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Il se faisait passer pour un infirmier et agressait de vraies patientes : l’ancien élu de Quimper, Nicolas Gonidec, de retour au tribunal
Ancien conseiller municipal de Quimper, Nicolas Gonidec comparaît lundi 1er décembre 2025 pour exercice illégal d’infirmier et agressions sexuelles. Déjà condamné en 2021, il fait désormais face à une cinquantaine de nouvelles plaintes.
C'est une affaire hors norme. Nicolas Gonidec, 44 ans, ancien conseiller municipal de Quimper, délégué à la culture bretonne, est poursuivi pour exercice illégal de la profession d’infirmier et pour plusieurs agressions sexuelles. Il sera jugé tout au long de la première semaine de décembre. L’audience débutera à 8 h 30, le lundi 1er décembre.
L'ex-élu de la République a déjà été condamné pour des faits similaires en 2021. Il avait écopé de trois ans de prison dont deux avec sursis.
À la suite de ce premier procès, une nouvelle vague de plaintes avait déferlé. Le quadragénaire fait désormais face à une cinquantaine de plaintes supplémentaires. Il risque jusqu’à 5 ans de prison, étant en état de récidive.
Un mode opératoire bien huilé
Nicolas Gonidec usurpait la qualité d’infirmier pour réaliser des prises de sang dans le cadre de soi-disant essais médicaux. Prétextant la nécessité de détendre les patientes avant la piqûre, l'homme procédait alors parfois à des attouchements. Il assurait agir conformément au protocole médical.
Il a monté un stratagème pour rassurer les victimes, pour donner un nom à ce qui n'était qu'une agression sexuelle.
Maîte Stéphanie Duroi,Avocate de quatre victimes
Huit femmes racontent ainsi avoir subi des caresses sur les seins et des masturbations non désirées, alors qu'elles étaient censées participer à un protocole médical. "Elles ont vraiment cru qu'elles faisaient ça pour servir la science", souligne Maître Duroi à l'AFP. L'une de ses clientes enchaîne antidépresseurs et séances de psychothérapie depuis les faits.
Les plaignantes décrivent un mode opératoire bien huilé. Pour les convaincre, Maître Gonidec versait à certaines de ses victimes des sommes parfois importantes, pouvant aller jusqu'à 650 euros par séance. "Je me sens comme une pute", a confié aux enquêteurs une d'elles, se disant honteuse d'avoir été bernée et rémunérée.
Jusqu'à 30 piqûres par séance
Nicolas Gonidec prélevait sur ces femmes plusieurs tubes de sang, qu'il rangeait dans une mallette de médecin. Certaines victimes se voyaient aussi proposer des rappels de vaccins ou des tests Covid. L'une a confié aux enquêteurs avoir subi une trentaine de piqûres en une seule séance.
Le sous-sol de l'entreprise de Nicolas Gonidec avait été aménagé comme un laboratoire d'analyses médicales, selon la description d'une plaignante, elle-même infirmière, qui dit n'avoir jamais douté de ses compétences professionnelles.
"Sur le coup, elles lui faisaient confiance mais, aujourd'hui, elles se demandent ce qu'il leur a injecté", relate à l'AFP Maître David Pavec, avocat de trois victimes.
Des scènes filmées
En outre, le faux infirmier filmait et photographiait ses "patientes" pour les besoins supposés de son "étude" ou pour alimenter en images, disait-il, des sites internet comme Doctissimo. Des centaines de clichés et de vidéos de prises de sang, d'injections, de scènes de massage et de masturbation ont été découvertes sur les appareils informatiques du prévenu, certaines datant de plus de 20 ans.
Durant l'instruction, Nicolas Gonidec a affirmé avoir agi pour le "plaisir de la piqûre". Il prétend avoir développé une obsession pour les veines et les aiguilles à la suite d'une prise de sang douloureuse à l'âge de cinq ans. L'ancien élu a en revanche réfuté toute agression sexuelle, préférant parler de "massages tantriques" sur des personnes consentantes.
Il encourt une peine de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende. "Il entend réserver ses déclarations au tribunal", a déclaré à l'AFP son avocat Yann Le Roux.


