Terrorisme. Un double attentat revendiqué par l’Etat islamique a fait au moins 18 morts, dimanche 27 janvier, aux Philippines.
Les chrétiens à nouveau endeuillés. Dimanche 27 janvier, un double
attentat a eu lieu dans la cathédrale de l’île de Jolo (Philippines) et a
fait au moins 18 morts, rapporte Le Parisien.
La première bombe a explosé pendant la messe
C’est un « épisode de violence qui endeuille à nouveau cette communauté chrétienne »,
a rapidement réagi le pape François en quittant les Journées mondiales
de la jeunesse (JMJ) qui ont lieu au Panama. Un peu plus tard dans la
soirée, Daech a revendiqué l’attentat via un communiqué qui affirme que
deux kamikazes se sont fait exploser à l’intérieur de l’église et dans
le parking, selon le Centre américain spécialisé dans la surveillance de
la mouvance djihadiste. La première bombe aurait explosé pendant la
messe, à l’intérieur même de la cathédrale Notre-Dame du Mont-Carmel,
d’après Le Parisien. La seconde explosion s’est produite à l’extérieur, au moment où les militaires arrivaient pour aider les blessés.
Les autorités avaient d’abord accusé le groupe islamiste Abou Sayyaf
Le porte-parole du président philippin, Rodrigo Duterte, a rapidement condamné « un acte terroriste », avant même la revendication. Le pape François a également « fermement condamné » l’attentat. Avant la revendication de Daech, les autorités philippines avaient accusé le groupe islamiste Abou Sayyaf. «
Quand vous parlez de terrorisme dans la province de Sulu, le premier
suspect est toujours Abou Sayyaf mais nous ne pouvons exclure la
possibilité d’autres responsables », avait indiqué le lieutenant-colonel Gerry Besana, dans des propos relayés par le quotidien francilien.
Créé dans les années 1990, grâce au financement d’un membre de la
famille d’Oussama Ben Laden, le groupe Abou Sayyaf est spécialisé dans
les enlèvements crapuleux et accusé des pires attentats dans l’archipel,
dont celui contre un ferry en 2004, qui avait fait 100 morts.
L’attaque, revendiquée dans la soirée par le groupe État islamique,
intervient deux jours après la proclamation d’une région autonome dans
le sud du pays pour mettre fin à l’insurrection musulmane.
Au moins 18 personnes ont péri dimanche dans un double attentat
contre la cathédrale de Jolo, sur une île du sud des Philippines qui
demeure un bastion de militants islamistes. L’attaque, revendiquée dans
la soirée par le groupe État islamique, a eu lieu lors d’une messe. Une
première explosion a secoué l’intérieur de la cathédrale de Notre-Dame
du Mont-Carmel, située dans le centre de Jolo, la plus grande ville de
l’île du même nom. Une seconde explosion s’est produite à l’extérieur,
sur le parking, quand arrivaient les militaires pour aider les blessés.
Des photos diffusées par l’armée montrent les portes et les fenêtres de
la cathédrale pulvérisées, ses bancs retournés.
Cinq soldats, un membre des garde-côte et 12 civils ont été tués dans
ce double attentat qui a également fait 83 blessés, a déclaré le
lieutenant-colonel Gerry Besana, porte-parole régional de l’armée. Le
chef de la police régionale Graciano Mijares a de son côté fait état de
20 morts et 81 blessés. Le porte-parole du président philippin Rodrigo
Duterte, Salvador Panelo, a condamné «un acte terroriste» et promis de
«poursuivre jusqu’au bout du monde les cruels auteurs de ce crime
ignoble jusqu’à ce que chacun des tueurs soit amené devant la justice et
mis derrière les barreaux». De son côté, le pape François a «fermement
condamné» ce double attentat, «un épisode de violence qui endeuille à
nouveau cette communauté chrétienne».
Le groupe local Abou Sayyaf montré du doigt
Dans un communiqué, le groupe État islamique (EI) a affirmé que deux
kamikazes s’étaient fait exploser à l’intérieur de l’église et dans le
parking à l’extérieur, selon le Centre américain spécialisé dans la
surveillance de la mouvance djihadiste (SITE). Or, selon l’armée, la
deuxième bombe se trouvait dans le coffre d’une moto garée à l’extérieur
de l’édifice.
Dans un premier temps, les autorités avaient avancé la piste du
groupe islamiste local Abou Sayyaf. «Quand vous parlez de terrorisme
dans la province de Sulu, le premier suspect est toujours Abou Sayyaf,
mais nous ne pouvons exclure la possibilité d’autres responsables»,
avait déclaré le lieutenant-colonel Besana. Spécialisée dans les
enlèvements crapuleux, cette organisation est aussi accusée des pires
attentats dans l’archipel, en particulier celui contre un ferry qui
avait fait plus de 100 morts en 2004. Créé dans les années 1990 grâce
aux financements d’un membre de la famille du chef d’Al-Qaïda Oussama
ben Laden, il s’est depuis scindé en plusieurs factions dont certaines
ont prêté allégeance à l’EI.
L’an dernier, le président Duterte avait décrété la loi martiale dans
le sud du pays, après la prise de la ville de Marawi par des
djihadistes se réclamant de l’EI en mai 2017. En septembre 2016, quinze
personnes avaient été tuées dans un attentat à Davao, localité d’origine
du président Rodrigo Duterte qu’il a longtemps dirigée, imputé au
groupe islamiste Maute qui a prêté allégeance à l’EI.
Une insurrection qui a fait 150.000 morts
L’attaque de dimanche intervient deux jours après l’annonce de l’approbation par référendum de la création d’une région autonome dans le sud,
en application de l’accord de paix conclu en 2014 avec les rebelles
musulmans pour tourner la page de décennies d’une insurrection
meurtrière. Des musulmans avaient pris les armes dans les années 1970
pour réclamer l’autonomie ou l’indépendance du sud des Philippines
qu’ils considèrent comme leur terre ancestrale. Cette insurrection a
fait 150.000 morts.
Le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération
(Milf), avait signé en 2014 un accord de paix avec le gouvernement
prévoyant d’octroyer l’autonomie à la minorité musulmane dans certaines
parties de la grande île de Mindanao et des îles de l’extrême sud-ouest.
Conformément à cet accord, 2,8 millions d’habitants de cette région ont
été appelés lundi dernier à voter et 1,7 million se sont prononcés en
faveur de la création de la nouvelle région autonome, a fait savoir
vendredi la commission électorale.
Ce processus, qui a débuté dans les années 1990, n’inclut pas les
organisations islamistes comme Abou Sayyaf que le Milf combat aux côtés
des forces gouvernementales. «La paix doit l’emporter sur la guerre», a
déclaré le Conseiller à la sécurité nationale Hermogenes Esperon, qui a
attribué l’attentat à des «criminels extrémistes», ajoutant: «Nous ne
les laisserons pas gâcher l’aspiration à la paix de la population».
Un groupe ayant partie liée aux islamistes d’Abou Sayyaf est le
suspect numéro un dans l’attentat contre la cathédrale de Jolo, dans le
sud des Philippines, qui a fait 21 morts, ont indiqué lundi les enquêteurs.
Deux explosions ont dévasté dimanche pendant la messe l’édifice
religieux situé sur l’île de Jolo, bastion d’Abou Sayyaf qui n’est pas
associé au processus de paix en cours. L’attentat a été revendiqué par
le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Les spécialistes estiment que cette attaque, l’une des plus
sanglantes de ces dernières années aux Philippines, est susceptible de
contrarier des années d’efforts de paix qui ont culminé la semaine
dernière par un référendum local. Celui-ci a largement validé la
création d’une nouvelle région autonome appelée Bangsamoro.
Les autorités ont dit que l’attentat avait vraisemblablement été
commis par la faction Ajang-Ajang, un groupe de quelques dizaines de
membres, et était motivé par la vengeance.
« Leur chef a été tué l’année dernière. Il y avait des informations
persistantes selon lesquelles ils allaient lancer des représailles », a
déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée régionale, le lieutenant-colonel Gerry Besana.
« Nous les avons vus sur les images de la vidéo surveillance. C’était
le frère du chef qui a été abattu », a-t-il dit, en parlant d’images
prises devant la cathédrale. « On le voit avec deux autres membres
d’Ajang-Ajang ».
D’après les forces de sécurité, cette faction est constituées de
proches de membres d’Abou Sayyaf ayant été tués dans des affrontements
avec le gouvernement.
« Spécialiste des représailles »
Spécialisé dans les enlèvements crapuleux, Abou Sayyaf est aussi
accusé des pires attentats dans l’archipel, en particulier celui contre
un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004.
Créé dans les années 1990 grâce aux financements d’un membre de la famille du chef d’Al-QaïdaOussama ben Laden, ce groupe s’est depuis scindé en plusieurs factions dont certaines ont prêté allégeance à l’EI.
Ajang-Ajang « est la cible d’opérations de sécurité de haut vol et le
groupe s’est spécialisé dans les représailles », explique à l’AFP
Rommel Banlaloi, président de l’Institut philippin pour la recherche sur
la paix, la violence et le terrorisme.
Si Abou Sayyaf a prêté allégeance à l’EI, ce n’est pas forcément vrai
de la totalité des membres d’Ajang-Ajang, une faction disparate,
ajoute-il.
Dans un communiqué, l’EI a affirmé que deux kamikazes s’étaient fait
exploser à l’intérieur de la cathédrale et dans le parking à
l’extérieur, selon le Centre américain spécialisé dans la surveillance
de la mouvance jihadiste (SITE).
Or, selon l’armée philippine, la deuxième bombe se trouvait dans le
coffre d’une moto garée à l’extérieur de l’édifice. La police a estimé
que les deux bombes avaient été déclenchées à distance, sans plus de
précisions.
L’attentat est une source d’inquiétude pour les autorités et les
ex-rebelles musulmans qui tentent de tourner la page de l’insurrection
séparatiste dans le sud des Philippines.
Des musulmans avaient pris les armes dans les années 1970 pour
réclamer l’autonomie ou l’indépendance dans ce qu’ils considèrent comme
leur terre ancestrale. Cette insurrection a fait 150.000 morts.
« Occasions gâchées »
Le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération
(Milf), avait signé en 2014 un accord de paix avec le gouvernement
prévoyant d’octroyer l’autonomie à la minorité musulmane dans certaines
parties de la grande île de Mindanao et des îles de l’extrême sud-ouest.
« C’est un grand défi pour le gouvernement de Bangsamoro », a ajouté M. Banlaoi.
Pour lui, les anciens rebelles doivent montrer qu’ils peuvent ramener
de la stabilité dans cette région pauvre afin d’attirer les
investisseurs et décourager l’extrémisme.
« Le Milf doit prouver qu’il peut faire la différence. La tâche à laquelle il est confronté est énorme », poursuit-il.
L’attentat a été perpétré malgré la loi martiale qui règne sur le sud
de l’archipel depuis que des jihadistes se réclamant de l’EI avaient
pris le contrôle pendant plusieurs mois en 2017 de quartiers entiers de
la grande ville de Marawi.
Le pape François a « fermement condamné » ce double attentat, « un
épisode de violence qui endeuille à nouveau cette communauté
chrétienne ».
« C’est une tragédie humaine terrible », a déclaré sur la chaîne ABS-CBN Andrew Mason,
économiste à la Banque mondiale. Mais l’impact de cet attentat
constitue aussi « une tragédie en termes de développement » économique.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire