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jeudi 16 juin 2016
Attentats : deux policiers assassinés et de nouvelles menaces
Détenu à la prison de Beveren, le terroriste des
attentats de Paris et de Bruxelles, Mohamed Abrini, 31 ans,
correspondait en cachette avec un autre suspect, Marouan El Bali,
l’unique survivant de l’assaut de Verviers, le 15 janvier 2015. Le
trafic a été découvert par hasard mardi par un codétenu qui a intercepté
un courrier écrit en arabe sur une feuille de format A 4. Abrini avait
écrit : « Il y a quelque chose qui bouge en France. »
Effectivement : trois nouvelles victimes, et des informations qui
remontent, comme toujours après chaque nouveau crime à fort
retentissement.
Or, que constate-t-on encore une fois ?
Larossi Abballa comme Mohamed Merah, Salah Abdeslam et bien d’autres a commencé à s’agiter en 2010.
Je rappelle que cette année-là, le malade mental extrêmement
dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi a commencé à divulguer des tas
d’informations me concernant sous la dictée de la criminelle Josette
Brenterch du NPA de Brest cherchant de la sorte à provoquer moult
assassinats, règlements de comptes et attentats.
Prévenus dès l’été 2010, les magistrats brestois, qui ont toujours su
tous les problèmes que posaient ces révélations et toutes les
inventions calomnieuses associées, ont volontairement laissé se
développer leurs opérations de lynchage public à mon encontre.
Leurs objectifs ont toujours été semblables à ceux de leur complice Josette Brenterch du NPA de Brest.
Maintenant que deux policiers ont été assassinés après avoir été
personnellement visés et recherchés (ce qui ne semble avoir été le cas
des deux policiers tués au mois de janvier 2015), je ne peux m’empêcher
de faire le parallèle avec la libération sujette à caution du
multirécidiviste Jean-Claude Bonnal dit le « Chinois » au mois de
décembre 2000. Elle avait provoqué un tollé après qu’il eut tué deux
policiers lors d’un cambriolage avec prise d’otages le 16 octobre 2001.
Il se trouve que le magistrat toujours cité seul à ce sujet alors
qu’il présidait une chambre de l’instruction de la Cour d’Appel de
Paris, Jean-Paul Laurens, avait été lui aussi corrompu à leur profit par
Josette Brenterch et ses amis, dont un proxénète résidant à Athis-Mons.
Or, curieusement, le 6 octobre 2001, Jean-Claude Bonnal avait commis
dans un bar de cette ville au prétexte d’une « caisse » ridicule un
quadruple assassinat ressemblant à s’y méprendre à l’exécution de
témoins gênants.
Daech se prépare à frapper la Belgique: la menace est « imminente »
Gilbert Dupont Publié le mercredi 15 juin 2016 à 06h21 – Mis à jour le mercredi 15 juin 2016 à 23h53
Exclusif
Faits divers
Des combattants de l’État islamique auraient quitté la Syrie afin de rejoindre l’Europe.
Après le massacre homophobe d’Orlando et au lendemain de l’assassinat
près de Paris par un islamiste radicalisé d’un couple de policiers, la
cellule antiterroriste belge a adressé à tous les services de police ce
message d’alerte de menace imminente que la DH a pu se procurer : « Des
combattants auraient quitté la Syrie il y a environ une semaine et
demie afin de rejoindre l’Europe via la Turquie et la Grèce, en bateau,
sans passeport. Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l’un pour
la Belgique, l’autre pour la France, afin d’aller commettre des
attentats par groupe de deux. Toujours selon les renseignements
recueillis, ces personnes seraient déjà en possession de l’armement
nécessaire et leur action serait imminente. »
S’agissant de la menace sur le territoire belge, trois cibles sont
citées : un grand centre commercial bruxellois, un restaurant (non
localisé) d’une chaîne fast-food américaine et une cible policière, de
type commissariat (non localisé).
Toujours selon les informations en notre possession, le Centre de Crise, en lien avec le maintien par l’Ocam du niveau « 3, grave » de la menace (comme la DH
avait pu le révéler dès le samedi 5 juin en rapport avec le mois de
ramadan), recommande depuis la semaine passée aux autorités
administratives et « sur l’ensemble du territoire », d’envisager l’éventualité de « maintenir, reporter ou annuler les grands événements sur le territoire de leur commune ».
Pour préciser la menace, l’Ocam rappelle que des armes et explosifs
en possession de la cellule responsable des attentats du 22 mars « n’ont pas été retrouvées ».
Comme importants facteurs de risque aggravants, l’Ocam ajoute la
prochaine implication de la Belgique dans des frappes aériennes en Syrie
à partir du 1er juillet, l’incertitude « quant à certains de nos djihadistes dans la zone Syrie/Irak » ainsi que les revers sut le terrain subis par Daech dans la zone de guerre.
L’Ocam insiste qu’« il y a des cellules dormantes de l’État islamique en Europe ». Pour les services belges, « la France reste la cible de prédilection pour l’EI » mais
« on ne peut exclure qu’elles (les cellules) pourraient exécuter un ou
des attentats également en Belgique. […] En cas de nouv(el)aux
attentat(s), il(s) viserai(ent) à faire un maximum de victimes (et)
pourraient également viser certaines infrastructures (communications,
nucléaires e.a.) »
« Impact : grand nombre de victimes. Il y aurait une retombée sur
la vie sociale en Belgique et une forte répercussion aux niveaux
national et international. Nous estimons la menace comme haute, voire
très haute (en gras, NdlR) en fonction du nombre de victimes et/ou
l’infrastructure qui serait visée ».
L’Ocam précise : « L’EI a l’intention et la capacité d’exécuter la menace. »
On constate, à la lecture de la note, que la liste des cibles potentielles est considérablement augmentée.
Outre des personnalités belges et étrangères dont la famille royale
et plusieurs ministres en vue, les ports et aéroports, les moyens de
transport (métro, etc.), les gares internationales (dont les trois
principales gares bruxelloises), plus de 15 ambassades, sièges
d’organisations européennes et internationales et bâtiments publics
(Justice, etc), la nouvelle liste ajoute : « les rassemblements que
l’ Euro 2016 va provoquer en Belgique (écrans géants dans des espaces
publics), les hôpitaux et en particulier l’Hôpital militaire
(Neder-Over-Hembeek), les centres commerciaux, des grands hôtels, les
concentrations, concerts, festivités et lieux de divertissement, les
rues commerçantes et quartiers piétonniers (la Bourse est citée), les
lieux de culte, etc. »
Enfin, l’Ocam ajoute qu’il « ne faut pas se focaliser uniquement sur les grands centres urbains. Des villes de province peuvent être visées ».
Réaction du directeur de l’Ocam
Hier soir, Paul Van Tigchelt – directeur de l’Ocam – confirmait l’information mais souhaitait la relativiser.
« L’Ocam reçoit toutes sortes d’informations. Il s’agit le plus souvent
d’informations brutes. C’est notre mission, en lien avec nos
partenaires, de les contextualiser, de les analyser et de vérifier leur
fiabilité. Sur base de cet exercice, nous avons conclu que relativement à
ces informations, il n’y avait pour l’instant pas nécessité d’augmenter
le niveau de la menace par rapport aux cibles qui sont mentionnées. »
Un message d’Abrini intercepté en prison
Détenu à la prison de Beveren, le terroriste des attentats de
Bruxelles, Mohamed Abrini, 31 ans, correspondait en cachette avec un
autre suspect. Le trafic a été découvert par hasard mardi par un
codétenu qui a immédiatement prévenu la direction. Le codétenu a
intercepté un courrier écrit en arabe sur une feuille de format A 4.
Abrini avait écrit : « Il y a quelque chose qui bouge en France. »
Apparemment, le terroriste se servait d’un autre détenu ou d’un
surveillant pour faire parvenir le message à Marouan El Bali, l’unique
survivant de l’assaut de Verviers, le 15 janvier 2015. Hier soir,
l’administration pouvait confirmer qu’Abrini et El Bali étaient détenus à
Beveren, dans des sections différentes, la 1ère et la 3e. « La police a immédiatement été prévenue. Elle va pouvoir enquêter. » Abrini est détenu en attente de son extradition vers la France qui s’effectuera via Melsbroek.
Il aurait été arrêté juste à temps. Un jeune homme de 22 ans, armé et fiché S, a été appréhendé par les enquêteurs de la DGSI lundi soir à la gare de Carcassonne (Aude), alors qu’il s’apprêtait à attaquer des touristes, rapportent « la Dépêche du Midi » et « le Parisien ».
Que projetait-il ?
D’après « la Dépêche », le jeune homme était armé d’un couteau et
d’une machette. Selon « le Parisien », il s’agit plutôt d’un Opinel et
d’un marteau. Aux enquêteurs, il a confié vouloir s’attaquer à des
touristes américains et anglais avant de fomenter un attentat contre les forces de l’ordre, à la fois policiers et militaires.
Le porte-parole officiel de l’organisation, le Syrien Abou Mohammed
Al-Adnani, alias »ministre des attentats », encourage ceux qu’il nomme
« les soldats du califat » à utiliser n’importe quelle arme disponible
pour passer à l’acte.
Qui est le suspect ?
Converti à l’islam en 2014, ce jeune homme de 22 ans est domicilié à
L’Isle-Jourdain et est originaire de Lunel (Hérault). Il »se serait
radicalisé très vite sur internet et via des forums de discussion »,
rapporte « la Dépêche ». Selon une source proche de l’enquête citée par
« le Parisien », il a en outre été diagnostiqué schizophrène et
souffre d’antécédents psychiatriques, à l’instar du déséquilibré qui a poignardé une jeune femme à Rennes mardi.
Le suspect a été placé en garde à vue à Toulouse pour « association de malfaiteurs en vue de préparer un acte de terrorisme ».
La loi prévoit 96 heures de retenue dans le cas des enquêtes
relatives au terrorisme. Le suspect pourrait être rapidement présenté à
un juge antiterroriste à Paris.
Double meurtre de Magnanville : l’assassin connaissait-il le policier ciblé ?
>Faits divers|Éric Pelletier et Thibault Raisse|16 juin 2016, 7h00 | MAJ : 16 juin 2016, 13h59|6
Larossi Abballa avait été plusieurs fois condamné pour des
faits de petite délinquance dans le secteur de Mantes-la-Jolie, une
région où Jean-Baptiste Salvaing a été policier de terrain durant près
de quinze ans. (AFP.)
Éric Pelletier et Thibault Raisse
Le scénario du double homicide de Magnanville (Yvelines) se précise,
mais il manque encore quelques pièces à ce puzzle macabre. Les
enquêteurs qui tentent de comprendre comment, lundi soir, un couple de
policiers a été surpris à son domicile puis tué à coups de couteau, en
présence de leur fils de 3 ans et demi, se heurtaient toujours, mercredi
soir, à la même interrogation lancinante. Larossi Abballa, un islamiste
radical de 25 ans habitant à Mantes-la-Jolie, qui a agi au nom de
Daech, et le commandant Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, figure de la
sécurité dans le département, se connaissaient-ils ? Se sont-ils croisés
un jour ? « C’est notre intime conviction, mais, à ce stade, rien n’est
établi », résumait, hier soir, une source proche du dossier.
Avant d’être condamné en 2013 pour association de malfaiteurs en
relation avec une entreprise terroriste, Larossi Abballa avait été
impliqué dans de multiples affaires de petite délinquance dans un
secteur que Jean-Baptiste Salvaing, flic de terrain depuis près de
quinze ans, connaissait sur le bout des doigts. A la recherche d’un
éventuel lien, les enquêteurs de la PJ ressortent donc les procédures
traitées par leur collègue au cours de sa carrière et reconstituent la
composition des patrouilles de la BAC départementale de nuit, unité à
laquelle il a appartenu.
Une rencontre fortuite le jour des faits semble peu probable
Une rencontre fortuite le jour des faits semble peu probable. Le
policier a-t-il été suivi ? Des repérages ont-ils eu lieu ? Des
expertises informatiques sont en cours pour déterminer si l’assassin,
venu en voiture, a effectué au préalable des recherches sur Internet ou
sur les pages blanches. L’absence de caméras de vidéosurveillance dans
ce quartier habituellement paisible de Magnanville ne facilite pas le
travail des enquêteurs qui doivent s’en remettre à des témoignages
humains pour déterminer une chronologie fine des événements.
Une autre question les hante. Larossi Abballa a envoyé une
revendication en direct sur Facebook pour prêter allégeance à Daech.
Mais disposait-il aussi d’un soutien logistique dans son quartier ?
Trois de ses proches se trouvaient toujours en garde à vue hier soir.
Deux avaient été arrêtés à ses côtés en 2011 pour avoir tenté de se
rendre dans les zones pakistano-afghanes, dont Saad R., technicien en
électronique de 27 ans originaire de Stains (Seine-Saint-Denis). Ce
dernier, comme Abballa, avait participé à plusieurs reprises aux séances
d’entraînement dans des parcs franciliens. A l’époque, la perquisition à
son domicile avait débouché sur la saisie d’une foisonnante littérature
djihadiste dont un « manuel du terrorisme » d’Al-Qaïda et un document
de 8 pages décrivant la fabrication… d’une bombe atomique. Dans son
ordinateur, les enquêteurs avaient également retrouvé un plan des
commissariats du département de Saint-Denis. Lors de la perquisition
menée chez lui mardi matin, les policiers ont fait une autre découverte
inquiétante : une liste de commissaires de police en poste dans ce même
département. Compte tenu des noms figurant sur ce document, il a été
facile de le dater : il remonterait… à l’année 2010.
VIDEO. Chronologie du double assassinat revendiqué par Daech
VIDEO. Hommage aux policiers tués à Magnanville : «Une douleur indescriptible»
VIDEO. Magnanville : « J’ai pas dormi de la nuit », témoigne une voisine
VIDEO. Magnanville : « Tout a été très vite », selon le maire
Policiers tués : un contact d’Abballa l’incitait à «nettoyer des mécréants»
>Faits divers|Thibault Raisse Avec Stéphane Sellami|15 juin 2016, 7h00 | MAJ : 15 juin 2016, 8h35|1
Larossi Abballa (ici sur une photo publiée sur son compte
Facebook), était fiché S depuis sa sortie de prison en septembre 2013.Il
apparaissait alors comme un « suiveur qui se rêve en meneur », selon
une source proche de l’affaire. (QFP/STR.)
Thibault Raisse Avec Stéphane Sellami
LE FAIT DU JOUR. La menace a encore franchi un cap
après les tragiques assassinats à leur domicile d’un policier et de sa
compagne par un homme déjà condamné. Sur une messagerie, un contact
d’Abballa l’invite à «commencer le taf : le nettoyage de mécréants».
Il était identifié, surveillé, déjà condamné pour association de
malfaiteurs dans une entreprise terroriste. Insuffisant pour l’empêcher
de mener à bien ses funestes projets. Né à Meulan (Yvelines) de parents
immigrés marocains, Larossi Abballa, 25 ans, est le cadet d’une fratrie
de quatre. La famille vit depuis toujours aux Mureaux. Après le collège,
il entame un BEP électronique qu’il ne valide pas. Il commet son
premier larcin en 2009, volant 157 € dans la caisse d’un salon de
coiffure. L’année suivante, il s’oriente vers un CAP constructeur de
route mais ne trouve pas d’employeur. Il se tourne alors vers la mission
locale, et décroche un contrat en alternance comme magasinier chez
Renault. Il est toujours sous contrat au moment de son interpellation,
le 10 mai 2011, par les policiers de la direction centrale de la
sécurité intérieure.
Deux mois plus tôt, les services de renseignements avaient ouvert une
enquête sur un groupe d’apprentis djihadistes mené par un certain
Mohamed Niaz Abdul Raseed, 32 ans. Après son mariage avec une Française
en 2008, ce ressortissant indien, ingénieur en mécanique, s’installe
dans le Val-d’Oise et travaille pour une société française de
pétrochimie. Ce qu’ignorent alors les autorités, c’est qu’il est membre
depuis 1998 du Popular Front of India (PFI), une organisation islamique
soupçonnée de lien avec le terrorisme, et qu’il entreprend de constituer
une cellule de combattants de jeunes Français. « Mon projet était de
former un véritable groupe composé de trois branches : une branche de
solidarité, une branche militaire et une branche politique »,
admettra-t-il plus tard en garde à vue.
VIDEO. Peut-on parler d’un changement de stratégie de Daech ?
Les volontaires sont recrutés sur Facebook fin 2010. Parmi eux, deux
jeunes des Yvelines et du Val-d’Oise acceptent de partir au Waziristan
le 23 janvier 2011. Parallèlement, d’autres candidats se préparent à
partir sur zone : les surveillances menées par les policiers autour de
Raseed révèlent de curieuses séances collectives de sport dans des parcs
de la région parisienne. Parmi eux, Larossi Abballa. L’arrestation des
deux premières recrues à leur atterrissage à Lahore entraîne le
démantèlement du réseau et l’interpellation de cinq membres du groupe,
dont Abballa.
VIDEO. Magnanville : chronologie d’un double assassinat revendiqué par Daech
En garde à vue, le magasinier joue l’étonnement. « Je suis athée, je
n’ai aucune religion», dit-il en préambule. D’autres membres du groupe
vont pourtant révéler son engagement à vouloir lui aussi gagner le
Pakistan. « Je suis victime d’un complot, je n’ai rien à voir avec ce
groupe », répète-t-il, associant les entraînements en plein air à de
simples séances de sport. L’analyse de son matériel informatique donnera
pourtant de lui un autre visage : s’y mélangent vidéos et textes
glorifiant le djihad, parmi lesquels une brochure « Ceci est Al-Qaïda »
dénonçant entre autres « l’occupation chrétienne des pays musulmans »
qui doit être combattue avec « l’épée du djihad ».
Deux autres indices laissent peu de doute quant à la radicalité
d’Abballa. Un carnet de notes recensant des lieux touristiques
franciliens – dont le parc du château de Versailles, le zoo de Thoiry,
le parc à thème France Miniature – est saisi à son domicile. Mais ce
sont surtout des échanges sur une application de messagerie avec un
autre suspect du dossier qui laissent entrevoir un futur passage à
l’acte. « Faut commencer le taf : nettoyage de kouffars (NDLR : mécréants) »,
écrit-il. Plus tard, il évoque un de ses contacts tunisiens qu’il vante
comme ayant participé « aux attentats de Casa », assure pouvoir «
dégoter des armes », et clame qu’il a « soif de sang ».
Placé en détention, Larossi Abballa apparaît malgré tout au fil de
l’enquête comme un second couteau, « un suiveur qui se rêve en meneur »,
commente une source proche de l’affaire. Condamné à une peine de trois
ans de prison couvrant sa détention provisoire, il est libéré en
septembre 2013 et… fiché S. Après de nouveaux larcins et une
condamnation pour dégradations il est l’objet de surveillances d’avril à
août 2015, mais aucun signe de dangerosité imminente n’apparaît.
VIDEO. Magnanville : « J’ai pas dormi de la nuit » témoigne une voisine
Son nom ressurgit en mars, en marge d’une enquête sur un djihadiste
français parti sur zone avec sa famille début 2015. Ces nouvelles
surveillances montrent une activité paisible de vendeur de sandwichs.
« Il s’est montré discret, agissant tel un loup solitaire », souligne
une source proche du dossier.
Dans une conversation de messagerie découverte en 2011, Abballa
paraissait pourtant impatient à l’idée de passer de la théorie aux
actes. « On va pas attendre d’être tous allés chez les frères et revenir
chacun notre tour pour commencer », avait-il écrit à l’un de ses amis.
Le groupe de Niaz est une ancienne filière djihadiste dont
l’objectif était la formation physique et idéologique et l’envoi au
Pakistan de jeunes volontaires français pour le jihad armé. Constituée
autour d’un chef, Mohamed Niaz Abdul Raseed, et de deux lieutenants,
Charaf Din Aberouz et Saad Rajraji, ce groupe s’entraînait chaque
semaine dans deux parcs publics très fréquentés à Argenteuil
(Val-d’Oise) et à la Courneuve (Saint-Saint-Denis)… jusqu’à son
démantelement, début 2011, suite à l’arrestation en janvier de deux de
ses membres à l’aéroport de Lahore, par les services secrets
pakistanais. Cette filière, qui passait notamment par Abbottabad, la
ville où a été tué Ben Laden, a été jugée fin 2013, et ses huit membres
ont été condamnés à des paines allant de 18 mois à 8 ans de prison. L’un
de ses membres, Larossi Abballa, est tragiquement revenu sur le devant
de la scène en juin 2016, en abattant deux policiers dans les Yvelines
avant d’être tué par le Raid.
Huit membres présumés d’une filière djihadiste entre la France et le Pakistan,
dont des Français d’origine marocaine ou pakistanaise, ont été
condamnés lundi 30 septembre à des peines de dix-huit mois à huit ans de
prison.
Le groupe jugé pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes » s’était donné pour but de favoriser le recrutement en France, la formationphysique et idéologique et l’envoi au Pakistan de jeunes volontaires pour le djihad armé.
Le tribunal correctionnel de Paris
a ainsi condamné Mohamed Niaz Abdul Raseed, ressortissant indien de 24
ans et considéré comme le chef du groupe, à huit ans de prison et à une
interdiction définitive du territoire français. Ses « bras droits »,
le Français Charaf-Din Aberouz et le Franco-marocain Saad Rajraji, ont
été condamnés à cinq ans d’emprisonnement. Le premier est l’un des deux
candidats au djihad qui avaient été interpellés le 25 janvier 2011 par
les autorités pakistanaises à l’aéroport de Lahore, depuis lequel il
devait rejoindre un camp d’entraînement au djihad armé. Son compagnon de voyage, Zohab Ifzal, Français d’origine pakistanaise, a été condamné à 42 mois de prison dont 18 mois avec un sursis simple.
Parmi les autres prévenus, Larossi Abballa, 22 ans, a été condamné à
trois ans de prison dont six mois avec sursis, Emirhan Deniz Sogut, 22
ans, à trois ans de prison dont un an avec sursis et Rédouane Ghandi, 26
ans, à 18 mois avec sursis. Enfin, le tribunal a condamné Yoan Glet, 31
ans, en fuite à l’étranger, à une peine de 18 mois de prison assortie
d’un mandat d’arrêt.
Procès d’un réseau djihadiste: le profil déroutant du « gourou » indien
Par Eric Pelletier, publié le 10/09/2013 à 19:43
Deux membres du réseau cherchaient à rejoindre le
Waziristan, près de la frontière afghane, fief des talibans pakistanais
(photo).REUTERS/Reuters TV
Huit hommes sont jugés jusqu’à vendredi à Paris, soupçonnés de
s’être entraînés au djihad… dans des parcs publics. Deux d’entre eux ont
été arrêtés au Pakistan en 2011, au terme d’un itinéraire rappelant
celui de Mohamed Merah, le « tueur au scooter » de Toulouse.
Le petit homme se lève dans le box de la XVIe chambre
correctionnelle, encadré par des colosses en uniforme. Son regard
dépasse à peine la ligne d’horizon que dessine la vitre blindée.
Catogan, petite barbe, Mohamed Niaz Abdul Raseed, 34 ans, est-il le gourou obsédé par le djihad armé, endoctrinant de jeunes gens en vue d’une formation militaire au Pakistan, tel que le décrivent par les juges antiterroristes Poux et Trévidic?
Ou est-il seulement cet ingénieur en mécanique, simple musulman indien,
arrivé légalement en France il y a cinq ans, « bon mari, bon fils, bon
collègue et bon citoyen » comme il se définit d’emblée en anglais? Le
rictus perceptible sur sa lèvre droite trahit en tout cas la tension du
moment.
Le tribunal juge depuis lundi un réseau islamiste
présumé, démantelé entre janvier et mai 2011. Selon l’accusation, ils
étaient huit au total à s’entraîner en région parisienne. Seuls sept
sont présents au tribunal. Le huitième homme serait en cavale au Gabon.
Les surveillances effectuées à l’époque par la DCRI montrent chez eux un
curieux mélange d’amateurisme et de radicalité.
Entraînements dans des parcs publics
Chaque fin de semaine, des entraînements religieux et sportifs
avaient lieu dans deux parcs publics très fréquentés à Argenteuil
(Val-d’Oise) et à la Courneuve (Saint-Saint-Denis). Au cours d’une
équipée plus discrète dans les bois de Cormeilles-en-Parisis
(Val-d’Oise), en décembre 2010, le groupe s’est même entraîné à égorger
des lapins. Pour savoir comment s’y prendre avec un mouton lors de la
fête de l’Aïd? L’homme chargé d’enseigner cette pratique avait lui-même
des doutes, compte tenu de la date encore lointaine de cette fête
religieuse. « Je me suis même fait peur en pensant que je pouvais
enseigner le sacrifice d’animaux à des gens qui pouvaient utiliser cette
technique pour égorger des êtres humains« , aurait-il confié en garde à vue aux policiers de la DCRI.
L’examen des ordinateurs et du téléphone de Mohamed Niaz Abdul Raseed a mis en évidence une abondante documentation islamiste.
Elle fourmille de vidéos sur la « légalité des opérations martyres » et
d’images d’attentats. Il y a même un guide pour déjouer les
surveillances policières et un autre pour apprendre à confectionner des
explosifs. Sur la partie effacée d’un disque dur d’un de ses
ordinateurs, les policiers ont reconstitué une vidéo macabre, d’une
durée de « 16 minutes et 39 secondes »: des scènes d’égorgement
s’attardant sur l’agonie de soldats russes au Daghestan.
« Je me constituais une bibliothèque. Je téléchargeais ce qu’on
m’envoyait sur Facebook sans jamais ouvrir les fichiers. C’est un
hobby », affirme Mohamed Niaz Abdul Raseed, en contradiction avec ce que
les experts informatiques ont déterminé. Tout juste l’ingénieur
reconnaît-il la consultation du guide de confection des explosifs, par
simple curiosité selon lui, puisque toute la presse en parlait. Il
minore par ailleurs la portée des messages qu’il échangeait sur Internet
avec quatre mystérieux interlocuteurs pakistanais.
Repérés au Pakistan
Le dossier fait aujourd’hui écho à l’affaire Merah.
Comme le « tueur au scooter » de Toulouse, Charaf-Din Aberouz, Français
d’origine marocaine âgé de 27 ans, et Zohab Ifzal, d’origine
pakistanaise âgé de 24 ans, se sont en effet rendus au Pakistan en 2011.
Ils voulaient eux aussi se former militairement au Waziristan, une zone
située à la frontière afghane, fief des talibans pakistanais et d’Al
Qaeda. Les volontaires n’ont pas emprunté la voie directe – trop
surveillée – préférant passer par Bruxelles et Doha, avant d’atterrir à
Lahore. A l’arrivée, ils devaient porter un jean, se rendre à l’arrêt de
bus de la station Chowk, et attendre, une bouteille d’eau dans la main
gauche. Un contact devait les aborder selon un code défini à l’avance.
Mais, contrairement à Merah qui a réussi à intégrer un groupe de combat après son arrivée à Lahore,
ils ont été repérés et arrêtés par les services pakistanais dès leur
descente de l’avion, le 25 janvier 2011, en même temps que deux suspects
chargés de les accueillir. Selon les juges d’instruction
antiterroristes, un certain Abou Hamza « expert en engins explosifs
improvisés et en confection de vestes explosives », devait les prendre
en charge.
« Je réfute totalement la participation à un groupement terroriste »
« Il y a des choses vraies et d’autres qui relèvent du mensonge.
C’est justement ce mélange de vérité et de mensonges qui forme un
complot », se défend Mohamed Niaz Abdul Raseed, désigné comme
l’idéologue du groupe par les policiers. « Prêcher la religion est
différent de recruter. Je réfute totalement la participation à un
groupement terroriste. Je n’ai jamais voulu porter atteinte à la
souveraineté de la France, ni à celle de ses alliés, pas plus
qu’attaquer d’autres religions comme les chrétiens ou les juifs, ni
aucune personne physique. Je n’ai jamais enfreint la loi française »,
insiste l’ingénieur indien. » En quoi consulter des sites, télécharger
des ouvrages marque-t-il un début de passage à l’acte? », interroge son
avocat Me Sébastien Bono, cité par l’AFP.
Abdul Rasheed prend soin de ne pas se poser en idéologue. Selon lui,
c’est de leur propre initiative que ses deux camarades sont partis au
Pakistan. Des grognements montent alors des bancs de la défense.
Certains de ses co-prévenus, qui ont expliqué avoir été torturés par les
forces de sécurité au Pakistan avant d’être expulsés vers Paris, ne
semblent pas de cet avis. Pour l’avocat de Zohab Ifzal, Me Denis Hervé,
son client a été la victime « d’une forme d’envoutement typique d’une
secte ». Les plaidoiries, notamment celle de Me Jean-Yves Liénard,
défenseur de Charaf-Din Aberouz, promettent d’être tendues. Elles
interviendront vendredi, au dernier jour du procès.
Larossi Abballa, 25 ans, a été identifié comme l’auteur
du double meurtre survenu ce lundi 13 juin 2016 dans les Yvelines.
Français originaire du Maroc, l’homme était connu des services de police
français.
Abattu par les forces de l’ordre après avoir tué un commandant de
police et sa compagne, au nom de l’organisation Etat islamique, ce lundi
13 juin 2016, dans les Yvelines, Larossi Abballa faisait déjà part en
2011 de sa volonté de passer à l’acte, ont indiqué plusieurs sources
policières. A l’époque, le jeune homme avait été interpellé pour son
implication dans une filière djihadiste active au Pakistan et en
Afghanistan. Qui est Larossi Abballa ? Né à Meulan-en-Yvelines le 28
mars 1991, musulman pratiquant, Larossi Abballa se fait d’abord
connaître des services de police pour des faits mineurs de petits
larcins. Selon le juge Marc Trévidic qui l’a mis en examen, il n’a que
20 ans lorsqu’il est arrêté en mai 2011 avec des amis des Mureaux et de
Mantes-la-Jolie. Il fait alors partie d’une cellule qui recrute des
candidats cherchant à s’entraîner au combat au Pakistan et en
Afghanistan. Deux membres de cette filière sont d’ailleurs arrêtés à
leur descente d’avion à l’aéroport de Lahore, où ils comptaient
rencontrer un responsable d’Al-Qaïda.
En détention provisoire pendant deux ans et demi, du 14 mai 2011 au
30 septembre 2013, il se fait remarquer pour son radicalisme religieux.
Il est d’ailleurs transféré de prison à plusieurs reprises et fait
l’objet de rapports d’incidents pour avoir détenu des portables ou pour
avoir tenté d’escalader un grillage. Fin septembre 2013, il est condamné
par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans d’emprisonnement,
dont six mois ferme, pour association de malfaiteurs terroristes. Bien
qu’elle soit assortie d’une mise à l’épreuve, cette peine qui a pour
conséquence sa libération immédiate. Remis en liberté, il s’installe à
Mantes-la-Jolie et monte une petite entreprise, « Doctor Food », qui
fait des livraisons nocturnes de sandwiches halal. Mis sous coute,
aucune information n’a filtré de ce que planifiait ce Français d’origine
marocaine Lundi 13 juin 2016, vers 21 heures, Larossi Abballa s’attaque
à un couple de fonctionnaires de police, assurant au RAID avoir fait
allégeance au groupe Etat islamique, trois semaines plus tôt. Il dit
également avoir répondu à un communiqué de Abou Bakr al-Baghdadi, leader
de l’organisation Etat islamique, qui, selon les propos rapportés par
François Molins, demandait de « tuer des mécréants chez eux avec leur
famille ».
En France, l’enquête sur les circonstances du meurtre d’un policier
et de sa compagne en banlieue parisienne par Larossi Abballa progresse.
Impliqué dans une filière jihadiste démantelée en 2013, le jeune homme
qui a fait allégeance à l’État islamique était connu des autorités
françaises. Voici ce que l’on sait jusqu’à présent de lui.
Origines marocaines
Larossi Abballa est né à Mantes-la-Jolie, dans le département des
Yvelines. Ses parents, originaires du Maroc, se trouveraient au royaume
chérifien depuis quelques mois. Il semble que Larossi Abballa occupait
seul leur logement au moment des faits.
Passé judiciaire
Lorassi Abballa était connu des services de police. En 2008, il écope
d’une première condamnation pour conduite sans permis et refus
d’obtempérer. Deux ans plus tard, pour vol avec effraction et recel. En
2011, il est placé en détention car soupçonné d’ « association de
malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Les enquêteurs
le soupçonnent de faire partie d’une filière jihadiste œuvrant entre la
France et le Pakistan.
En 2013 il est condamné à trois ans de prison, et libéré le 30
septembre de la même année après avoir purgé deux ans et demi de
détention provisoire. Abballa fait alors l’objet d’une fiche S émise par
la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), et depuis
janvier d’une autre fiche de recherche émise par la Sous-direction
antiterroriste de la police judiciaire (SDAT).
L’ancien vice-président chargé de l’instruction au pôle
antiterroriste du tribunal de grande instance de Paris, le juge
Trévidic, a accordé une interview au Figaro
dans laquelle il revient sur la personnalité d’Abballa qu’il a à
l’époque mis en examen. Il décrit « un bonhomme comme il en pullule dans
les dossiers islamistes, imprévisible, dissimulateur. Il voulait faire
le djihad, c’est certain. Il s’était entraîné en France non pas
militairement, mais physiquement. Mais concrètement, à l’époque, à part
ses mauvaises fréquentations et quelques joggings pour entretenir sa
forme, il n’y avait pas grand-chose à lui reprocher au strict plan des
poursuites pénales. »
Dirigeant d’une petite entreprise de restauration rapide
Et il semblerait que le futur terroriste a adopté un comportement
laissant penser qu’il s’était déradicalisé. Il avait monté en janvier
2016 DR Food, une petite entreprise de livraison nocturne de sandwich
halal. Sur Facebook il postait régulièrement des petites vidéos où il
racontait son quotidien de jeune entrepreneur. Cette entreprise pourrait
lui avoir servi de couverture pour déjouer l’attention des services de
sécurité.
Une petite amie pendant 5 ans
Larossi Abballa a été en couple pendant 5 ans. Son ex-petite amie,
« la première et la dernière » selon elle, a été interviewée par la
radio France info.
Elle décrit le jeune homme comme « un petit jeune de quartier qui
pensait à s’amuser, à faire la fête. Après, il a changé mais dans le bon
sens », a-t-elle déclaré. Elle raconte que Larossi est devenu plus
religieux, tout en précisant qu’à l’époque elle n’a rien vu
« d’alarmant ». Un tournant s’est opéré à sa sortie de prison. Elle se
souvient : « Il s’était beaucoup isolé, il préférait prendre ses
distances. Il n’avait plus les mêmes amis qu’avant ». Et d’ajouter :
« Il m’avait dit qu’il était sur écoute par rapport à son ancienne
condamnation, qu’il avait une fiche S. Ça le faisait rire ».
Le jihadiste était à nouveau entré en contact avec elle il y a trois
jours. Il lui avait envoyé un sms disant : « J’ai besoin de te voir dix
minutes, il faut qu’on se parle ». Elle a essayé de le joindre le
lendemain, mais le téléphone ne marchait plus, a-t-elle expliqué.
En mai 2011, lorsqu’Abballa est arrêté au domicile de ses parents
dans le cadre de l’enquête sur la filière jihadiste, les enquêteurs
mettent la main sur son ordinateur et son téléphone portable. ils
découvrent des conversations téléphoniques dans lesquelles le jeune
homme, alors âgé de 20 ans, est explicite sur ses intentions. Il écrit à
l’un de ses complices : « Crois-tu vraiment qu’ils ont besoin de nous
là-bas ? » (au Pakistan, NDLR), « Allah avec sa volonté va nous donner
les moyens de hisser le drapeau ici (en France, NDLR) », « Faut
commencer le taf », ou encore « J’ai soif de sang. Allah m’en est
témoin », déclare-t-il à un proche. Les enquêteurs découvrent également
une liste de cibles : des commissariats, des mosquées et des lieux
touristiques dans le département des Yvelines.
Les conclusions de l’enquête sont alors formelles, Abballa « semble volontaire pour commettre des actions violentes en France ».
Allégeance à l’État islamique
Avant qu’il ne soit abattu par le raid au domicile du couple qu’il a
assassiné, Abballa a déclaré aux négociateurs qu’il avait «prêté
allégeance» à Abou Bakr al-Baghdadi, chef du groupe de l’État islamique
(EI). Une information rapportée mardi par le procureur de Paris François
Molins au cours d’une conférence de presse. « Il a ajouté avoir répondu
à un communiqué de cet émir qui demandait, je cite, de ‘tuer des
mécréants, chez eux’ avec leur famille », a ajouté le procureur. Une
information confirmée quelques heures après l’attaque par l’agence Amaq,
organe de presse de l’EI, qui a affirmé qu’un « combattant de l’État
islamique » avait tué le couple près de Paris.
VIDEO. Complément d’enquête. Le braquage raté de Salah Abdeslam avec Abdelhamid Abaadoud
« Complément d’enquête » retraçait le 21 avril 2016 le parcours des
frères Abdeslam, responsables des tueries de novembre 2015 à Paris. En
2010, une équipe de »bras cassés » dont fait aussi partie Abdelhamid
Abaaoud, le « cerveau » des attentats, tente un cambriolage. Extrait.
Mis à jour le 22/04/2016 | 12:13, publié le 22/04/2016 | 01:15
« Complément d’enquête » retraçait le 21 avril 2016 le parcours des
frères Abdeslam, responsables des tueries de novembre 2015 à Paris.
C’est en hiver 2010 que Salah Abdeslam, le plus jeune des deux frères et
le seul terroriste des attentats de novembre 2015 à Paris encore en
vie, plonge dans la délinquance. Dans cet extrait, retour sur un
braquage raté.
Le 2 décembre 2010, tard dans la nuit, Salah Abdeslam quitte
Molenbeek en voiture avec trois comparses et Abdelhamid Abaaoud, le
« cerveau » présumé des attaques de novembre, en direction du Brabant
wallon. But de la virée nocturne : cambrioler un garage automobile.
L’équipe commence à forcer la porte au pied-de-biche, mais le garagiste
habite sur place et entend du bruit. Pour « Complément d’enquête »,
Julien Daguerre est allé l’interroger.
« Un cambriolage pas préparé, pas très intelligemment fait »
« Ils ont essayé de s’attaquer à ce petit Velux, mais la fenêtre de ma chambre est juste au-dessus, se souvient le garagiste. En
l’ouvrant, j’ai vu cinq mecs cagoulés. Il y en a un qui m’a dit :
‘C’est le père Noël.’ Ils sont repartis tranquillement. Ce qui m’a
interpellé, c’est leur côté baba cool. » La petite bande est vite
rattrapée par la police après avoir tenté de s’enfuir. L’un d’eux sera
repêché dans la rivière, en hypothermie.
Jugée au tribunal correctionnel de Nivelle, en Belgique, cette
affaire de »bras cassés » avait plutôt fait sourire le chroniqueur
judiciaire Vincent Fifi : « Un cambriolage alors qu’il neigeait… pas
préparé, pas très intelligemment fait. On voit qu’ils n’avaient pas le
profil, il y a cinq ans, pour commettre des faits bien organisés. C’est
de la petite délinquance faite un peu n’importe comment. » Abaaoud avait déjà été condamné pour vols avec violences, Salah Abdeslam n’avait pas encore d’antécédents judiciaires.
Salah Abdeslam, d’un vol raté à Limelette au carnage de Paris (PORTRAIT)
Lamfalussy Christophe Publié le samedi 19 mars 2016 à 07h37 – Mis à jour le samedi 19 mars 2016 à 23h51
Belgique Le parcours du cadet de la fratrie Abdeslam, un petit caïd
issu de Molenbeek, rattrapé par le salafisme et qui finit comme le
terroriste le plus recherché d’Europe.
Dans la nuit du 2 au 3 décembre 2010, quatre jeunes Bruxellois
quittent Molenbeek dans l’Opel Corsa de la sœur d’Abaaoud. Direction :
le Brabant wallon. Ils ont un pied-de-biche, un couteau, un spray
lacrymogène et des cagoules. Leur objectif est de voler des voitures.
Ils se dirigent vers Genval et Limelette, où ils ont repéré deux garages
qu’ils entendent bien « visiter ».
Mais l’escapade des Molenbeekois se termine mal. A Limelette, alerté
par l’alarme, le garagiste appelle la police. La fuite est de courte
durée. Les policiers les retrouveront en état d’hypothermie dans la
Dyle. « C’étaient les pieds nickelés, de la petite délinquance sans grande envergure »,
nous disait en décembre dernier l’avocat Alexandre Château. Oui et non.
Car dans l’Opel Corsa se retrouvaient au moins deux des futurs
protagonistes de la plus grosse affaire de terrorisme que la Belgique et
la France aient connue.
Il y avait là Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attentats de
Paris, son ami Salah Abdeslam, qui a été arrêté, et deux comparses,
Darius C. et Ahmet A. qui ne semblent pas liés à la mouvance islamiste.
Les quatre ont entre 20 et 23 ans. Abaaoud, qui vit alors à Molenbeek
à la chaussée de Gand, est le plus âgé. C’est un ami d’enfance
d’Abdeslam, même si ce dernier est domicilié alors dans un appartement
de la rue Emile Sergijsels à Koekelberg. Pris sur le fait, les quatre
Bruxellois sont en aveux et placés en détention préventive.
Viré de la Stib car en prison
Leur procès à Nivelles ne tardera pas. Il aura lieu au début 2011. Au juge, Abaaoud déclarera qu’il « vit d’air et de lumière« . Ahmet A. dira : « Je ne suis pas innocent mais je n’ai rien volé ».
Darius C. dépend du CPAS tandis qu’Abdeslam plaidera, avec son avocat,
le fait qu’il a un travail stable à la Stib, où il travaille depuis
septembre 2009 comme mécanicien au dépôt des trams à Ixelles.
Le 25 février 2011, ils seront condamnés à un an de prison avec
sursis. Le juge a estimé qu’il fallait leur donner « une chance » car
aucun d’eux n’avait un lourd casier judiciaire. Abaaoud avait déjà été
condamné à une peine de travail pour une affaire de recel en 2006. Ahmet
A. avait le casier le plus lourd, avec une condamnation à un an de
prison pour plusieurs recels et faits de rébellion. Mais pour Salah
Abdeslam, ce fait divers banal eut des conséquences plus graves. En
janvier, la Stib l’a informé qu’il était licencié pour « absence
injustifiée ».
Poursuivi aussi au Maroc
Son père, conducteur de tram, travaillait aussi à la Stib.
Abderrahmane Abdeslam fait partie de cette génération du Rif marocain
appelée, par la Belgique, par une convention bilatérale en 1964, à
pallier le manque de main-d’œuvre dans le pays. Né à Oran en Algérie en
1949, il a gardé sa nationalité française qu’il a transmise à ses quatre
fils et à leur fille et s’est installé avec sa femme marocaine à
Bruxelles. Mais l’été, toute la famille se rend dans le fief familial au
Maroc, Bouyafar, une bourgade de 15 000 habitants, de plages et de
pêcheurs, où la famille possède une maison moderne, selon « Le Monde ».
Salah Abdeslam n’était pas un enfant de chœur, même quand il se
rendait au Maroc. En 2010, il a été arrêté à Agadir par la police
marocaine dans le cadre d’une affaire de coups et blessures. Le tribunal
le condamna le 31 mai à quatre mois de prison, toujours avec sursis, et
800 dirhams d’amende.
Un petit caïd de quartier
Un temps élève à l’athénée Serge Creuz, il aimait la frime, les
filles, l’alcool, les joints, les cigarettes. Tous ses amis évoquent un
caïd de quartier, du genre fêtard et lève-tard. Les autres habitants
évitaient cette bande de petits caïds qui a grandi à l’ombre de la
maison communale. Hormis l’aîné Yazid, parti s’installer ailleurs avec
sa femme, les trois frères vivaient au domicile familial à Molenbeek,
sur la place communale, dans l’un des 400 logements que possède la
commune et que celle-ci loue à bas prix aux familles défavorisées.
Brahim, 31 ans, Mohamed, 29 ans, et Salah, 26 ans, vivaient chez leurs parents mais à des rythmes bien différents. « Brahim et Salah découchaient la nuit et quand ils revenaient le matin, Mohamed partait au travail »,
racontait fin décembre Me Nathalie Gallant, l’avocate de Mohamed,
devenue le « spin doctor » de la famille face aux hordes de journalistes
sonnant à la porte de la maison.
Car Mohamed travaillait. Il a été durant des années l’un des plus
proches conseillers de l’ancien bourgmestre socialiste Philippe
Moureaux, avant d’être versé au service « Démographie » de la commune. A
« son plus fidèle collaborateur », l’ancien bourgmestre a même dédicacé son roman policier « La Soupière chinoise », paru en 2011.
Quand Françoise Schepmans, la libérale, a été élue au maïorat de
Molenbeek, en 2012, elle s’est rendu compte du clientélisme qui
sévissait dans la commune. La famille Abdeslam bénéficiait indûment d’un
logement communal car ses revenus annuels dépassaient les 100 000
euros. « Leur contrat prend fin en 2016 car ce n’est pas facile de mettre dehors des locataires », nous disait-elle.
La radicalisation et les préparatifs
La commune a également fait fermer à la mi-août le bar « Les
Béguines » que Brahim et Salah avaient ouvert en 2013 à Molenbeek. La
police avait fini par être alertée par les vapeurs de marijuana qui
s’échappaient du troquet. « Avec Brahim, dès que tu entrais, il te sautait dessus pour te vendre quelque chose »,
a raconté Abdel, 34 ans, à l’AFP. Après la fermeture du café cet été,
Salah a démissionné, le 30 septembre comme l’atteste le Moniteur, de son
poste de gérant tandis que Brahim, le principal actionnaire, a cédé ses
parts à un certain Batis Rida qui a transféré le siège social à
Quiévrain.
Cette vente résulte-t-elle de la fermeture imposée par les autorités
ou d’un acte prémédité des frères Abdeslam avant les attentats de Paris ?
C’est la bouteille à l’encre. Mais en septembre, les frères Abdeslam
étaient manifestement déjà au parfum de l’opération qui se préparait au
départ de la Syrie. Brahim et Salah avaient été repérés par la police
belge, le premier pour avoir tenté de rejoindre la Syrie au début 2015,
le second pour radicalisme. Les deux frères figuraient dans la liste des
85 Molenbeekois fichés par l’Ocam et transmise au bourgmestre en juin
dernier. Ils étaient décrits comme « radicalisés, appartenant à la mouvance islamiste ».
Mohamed parle d’un « lavage express du cerveau« . Son avocate Me Gallant ajoutait : « Vestimentairement,
ils n’avaient pas changé. Il y a deux choses a posteriori. C’est qu’ils
avaient arrêté de boire et qu’ils priaient un peu plus qu’avant ».
Les deux frères s’entraînent aussi aux arts martiaux. Convertis au
salafisme et à ses strictes normes, les délinquants se préparent.
A la fin août, Brahim annule un mariage au Maroc. Un proche le décrit, au « Wall Street Journal », comme « scotché
aux vidéos » de l’ordinateur du café et « parlant souvent d’aller en
Syrie », « où nos sœurs meurent et sont violées par des commandos ».
Salah voyage beaucoup. Il est fiché par l’Ocam, mais n’est pas
recherché et dispose d’un passeport européen. Il est contrôlé en août
sur un ferry faisant la liaison entre Bari et le port de Patras en
Grèce, et en septembre en Autriche, en provenance d’Allemagne.
Le logisticien qui ne meurt pas
Dans la nuit du 11 au 12 novembre, ils sont partis en convoi de
Bruxelles dans deux voitures, une Seat et une Clio louées par Abdeslam,
le logisticien du groupe. Ils font escale à Charleroi pendant une
dizaine d’heures. Une troisième voiture, une Polo, les rejoint. Ils
s’installent dans deux modestes hôtels à Bobigny(Seine-Saint-Denis) et
Alfortville (Val-de-Marne). On connaît la suite. Ce furent les attentats
meurtriers de Paris.
« Son frère espère que j’organise sa reddition et mon rôle
consisterait à ce que cette reddition se passe bien. Je suis convaincue
qu’il est terré quelque part« , assurait alors Me Gallant. Prémonitoire…Christophe Lamfalussy
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