Hier, le site Rue89 lui a consacré cet article, presque complet :
http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/25/dix-choses-a-savoir-locky-nouvelle-plaie-ordis-263565
Dix trucs à savoir sur Locky, la nouvelle plaie de vos ordis
Il rend vos fichiers illisibles, et demande une rançon en échange de
la clé qui permettra de revenir à la normale. Voici tout ce que vous
devez savoir pour ne pas vous faire piéger.
Son nom fait tout de suite songer
au vilain dieu
de la mythologie nordique. A raison. Locky est l’une des dernières
plaies à circuler sur le réseau. Des hostos américains, une PME
bisontine, l’Agence France-Presse, une hydrolienne au large d’Ouessant :
les cibles sont nombreuses et la contamination évidente.
Le principe est simple : une fois ouvert sur votre ordinateur, ce
programme bloque les principaux fichiers qui y sont stockés et réclame,
en échange de la clé qui les rendra de nouveau lisibles, de l’argent.
Pour se prémunir de ce « ransomware » (ou « rançongiciel » en français bidouillé), voilà dix choses à garder en tête.
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Extraits :
6
On le retrouve partout dans le monde
Locky a fait de nombreuses victimes, un peu partout dans le monde, dont certaines se sont fait connaître du grand public.
Ici, le cas d’une petite entreprise
dans L’Est Républicain :
« J’attendais des tarifs d’un grossiste italien. [...]
J’ai reçu un mail avec un pdf, le corps du texte était écrit en anglais.
Je suis habituellement vigilant mais là je me suis dit que c’était le
document que j’attendais par mail. J’ai ouvert la pièce jointe… »
Là, l’exemple de l’AFP,
dont on a déjà parlé. Là encore,
celui d’une hydrolienne au large d’Ouessant.
Plus inquiétant, le cas d’un hôpital américain californien, qui
a versé l’équivalent de 17 000 dollars aux rançonneurs. Il faut dire que son système informatique s’est vu paralysé pendant tout une semaine.
Au regard d’observations réalisées sur la clientèle de Trend Micro,
Loïc Guezo confirme que le secteur médical constitue une cible de choix
pour Locky. Y compris en France, globalement dans le viseur de la
campagne de propagation actuelle. Le 22 mars, un hôpital de
Boulogne-sur-Mer
racontait sa mésaventure dans la presse locale.
Selon nos informations, le ministère de la Santé aurait reçu une
centaine de signalements liés à des rançongiciels du type Locky depuis
le début du mois de mars. Contacté, il n’a pour le moment pas réagi.
On a aussi repéré des cas en Allemagne et en Amérique latine.
7
On ignore l’identité de ceux qui se cachent derrière Locky
Maghreb, Russie, voire offensive « russo-cubaine ». Si beaucoup
spéculent sur l’identité de ceux qui se cachent derrière Locky, il faut
être très prudent – comme toujours en matière de sécurité informatique.
Nos interlocuteurs ajoutent que les personnes qui ont fait des
victimes en France ne sont pas forcément les mêmes qui ont lancé des
offensives ailleurs dans le monde. Ou que celles à l’origine de ce
programmes : ce genre de logiciels peuvent être achetés, et les rançons
ensuite réajustées, par les criminels qui en font l’acquisition.
Pour avoir une piste sur l’origine de Locky, les différents labo et
boîtes de sécurité vont essayer de détecter des éléments repérés lors de
précédentes vagues d’attaques.
8
Il est pénible pour les antivirus
En France, explique Stéphane Bortzmeyer, « il y a une semaine, Locky passait encore les antivirus. »
Représentant l’un vendeur de ce type d’outil, Loic Guezo rappelle que
quand un nouveau produit apparaît, il faut du temps pour l’identifier.
« Ça pose toujours problème dans la phase récente de la contamination. »
L’autre souci, c’est que Locky est relativement imprévisible : quand
il se connecte sur Internet pour donner à ses maîtres les clés qu’il a
générées pour chiffrer les fichiers de ses cibles, il ne se rend jamais
sur la même adresse.
« C’est une technique classique, reprend Stéphane Bortzmeyer, le
“Domain generation algorithm” ou DGA. » Chaque jour, un ou plusieurs
noms de domaine sont générés, comme autant de points de rendez-vous. Et
autant de moyens de ne pas se faire gauler.
Commentaire de Loïc Guézo :
« C’est effectivement un problème pour les éditeurs. Mais
il y a des moyens de le contourner, en identifiant des séquences, ou
des adresses IP, pour voir si elles sont connues. »
Toutes ces précisions que la journaliste a pu obtenir correspondent
bien à ce que j’avais déjà indiqué sur ce blog à propos de l’identité
des attaquants, à l’évidence des voleurs de dossiers médicaux sentant
très fort la cegette et sa Josette.
Leur complice le cyberdélinquant Pascal Edouard Cyprien Luraghi, qui
réussit toujours à se trahir avec ses provocations publiques (mais il le
fait exprès, adorant comme tout pervers se vanter de ses exploits), a
d’ailleurs laissé sous cet article le commentaire suivant :
Publié le 25/03/2016 à 18h05
Le problème du travail, c’est que moins y en a, mieux je me porte mais c’est tout aussi vrai pour mon compte en banque ; -)
La prochaine vie, je ferais rentier, tiens…
Cinq jours plus tôt, il avait déjà écrit sur son blog public :
Coup de rouge
Par cyp | Publié : 20 mars 2016
Une des spécialités de mon atelier de dépannage informatique est la
récupération de données sur supports amochés. Souvent les clients me
confient des disques durs en compote avec les photos précieuses du petit
dernier et de la belle-mère, la compta de leur boîte et compagnie.
Évidemment, ils n’ont fait aucune copie de secours et ils pleurent
beaucoup. C’est une tâche délicate qui demande du doigté et pas mal de
savoir-faire et c’est toujours plaisant de voir les clients sourire en
me signant leur chèque à la sortie…
Je rappelle ici les adresses IP et dates d’envoi de la saleté sur ma propre messagerie :
- le 1er mars 2016 à 9h39 :
Pays : Turquie
- le 7 mars 2016 à 11h12 :
Pays : Inde
- le 9 mars 2016 à 14h30 :
Pays : Inde
Message envoyé d’un iPhone.
- le 12 mars 2016 à 9h34 :
Pays : Inde
- le 13 mars 2016 à 18h01 :
Pays : Albanie
L’on notera enfin que les locuteurs russes sont tous épargnés :
https://www.lexsi.com/securityhub/comment-creer-un-vaccin-contre-le-ransomware-locky/
Comment créer un vaccin contre le ransomware Locky
En 2009, nous avions appliqué la notion de
vaccin à Conficker.C
afin de protéger les postes contre ce ver se propageant très rapidement
sur les parcs informatiques. Voyons si nous pouvons appliquer le même
concept au ransomware Locky.
Dans la suite du billet, nous appellerons vaccin toute modification
mineure du système ayant pour objet de bloquer, sans intervention
utilisateur, tout ou partie des effets néfastes liés à l’exécution d’un
programme malveillant. Evidemment, le vaccin doit être administré avant
que la maladie n’arrive…
Par modification mineure, on entend par exemple la création d’un
mutex ou d’une clé de registre spécifiques, ou bien une modification
simple des paramètres n’entraînant pas de désagrément pour
l’utilisateur. A titre de contre-exemple, au début de son exécution,
Locky vérifie les paramètres de langue du système et n’infecte pas ceux
configurés en langue Russe :
On peut donc configurer le système en langue russe pour empêcher
l’infection mais cela risque de se révéler assez peu pratique au
quotidien
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