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dimanche 14 mai 2017
Nouvel afflux de mes lecteurs ukrainiens ce week-end
Curieusement, alors que le cybercriminel d’Abeilhan est
de retour dans mes statistiques de blog depuis hier, j’y vois aussi
revenir mes lecteurs ukrainiens.
Serait-ce en rapport avec la vague de cyberattaques « sans précédent » qui a débuté vendredi ?
Les conséquences de la cyberattaque commencent à se mesurer. Interrogé sur la chaîne britannique ITV, le directeur d’Europol Rob Wainwright
a indiqué que « le dernier décompte fait état de plus de 200 000
victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays. Nous
menons des opérations contre environ 200 cyberattaques par an, mais nous
n’avions encore jamais rien vu de tel ». L’attaque a frappé « de
manière indiscrimée » et s’est « propagée très rapidement », a ajouté le
patron d’Europol. Il craint que le nombre de victimes continue à
croître « lorsque les gens retourneront à leur travail lundi et
allumeront leur ordinateur ». L’Office européen des polices Europol
avait annoncé samedi qu’une équipe dédiée au sein de son Centre européen
sur la cybercriminalité avait été « spécialement montée pour aider »
l’enquête internationale chargée d’identifier les coupables. « Il est
très difficile d’identifier et même de localiser les auteurs de
l’attaque. Nous menons un combat compliqué face à des groupes de
cybercriminalité de plus en plus sophistiqués qui ont recours à
l’encryptage pour dissimuler leur activité. La menace est croissante », a
souligné Rob Wainwright. « Nous ne connaissons pas encore les
motivations » des pirates, a-t-il développé, ajoutant que
« généralement, elles sont de type criminel ».
Après la cyberattaque de grande ampleur qui a touché de nombreux pays
dans le monde vendredi, des enquêteurs et des experts informatiques
internationaux ont entamé dimanche 14 mai la traque des pirates à
l’origine de la propagation « sans précédent » du virus, qui pourrait
frapper à nouveau dans les jours à venir. Cette attaque a touché des
dizaines de milliers d’ordinateurs dans une centaine de pays et affecté
les hôpitaux britanniques, le constructeur automobile français Renault, le système bancaire russe, le groupe américain FedEx ou encore des universités en Grèce et en Italie.
L’attaque est « d’un niveau sans précédent » et « exigera une enquête
internationale complexe pour identifier les coupables », a indiqué
l’Office européen des polices Europol, en précisant qu’une équipe dédiée
au sein de son Centre européen sur la cybercriminalité avait été
« spécialement montée pour aider dans cette enquête, et qu’elle jouera
un rôle important ».
Crainte de nouvelles attaques lundi
« Les cybercriminels pourraient croire qu’ils opèrent incognito, mais
nous allons utiliser tout l’arsenal à notre disposition pour les amener
devant la justice », a souligné Oliver Gower, directeur adjoint de la
National Crime Agency britannique. « C’est la plus importante attaque de
ce type de l’histoire », a assuré à l’Agence France-Presse Mikko
Hypponen, responsable de la société de sécurité informatique F-Secure,
basée en Finlande, en évoquant « 130 000 systèmes touchés dans plus
de 100 pays ». La police française avait, elle, parlé de « plus
de 75 000 » ordinateurs touchés dans le monde. Mais ce bilan « devrait
s’alourdir dans les jours qui viennent », a précisé Valérie Maldonado,
de la sous-direction française de la lutte contre la cybercriminalité.
La ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a prévenu dans une tribune au Sunday Telegraph
qu’il fallait s’attendre à d’autres attaques et souligné qu’on ne
« connaîtra peut-être jamais la véritable identité des auteurs » de
celle de vendredi. Les experts craignent de nouvelles perturbations
lundi lorsque les gens retourneront au travail et allumeront des
ordinateurs éteints depuis vendredi. Le chercheur en cybersécurité britannique de 22 ans qui a permis de ralentir la propagation du virus
a prévenu dimanche que les pirates risquaient de revenir à la charge en
changeant le code et qu’ils seront alors impossibles à arrêter. « Vous
ne serez en sécurité que lorsque vous installez le correctif le plus
rapidement possible », a-t-il tweeté sur son compte @MalwareTechBlog. Le
jeune chercheur, qui souhaite rester anonyme, a été qualifié de
« héros » qui a « sauvé le monde » par la presse britannique. Le Sunday Mail a retrouvé une photo du jeune homme, surfeur à ses heures perdues, qui vit encore chez ses parents au sud de l’Angleterre.
La critique d’Edward Snowden
De la Russie à l’Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de
milliers d’ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés par un
logiciel de rançon, un « rançongiciel », exploitant une faille dans les
systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l’agence de
sécurité américaine NSA. Ce logiciel malveillant verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d’argent,
en l’occurrence 300 dollars (275 euros), pour en recouvrer l’usage. La
rançon est demandée en monnaie virtuelle bitcoin, difficile à tracer. Le
service public de santé britannique (NHS, 1,7 million de salariés)
semble avoir été l’une des principales victimes avec 48 établissements
touchés, dont plusieurs ont été obligés d’annuler ou de reporter des
interventions médicales. Le constructeur automobile français Renault
a aussi reconnu avoir été affecté. Notamment l’usine de Dacia Renault
en Roumanie et l’usine britannique de Sunderland du japonais Nissan,
partenaire de Renault. La Banque centrale russe, plusieurs ministères
russes, le géant américain de livraison de colis FedEx ou encore la
compagnie de télécoms espagnole Telefonica, où les employés ont été
appelés par mégaphone à éteindre leurs ordinateurs en catastrophe, ont
également été affectés.
Initiative inhabituelle, Microsoft a décidé de réactiver une mise à
jour de certaines versions de ses logiciels pour contrer cette attaque.
Le virus s’attaque notamment à la version Windows XP, dont Microsoft
n’assure plus en principe le suivi technique. Le nouveau logiciel
d’exploitation (OS) Windows 10 n’est pas visé. Les motivations des
auteurs étaient toujours floues. Amar Zendik, dirigeant de la société de
sécurité Mind Technologies, penche pour une attaque menée par des
« hackers » souhaitant « faire un coup » plutôt que de récupérer de
l’argent. Selon la société Kaspersky, le logiciel malveillant a été
publié en avril par le groupe de pirates Shadow Brokers, qui affirme
avoir découvert la faille informatique par la NSA. « Si la NSA avait
discuté en privé de cette faille quand ils l’ont découverte,
plutôt que quand elle leur a été volée, ça aurait pu être évité », a
regretté sur Twitter Edward Snowden, l’ancien consultant de la NSA qui
avait dévoilé en 2013 l’ampleur de la surveillance mise en place par les
États-Unis.
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