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samedi 17 janvier 2026

François Vérove et Dominique Pélicot : une communauté d'intérêts ?

Le pôle cold case de Nanterre commence à y croire et c'est déjà une excellente nouvelle. 

Ces deux-là, l'un et l'autre très bien intégrés socialement, ont probablement eu des complices ou "collègues" violeurs ou tueurs pour plusieurs de leurs crimes.

C'est absolument flagrant pour le second à partir de juillet 2011 en ce qui concerne les viols de sa femme. 

Mais il pourrait aussi avoir "travaillé" avec François Vérove bien avant, peut-être comme l'ont fait par ailleurs les deux compères de TF1 PPDA et Nicolas Hulot. 

Notons enfin que les petits jeux "littéraires" est une autre tendance qui tend à se confirmer chez tous ces pervers en relation les uns avec les autres. C'est en effet au tour de Dominique Pélicot de rechercher un éditeur pour ses romans et poèmes...

 

A lire ou à relire :

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https://satanistique.blogspot.com/2021/12/terrorisme-islamiste-retour-sur.html

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https://satanistique.blogspot.com/2022/03/deces-dalain-krivine-pere-de-la-lcr.html

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https://satanistique.blogspot.com/2022/06/retour-sur-laffaire-du-tueur-en-serie.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/affaire-du-grele-les-suites-de.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/de-la-criminalite-du-verseau.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/les-signes-astrologiques-les-plus.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/francois-verove-t-il-eu-des-amis-brest.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/francois-verove-nordahl-lelandais.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/06/du-luraghi-dans-le-texte.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/09/la-liste-des-victimes-potentielles-de.html

https://satanistique.blogspot.com/2022/11/strangulation-et-immolation-pour-le.html

https://satanistique.blogspot.com/2023/05/gilles-politi-tue-par-le-grele-en-1987.html

https://satanistique.blogspot.com/2024/02/benoit-jacquot-proche-de-longue-date-de.html

https://satanistique.blogspot.com/2024/08/christine-van-hees-le-meurtre-de-la.html

https://satanistique.blogspot.com/2025/05/meurtre-de-gilbert-gaudry-en-1990-dans.html

 

 

https://www.parismatch.com/actu/faits-divers/info-match-le-grele-le-pole-cold-case-enquete-sur-une-possible-nouvelle-victime-246009

INFO MATCH Le Grêlé : le pôle cold case enquête sur une possible nouvelle victime

C'est dans le bois communal de Saint-Aubin (91) que la dépouille de Gilbert G. a été découverte le 6 juin 1990 par des promeneurs
C'est dans le bois communal de Saint-Aubin (91) que la dépouille de Gilbert G. a été découverte le 6 juin 1990 par des promeneurs. En médaillon, François Vérove, dit "le grêlé" dans un document de la police judiciaire. © Sophie Noachovitch, DR
Sophie Noachovitch, Stéphane Sellami , Mis à jour le

Gilbert G. 43 ans, était dessinateur industriel, responsable de bureau d’études. Il a été assassiné et retrouvé le 6 juin 1990 à Saint-Aubin en Essonne. 35 ans après les faits, le crime pourrait enfin être élucidé et imputé à François Vérove.

Un corps, sans vie, tué d’une balle dans la tête et ligoté à un arbre. Le 6 juin 1990, deux promeneurs font une découverte glaçante dans le bois communal du tranquille village de Saint-Aubin en Essonne. Assis aux pieds du cadavre, son chien. Pleurant son maître exécuté.

On est près du bourg. Le bois, peu étendu, n’est séparé des habitations que par un champ, et nombre de promeneurs empruntent ces chemins. Mais personne n’a rien vu à l’époque. L’affaire est restée un cold case, non élucidée depuis 35 ans. Jusqu’à cette fin 2024 lorsque la juge Nathalie Turquey, au pôle cold case de Nanterre, reprend l’enquête à la faveur du signalement d’un ancien enquêteur, soulignant les traits communs entre ce crime et ceux commis par François Vérove, surnommé pendant des années « le Grêlé » faute d'être identifié.

La sagacité d'un flic à la retraite

En septembre 2021, François Vérove, acculé par la convocation à la PJ de Montpellier, se suicide. Après des années d’enquête sur le tueur, violeur et voleur de la région parisienne, l’ADN parle enfin : Vérove est le Grêlé. Très vite, photos et portrait-robot de l’homme sont diffusés dans les médias et un policier à la retraite reconnaît des similitudes avec le meurtre de 1990. Des détails interpellent. Gilbert G., la victime de 43 ans, a été dépouillé de sa Citroën GS. Or, dans l'une des affaires qui lui sont imputées, le Grêlé avait dérobé une voiture – mais aussi un chéquier qui a beaucoup servi : dans des restaurants, pour l’achat d’un magnétoscope et d’au moins une moto de 125 chevaux.

Une carte de gendarmerie et un MAC 50

Les témoins des différents commerces ont tous pu faire la description de leur client : grand, plus de 1,80 m, cheveux coupés à la militaire, menton prononcé, athlétique. Et puis, souvent aussi, leur vis-à-vis a présenté sa carte plastifiée bleue, rayée du bleu, blanc, rouge réglementaire d’une carte de gendarmerie. Ajoutons à cela la balle retrouvée dans la terre à proximité du cadavre, qui peut provenir d’un MAC 50, l’arme de service habituelle des gendarmes à cette époque, et nous avons le portrait trait pour trait de François Vérove. C’est pourquoi le pôle cold case s'est récemment vu attribuer ce dossier et des analyses sont en cours pour confirmer que l’auteur du meurtre de Gilbert G. serait bel et bien le Grêlé. La juge Turquey qui a instruit le dossier du Grêlé et a compris que l’auteur était un représentant des forces de l’ordre a elle aussi été alertée par ces similitudes.

Une veuve terrifiée depuis 35 ans

Cette affaire aurait pourtant pu être oubliée de tous. Aucune ligne ne sera écrite dans la presse de l’époque et son épouse, Françoise*, tellement traumatisée par le drame a préféré garder le silence. « Je me suis préservée en n’en parlant pas, confie-t-elle à Paris Match. Mon mari et moi n’avions emménagé que depuis un an dans un nouveau village, dans notre nouvelle maison, encore en travaux, personne ne nous connaissait, alors je n’ai rien dit. À ceux qui l’avaient croisé avant sa mort, je n’ai mentionné qu’un accident. Et puis, j’ai eu peur. Pendant 35 ans, je me suis toujours demandé qui s’en était pris à lui et j’ai toujours eu peur que quelqu’un vienne à ma porte s’en prendre à moi aussi. »

Enfin une réponse

Fortement secouée par l'annonce de la réouverture de l'enquête, Françoise ne souhaite pas s'étendre sur le sujet. « Vous allez réveiller des choses en moi. Je n’ai plus dormi, plus mangé pendant des mois et des mois après… C’était trop dur. Et puis j’ai réussi à aller mieux. » Françoise n’avait que 40 ans à l’époque, elle a plaqué un sourire sur son visage pour retourner au travail, tenter d’aller de l’avant. De son mari, Gilbert, qui allait fêter ses 44 ans en juillet 1990, elle ne soufflera pas un mot. Tout juste sait-on qu’il était dessinateur industriel, responsable d’un bureau d’études. Mais peut-être que l’identification du meurtrier de son mari permettra à Françoise d'obtenir quelques réponses sur le drame qui a bouleversé sa vie voilà 35 ans.

 

https://www.parismatch.com/actu/faits-divers/le-pole-cold-cases-enquete-sur-deventuelles-autres-victimes-de-dominique-pelicot-et-du-grele-263080

Dominique Pelicot : le pôle cold cases de Nanterre enquête bien sur des victimes attribuées au «Grêlé»

Le «Grêlé» François Vérove et Dominique Pelicot.
Le «Grêlé» François Vérove et Dominique Pelicot.   © DR
Martin Lagrave, avec AFP , Mis à jour le

Dominique Pelicot connaissait-il le tueur en série François Vérove, surnommé « Le Grêlé » ? Le pôle cold cases de Nanterre a en tout cas ouvert une enquête sur leurs parcours criminels lundi dernier.

Le pôle cold cases de Nanterre enquête sur les « parcours criminels » de Dominique Pelicot, principal condamné des viols de Mazan, et le tueur en série François Vérove, surnommé « Le Grêlé », a indiqué vendredi le parquet de Nanterre, sollicité par l’AFP.

Les investigations sur ces « parcours criminels », destinées à identifier d’autres victimes potentielles, ont été déclenchées lundi, a précisé le ministère public, confirmant une information de RTL.

Dominique Pélicot a été condamné en 2024 à 20 ans de réclusion pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la violer et de la livrer à des dizaines d’inconnus dans leur maison de Mazan, entre 2011 et 2020. Ancien gendarme et ex-policier, François Vérove, tueur en série surnommé « Le Grêlé », s’est lui donné la mort en septembre 2021 alors qu’il était convoqué par des enquêteurs.

Un scoop de Paris Match en novembre 2024

Dans une enquête publiée en novembre 2024, Paris Match évoquait déjà cette piste étudiée de près par la juge Nathalie Turquey, du pôle des crimes sériels ou non élucidés du ­tribunal de Nanterre. Tous deux pourraient avoir plus que l’ivresse de la ­perversion en partage. Lieux des crimes, profils des victimes présumées, modes ­opératoires. Les investigations ont mis au jour un réseau de coïncidences et de ­similitudes ­saisissantes. Aussi impensable que cela puisse être, leurs trajectoires ont pu se croiser à au moins deux reprises dans les années 1980 et 1990 à Paris et en grande banlieue, écrivait-on alors. Parmi les meurtres non élucidés, figure celui de Sophie Narme. Le 4 décembre 1991, cette agente immobilière de 23 ans était anesthésiée avec une compresse d’éther, violée puis étranglée lors d’une visite d’appartement, au 22 de la rue Manin, dans le XIXe arrondissement de Paris.

Autre affaire, celle d’Édith Martinet, autre crime imputé au Grêlé, qui va faire l’objet de nouvelles vérifications. Le 3 avril 1987, cette jeune femme de 26 ans était retrouvée nue, étranglée et poignardée au thorax du côté gauche, dans son studio de la Plaine Saint-Denis, au nord de Paris. Aucune trace d’effraction constatée. Traitée à l’origine par la police judiciaire de ­Seine-Saint-­Denis, l’affaire avait tardivement été reliée au Grêlé par la crim’. Mais l’hypothèse ­Pelicot constituerait aujourd’hui une autre piste envisageable. Et pas seulement à l’aune du mode opératoire. Edith ­Martinet était salariée comme enquêtrice marketing par une société basée rue Regnault, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Elle démarchait des particuliers pour leur faire tester des produits commerciaux, notamment dans les grands ensembles du quartier asiatique. Pile le secteur professionnel couvert par Dominique Pelicot, qui fait alors du porte-à-porte en tant qu’agent immobilier.

 

https://www.parismatch.com/actu/faits-divers/dominique-pelicot-et-francois-verove-les-visages-du-mal-243795

Dominique Pelicot et François Vérove : les visages du mal

Entre «le Grêlé» et le monstre de Mazan, des parcours similaires et de nombreux points communs. De quoi interpeller les enquêteurs du pôle «cold case».
Stéphane Bouchet et Florence Broizat , Mis à jour le

VIDÉO. Entre «le Grêlé» et le monstre de Mazan, des parcours similaires et de nombreux points communs. De quoi interpeller les enquêteurs du pôle «cold case».

Persuadée que les itinéraires des deux hommes se sont croisés, la brigade criminelle a décidé de les réunir sur une même planche photographique judiciaire pour la présenter à des témoins ou à des victimes potentielles. La mise en examen de Dominique Pelicot, il y a quatre ans, pour les abus commis sur sa femme, a ouvert une boîte de Pandore. Profils passe-partout, trajectoires de vie ressemblantes, modes opératoires possiblement identiques… Le monstre de Mazan serait-il aussi dangereux que François Vérove, le policier auteur d’au moins trois meurtres et de nombreux viols qui s’est suicidé en 2021? Des pistes se rouvrent.

Qui a tué Sophie Narme ? Le 4 décembre 1991, cette agente immobilière de 23 ans était anesthésiée avec une compresse d’éther, violée puis étranglée lors d’une visite d’appartement, au 22 de la rue Manin, dans le XIXe arrondissement de Paris. Pas d’ADN exploitable, les scellés ayant été détruits, mais un mode opératoire suffisamment ressemblant à celui du tueur et violeur en série François Vérove, dit « le Grêlé », pour que ce crime lui soit imputé. L’hypothèse a tenu la rampe pendant des années, jusqu’à ce que le flair et l’opiniâtreté de la juge ­Nathalie Turquey, du pôle des crimes sériels ou non élucidés du ­tribunal de Nanterre, viennent rebattre les cartes et braquer les projecteurs sur un autre coupable possible, ­Dominique ­Pelicot. En octobre 2022, les visages des deux hommes ­apparaissent ainsi côte à côte sur la planche photographique ­établie par la brigade criminelle dans le cadre de la réouverture de l’enquête sur la mort de Sophie Narme. ­

Dominique ­Pelicot se trouve alors en détention ­provisoire depuis deux ans pour les viols perpétrés sur son épouse. Après avoir échappé ­pendant trente-cinq ans à la justice, ayant à son actif au moins trois meurtres et une série de viols de fillettes et de jeunes femmes, François Vérove s’est donné la mort un an auparavant. Pelicot, Vérove. Deux enquêtes ­tentaculaires dans lesquelles la juge Turquey et les hommes de la crim’ pensaient tirer un fil, et où c’est l’écheveau qui est venu. Tous deux pourraient avoir plus que l’ivresse de la ­perversion en partage. Lieux des crimes, profils des victimes présumées, modes ­opératoires. Les investigations ont mis au jour un réseau de coïncidences et de ­similitudes ­saisissantes. Aussi impensable que cela puisse être, leurs trajectoires ont pu se croiser à au moins deux reprises dans les années 1980 et 1990 à Paris et en grande banlieue.

En 1987 la police voyait la main de Vérove dans le meurtre d’Édith Martinet

​Les crimes du Grêlé auraient-ils pu ­servir de paravent au monstre de Mazan ? Lui auraient-ils permis d’échapper pendant trois décennies à la justice ? Une simple plongée dans leurs parcours respectifs suffit à provoquer une sensation de ­confusion. Experts dans l’art de la ­dissimulation, les deux hommes sont tout sauf des marginaux. Ils n’ont rien d’un Guy Georges ou d’un Thierry ­Paulin. Au contraire, tous deux se sont efforcés d’épouser la norme sociale, camouflant leurs déviances et leurs pulsions perverses sous le vernis d’une vie rangée. Mariés de longues années, pères de famille et grands-pères, ascension ­professionnelle réussie. Quasiment de la même génération (­Pelicot a neuf ans de plus que Vérove), ils grandissent au sein d’un milieu modeste, en province, orientés très jeunes vers ­l’apprentissage au niveau CAP.

François Vérove, alors gardien de la paix, à l’école motocycliste de la préfecture de police de Paris, à Rungis en 1992. Il a déjà tué et violé plusieurs fois.
François Vérove, alors gardien de la paix, à l’école motocycliste de la préfecture de police de Paris, à Rungis en 1992. Il a déjà tué et violé plusieurs fois. © DR

L’électricité pour Pelicot, la mécanique pour Vérove*. ­Chacun saura échapper à son destin tout tracé de simple ouvrier. Vérove, en ­mister Hyde moderne, devient gendarme puis ­policier. Pelicot, sans doute plus malin et plus solide psychologiquement, ne s’installe jamais ­longtemps dans un secteur : ouvrier ­électricien, contremaître, agent ­immobilier et enfin VRP. Des métiers variés et itinérants qui compliquent aujourd’hui sérieusement les recherches de la police judiciaire sur son passé. Pour le reste, pas de vagues, pas d’esclandres, des existences ordinaires pour des quidams lambda. Seules certaines périodes de déconvenues professionnelles pourraient être les indices, en surface, des ­vicissitudes de leur vie secrète, des moments où ils seraient passés à l’acte. En commun encore, une détestation féroce du père, de possibles violences sexuelles subies enfants, une tentative de suicide devenus adultes. Ils auraient pu être jumeaux, frères à défaut, se fondant l’un dans l’autre pour mieux se dédoubler dans l’ombre.

Désormais la justice suit la piste de Pelicot

L’agent immobilier Dominique Pelicot lors d’une course à pied en 1991. Il entame une reconversion professionnelle l’année suivante.
L’agent immobilier Dominique Pelicot lors d’une course à pied en 1991. Il entame une reconversion professionnelle l’année suivante. © DR

Il aura fallu l’incroyable trempe d’une jeune femme pour que la justice commence à voir se dessiner, dans l’ombre portée du Grêlé, la silhouette de Pelicot. Huit ans après le meurtre de Sophie Narme, le scénario se répète. Cette fois, la victime ­s’appelle Marion (son prénom a été modifié). Elle a 19 ans et vient d’être embauchée dans une agence immobilière de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Un client se présente pour une visite. Une fois sur place, il la menace, avec ce qui ­ressemble à un cutter, et lui plaque un mouchoir imbibé d’éther sur les narines. Marion a l’intelligence de bloquer sa ­respiration et de mimer l’inconscience. Son agresseur commence à la déshabiller. Profitant d’un effet de surprise, elle l’assomme et parvient à se ­réfugier dans un cagibi, qu’elle ­verrouille. Sur sa chaussure, une trace de sang qui révélera l’ADN de ­Dominique ­Pelicot. Sa mise en examen, en 2020, pour avoir livré sexuellement sa femme, ­préalablement ­droguée, à une cinquantaine d’hommes fait remonter son nom à la ­surface.

La juge Turquey fait le lien avec ­l’agression de 1999, qui va agir comme un bain révélateur et enclencher le réexamen de ­certains dossiers que la justice avait accolés au nom de Vérove, sans avoir de preuve ­formelle. L’affaire édith Martinet, autre crime imputé au Grêlé, pourrait ainsi faire l’objet de nouvelles vérifications. Le 3 avril 1987, cette jeune femme de 26 ans était retrouvée nue, étranglée et poignardée au thorax du côté gauche, dans son studio de la Plaine Saint-Denis, au nord de Paris. Aucune trace d’effraction constatée. Traitée à l’origine par la police judiciaire de ­Seine-Saint-­Denis, l’affaire avait tardivement été reliée au Grêlé par la crim’. Mais l’hypothèse ­Pelicot constituerait aujourd’hui une autre piste envisageable. Et pas seulement à l’aune du mode opératoire. Edith ­Martinet était salariée comme enquêtrice marketing par une société basée rue Regnault, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Elle démarchait des particuliers pour leur faire tester des produits commerciaux, notamment dans les grands ensembles du quartier asiatique. Pile le secteur professionnel couvert par Dominique Pelicot, qui fait alors du porte-à-porte en tant qu’agent immobilier.

À l’époque, Vérove, jeune gendarme, évolue lui aussi dans la même zone. Son premier crime connu a lieu un an presque jour pour jour avant le meurtre d’Edith Martinet, dans le XIIIe arrondissement : Sarah, 8 ans, est retrouvée violée et étranglée, le matin du 7 avril, au sous-sol de son immeuble. Laissée pour morte, elle s’en sort miraculeusement. Trois jours plus tard, il tente à nouveau de violer une enfant, ­Nathalie, 6 ans, dans le Chinatown parisien. Le ­quartier sombre dans la ­psychose. ­Pendant ce temps, Dominique Pelicot parcourt, pour son travail, les mêmes rues. Le siège de l’entreprise qui l’emploie est implanté boulevard Kellermann. Au 56 se trouve la caserne ­Kellermann de la Garde républicaine, où Vérove sera un temps affecté.

Leur trait commun le plus saillant : une détestation extrême du père

Les deux hommes ont pu partager un même territoire. Et pas seulement à Paris. Un autre lieu ressort au détour de ces deux enquêtes si volumineuses : Mitry-Mory. C’est dans cette commune de Seine-et-Marne que, en juin 1994, François Vérove commet son dernier crime connu : l’enlèvement et le viol d’une fillette de 11 ans, Ingrid, qui sera retrouvée vivante. Il sera suivi dans cette ville en psychiatrie, à intervalles réguliers, jusqu’en décembre 1998. Mitry-Mory, c’est aussi, de 1995 à 1998, la zone d’activité professionnelle de Pelicot, alors qu’il émarge comme technico-commercial dans des entreprises d’électricité d’une localité voisine. C’est surtout là qu’est installée l’agence immobilière dans laquelle travaillait Marion, et où s’est présenté son agresseur. Ce n’est pas la première fois, dans les enquêtes sur des crimes en série, que la justice établit la présence de deux ou plusieurs suspects aux mêmes endroits, parfois aux mêmes époques. Dans les années 1980, Michel Fourniret et Émile Louis habitaient à proximité dans le département de l’Yonne. On a ainsi longtemps attribué à ce dernier le meurtre d’Isabelle Laville, 17 ans, violée et tuée en 1987, avant que Fourniret avoue ce crime et que le corps de l’adolescente soit découvert, en 2006, dans un puits du village de Bussy-en-Othe. Il arrive que les traces se chevauchent ou s’entrecroisent, que les pistes se brouillent, plongeant un peu plus encore juges et policiers dans le brouillard.

Les années passent. Retraités, ils deviennent grands-pères. Tous deux continuent à mener une vie tranquille, en toute impunité. Au début du mois de mai 2019 pourtant, chacun atteint à sa façon un sommet dans le délire de toute-puissance. Pelicot, alors en vacances dans la maison familiale de l’île de Ré, offre en pleine nuit sa femme à un inconnu rencontré sur Internet, déjà condamné pour viol. Perdant toute mesure, il abrutit tellement Gisèle de médicaments qu’elle dormira durant tout le voyage de retour à Mazan. Pris d’une poussée de fièvre narcissique, ­François Vérove, de nouveau en région parisienne plus de trente ans après ses premiers crimes, ­participe sous son vrai nom au jeu de Nagui « Tout le monde veut prendre sa place », qui sera diffusé le 13 mai sur France 2 ! ­L’ultime télescopage de leurs parcours aura lieu le mercredi 29 septembre 2021 : ce jour-là, le quotidien régional « Midi libre » révèle pour la première fois l’existence de ­l’affaire ­Pelicot alors que François Vérove se suicide au Grau-du-Roi.

Dominique Pelicot est mis en examen pour meurtre

Dans la lettre d’adieu qu’il adresse alors à sa femme, il reconnaîtra ­certains de ses crimes, tout en affirmant avoir cessé ses activités criminelles en 1997. Soit deux ans avant l’agression de Marion. Depuis octobre 2022, Dominique Pelicot est mis en examen pour meurtre, viol et tentative de viol par la magistrate de ­Nanterre dWans l’affaire du meurtre de Sophie Narme et l’agression de Marion. Il conteste avec ­véhémence toute ­implication dans la première, mais avoue la tentative de viol sur la seconde, acculé par la présence de son ADN sur la chaussure de sa victime… après avoir tout de même nié à deux reprises. Entre ­l’agression de 1999 et les premiers viols connus sur sa femme, Gisèle, en 2011, ­Dominique ­Pelicot passe complètement sous les radars. Que s’est-il réellement passé pendant ces douze années ? Il semble peu probable que les pulsions prédatrices aient déserté par enchantement le monstre de Mazan, qui reste néanmoins présumé innocent. Un gouffre s’ouvre, vertigineux, que la justice s’emploie aujourd’hui à éclairer.

* Lire « Le Grêlé, le tueur était un flic », de Patricia Tourancheau, éd. Seuil, 2022.


https://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Exclusif-Quand-le-Grele-etait-un-flic-1763766

Exclusif: Quand "le Grêlé" était un flic

Franck Jourde, ex-coéquipier de François Vérove aujourd’hui à la retraite, nous montre photos et documents de leur parcours commun. Chez lui en Bretagne, le 8 octobre
Franck Jourde, ex-coéquipier de François Vérove aujourd’hui à la retraite, nous montre photos et documents de leur parcours commun. Chez lui en Bretagne, le 8 octobre © Frédéric Lafargue
Nicolas Delesalle , Mis à jour le

Il aura fallu trente-cinq ans pour mettre un nom et un parcours professionnel sur «le Grêlé», le criminel dont le portrait-robot montrait un visage vérolé. Sur le point d’être démasqué, il s’est suicidé le 29 septembre. Paris Match a retrouvé des photos de l’époque où ce membre des forces de l’ordre commettait ses pires forfaits.

«Quand j’ai appris la nouvelle, mon sang s’est glacé. J’étais livide.» Franck Jourde, 56 ans, est un jeune retraité de la Police nationale. Un ancien motard. Il porte une chemise bariolée à l’effigie de Steve McQueen, son héros. Depuis quelques jours, il ne dort plus. Il ressasse, fouille dans ses archives méticuleusement rangées dans sa maison bretonne. À l’automne 1992, entre le 14 septembre et le 18 décembre, il a été le coéquipier de François Vérove . Ils ont vécu ensemble les épreuves pour devenir motocycliste de la Police nationale, comme 23 autres gaillards sélectionnés parmi 200 candidats: «C’était “Top Gun”, se rappelle-t-il. Un stage très physique. On a été épluchés pour entrer.» Franck Jourde a passé ses journées à moto avec le tueur en série pendant trois mois d’effort, de sueur, de crainte, de chutes dans la boue: «Normalement, ce genre d’épreuve crée des liens forts. Mais avec lui, non, il ne se livrait jamais. Il était très secret. Sur ses gardes.»

"Il était très secret. Sur ses gardes", confie son ancien coéquipier

En 1992, François Vérove n’est pas encore le retraité idéal décrit depuis sa mort par tous ses voisins éberlués de La Grande-Motte ou de Prades-le-Lez, le type serviable, généreux, affable, le conseiller municipal gaulliste, droit, juste et magnanime. Il a 30 ans, âge limite pour passer le stage, et il est au cœur de sa période criminelle. Il a déjà tué au moins trois fois. Dans deux ans, le 29 juin 1994, à MitryMory, en Seine-et-Marne, il enlèvera Ingrid, une fillette de 11 ans à vélo. Il se fera passer pour un policier et l’emmènera dans sa Volvo blanche à Saclay, dans une ferme. Là, il lui montrera des BD sadomasos et la violera sur place. Profitant de son absence après le viol, la fillette parviendra à s’enfuir. «Je n’en reviens pas, ça me fait drôle», souffle Franck Jourde en lisant les nouvelles qui dessinent chaque jour le portrait d’un François Vérove qu’il ne soupçonnait pas.

Le 29 septembre dernier, le retraité de 59 ans a avalé trois fois la dose létale de tramadol, un puissant opiacé. Il s’est donné la mort dans un appartement du Grau-duRoi qu’il venait de louer. Avant d’en finir, l’ex-gendarme et policier, le mari aimant, le père et grand-père attentif, le voisin serviable, le collègue amène a adressé une lettre à son épouse. Des aveux parcellaires. Dans ce courrier, il confesse être «un grand criminel qui a commis des faits impardonnables». Il précise qu’il était la proie de « pulsions », mais qu’il s’est « pris en main » et qu’il n’a plus commis de crime depuis 1997. À sa femme, il écrit : « Tu avais décelé des choses chez moi quand j’étais plus jeune. Je pense à vous et aux familles des victimes. »

Il avait été convoqué cinq jours plus tôt par le commissariat de Montpellier pour un entretien et un prélèvement ADN, comme 750 autres anciens gendarmes dans toute la France. La convocation ne précisait pas qu’il s’agissait d’une nouvelle expertise décidée par la pugnace juge d’instruction Nathalie Turquey, dans le cadre de l’affaire du « Grêlé ». Mais le retraité a compris. Le mur hermétique érigé pendant des années pour séparer ses deux vies, ses deux âmes, celle du tueur et celle de l’honnête homme, allait voler en éclats. Il a préféré abréger son existence plutôt qu’affronter la sidération de ses proches, les regards des victimes et la voix de la justice. Le lendemain de sa mort, un comparatif ADN réalisé en urgence par les enquêteurs lève les derniers doutes : François Vérove, paisible retraité, est bien « le Grêlé », un tueur et violeur en série recherché pour trois meurtres et six viols commis dans les années 1980 et 1990. Un des plus vieux « cold cases » (affaires non élucidées) de France est résolu. Un des plus sordides, aussi.

Franck Jourde, son camarade de stage moto «Il était dans le contrôle 24heures sur 24, c’est le seul de la promotion à n’être jamais tombé»

Depuis trente-cinq ans, plusieurs générations d’enquêteurs de la brigade criminelle ont recherché cet homme sans relâche. Tous ont été marqués par sa violence, son sadisme. Le 5 mai 1986, le corps sans vie de Cécile Bloch, une fillette de 11 ans, est retrouvé enroulé dans un morceau de moquette sale, au troisième sous-sol d’un immeuble du XIXe arrondissement de Paris. La collégienne a été violée avant d’être poignardée et étranglée. Son demi-frère a croisé le tueur dans l’ascenseur de l’immeuble avant qu’il ne commette son crime. Il décrit un homme grand, jeune, au visage grêlé d’acné ou de petite vérole. François Vérove hérite d’un surnom. Un portrait-robot est dessiné. Il hantera les couloirs du 36, quai des Orfèvres et de beaucoup de commissariats pendant des années. Dans les locaux de police ou de gendarmerie dans lesquels il travaille, Vérove passe probablement devant ce portrait-robot. Le sien…

En 1987, il assassine Irmgard Müller, une jeune fille au pair allemande de 20 ans, et Gilles Politi, son employeur de 38 ans. Les corps sont retrouvés dans un appartement du Marais, à Paris. La scène de crime est horrible. La jeune femme est dénudée, ficelée, bâillonnée, les bras attachés en croix à un lit superposé d’enfant. Elle est morte étranglée après un rapport sexuel avec le « Grêlé ». Gilles Politi gît dans une pièce à côté, nu, ligoté, des brûlures de cigarette sur le corps. Ses chevilles sont liées à ses poignets. Il a été étranglé par la technique du garrot espagnol. Dans la même période et jusqu’en 1994, François Vérove enlève et viole six fillettes et jeunes filles.

Comment établir une relation entre ces meurtres et viols d’enfants et ceux commis contre des adultes ? En 1987, à l’heure où les empreintes digitales sont relevées avec de la poudre d’alumine et où les dossiers sont encore tapés à la machine à écrire, c’est impossible. La Crim’ piétine. Il faudra attendre 2001 pour que les progrès permettent aux enquêteurs de relier toutes ces affaires : sur chaque scène, au bout d’un mégot, dans une trace de sperme, le même ADN est retrouvé. Celui de François Vérove. Personne ne peut alors imaginer que ce tueur, qui a parfois brandi devant ses victimes une carte tricolore, fait vraiment partie des forces de l’ordre. Personne et surtout pas ses collègues.

Comme François Vérove, Franck Jourde a été militaire avant d’entrer dans la police. Cinq ans chez les sapeurs-pompiers de Paris, où il a pris le goût du sacrifice. Un jour, en attendant l’arrivée des lances à incendie, il tient la main d’une automobiliste coincée dans sa voiture en feu. Le souvenir est intact. Le rêve de devenir motard de la police le porte jusqu’au centre de formation de Rungis. Il se rappelle, que pendant le stage, François Vérove était déjà un motard aguerri par cinq années passées à la Garde républicaine. Il est excellent en topographie. En cross aussi. Moins sûr de lui sur route. Il finit dans le ventre du groupe, 12e sur 24. Franck Jourde se souvient d’un détail alors insignifiant qu’il essaie d’interpréter aujourd’hui, comme chaque souvenir qui remonte au fil du temps. La plupart des apprentis motards tombent pendant ces dix semaines de stage. Chacun d’entre eux s’acquitte d’une amende de 10 francs par chute, pour nourrir une cagnotte commune. Des commentaires comiques sont notés sur un carnet : « Les virolos, c’est rigolo », écrit un certain Landragin ; « Bonjour le gadin sous le crachin pas bénin », rigole Franck. François ne tombe pas. « Il était dans le contrôle, 24 heures sur 24. Dans ses attitudes, il était discret, réservé, parfois ailleurs. Mais s’il avait des moments d’absence, il affichait en même temps une grande confiance. Et savait, dans certaines situations, se montrer rassurant ou sympathique. Il m’avait fait remarquer que nos deux prénoms se fêtaient le même jour, le 4 octobre. »

Pendant sa carrière, il a probablement travaillé souvent devant son portrait-robot

Franck Jourde ne jette rien. Ni les bulletins de notes du stage, si son magnétoscope. Il a retrouvé dans ses cartons une cassette VHS du stage de 1992, qu’il n’avait jamais regardée. Des images exclusives aux teintes usées, qui montrent le serial killer en action sur sa moto ou en salle d’étude. Visage glabre, attitude effacée alors que les autres s’esclaffent ou fanfaronnent. Le « Grêlé » a la peau étrangement lisse, le regard lointain.

« C’était un type un peu hautain, paternaliste et moralisateur avec moi. Il m’énervait. Il était plein de culot, avait de la peine à admettre l’échec, cachait ses faiblesses. Il était très exigeant avec lui-même. Je l’ai vu, quand il s’est retrouvé en difficulté et même en faute, utiliser des subterfuges avec un culot incroyable, impensable. Lors d’un examen, il avait oublié son arme de service, un Manurhin 357 magnum, qu’il fallait à tout prix porter. Il a pris son calot, l’a roulé pour lui donner la forme d’une crosse de revolver et l’a enfoncé dans son étui vide. Personne n’a rien vu. Moi, j’étais sidéré. » L’ancien policier raconte aussi que, pendant le stage, le tueur a réussi à dissimuler à ses examinateurs une fracture de la main pour être sûr d’obtenir son diplôme. « Il était radical, jusqu’au-boutiste, comme s’il ne pouvait pas échouer. »

Les images de François Vérove en uniforme lors de sa remise de médaille, à la fin du stage, figent Franck Jourde. « Ça me fait froid dans le dos. Son rictus me fait peur. » Depuis le 29 septembre, l’ex-motard a des cernes noirs. Comme beaucoup d’autres témoins, il se demande comment il a pu ne rien voir : « Pendant le stage, je l’ai surpris deux ou trois fois en train de prendre une douche le matin à l’étude ; il m’expliquait alors qu’il avait dû dormir dans sa voiture, une Volvo 740 GL blanche, dont il était très fier. La voiture avec laquelle il enlevait les fillettes… J’aurais peut-être dû le signaler. J’ai escorté cinq présidents français en trente ans. J’ai même escorté Obama. Mon grand-père était dans la 2e DB et a libéré Paris ; mon père, soldat dans l’infanterie de marine, a présenté les armes à Kennedy ; mon fils aussi est dans l’armée, il est allé au Mali. On sert le pays, dans ma famille. Et là, j’ai un sentiment de culpabilité. Je n’ai rien vu. Je me sens trahi. Il a sali la profession. »

Il ne laisse plus une trace dès qu’apparaissent les techniques ADN qui auraient pu le relier à ses victimes

Passé entre les gouttes, probablement grâce à sa grande connaissance des procédures policières, François Vérove n’a plus laissé de traces ADN derrière lui quand la technique de recherche aurait permis de le relier à ses victimes. Ses aveux sont imprécis, il ne donne aucun nom. On suppose que son itinéraire criminel débute en 1986 et s’achève en 1994. Mais avant ? Mais après ? Dans sa lettre, il dit n’avoir commis aucun crime à partir de 1997. Quid de ce gouffre entre 1994 et 1997 ? Combien de victimes ignorées ? Comme Karine Leroy, une lycéenne de 20 ans assassinée à l’aide un garrot espagnol sur le chemin du lycée en 1994 à Meaux, à l’époque où le « Grêlé » habitait à Longperrier, à une demi-heure de route. Avant d’étudier les scellés d’affaires anciennes, les enquêteurs de la police judiciaire passent toute sa vie au tamis, de la genèse qui a construit le tueur jusqu’à sa retraite, en apparence sereine.

On sait qu’il est né en 1962 à Gravelines (Nord), et qu’il y a vécu jusqu’à la mort de sa mère, emportée par un cancer. Son père travaille aux PTT – devenues La Poste – et refait sa vie avec une de ses collègues, qui a déjà deux filles. Le couple a un enfant, une fille, et s’installe à Marc-en-Barœul, une commune cossue du département, dans une de ces maisons de brique rouge typiques de la région. Ancien élève au collège Pierre-et-Marie-Curie de Gravelines, l’ado né fils unique s’intègre dans son nouvel environnement. À la maison, il vit avec son père, sa belle-mère, les deux filles de celle-ci, et sa demi-sœur. Il traverse une adolescence sans histoires, en apparence banale. On le dit discret, poli, pas du genre à faire les quatre cents coups à la sortie des cours. Sa seule passion connue : la moto. Il possède déjà une motocross avec laquelle il tourne dans ce quartier habité par des classes moyennes, mais ne joue pas les voyous. Selon un témoignage recueilli par BFMTV, l’adolescent sympathise avec une jeune femme qui devient sa confidente. Le fils de cette dernière raconte : « Il y a un soir où ils discutaient de ce qui ne se passait pas forcément bien dans leur vie. Comme tout adolescent, on a parfois des soucis, des états d’âme. Il avait des problèmes au niveau de sa famille, avec son père, et, un soir, il a proposé à ma mère de se suicider avec elle. » Lubie d’ado ? Prémices de l’itinéraire d’un tueur ? On sait peu de chose de ses relations avec son père, sinon qu’il coupe les ponts avec lui, pour une question d’héritage, avant qu’il ne décède à son tour d’un cancer.

De 1995 à 1999, il est délégué motard du syndicat de police Alliance

Le futur tueur en série résidera dans son village jusqu’à son départ à Paris après son succès au concours de gendarme, au début des années 1980. Il y a rencontré celle qui sera sa femme en 1985. Le mariage est célébré dans la commune de Bousbecque. Gendarme, il devient membre de l’escadron motard de la Garde républicaine. En 1988, le tueur quitte l’armée pour entrer dans la police, « afin de brouiller les pistes », pensent aujourd’hui les enquêteurs. Dans la foulée, il devient père d’une petite fille. Son deuxième enfant, un garçon, naît en 1991. L’arrivée de ses deux gosses semble coïncider avec un « creux » dans son activité criminelle. De 1995 à 1999, il est délégué motard du syndicat de police Alliance. Denis Jacob, son responsable départemental, raconte un homme dépressif, sous antidépresseurs, un syndicaliste « engagé, mais jamais agressif ».

Début 2000, François Vérove quitte la région parisienne pour le Sud, Martigues, puis le commissariat de Montpellier fin 2007. Là-bas, on le surnomme Fernandel, à cause de son sourire et de ses dents. Le 24 juin 2011, en rentrant chez lui à Prades-le-Lez, il a un accident de moto. Il attrape un staphylocoque à l’hôpital, dont les séquelles l’empêchent de reprendre le service. Jusqu’à sa mort, il se déplacera avec une canne. En 2019, il déménage à La Grande-Motte, dans une maison sans étage, plus commode avec son handicap que la belle bâtisse d’architecte qu’il avait fait construire à Prades-le-Lez, où il était conseiller municipal. À La Grande-Motte, on se souvient de la première fête des voisins que les Vérove avaient organisée dans le quartier. Là-bas comme ailleurs, tout le monde parle d’un type investi, qui a un avis sur tout, conciliant, sympa, avenant. Ce genre de grand-père modèle qui trimbale souvent ses petits-enfants dans la remorque de son vélo électrique. Un papy au-dessus de tout soupçon.

Chez lui, Franck Jourde fait et refait ses calculs, et il n’en revient pas. Selon lui, avec ses années de service cumulées dans la gendarmerie et dans la police, Vérove a reçu la médaille d’honneur de la Police nationale, échelon argent (vingt ans de service) et peut-être même or (trente-cinq ans de service). Une décoration rare, décernée pour la droiture irréprochable et le dévouement dont il a fait preuve dans l’exercice de ses fonctions. 

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/viols-de-mazan-dominique-pelicot-a-ecrit-un-livre-en-prison-et-cherche-un-editeur-6894735

Viols de Mazan : Dominique Pelicot a écrit un livre en prison et cherche un éditeur

Dominique Pelicot, au premier jour du procès des viols de Mazan. © Radio France - Valentin Pasquier

Publié le

Dominique Pelicot, condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour avoir violé, drogué et livré son ex-épouse, Gisèle Pelicot, à des inconnus pendant une décennie, cherche un éditeur pour publier un livre écrit en prison, révèle ce vendredi France Inter.

Dominique Pelicot, condamné dans l'affaire des viols de Mazan, cherche un éditeur pour un livre écrit en prison : "Les confessions de Dominique Pelicot écrites depuis sa cellule", révèle ce vendredi France Inter. Le principal accusé des viols de Mazan a été condamné à la peine maximale fin 2024, 20 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la violer et de la livrer à des dizaines d'inconnus.

Maître Béatrice Zavarro, avocate de Dominique Pelicot, a transmis ces manuscrits à l'ancien journaliste Denis Demonpion, pour lui trouver un éditeur : "J'ai remis des écrits de Monsieur Pelicot à mon interlocuteur dédié dans ce sujet-là, qui est en train de chercher effectivement un éditeur".

Un recueil de poèmes

"Il s'agit d'un recueil de poèmes, parce que Monsieur Pelicot en a écrit beaucoup. Et puis il a écrit des romans aussi. C'est une façon pour lui de 's'évader' et de sortir un peu de ce carcan carcéral", selon son avocate. Selon les informations de France Inter, une partie au moins des écrits s'appuie en réalité sur des éléments autobiographiques. "C'est vraiment à visée thérapeutique. Ce n'est pas stratégique de la part de la défense de Dominique Pelicot que je représente", ajoute l'avocate.

Pour l'heure, aucun éditeur n'a souhaité se lancer dans un projet avec Dominique Pelicot.

Les mémoires de Gisèle Pelicot sortiront en février 2026, aux éditions Flammarion.

 

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