Deux hommes de 27 et 29 ans interpellés mardi et dont la garde à vue
avait été prolongée de 48h sont en passe d’être mis en examen dans le
cadre de l’enquête sur le meurtre de deux policiers lundi dans les
Yvelines.
Deux proches de Larossi Abballa, l’homme qui a assassiné lundi deux
policiers à leur domicile des Yvelines, seront présentés samedi aux
magistrats en vue d’éventuelles mises en examen dans le cadre de cette
enquête. Le parquet va ouvrir une information judiciaire confiée à des
juges antiterroristes.
Les deux hommes de 27 et 29 ans avaient été arrêtés mardi en
compagnie d’un troisième dont la garde à vue a été levée sans poursuite.
Les enquêteurs tentent notamment d’établir si Larossi Abballa a agi
seul ou s’il a bénéficié de complicités dans la préparation ou dans
l’exécution de l’attaque qu’il a commise.
Les deux suspects, âgés de 27 et 29 ans, avaient été condamnés avec
Abballa en septembre 2013 au procès d’une filière d’envoi de djihadistes
au Pakistan, ont précisé des sources judiciaire et proche de l’enquête.
Le plus âgé des deux avait été arrêté dans ce pays. Selon la chaîne d’information iTélé,
ces deux hommes se nomment Charaf-Din A. – il habitait le même immeuble
qu’Abballa aux Mureaux – et Saâd R.. Larossi Aballa avait écopé de
trois ans de prison, dont six mois avec sursis et deux ans de mise à
l’épreuve. Charaf-Din A. et Saâd R. avaient eux été condamnés à cinq ans fermes.
«On me disait que j’étais courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue»
Charaf-Din A. avait été interpellé en janvier 2011 au Pakistan.
Expulsé vers la France, il est arrêté par les services français à sa
descente d’avion quatre mois plus tard. Il était alors suspecté d’avoir
voulu rejoindre al-Qaida dans les zones tribales pakistano-afghanes du
Waziristan. «On a voulu jouer à la guéguerre. L’islam modéré ne
m’attirait pas, pas assez sulfureux. On a utilisé des versets du Coran
pour justifier nos actions», reconnaissait Charaf-Din A. en 2013,
estimant qu’il ne serait «pas tombé dans ce traquenard» s’il avait
«mieux connu» sa religion.
Le procès de 2013 avait révélé que Saâd R. avait été recruté au
printemps 2010 par un ressortissant indien nommé Mohammed Niaz Abdul
Raseed. L’homme convainc ce technicien en électronique de s’engager pour
soutenir «la lutte armée» d’al-Qaida. Saâd R., jeune franco-marocain de
24 ans, télécharge alors tout ce qu’il peut trouver comme informations sur le djihad
et sa volonté de s’engager s’affirme. «Ce qui m’a le plus attiré, c’est
qu’en parlant de ce sujet sur le Web, j’étais populaire, on me disait
que j’étais courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue»,
disait-il lors de l’audience, au côté de Charaf-Din A., son ami de
lycée, français d’origine marocaine, qu’il a convaincu à s’enrôler et à
partir pour le Pakistan.
Lors d’une perquisition au domicile d’un des trois hommes arrêtés
cette semaine, une importante documentation djihadiste et un plan de la
Seine-Saint-Denis, mentionnant l’emplacement des commissariats de police
du département, avaient été retrouvés.
Les enquêteurs espèrent aussi puiser des informations dans le
matériel informatique et téléphonique saisis chez les trois hommes,
ainsi que dans celui d’Abballa trouvé chez ses parents et celui avec
lequel il a mis en ligne sa vidéo de revendication depuis le domicile
des policiers.
Un lien entre Larossi Aballa et le terroriste présumé Sid Ahmed Ghlam
Selon le site rtl.fr, une note datée d’avril 2015,
rédigée par des policiers des Yvelines, met en lien Larossi Abballa,
meurtrier du couple de policiers à Magnanville (Yvelines) et Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d’un projet d’attentat contre une église de Villejuif et assassin présumé d’Aurélie Châtelain.
Abballa aurait été aperçu au volant d’un fourgon appartenant à
Abdelkader Jalal, un homme de 33 ans mis en examen pour avoir été le
logisticien de Sid Ahmed Ghlam. Ce premier signalement est suivi, en
novembre 2015, d’une autre note où est cité Charaf-Din A, l’un des trois
hommes actuellement gardés à vue dans le cadre de l’enquête sur le
meurtre des deux policiers à Magnanville.
Charaf-Din Aberouz est un proche de Larossi Abballa. Les deux hommes
ont fait partie d’un groupe de sept Français soupçonnés d’entretenir des
liens avec des talibans et Al-Qaïda.
Deux d’entre eux avaient été interpellés à Lahore par les services
secrets pakistanais en 2011, juste avant d’atteindre le Waziristan, où
ils prévoyaient de s’entraîner au djihad. Charaf-Din Aberouz est alors
âgé de 25 ans. Il est condamné à cinq ans de prison en France
pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte
terroriste. Il sera libéré le 12 novembre 2015 au motif d’une réduction
conditionnelle de peine.
« Violent dans ses rapports avec les mécréants »
Selon les informations que nous avons pu consulter, il est loin
d’avoir été un détenu modèle. L’administration pénitentiaire le qualifie
de « radicalisé » se comportant « en recruteur » et note : « démarche
les détenus arrivants, fait la promotion de l’islam et débute
l’enseignement des individus qu’il prend sous sa tutelle ». Ainsi, le 21
février 2012, Charaf-Din Aberouz organise un rassemblement d’une
quarantaine de détenus lors de la promenade et prononce un discours
pendant 10 minutes « dans le plus strict silence des détenus présents
qui semblaient conquis et admiratifs », notent les services, inquiets.
Le 27 janvier 2013, il prononce un appel à la prière en pleine nuit. Le 6
juin, ses gardiens rapportent un comportement « violent dans ses
rapports avec les mécréants », le 31 décembre 2014, il se réjouit à l’annonce de l’exécution d’Hervé Gourdel en Algérie.
Afin d’éviter qu’il ne radicalise tous ses camarades de détention, il
changera cinq fois d’établissement sur une période de trois ans et demi.
Ce voyage dans les prisons françaises sera aussi l’occasion de se
lier d’amitié avec des figures du terrorisme islamiste. Il fait la
connaissance de Maximilien Thibaut, membre du groupe Forsane Alizza –
qualifié de pieds nickelés du djihad –, ainsi que de Teddy Valcy,
relation bien connue des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, auteurs
des attentats de janvier. Plus troublant encore, l’administration
pénitentiaire note que Larossi Abballa est ami avec Rachid Aït El Hadj,
un terroriste lui aussi originaire des Mureaux, condamné en 2007 pour
les attentats de Casablanca. Ce dernier a été déchu de sa nationalité
française en octobre 2015. Ce n’est d’ailleurs pas le seul membre du
réseau des attentats de Casablanca que connaît Abballa : comme
l’expliquaient nos confrères de RTL,
Fouad Charouali (lui aussi déchu de sa nationalité), logisticien des
attentats de Casablanca, était un voisin de la famille Abballa. Ils
habitaient le même immeuble.
Imam autoproclamé
Autre relation déférée devant le parquet, Saad Rajraji. Lui aussi
fait partie de la filière djihadiste pakistanaise démantelée en 2011.
Condamné à 5 ans de prison, il est libre depuis novembre 2014. Lui aussi
s’aventure vers des fréquentations qui suscitent l’attention des
services. Dans le téléphone saisi par l’administration pénitentiaire on
retrouve, sous différents noms, quatre numéros de téléphone
correspondant à Thamer Bouchnak, un imam autoproclamé et considéré comme
responsable du processus de radicalisation de nombreux codétenus. Ce
dernier organise la lecture de textes religieux lors des promenades et
bénéficie de l’attention de nombreux comparses « en raison de sa
maîtrise des textes religieux », note l’administration.
Thamer Bouchnak a été membre de la filière des Buttes-Chaumont et a
entraîné… Cherif Kouachi. Bouchnak connaît lui-même très bien Djamel
Beghal, un ancien du GIA et d’Al-Qaïda. D’après une source proche du
dossier, Thamer Bouchnak était jusqu’alors considéré par les services de
renseignements comme « le plus susceptible de passer à l’acte ».
L’enquête est en cours et devra déterminer si Larossi Abballa a agi sur
ordre et bénéficié d’éventuelles complicités.*
Deux Français embrigadés, qui comparaissent depuis lundi devant le
tribunal correctionnel, avaient été arrêtés au Pakistan, où ils
comptaient rejoindre des groupes affiliés à al-Qaida.
L’aventure a tourné court. En janvier 2011, Charaf-Din Aberouz, un
Français d’origine marocaine de 27 ans, et Zohab Ifzal, un Français
d’origine pakistanaise de 24 ans, à peine posé le pied à l’aéroport de
Lahore au Pakistan pour rallier un camp d’entraînement djihadiste,
avaient été arrêtés par les autorités locales. Depuis lundi, avec leurs
six acolytes suspectés d’«association de malfaiteurs en vue de préparer
des actes terroristes», ils comparaissent devant le tribunal correctionnel, à Paris.
Les journées consacrées à l’examen du profil des prévenus ont donné
l’impression d’une escouade de «paumés», originaires de banlieue
parisienne, cherchant un sens à leur existence et qui rencontrent un
individu «qui par son image, son érudition, sa faculté à convaincre,
entraîne les autres» comme l’explique le procureur Benjamin Chambre. Ce
recruteur s’appelle Mohammed Niaz Abdul Raseed, un ressortissant indien
de 35 ans, présenté comme le «cerveau» de la bande. Cheveux noués en
catogan et barbe noire, cet Indien était déjà membre, dans son pays,
d’un mouvement musulman extrémiste.
Niant toute implication, dénonçant une «conspiration» et répondant
toujours à côté des questions des juges, il s’était montré plus prolixe
face aux enquêteurs de la DCRI.
L’ingénieur en mécanique se définissait alors comme le conseiller de la
petite troupe et racontait avoir été formé en Inde aux techniques de
recrutement et de contre-interrogatoire. «Mon projet était de façonner
un groupe avec trois branches: une de solidarité, une militaire et une
politique», ajoutait-il.
«En parlant de ce sujet sur le Web, j’étais populaire»
Devant les magistrats, il a assuré sans vergogne que la masse de
vidéos, livres et documents compromettants saisis chez lui dans le
Val-d’Oise ne servaient qu’à «constituer une bibliothèque, comme hobby».
Selon la DCRI, il a utilisé Facebook pour repérer des jeunes sensibles à
la «cause» avant de leur faire suivre des entraînements physiques et
des séances d’endoctrinement. Il s’agissait ensuite, grâce à ses
contacts sur place, de faciliter leur départ au Pakistan pour rejoindre
des groupes affiliés à al-Qaida.
Parmi les premiers à tomber dans ses filets, Saad Rajraji, un
Franco-Marocain de 24 ans, devenu son bras droit et chargé du
recrutement de nouveaux membres. Derrière ses fines lunettes, le
technicien en électronique s’exprime avec aisance. «Je m’ennuyais
beaucoup, je passais mon temps sur Internet, a-t-il expliqué. Quand
Abdul Raseed m’a contacté et demandé si j’étais favorable à la lutte
armée, j’étais choqué, car j’avais des doutes sur la légitimité de la
chose.»
Après réflexion, il décide pourtant de sauter le pas. «J’ai beaucoup
repensé à notre conversation, j’ai ressenti de l’humiliation, car j’ai
toujours voulu aider les musulmans opprimés et, le jour où on me propose
quelque chose de concret, même si c’était radical, je me dégonfle,
a-t-il poursuivi. Je n’ai pas supporté et j’ai dit oui, par fierté.» Il
télécharge alors tout ce qu’il peut dénicher sur le djihad. Ses
réticences s’estompent. «Ce qui m’a le plus attiré, c’est qu’en parlant
de ce sujet sur le Web, j’étais populaire, on me disait que j’étais
courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue.»
Il rencontre alors Aberouz, qu’Abdul Raseed décrit comme «fort dans
sa tête, très spirituel». Suffisamment pour être envoyé très vite dans
un camp au Waziristan, vers la frontière pakistano-afghane. «On a voulu
jouer à la guéguerre. L’islam modéré ne m’attirait pas, pas assez
sulfureux», a expliqué Aberouz. «On a utilisé des versets du Coran pour
justifier nos actions», a-t-il reconnu, estimant qu’il ne serait «pas
tombé dans ce traquenard» s’il avait «mieux connu» sa religion. «Je
voulais juste tirer à la kalachnikov, me défouler un peu, pour faire
comme dans Call of Duty(un
jeu vidéo, NDLR) ou ce qu’on voit à la télé», a-t-il encore poursuivi.
Une fois dans l’avion, il a douté. «Mais je ne pouvais plus reculer,
cela aurait été la honte.»
Aberouz s’est envolé avec Zohab Ifzal, embrigadé par Rajraji qui le
connaissait depuis le lycée. Le garçon intéressait particulièrement le
groupe pour ses origines pakistanaises facilitant l’obtention de visas.
«Il n’avait pas le profil, a reconnu Aberouz. Il a été utilisé comme
sauf-conduit parce qu’il avait de la famille là-bas.» Ifzal n’a pourtant
eu besoin que de 2 entrevues avec Abdul Raseed pour accepter de partir.
«Je ne réfléchissais pas beaucoup, j’avais trouvé des gens qui
m’apportaient un soutien que je n’avais pas dans ma famille», a-t-il
justifié… À la question de savoir ce qu’ils auraient fait en rentrant en
France, Ifzal a répondu ne pas savoir: «C’était très flou.» Aberouz,
lui, pense qu’Abdul Raseed aurait attendu «des instructions pour qu’on
commette des attaques».
Le procureur a requis des peines de 8 ans de prison à l’encontre de
Mohamned Niaz Abdul Raseed, 6 ans à l’encontre de Charaf-Din Aberouz et
Saad Rajraji et 3 ans contre Zohab Ifzal.
Larossi Abballa faisait l’objet d’une surveillance. DR
Le tueur de Magnanville a été identifié dans une instruction
judiciaire avant qu’il passe à l’acte, assassinant le couple de
policiers.
Le terroriste Larossi Abballa faisait l’objet d’une surveillance,
d’écoutes et de géolocalisation lorsqu’il parti tendre son embuscade à
Magnanville lundi soir pour poignarder un couple de policiers, ont
révélé à Paris Match des sources policières et judiciaires. Cette
instruction, ouverte contre X le 11 février dernier, porte sur une
«filière de recrutement et d’acheminement de djihadistes vers la zone
syrienne», indiquaient nos sources, soulignant que le degré de
dangerosité du djihadiste a peut être été sous-évalué avant son passage à
l’acte.
La DGSI menait les investigations sur commission rogatoire d’un
magistrat antiterroriste. C’est dans ce cadre, à la faveur d’écoutes
téléphoniques et de géolocalisations, que le portable d’Abballa a été
identifié. Des échanges avec ses deux amis, Français d’origine
marocaine, auraient ainsi été interceptés. Le premier, Saad Rajaraji,
technicien en électronique, est âgé de 27 ans. Lors de la perquisition à
son domicile, les enquêteurs ont découvert une carte du département de
Seine-Saint-Denis, sur laquelle les commissariats de police du
département sont précisément localisés. Ce document serait toutefois
«ancien», selon des sources judiciaires. Le second, Charaf-Din Aberouze,
29 ans, serait le plus radicalisé. Les deux suspects avaient déjà été
condamnés en 2013, à 5 ans de prison ferme, en même temps que leur ami
Abballa, pour leur participation active à une filière de recrutement de
combattants destinés au Pakistan. Dans cette affaire, Abballa avait
écopé de 3 ans dont 6 mois avec sursis. Lors de son procès, Aberouze
avait reconnu avoir effectué une formation militaire dans les zones
tribales du Waziristan.
Un départ en Syrie sous couvert de pèlerinage à la Mecque?
A présent, un troisième homme est également interrogé dans les locaux
de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour une
garde à vue prolongée de 96 heures, qui prendra fin samedi. Les limiers
de la DGSI tentent de déterminer dans quelle mesure ces «vieilles
connaissances» pouvaient avoir connaissance du projet terroriste
d’Abballa et s’ils lui ont apporté une aide quelconque dans son
assassinat du commandant de police Jean-Baptiste Salvaing et de sa
compagne Jessica Schneider, assistante au commissariat de
Mantes-la-Jolie. Courant mars, Abballa devait effectuer un pèlerinage à
La Mecque, en Arabie Saoudite, en empruntant un vol via la Turquie. Il
aurait pu profiter de ce transit pour, en réalité, se rendre en Syrie
afin d’y peaufiner le projet de filière djihadiste et d’y prendre des
ordres d’attaques sur le sol français de la part de chefs de Daech.
Alors qu’il était retranché dans le pavillon de policiers, Larossi
Abballa a diffusé sur Internet un long message vidéo. Dans celui-ci, il
appelait ses «frères» à attaquer les policiers, les gardiens de prisons,
et une liste de cinq journalistes ainsi qu’un universitaire, nommément
cités. Ces six personnalités ont chacune été reçues au ministère de
l’Intérieur jeudi, et toutes été placées sous protection policière.
Publication: 14/06/2016 14h01 CEST Mis à jour: 14/06/2016 14h01 CEST
TERRORISME – En décembre 2015, l’enquête sur les attentats de Paris
révélait le rôle prépondérant joué par Abou Mohammed Al-Adnani,
porte-parole de l’organisation Etat islamique, dans les opérations extérieures du mouvement djihadiste. Il est considéré comme le véritable cerveau des attaques du 13 novembre.
L’attaque de Larossi Abballa perpétrée contre deux policiers à Magnanville dans les Yvelines
est une réponse directe aux consignes d’Al-Adnani qui ne cesse
d’exhorter ses partisans à passer à l’action dans leurs pays d’origine
contre les forces de l’ordre des pays de la coalition engagés dans la
lutte contre l’organisation, en Syrie et en Irak. Dans un message
diffusé le 21 mai, le porte-parole de l’EI appelait, notamment, à des
attaques contre les Etats-Unis et l’Europe pendant le mois du ramadan,
qui a débuté le 6 juin.
Un vétéran du jihad
Originaire de la région d’Idlib, dans le Nord de la Syrie, Al-Adnani
ne semblait pas destiné à devenir l’orateur consacré du mouvement
jihadiste. En 1998, celui que les quotidiens arabes qualifient
« d’ermite soufi » à la personnalité introvertie disparaît. On retrouve
sa trace en 2003, en Irak, peu après l’invasion américaine.
Selon le département d’Etat américain, cité par Le Monde,
Al-Adnani est « l’un des premiers combattants étrangers à s’opposer aux
forces de la coalition en Irak ». Il prête alors allégeance à Abou
Moussab Al-Zarkaoui, fondateur et maître à penser de l’EI, tué en 2006.
Capturé en 2005, Al-Adnani est emprisonné dans le camp Bucca, une
prison gérée par l’armée américaine dans le sud de l’Irak, par laquelle
sont passés de nombreux dirigeants de l’EI. Comme beaucoup d’autres
jihadistes, c’est en ces murs qu’il rencontre l’homme qu’il présentera
quelques années plus tard comme le nouveau « calife », Abou Bakr Al-Baghdadi.
Au fil des années, il est devenu une figure importante au sein de
l’EI, au point que les services de renseignements occidentaux ont
tendance à le considérer comme le « ministre des attentats », qui
pourrait être chargé, en plus de motiver des jihadistes isolés, de
superviser des campagnes de terreur en Occident.
Le responsable de l’EI le plus recherché
Si bien que l’homme fait désormais partie des terroristes les plus recherchés de la planète. Selon Le Monde,
depuis août 2014, il figure sur la liste officielle américaine
antiterroriste intitulée « Rewards for Justice », qui promet la somme de
5 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa traque et
son arrestation.
Selon les médias américains, il est le responsable le plus recherché
par les Etats-Unis au sein du groupe Etat Islamique devant même Abou
Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’organisation.
« Tuez des policiers »
Comme Larossi Abballa, le meurtrier de deux policiers dans les
Yvelines, Al-Adnani encourage ceux qu’il nomme « les soldats du
califat » à utiliser n’importe quelle arme disponible contre « les
soldats des tyrans ».
Dans un long message audio diffusé en septembre 2014 par Al Furqan,
le principal média de l’EI, il lançait: « Levez-vous, monothéistes, et
défendez votre Etat depuis votre lieu de résidence, où qu’il soit.
Attaquez les soldats des tyrans, leurs forces de police et de sécurité,
leurs services de renseignements et leurs collaborateurs ».
« Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer
une balle », expliquait-il, « débrouillez vous pour vous retrouver seul
avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec
une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture,
jetez-le d’une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le ».
Ainsi, depuis mars 2012, et l’assassinat par Mohamed Merah de trois
militaires à Toulouse et Montauban, les policiers et soldats français
ont régulièrement été pris pour cible par des jihadistes, agissant le
plus souvent isolément. Ils sont sept à avoir perdu la vie dans ces
attaques ciblées.
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