Attentat dans l’Aude: la dérive radicale de Radouane Lakdim
Par LEXPRESS.fr , publié le 30/01/2019 à 08:39
Des gendarmes devant le Super U de Trèbes (Aude), le 23 mars 2018
afp.com/RAYMOND ROIG
Selon RTL, les témoignages de proches de Radouane Lakdim mettent en
lumière une radicalisation dans les semaines précédant l’attaque.
L’enquête judiciaire sur les attentats dans l’Aude se poursuit et précise la trajectoire personnelle du terroriste Radouane Lakdim. Selon RTL,
l’audition de proches du tueur d’Arnaud Beltrame met en lumière la
radicalisation violente du terroriste au cours des mois précédant
l’attentat.
Une ancienne petite-amie de Radouane Lakdim a rapporté aux enquêteurs
des propos tenus par le jeune homme. « Il m’avait dit qu’il voulait
mourir en martyr », raconte celle qui a partagé la vie du djihadiste
entre septembre et décembre 2017. Elle le qualifie ainsi de « terroriste
psychopathe ».
« Un projet » et des armes
Fin mars, la compagne de Radouane Lakdim au moment des faits, Marine
P., une jeune convertie à l’islam alors âgée de 16 ans, a été mise en
examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et
placée en détention provisoire. Interrogée en octobre par un magistrat,
elle assure que Radouane Lakdim lui avait montré, chez lui, plusieurs
armes, dont des fusils et un pistolet. Elle a ainsi confirmé avoir dit
que « par rapport aux mécréants il allait péter les plombs », précise
RTL. Une référence selon elle aux « chefs d’État » et pas aux « femmes
et enfants ». Et ajoute: « Je reconnais qu’il lui est arrivé plusieurs
fois de dire qu’il allait passer à BFMTV et qu’il allait tout faire
exploser ».
Selon RTL,
la radicalisation de Radouane Lakdim aurait été notable lors des
semaines précédant le drame. L’homme aurait publié de nombreux versets
du Coran sur l’application Snapchat, ainsi que des photos de lui, armes à
la main. Un jeune homme de 23 ans, S.M. aurait aussi accompagné
Radouane Lakdim le 6 mars, lors de l’achat du couteau de chasse qui
servira probablement à tuer Arnaud Beltrame. Il a été interpellé et mis
en examen et se trouve toujours incarcéré.
La dernière personne mise en examen du dossier présente également un
profil troublant. B.H, un homme de 29 ans, a été mis en examen pour
« non-dénonciation de crime terroriste », en décembre dernier. Cette
relation de Radouane Lakdim a assuré devant les juges que ce dernier lui
a parlé d’un « projet », sans plus de précisions. Il lui aurait
également dit « en rigolant », peu avant l’attentat: « il y a un
militaire qui me fournit des armes. » De quoi conforter la thèse d’un
attentat prémédité, fruit d’une radicalisation.
Quatre victimes
Le 23 mars dernier, Radouane Lakdim avait volé une voiture à
Carcassonne dont il avait abattu le passager et blessé le conducteur par
balle. Il avait ensuite tiré sur des policiers devant leur caserne,
avant d’entrer dans un supermarché Super U à Trèbes où il avait tué un
boucher, un client ainsi que le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud
Beltrame, qui s’était livré comme otage à la place d’une femme.
Ces attaques avaient été revendiquées par le groupe État islamique
(EI). Le djihadiste avait été abattu par des gendarmes de l’antenne GIGN
de Toulouse.
Des gendarmes postés devant le supermarché de Trèbes après l’intervention du GIGN, le 23 mars (image d’illustration).
Soupçonné d’avoir participé à la radicalisation de l’auteur de la
prise d’otage mortelle du Super U de Trèbes, Arsène A., un quadragénaire
connu des services de police, a été interpellé à son domicile à
Carcassonne.
Selon une information du Point
révélée ce 11 décembre, la sous-direction antiterroriste de Nanterre a
arrêté à son domicile Arsène A., l’homme qui aurait participé à la
radicalisation et à l’approvisionnement en armes de Radouane Lakdim,
auteur de la tuerie de Trèbes.
Français originaire de Bosnie, âgé de 44 ans, Arsène A. était, selon les explications du Point,
«considéré comme un des leaders du « groupe de Carcassonne » qui depuis
2004, s’adonnait à des entraînements paramilitaires en forêt au nom du
djihad « défensif »». Connu des services de police, il avait été
condamné à trois ans de prison en 2010.
Dans la matinée du 23 mars 2018, Redouane Lakdim entrait dans le
Super U de Trèbes en criant «Allah akbar !» avant d’affirmer être un
«soldat de Daesh [...] prêt à mourir pour la Syrie». Le terroriste a
alors ouvert le feu et tué un employé ainsi qu’un client du magasin.
Par la suite, un gendarme, Arnaud Beltrame, s’était proposé de
prendre la place d’une otage. L’officier a perdu la vie dans dans son
acte héroïque, qui a permis au GIGN de récolter de précieuses
informations en vue de son intervention.
Attentats dans l’Aude : le terroriste avait-il reçu une lettre de la DGSI avant de passer à l’acte ?
27 mars 2018, 08:37
Le terroriste de Trèbes et Carcassonne Radouane Lakdim
Le terroriste Radouane Lakdim, qui a tué quatre personnes le 23 mars
à Trèbes et Carcassonne, devait être entendu par la DGSI dans les
prochaines semaines. Selon RTL, il aurait reçu une lettre de convocation
en ce sens avant de passer à l’acte.
Radouane Lakdim, le terroriste islamiste franco-marocain, qui a assassiné quatre personnes dans l’Aude dans des attaques djihadistes à Trèbes et Carcassonne
le 23 mars dernier, devait être entendu par la Direction générale de la
Sécurité intérieure (DGSI) dans les prochaines semaines, a-t-on appris
ce 27 mars de source policière.
Après des mois de surveillance, les services de renseignement avaient
en effet décidé de rencontrer en personne Radouane Lakdim en le
convoquant à un «entretien d’évaluation». Ils souhaitaient déterminer
s’il fallait continuer de le suivre de près ou non. Une lettre de
convocation lui avait été expédiée en mars. Il aurait «normalement» reçu
ce courrier, selon RTL. Radouane Lakdim devait ainsi reprendre contact
avec les services du ministère de l’Intérieur pour fixer une date de
rendez-vous.
En plus d’être fiché S, Radouane Lakdim était suivi pour radicalisation à caractère terroriste
Le terroriste avait été «détecté» et était suivi par la DGSI depuis
le mois de mai 2013 «en raison de ses contacts avec un individu
défavorablement connu et condamné pour des faits d’association de
malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme commis en
2008», a précisé une source policière. Fiché S (pour «sûreté de l’Etat») depuis 2014
et inscrit depuis novembre 2015 au Fichier des signalements pour la
prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), Radouane
Lakdim avait manifesté sur Facebook en septembre 2017 un intérêt
particulier pour l’idéologie djihadiste, une «radicalisation latente» et
des velléités de départ en Irak ou en Syrie selon la source policière.
Cela lui avait valu d’attirer de nouveau l’attention des services de
renseignement. Ils avaient alors mené une nouvelle évaluation de sa
dangerosité potentielle, des investigations qui n’auraient à l’époque
révélé aucun signe de radicalisation violente, aucune velléité de départ
concrète, ni de contact avec des individus connus pour leur
radicalisation violente.
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