Philippe
Hababou Solomon, employeur d'Alexandre Benalla à l'occasion d'une série
de déplacements pour des activités de consulting, assure notamment que
le ministère des Affaires étrangères a été informé à chaque fois que
l'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron a utilisé ses passeports
diplomatiques.
L’ancien
garde du corps a effectué ces derniers mois une série de voyages sur le
continent africain, et notamment au Tchad, où il a pu rencontrer le
président Idriss Déby, quelques jours seulement avant la visite
d’Emmanuel Macron. Interrogé par L’Express,
Philippe Hababou Solomon, l’homme qui a accompagné Alexandre Benalla au
cours de ces différent déplacements, lève le voile sur les coulisses
des allées et venues de l’ancien chargée de mission de l’Elysée.
Un travail d'"assistant".
Présenté par l’hebdomadaire comme "un vieux routier des sentiers
africains", proche notamment des ex-présidents de Centrafrique François
Bozizé et d’Afrique du sud Jacob Zuma, Philippe Hababou Solomon, 63 ans,
explique avoir été présenté à l’ancien protégé d’Emmanuel Macron par
"un ami commun". Depuis son limogeage, Alexandre Benalla chercherait en
effet à se reconvertir dans le consulting. "Je n’avais pas besoin
de lui pour m’ouvrir des portes, mais plutôt d’un ‘assistant’ à qui je
pouvais déléguer le suivi des affaires en cours, notamment dans un
certain nombre de pays", explique cet homme d’affaire franco-israélien.
Deux tournées et des vacances aux Bahamas.
Ensemble, les deux hommes auraient effectué deux tournées, à l’automne.
La première, mi-novembre, en Turquie et en Israël, en compagnie d’une
délégation indonésienne, pour parler cybersecurité. Et la seconde, début
décembre, cette fois avec une délégation turque, sur le continent
africain, au Cameroun, au Congo et au Tchad. "À N’Djamena, nous avons
rencontré le président Idriss Déby et son frère, qui gère les
approvisionnements en équipement militaire. L’objet des discussions,
c’était le textile, les uniformes, l’électricité", détaille Philippe
Hababou Solomon. Concernant ce dernier séjour, l’entourage d’Alexandre
Benalla a pourtant nié, également dans les colonnes de L’Express, toute rencontre avec le frère du président tchadien.
L’équipée
s’est achevée par trois jours de détente aux Bahamas : "Un séjour de
tourisme en somme ; Alexandre a fait du jet-ski. Mais là, c’est moi qui
ai payé la facture".
"Personne n’a protesté quand Alexandre a utilisé ses passeports diplomatiques". Concernant l’utilisation de passeports diplomatiques
pendant ces différents déplacements, Philippe Hababou Solomon,
lui-même détenteur d’un passeport diplomatique de Guinée-Bissau,
précise : "À chaque fois qu’un passeport de ce type passe une frontière,
les autorités sont informées. L’information remonte directement au Quai
d’Orsay. Personne n’a protesté quand Alexandre a utilisé ses passeports
diplomatiques, en Israël comme en Afrique..."
Contacts élyséens.
Par ailleurs, dans un courrier adressé à Patrick Strzoda, le directeur
de cabinet d’Emmanuel Macron qui lui a demandé de s’expliquer sur ses
"missions personnelles et privées", Alexandre Benalla a concédé
continuer à entretenir des "échanges réguliers" avec certains membres de
la présidence. "Oui, il parle avec les jeunes qui sont en poste aux
côtés d’Emmanuel Macron, ceux de sa génération", abonde Philippe Hababou
Solomon, toujours auprès de L’Express. "Je crois aussi
qu’Alexandre continue d’échanger des textos avec le président",
glisse-t-il, tout en indiquant que le jeune homme ne s’est jamais
targué, lors de ces différents déplacements, d’être en mission pour
l’Elysée.
Des "petits rapports". L’homme d’affaires laisse
toutefois entendre qu’Alexandre Benalla pourrait bien jouer les
ambassadeurs de l’ombre. "Alexandre faisait des petits rapports, après
qu’untel nous a dit qu’il n’appréciait pas le ‘monsieur Afrique’ de
l’Élysée, ou après qu’un autre nous a confié son incompréhension à
propos du rôle de la France sur tel ou tel dossier. Je ne sais pas
précisément à qui étaient destinés ces rapports", conclut-il.
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