A bord du sous-marin «Le Vigilant», Emmanuel Macron a assisté au tir d'un missile nucléaire ce mardi. Un déplacement qui intervient dans un contexte de plus en plus tendu en Europe, notamment à la suite des déclarations du président de la République à propos de la menace russe. 

Un déplacement lourd de sens dans un contexte tendu. Emmanuel Macron a assisté mardi matin à un «premier tir» d'exercice d'un missile intercontinental lancé depuis un sous-marin nucléaire lanceur d'engins au large du Finistère, ont annoncé l'Elysée et le ministère des Armées.

«Très peu de nations disposent d'un tel savoir-faire. [...] Pour être libre, il faut être craint. Et pour être craint, il faut être puissant. Pour protéger les Français dans la durée face aux menaces, j'ai engagé dès 2017 le renouvellement de nos moyens pour les décennies à venir. En dix ans, le budget de nos armées aura doublé», a notamment écrit le président français sur son compte X.

Le chef de l'Etat a assisté à ce tir depuis une frégate de la Marine nationale nommée «multi-missions Auvergne». L'engin, troisième version du missile mer-sol balistique stratégique M51 mis en service il y a un an, «dépourvu de sa charge nucléaire», est retombé «en Atlantique Nord à plusieurs centaines de kilomètres de toute côte», a précisé le ministère des Armées dans un communiqué.

un message envoyé à la russie ? 

Ce déplacement présidentiel n'avait pas été préalablement annoncé par l'Elysée et s'est déroulé sans la présence de médias. Le tir d'exercice était lui annoncé. Il intervient dans un contexte de plus en plus tendu en Europe, où Emmanuel Macron a mis en garde contre un changement de nature de «l'agressivité russe et des menaces» contre les pays européens après une série d'attaques «hybrides» imputées à Moscou. Elles ne resteront «pas sans réponse», a-t-il promis mi-septembre.

Le président français a aussi proposé cette année aux Européens de rejoindre la dissuasion nucléaire «avancée» née de sa nouvelle doctrine dévoilée au printemps, qui laisse la décision d'emploi de l'arme atomique dans ses seules mains.

La France a mis en service cette nouvelle version des missiles intercontinentaux déployés dans les sous-marins assurant la dissuasion nucléaire il y a un an. Elle avait alors évoqué «une étape majeure dans la modernisation de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française».

Mardi, le missile a été tiré depuis «le SNLE Le Vigilant dans le cadre de l’opération SMERTRIOS afin de valider la capacité du sous-marin à mettre en œuvre le M51 après son indisponibilité périodique pour entretien et réparations», a souligné le ministère.

«Le missile a été suivi tout au long de sa phase de vol» par les autorités, «dans le strict respect des engagements internationaux de la France», a-t-il ajouté.