Par SudOuest.fr

Depuis des années, des parents se battent pour avoir le droit d’orthographier le prénom de leurs enfants avec un tilde qui appartient à une graphie régionale traditionnelle. Brest vient de franchir le pas

Décidément, la circulaire du 23 juillet 2014 relative à l’état-civil est bien bousculée. Dans l’un de ses articles, elle liste les voyelles et consonnes accompagnées d’un signe diacritique autorisées, c’est-à-dire les points, trémas, accents et cédilles, associés à l’alphabet romain (à, â, é, è, ê, ë, î, ï, ô, û, ù, ü). Pas le tilde pourtant présent dans les langues régionales, en particulier le basque et le breton, mais qui relève des alphabets latin et cyrillique.

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En janvier, une jeune Basque, Emmanuelle Ibañez, avait obtenu gain de cause. Le tilde de son nom devait revenir sur ses papiers officiels et ceux de son fils. Rude bataille avec l’administration, validée par le parquet de Bayonne après un premier refus opposé en octobre 2025. L’affaire ne se limite pas aux confins pyrénéens. Selon le récit du « Télégramme », le « tilde » sera autorisé par le procureur sur les « n » des prénoms des enfants nés à Brest. « Plusieurs familles avaient dû mener un long combat judiciaire pour réussir » à faire orthographier le prénom de leur fils Fañch, un prénom très populaire, avec son tilde.

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Rennes - qui a tranché dès 2018 -, Lorient, Brest… L’ensemble des parquets breton, dont celui de Brest, ont saisi le ministère de la Justice sur le sujet depuis plusieurs années, mais la pression semble s’accentuer avec les recours devant le tribunal. À Brest, l’affaire avait été débattue en conseil municipal et votée à l’unanimité en 2024. Le maire de la cité brestoise a même envoyé un courrier au garde des Sceaux le 22 janvier 2026 pour que la loi soit enfin modifiée et désormais plus « respectueuse de la volonté des parents pour leurs enfants dans une approche homogène sur tout le territoire national ». Si la proposition est entérinée, Gwioñvarc’h, Klemañs, Frañseza… devraient rejoindre leurs homologues basques Iñaki, Iñigo, Añes… parmi les graphies autorisées.

La différence entre l’usage du tilde breton et basque est que ce signe existe effectivement dans l’euskadi, tandis que dans la langue bretonne unifiée, il sert surtout à distinguer la prononciation du n et du ñ.