Ces attaques sont régulières dans la région depuis les guerres de Tchétchénie.
Première pourvoyeuse de terroristes russes à l'État islamique, la
République du Daguestan est un grand village de 3 millions d'habitants
dans lequel tout se sait, et où tout le monde se connaît. Dimanche, deux
des assaillants tués par les forces de l'ordre n'étaient autres que les
deux fils d'un politicien local, Magomed Omarov, le chef du district de
Sergokalinski situé entre les deux villes attaquées. Il a été
immédiatement interrogé par la police et son nom a été supprimé du site
officiel de Russie unie, le parti du Kremlin.
Un autre terroriste, Gadjimourad Kaguirov était
une petite personnalité locale : âgé de 28 ans, ancien combattant de
MMA lié à l'immense star du Caucase Khabib Nurmagomedov, il a été
éliminé par la police.
Opérations antiterroristes
Massivement financé par le Kremlin, le Daguestan,
République musulmane sunnite, souffre d'une radicalisation d'une partie
de sa société. Au-delà des opérations antiterroristes régulièrement
organisées dans les montagnes, un événement a rappelé cet état de fait
le 29 octobre dernier. Une foule avait pris d'assaut l'aéroport de Makhatchkala pour s'attaquer à un avion venu d'Israël, dans ce qui avait pris la forme d'une tentative de pogrom.
Lundi, c'est l'État islamique au Khorassan, que
l'on sait implanté dans le Caucase, en Asie centrale et originaire
d'Afghanistan, qui a revendiqué les attaques de Makhatchkala et Derbent.
C'est ce même groupe terroriste qui avait revendiqué l'attentat
sanglant de la salle de concert du Crocus City Hall à Moscou
durant laquelle 145 personnes avaient été tuées en mars dernier. Puis
avait promis de se venger après la diffusion d'images de torture des
terroristes par les services russes.
Trois jours de deuil ont été annoncés au
Daguestan mais le drame peine à toucher Moscou. La propagande de guerre
n'a de place que pour les catastrophes qui viennent d'Ukraine. En mars
dernier, le Kremlin était d'ailleurs allé jusqu'à accuser Kiev d'avoir
perpétré l'attentat du Crocus City Hall. Lundi, les autorités semblaient
encore entre deux eaux sur la question. Un député local, Mourad
Gadjiev, a bien mis les pieds dans le plat, en accusant l'Ukraine et
l'Otan d'être à l'origine de ces attaques… Mais dans un dialogue peu
habituel en Russie, le sénateur Dmitri Rogozine a appelé à la prudence :
«Je crois que si nous imputons chaque attaque terroriste
impliquant l'intolérance nationale et religieuse, la haine et la
russophobie aux machinations de l'Ukraine et de l'Otan, alors, ce
brouillard rose nous mènera à de gros problèmes» a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux.
Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov,
s'est contenté d'un parallèle timide entre la mort de quatre vacanciers
russes à Sébastopol dimanche, après l'interception d'un missile
ukrainien, et l'attaque du Daguestan. «Le président
continue de recevoir des informations sur la façon dont les victimes de
ces deux attaques et leurs familles reçoivent une assistance»,
a déclaré Dmitri Peskov. Alors que le risque d'attentat avait été
annoncé par les services américains quelques jours avant l'attaque du
Crocus City Hall, Vladimir Poutine s'était montré dans un déni total du
risque terroriste islamiste en Russie. Un déni dont on ne sait s'il
touche réellement les services de sécurité ou s'il ne relève que de la
propagande de guerre.