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mercredi 20 juillet 2016
Attentat de Nice : des questions sur la sécurité et le nombre de terroristes
Je vous disais hier matin avoir des lecteurs russes
intéressés par mes articles portant sur les spams très particuliers que
je reçois de mes harceleurs.
Ils ont continué à affluer par la suite comme le montrent à cette heure les statistiques de Satanistique.
Par ailleurs, un journal russe a publié un témoignage d’un rescapé
disant avoir vu deux terroristes à Nice le soir du 14 juillet 2016.
Enfin, des failles apparaissent au niveau de la sécurité de la zone où s’est produit l’attentat.
« Un homme mort m’est tombé dessus, et j’ai été poussé hors de la trajectoire du camion »
Traduit par : Julia Breen — publié lundi 18 juillet 2016
Baï Parchoev aurait dû rentrer chez lui le 15 juillet. Mais
avant de prendre son vol pour Moscou, il a décidé de se promener un peu
sur la Promenade des Anglais à Nice et a croisé la trajectoire du camion fatal un peu avant d’arriver sur le front de mer. Il revient, pour le quotidien Izvestia, sur les événements et son sauvetage miraculeux.
La Promenade des Anglais recouverte de fleurs en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet, à Nice. Crédits : Flickr.com.
« Je me sens bien, même si les médecins m’ont interdit de voyager
pendant encore quatre ou cinq jours. J’ai subi un traumatisme crânien,
confie Baï Parchoev, 28 ans. J’étais à Nice depuis un mois et demi,
alors que j’étais censé n’y passer que trois jours. Ça s’est fait comme
ça. J’avais d’abord atterri à Milan, pour la finale de la Ligue des
champions. Mais ensuite, avec des amis, on a décidé d’aller passer
quelques jours à la mer. Puis l’Euro a commencé, et nous avons décidé de rester. Je devais retourner à Moscou jeudi dernier, précisément. »
Baï explique que jeudi soir, après dîner, il a proposé à son ami
Arthur, avec qui il était venu à Nice, de faire un petit tour en ville
avant le départ.
« Je savais que les Français fêtaient le 14 juillet. J’ai proposé à
Arthur d’aller se promener, mais il n’a pas voulu. Il m’a dit : ”Il
pleut”. J’ai répondu : ”Mais ce n’est pas le tonnerre qu’on entend,
c’est le feu d’artifice. Viens !”. Finalement, il n’a pas voulu sortir,
je suis donc parti seul. Je suis arrivé sur le front de mer, et 40
secondes plus tard, le camion est arrivé sur la promenade. Il roulait
très vite », se remémore-t-il.
Baï se souvient qu’il y avait énormément de monde – quasiment toute la ville était de sortie.
« Heureusement, les terroristes sont arrivés un peu en retard – les
gens avaient commencé à se disperser. À propos, je ne comprends pas
pourquoi on ne parle que d’un terroriste ? Ils étaient deux ! Un qui
conduisait, et un autre sur le siège passager, c’est lui qui a tiré »,
assure l’homme.
Parchoev a eu une chance étonnante – il a échappé à la mort par
miracle, alors que le véhicule se dirigeait pratiquement droit sur lui.
« Le camion roulait derrière moi, il a surgi dans mon dos à une
vitesse dingue. Je ne le voyais pas. Ce qui m’a sauvé, c’est que le
camion a percuté un homme qui m’est tombé dessus et j’ai été poussé hors
de la trajectoire du camion. Je suis tombé sur la piste cyclable, et le
camion a roulé le long de ma jambe, mais en effleurant seulement la
peau. Quand l’homme m’est tombé dessus, j’ai été projeté et ma tête a
frappé violemment le sol. Mais c’est vraiment ce qui m’a sauvé. Lui, il
semblait déjà mort. Je ne comprenais pas, raconte le témoin. C’était une
sorte de hachis de gens. On voyait partout des restes humains. Des gens
morts partout… J’ai vu au moins 15 jambes arrachées. Il y avait
énormément d’enfants. Énormément… Les gens étaient venus voir le feu
d’artifice en famille. Il y a eu un mouvement de panique terrible – tout
le monde hurlait, s’enfuyait. J’étais pratiquement au tout début de la
trajectoire du camion. »
Baï Parchoev hospitalisé après avoir été renversé par le camion, à Nice. Crédits : Archives personnelles.
Baï explique qu’il n’y avait quasiment nulle part où fuir.
« Vous avez le trottoir, et tous les 50 ou 100 mètres environ – des
marches, qui descendent à la mer. Il y a une rambarde puis un petit mur,
et en bas, la plage. On ne pouvait fuir que sur la route », décrit-il.
Après le premier choc, Baï s’est relevé et a poursuivi son chemin sur
la digue, sans aller voir les secours. « Il y avait tant de gens
mutilés sur place que j’avais tout simplement honte de demander de
l’aide avec mes blessures », reconnaît-il.
Baï a tout de même fini par aller à l’hôpital au milieu de la nuit,
s’étant mis à souffrir d’un mal de tête violent. Mais avant cela, il a
marché parmi les corps à la recherche de personnes qu’il connaissait. Il
se trouvait à Nice avec plusieurs amis.
« J’ai tout de suite appelé mes amis sur place, pour que eux-mêmes
appellent leurs connaissances, afin de savoir si quelqu’un avait été
blessé. Ensuite, j’ai avancé le long de la digue, au milieu des corps
recouverts, je soulevais les couvertures pour voir s’il y avait des gens
que je connaissais parmi les victimes. Les gens se sont immédiatement
serré les coudes, ils s’aidaient les uns les autres, les taxis
emmenaient les blessés à l’hôpital gratuitement », explique l’homme.
Baï a deviné quasiment sur le champ qu’il s’agissait d’un attentat dès lors qu’il s’est relevé et qu’il a retrouvé ses esprits.
« Au début, j’ai pensé que c’était un accident, que le conducteur
avait perdu le contrôle ou que les freins avaient lâché. Mais quand j’ai
vu qu’il roulait en zigzags, qu’il fonçait exprès sur les gens, je me
suis dit que c’était un malade ou un terroriste. Sans aucun doute »,
affirme Parchoev.
Baï ne peut pas encore rentrer à Moscou – les médecins insistent pour qu’il reste au lit.
« On m’a interdit de marcher à cause de mon traumatisme crânien. Ils
m’ont dit : ”tu peux rester à l’hôpital ou rentrer chez toi, comme tu
veux, mais reste allongé. Un médecin viendra te voir tous les jours pour
te faire des piqûres”, poursuit Baï. Je n’ai pas d’assurance, mais à
l’hôpital, ils ne m’ont rien demandé, pas d’argent. Ils m’ont d’abord
fait toutes les radios sur place, puis ils m’ont emmené dans un autre
hôpital. Les médecins ont été très efficaces. Franchement, bravo ! Quant
à moi, je n’arrive toujours pas à comprendre comment je suis resté en
vie. Je suis toujours sous le choc. Théoriquement, j’aurais dû mourir –
le camion me fonçait droit dessus. »
Attentat de Nice : de nouvelles questions sur le dispositif policier
Si la polémique porte sur le nombre de policiers présents sur les
lieux de l’attentat, les failles sont surtout venues des barrages des
véhicules de police.
Au lendemain de l’attentat, Christian Estrosi, l’ancien maire de Nice et actuel premier adjoint de la ville et président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dénonçait dans nos colonnes
un « mensonge d’État » à propos des effectifs de police présents la
veille sur la promenade des Anglais. Selon une liste consultée par Le Canard enchaîné,
entre 55 et 64 agents de la police nationale étaient présents sur les
lieux. Le 28 juin, les hauts fonctionnaires et représentants de la
mairie et de la région sous la présidence de Jean-Yves Orlandini, chef
du Service interministériel de défense et de protection des civils
(SIDPC) au cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, demandent à la ville
de prévoir un barriérage avec filtration du public (palpation, ouverture
de sacs) pour le 14 Juillet. Mais cette organisation n’a pu être mise
en place, faute d’effectif suffisant, relate le journal. Il a donc fallu
se contenter d’une « tenue des points d’accès par la PN (police
nationale) ».
« Vous auriez doublé les effectifs, la même chose se serait produite »
Pourtant, selon l’un des représentants des forces de l’ordre que nous avons interrogés,
le problème n’est pas venu du nombre de policiers : « Vous auriez
doublé les effectifs, la même chose se serait produite. Sécuriser la
voie publique, c’est ce qu’il y a de plus compliqué. Seul un policier,
ou un militaire, face à lui pouvait l’abattre. Ne nous voilons pas la
face, cela aurait très bien pu se produire pendant l’Euro. La vérité,
c’est que, sans renseignement, on ne peut pas empêcher ce type de
drame. » Selon Le Canard enchaîné, outre le manque d’effectif, la commission d’enquête demandée le 18 juillet par Les Républicains
devra se pencher sur une autre faille éventuelle : la zone ciblée où se
massaient 30 000 spectateurs n’a pas été bouclée pour empêcher
l’incursion de tout véhicule. Les chicanes en béton dont disposent les
services techniques de la ville de Nice n’ont pas été posées, car « le
préfet ne l’a pas demandé », explique au Canard la conseillère en
sécurité d’Estrosi. François-Xavier Lauch, directeur du cabinet du
préfet, explique dans les colonnes du journal que des véhicules de
police ont été disposés à cet effet. Sauf que la moitié des véhicules
étaient disposés sur la chaussée, et pas sur les trottoirs. Il a donc
suffi à Mohamed Lahouaiej Bouhlel de rouler sur le trottoir pour
contourner l’obstacle.
Christian Estrosi, premier adjoint Les Républicains de Nice, demande
au premier ministre Manuel Valls de saisir l’inspection générale des
services pour faire la lumière sur les conditions de sécurité mises en
place le 14 juillet.
« Lorsqu’il aura sous les yeux tous les éléments, il ne pourra pas
dire la même chose », déclare l’élu dans une interview à paraître ce
mercredi dans le quotidien régional Nice Matin.
« Chiffres mensongers »
Selon lui, « les policiers étaient moins nombreux [qu'en 2015] alors
que nous étions pourtant en plein état d’urgence ». »Le ministre de
l’Intérieur a affirmé qu’ils étaient 64, le premier ministre qu’ils
étaient au total 185. Ces deux chiffres sont mensongers », dit-il.
Christian Estrosi indique également qu’il n’a eu « connaissance d’aucun élément qui aurait pu [le] conduire à une annulation ».
Il précise que 42 policiers municipaux étaient présents sur le
terrain, comme le lui avait demandé l’Etat. Ils étaient les seuls,
assure-t-il, à être positionnés jeudi soir « à des carrefours
stratégiques, comme nous en avons la preuve sur de nombreuses photos ».
Des questions se posent aussi sur l’absence de blocs de béton qui
auraient peut-être pu ralentir ou entraver la course folle du camion
ayant fait 84 morts sur la promenade des Anglais.
« Pour l’Euro 2016, ils avaient été positionnés pour faire des
chicanes. Cette disposition n’a pas été reproduite le 14-Juillet »
précise-t-il.
Le 14 juillet sur la Promenade des Anglais, des barrages de police incomplets
Depuis l’attentat de Nice, la mairie de Nice et la
préfecture des Alpes-Maritimes se renvoient dos à dos la responsabilité.
Il y a pourtant bien eu des failles dans le dispositif policier et, à
en croire Le Canard enchaîné de mercredi, les torts sont partagés.
Comment un camion à 90 km/h a pu traverser des barrages de police pourtant existants? (Reuters)
Comment l’attentat de Nice a pu être possible? La justice devra le déterminer. La mairie a en effet porté plainte tandis que des familles de victimes ont aussi annoncé leur intention d’aller au tribunal. Mais, selon Le Canard enchaîné
de mercredi, l’enquête devrait pointer les responsabilités des
autorités locales qui s’écharpent depuis vendredi. D’un côté, Christian
Estrosi, maire adjoint – mais véritable patron – de la ville de Nice
dénonce un faible nombre d’agents de la police nationale présents. De
l’autre, la préfecture des Alpes-Maritimes assure que la mairie était
parfaitement au courant de la situation.
Qu’en est-il vraiment? La sécurisation des festivités du 14-Juillet à
Nice a été planifiée à l’occasion de deux réunions : le 28 juin et le 7
juillet. Le Canard a pu s’en procurer les compte-rendus. Au
premier rendez-vous, les autorités locales ont décidé la mise en place
d’un « barriérage avec filtration du public (palpation, ouverture de
sacs) ». Le 7 juillet toutefois, la préfecture évoque un problème
d’ »effectifs police municipale et police nationale contraints ». En
d’autres termes, la mairie comme la préfecture n’avaient tous deux pas
assez d’agents à déployer.
Un barriérage… partiel
Partant de ce constat, la préfecture, « après un tour de table »,
décide l’abandon de la filtration du public. Un choix qui n’a pas eu de
conséquence, aucun terroriste n’étant entré avec un kalachnikov sur la
zone piétonne pour voir le feu d’artifice. Quant au barriérage, il a
bien été maintenu. Il n’a pourtant pas empêché un camion fou de 19
tonnes de débouler à 90 km/h sur la Promenade des Anglais.
Le Canard révèle que la ville de Nice avait à disposition des
chicanes en béton, déjà mises en place autour de la fan zone de l’Euro
de football, qui auraient pu être installées. « Le préfet ne nous l’a
pas demandé », répond la conseillère en sécurité de la mairie cité par
l’hebdomadaire. Plutôt que des gros blocs de béton qui auraient arrêté
tout véhicule dangereux, des cars de CRS et voitures de police ont été
mis en place… sur la chaussée. Mais le large trottoir de la Promenade
des Anglais, lui, était totalement libre d’accès. Et Mohamed Lahouaiej Bouhlel a pu tuer.
Publication: 20/07/2016 08h06 CEST Mis à jour: il y a 2 heures
ATTENTAT DE NICE – Une information qui soulève des questions. Comme le rapportent France Bleu Azur et Europe 1 mardi 19 juillet, le camion utilisé par le terroriste Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour commettre l’attentat de Nice, qui a fait 84 morts, n’avait pas l’autorisation de circuler le 14 juillet. Il n’aurait donc jamais dû se retrouver sur la Promenade des Anglais.
Alors que l’auteur de l’attentat est venu faire des repérages à
plusieurs reprises dans les heures précédant l’attaque, son camion de 19
tonnes était interdit de circulation toute la journée à l’occasion de
la Fête nationale, « comme tous les poids-lourds de plus de 7,5 tonnes
et ce, partout en France », souligne France Bleu, qui cite un arrêté préfectoral assez clair en la matière:
« Sur l’ensemble du réseau routier, les véhicules ou les
ensembles de véhicules de plus de 7,5 tonnes de PTAC affectés aux
transports routiers de marchandises dangereuses ou non-dangereuses, à
l’exclusion des véhicules spécialisés et des matériels et engins
agricoles, n’ont pas le droit de circuler du samedi 22h au dimanche 22h.
Cette interdiction générale s’applique également les veilles de jours
fériés à partir de 22h jusqu’à 22h le lendemain ».
« Ces véhicules-là ne vont jamais sur la Promenade des Anglais »
Au-delà de cet arrêté préfectoral, il existe aussi un arrêté
municipal permanent qui interdit « la circulation des véhicules dont le
poids total est égal ou supérieur à 3,5 tonnes », note encore France
Bleu. Et Europe 1 relève que la présence des camions est de toute façon
« interdite à l’année sur la Promenade des Anglais ».
C’est notamment ce qu’a souligné Patrick Mortigliengo, président de
la Fédération nationale des transports routiers des Alpes-Maritimes, qui
se demande comment les caméras de vidéosurveillance n’ont pas permis
d’arrêter Mohamed Lahouaiej Bouhlel avant qu’il passe à l’attaque:
« On peut y accéder uniquement par autorisation avec un
but précis: où vous allez? Qu’est-ce que vous faites exactement? Quoi
qu’il en soit, ces véhicules-là ne vont jamais, jamais, jamais et
re-jamais sur la Promenade des Anglais ».
La mairie évoque des dérogations
De son côté, la mairie de Nice se justifie en expliquant que des
dérogations ont été délivrées, d’où la non-interpellation du conducteur
du camion:
« Il existe des exceptions-dérogations à cet arrêté
municipal permettant à certains camions de 19T de circuler en ville et
sur la Promenade des Anglais. Exemple: livraison, déménagement… Il n’est
donc pas possible d’identifier uniquement par les caméras un camions
étant autorisé ou non autorisé ».
La municipalité poursuit en expliquant « que ce sont des agents de la
Police Municipale, qui n’avaient pas été réquisitionnés par la
Préfecture pour le 14 Juillet, mais qui étaient sur une autre mission
sur le terrain, qui ont constaté le camion à son entrée sur la
Promenade » et ont donné l’alerte, sans quoi il « aurait pu continuer sa
course bien plus loin. »
Egalement interrogé par France Bleu, Patrick Mortigliengo explique
aussi que le poids-lourd en question n’était pas frigorifique,
contrairement à ce qu’avait indiqué le procureur de la République de
Paris. Il s’en explique:
« Premièrement, les parois des camions frigorifiques sont
en plastique étanche et les portes sont beaucoup plus épaisses.
Deuxièmement, les camions frigorifiques sont équipés de refroidisseurs
de marque Thermo King, Carrier ou autre. Troisièmement, les camions
frigorifiques ont des inscriptions sur l’avant du camion où il est
notamment indiqué ‘FR’ pour reconnaître que le camion a
l’homologation ».
De son côté, Christian Estrosi, qui a chargé le ministère de
l’Intérieur à plusieurs reprises, a annoncé ce mercredi 20 juillet à Nice Matinqu’il voulait saisir la police des polices.
L’ex-maire et actuel adjoint au maire de Nice accuse Bernard Cazeneuve
d’avoir donné des chiffres mensongers sur les effectifs de police
présents le soir de l’attentat. Il met aussi en cause l’absence de blocs
de béton qui auraient pu empêcher le drame.
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