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jeudi 21 avril 2016
Tunisian Connection(s) : de Marseille à Bruxelles en passant par l'Algérie, le Maroc et l'Afghanistan
Je ne commente pas, je donne à lire en me contentant de rappeler que :
- la première des « déconnologues » de la bande de Cyprien Luraghi à
m’avoir ouvertement attaquée sur le site Rue89, en 2008, était une nièce
de Farid Berrahma que Josette Brenterch a citée dans sa procédure à mon
encontre au mois de juin 2012; amies, elles ont été très tôt en
relation à mon sujet;
- Cyprien Luraghi a fait ses débuts comme guide de trek dans
l’Himalaya dans le cadre d’un trafic de drogue; il le raconte lui-même
dans un de ses billets de blog toujours publics;
- Cyprien Luraghi a de la famille en Tunisie : sa tata Rolande
prostituée à Strasbourg qui, dit-il, y coule désormais une paisible
retraite avec son dernier souteneur, qu’elle a épousé, et au moins l’un
de ses enfants, un cousin de Cyprien Luraghi, donc.
Les membres présumés d’un réseau de malfaiteurs qui avait pris en
otage un commerçant pendant six jours et qui est soupçonné, selon une
source proche de l’enquête, d’être impliqué dans des règlements de
comptes, ont été interpellés mardi dans la région marseillaise. Selon
nos informations, les auteurs présumés sont âgés de 20 à 32 ans. Le
supposé cerveau du gang, un certain Anis R., connu des services de
police, fait partie des personnes interpellées.
Environ 200 policiers ont libéré mardi au petit matin cet homme de 36
ans, enlevé le 8 décembre vers 6 h 30 par trois malfaiteurs, dont l’un
armé, devant le bureau de tabac de son frère situé dans le 15e
arrondissement de Marseille. Il était retenu depuis à Celony, près
d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), dans une villa de type provençal
un peu en retrait des autres habitations. L’alerte avait été donnée par
un employé du tabac qui avait été plaqué au sol durant l’enlèvement,
selon une source proche de l’enquête.
La victime en état de choc
Les ravisseurs exigeaient de la famille une rançon d’un million
d’euros, dont la remise était prévue dans l’après-midi, « une technique
commerciale très connue qui consiste à demander beaucoup pour obtenir 30
% à 40 % », a expliqué le contrôleur général Roland Gauze, patron de la
DIPJ (direction interrégionale de la police judiciaire), lors d’un
point de presse. « Quatre geôliers armés » ont été arrêtés au cours de
l’opération, l’un d’entre eux dormant « à côté de l’otage ligoté et avec
une cagoule sur le visage », a-t-il précisé. La victime était « en état
de choc, mais en relative bonne santé ».
Sur place ont été retrouvés un pistolet mitrailleur, trois pistolets
automatiques, des liasses de billets, une trieuse et 500 à 600 grammes
de poudre de cocaïne. Dans le même temps, plusieurs interpellations ont
eu lieu dans 12 à 13 lieux de la région. Au total, « une douzaine de
personnes ont été placées en garde à vue », pour une durée pouvant aller
jusqu’à 96 heures. Au cours de ces quatre jours, « on va essayer
d’expliquer le pourquoi du comment », a souligné Roland Gauze. Cette
équipe, sur laquelle « nous travaillons depuis plusieurs mois sur
commission rogatoire de la juge Carole Sayouz, est spécialisée dans le
domaine du trafic de stupéfiants » et cherche à « asseoir sa notoriété
par le rapt ». « On est clairement sur du banditisme de cités », a-t-il
ajouté.
Règlements de comptes
Installés dans des villas cossues de la région aixoise, certains
membres présumés de cette organisation avaient également des propriétés
en Espagne, selon une source proche de l’enquête. Ils sont soupçonnés
d’être impliqués dans des règlements de comptes qui ont touché récemment
la région marseillaise, d’après la même source. Une information qu’a
refusé de confirmer Roland Gauze à ce stade. « Je n’en sais rien »,
a-t-il dit, ajoutant : « Peut-être que nous établirons ça, peut-être que
nous ne l’établirons jamais. »
Les investigations, menées « jour et nuit » depuis le rapt dans une
totale discrétion, ont été confiées à la DIPJ. La force d’intervention
de la police nationale (FIPN), mise en place fin 2009 et composée
d’éléments du Raid et des GIPN de Marseille, Nice et Lyon, est
intervenue dans l’opération, aux côtés des BRI régionales (brigades de
recherche et d’intervention). Le préfet de la région Paca Hugues Parant
s’est félicité de l’issue des investigations qui « démontre une nouvelle
fois l’efficacité de l’action conjointe des services judiciaires et des
forces de sécurité dans la lutte contre les multiples formes de
banditisme des cités ».
Les règlements de comptes sanglants sur fond de trafic de drogue dans
les cités se sont multipliés en 2010 à Marseille, où les effectifs
policiers ont été renforcés après une fusillade à la kalachnikov qui a
coûté la vie, le 19 novembre, à un adolescent de 16 ans dans les
quartiers nord. Selon nos informations, d’autres interventions de ce
type devraient être organisées dans les prochains jours à Marseille.
Les frères Nicolas et François Bengler, 25 et 29
ans, ont été mis en examen vendredi par le juge Carole Sayous pour
« trafic de stupéfiant » puis écroués dans deux prisons différentes.
Publié le 20.12.2010 à 00:00
Mis à jour le 20.12.2010 à 04:39
Les frères Nicolas et François Bengler, 25 et 29 ans, ont été mis en
examen vendredi par le juge Carole Sayous pour « trafic de stupéfiant »
puis écroués dans deux prisons différentes, après le coup de filet opéré
mardi contre un réseau suspecté de rapt, trafic de drogues et
règlements de comptes. Egalement écroué, Anis Resbi est, lui, soupçonné
d’être le cerveau de l’enlèvement d’un buraliste de la cité Kallisté
(15e) ainsi que l’a révélé le site internet du Point.
Le clan était depuis plusieurs mois dans le collimateur de toutes les
polices marseillaises et il aura fallu 200 policiers dont des éléments
du Raid, de la BRI et du GIPN pour en venir à bout. Des retraités de la
police sont même venus donner des informations avant l’opération, ayant
croisé la route des Bengler sans parvenir à les stopper. Originaires de
la cité des Cèdres (13e), les deux frères ont acquis leurs galons en
contrôlant plusieurs territoires grâce à des « lieutenants » chargés de
faire régner la terreur parmi leurs concurrents.
Les frères Bengler et Anis avaient été interpellés le 14 décembre
2010 à Celony où ils tenaient le frère d’un commerçant en otage. AFP
Un certain Anis, lui aussi en garde à vue dans le meurtre du Clos la Rose, pourrait être le chef du gang.
Ils ont des noms de méchants de westerns, les frères Bengler, réputés
impitoyables, auraient signé la mort d’un modeste petit guetteur de la
cité du Clos la Rose (13e) le 19 novembre 2010, sur fond de guerre des
territoires. Jean-Michel Gomez (16 ans) avait reçu une rafale de
kalachnikov, un gosse de 11 ans avait été touché à la gorge par une
balle.
La brigade de répression du banditisme de la direction interrégionale de
la Police judiciaire de Marseille vient de les extraire de prison,
lundi pour les placer en garde à vue.
C’est le GIPN qui s’est chargé de leur transfert jusqu’à l’Évêché, les
garçons n’étant pas des tendres. Et les quatre types mis en garde à vue
avec eux ont le même profil. Et peut-être parmi eux le vrai leader du
gang. Le prénommé Anis, un colosse au regard noir toujours jeté en coin.
Les Bengler, Nicolas et François (26 et 30 ans), n’en sont pas pour
autant des danseuses, en témoigne la réputation qu’ils se sont forgés au
cœur des cités marseillaises.
Commanditaires
Les 96 heures de garde à vue encore en cours expliquent la discrétion
des autorités judiciaires dans un dossier bien plus complexe qu’il n’en a
l’air. Car la fameuse « guerre de territoires » pour un point de vente
n’est pas si évidente. Et il n’est pas certain que ces hommes se
trouvaient du coté de la crosse de la kalachnikov ce soir-là au Clos la
Rose. Alors commanditaires ? C’est ce que pourrait conclure l’enquête.
Anis et les Bengler avaient été interpellés ensemble. Le 14 décembre
2010, les frangins, que la police suivait des deux oreilles depuis de
longues semaines, entraînaient leur interpellation en prenant en otage
le frère du buraliste du Parc Kallisté (15e). Depuis, les enquêteurs
travaillent à vérifier les bruits de halls d’immeubles : le Clos la
Rose, c’est eux.
Il faut remonter à 2006 pour comprendre les relations et les pratiques
de tout ce beau monde. Une bande se faisant appeler la « Tunisian
Connection », dont Anis fait partie, sème la panique dans les réseaux de
trafiquants de la ville. Ils en braquent les dealers (« faire les
réseaux » dans le jargon de voyous) voire en rackettent certains («
l’enveloppe »). Les Bengler ont grosso modo la même activité mais sont
alors en prison.
Racket de trafiquants
Au premier trimestre 2006, la « Tunisian Connection » vole en éclats,
presque tous leurs membres sont au tapis dont Bouraoui et Régaoui, deux
lieutenants de Farid Berramah. Dans la même vague de règlements de
comptes, Michel Philippi est lui aussi abattu en avril quelques jours
après Berramah.
Or Anis était en prison avec lui. Et ne l’aimait guère. Michel Philippi,
qui continuait de sa cellule à diriger le gros réseau de Frais Vallon
(13e), aurait fait aussi dans le racket de prisonniers. Torturer les
plus faibles pour qu’un de ses proches dehors remette une enveloppe à un
de ses lieutenants.
Une fois libérés, Anis et les Bengler unissent leurs terribles
réputations pour se faire remettre des « enveloppes » notamment de Frais
Vallon dont ils deviennent en quelque sorte les actionnaires.
Le réseau concurrent du Clos la Rose, plus apprécié de la clientèle pour
sa position géographique, aurait-il refusé de donner « l’enveloppe » ?
L’usage d’une kalachnikov, symbole de la toute puissance, peut le
laisser penser. Mais ni Anis, ni les Bengler n’aimaient à manier cette
arme. N’avaient d’ailleurs été trouvés lors de leur arrestation que des
pistolets automatiques et des fusils à pompe. Des armes de tueurs de «
belles gueules ».
PHILIPPE PUJOL
Dernière modification le jeudi, 12 décembre 2013 11:21
MARSEILLE (AP) — Trois personnes ont été mises en examen et écrouées
dans la nuit de mercredi à jeudi dans le cadre de l’enquête sur
l’assassinat d’un adolescent à la cité du Clos la Rose à Marseille,
a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Parmi elles, figurent les
frères Nicolas et François Bengler, 26 et 30 ans, deux caïds de cité
sans scrupule, décrits comme ayant un profil particulièrement violent.
Ils avaient été extraits lundi de la maison d’arrêt des Baumettes à
Marseille pour l’un et de celle de La Farlède (Var) pour l’autre, où ils
sont déjà détenus pour une affaire de séquestration, suivie de prise
d’otage. Les deux frères contestent tous les faits qui leur sont
reprochés.
Un troisième suspect, qui faisait partie du commando, a lui aussi été
écroué. Les trois hommes ont été mis en examen pour « assassinat en
bande organisée, tentative d’assassinat en bande organisée, association
de malfaiteurs et destruction de biens par incendie », par la juge
d’instruction Karine Molco du tribunal de grande instance de Marseille.
Le parquet de Marseille avait requis dans la soirée un mandat de dépôt à leur encontre.
Ces arrestations, opérées par la brigade criminelle de la Direction
interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Marseille,
interviennent presque un an après les faits incriminés.
Trois autres personnes interpellées lundi ont en revanche été remises en liberté, faute de charges suffisantes contre elles.
Le 19 novembre 2010, un mineur de 16 ans avait été tué par une rafale
de kalachnikov, devant ses amis, dans la cité du Clos La Rose, dans le
XIIIe arrondissement de la ville. La fusillade avait également blessé un
enfant de 11 ans.
L’affaire avait fait grand bruit et déclenché une série d’opérations
coups de poing, baptisés « opérations Brennus » dans les cités de la
ville, alors touchées par une hausse inquiétante du nombre de règlements
de comptes. « On n’est plus à Marseille, mais dans les favelas, à
Rio », avait aussitôt réagi le procureur de la République de Marseille,
Jacques Dallest.
Les frères Bengler étaient en prison depuis décembre 2010. Ils se
voyaient reprocher une agression, au cours de laquelle le frère d’un
commerçant avait été enlevé par un commando armé. Les malfaiteurs
avaient alors réclamé une rançon d’un million d’euros, avant que la
police n’intervienne. Ils voulaient s’emparer d’un point de vente de
drogue à la cité du Clos La Rose qu’ils estimaient particulièrement
rémunérateur, voulant ainsi faire taire la concurrence. Ils n’ont pas
encore été jugés pour cette affaire-là. AP
22h35, le 10 novembre 2011, modifié à 22h52, le 10 novembre 2011
La cité du Clos la Rose avait été le théâtre d’une fusillade mortelle en novembre 2010.@ MaxPPP
DECRYPTAGE – Un grand flic analyse le banditisme de cités un an après le drame du Clos la Rose.
« Ce soir-là, ils sont allés tirer des rafales de kalachnikov sur le
plan du Clos la Rose pour dire : ‘vous dégagez, et on prend la place’
« . Pour Roland Gauze, le patron de la PJ marseillaise, le drame survenu
le 19 novembre 2010 dans une cité de Marseille illustre parfaitement ce
qu’est devenu le banditisme de cités. Le soir des faits, un mineur de
16 ans était abattu d’une rafale de kalachnikov devant ses amis. Dans la
fusillade, un enfant de onze ans avait reçu une balle dans la mâchoire et avait été grièvement blessé.
Moins d’un an après les faits, trois personnes ont été mises en
examen lundi pour « meurtre avec préméditation en bande organisée »
notamment. Parmi les mis en cause, deux frères : Nicolas et François
Bengler. Ces deux caïds bien connus des services de police pour trafic
de drogue avaient à l’époque un objectif : reprendre le contrôle du
territoire du Clos la Rose.
« C’est du business hyper agressif »
Pour le patron de la PJ marseillaise Roland Gauze, ce fait divers
dépeint une réalité du banditisme des cités sur fond de trafic de drogue
et de guerre des territoires. « C’est du business hyper agressif avec
une volonté absolue de prendre le territoire coûte que coûte aux équipes
adverses », explique-t-il. « Tout est autorisé. Le seul mode de
médiation après les premières menaces, ça va être l’enlèvement et la
séquestration », ajoute-t-il.
« On est aujourd’hui dans l’impulsif »
Dans le passé, les trafiquants de drogue ne se comportaient pas de la
sorte. « Ceux qui perpétraient ce genre d’actes les préparaient
beaucoup mieux. On est aujourd’hui dans l’impulsif, voire dans le
compulsif. On prend les armes et on y va », juge Roland Gauze.
Reste qu’aujourd’hui, au Clos la Rose, d’autres dealers se sont
installés dans les fauteuils au pied des immeubles. Pour la police,
l’objectif reste le même : harceler ces équipes de malfaiteurs, les
déranger continuellement pour mettre un frein au deal de quartier.
Franck Pennant/PQR/MaxPPP
Un an après l’assassinat d’un adolescent de 16 ans à la Kalachnikov
dans la cité du Clos la Rose à Marseille, trois suspects ont été mis en
examen pour «assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée».
Le 19 novembre 2010, Jean-Michel Gomez, 16 ans, était tombé sous les
rafales d’une Kalachnikov, dans la cité du Clos la Rose, dans le XIIIème
arrondissement de Marseille. Près d’un an après, les enquêteurs de la
brigade criminelle de la DIPJ de la cité phocéenne ont placé en garde à
vue six personnes lundi dernier. Trois d’entre eux, nommés Nicolas et
François Bengler, ainsi que Damien Chabas, ont été mis en examen hier
soir pour «assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée». Un
enfant de onze ans avait en effet également été grièvement blessé dans
cette expédition punitive d’une extrême violence. La justice disposera
d’«un faisceau d’éléments» permettant de confondre les suspects,
rapporte «La Provence».
D’après le quotidien local, les frères Bengler seraient deux caïds de
la drogue terrorisant le quartier. Ils auraient pris la succession de
Farid Berrhama, le caïd salonais abattu le 4 avril 2006 dans un bar de
Saint-Just, et n’auraient pas supporté le poids que commençait à prendre
le petit dealer de drogue qu’était Jean-Michel Gomez, suppléé par le
garçon de 11 ans –qui avait apparemment un rôle de guetteur. Plusieurs
personnes, présentes ce soir-là au Clos la Rose auraient reconnu les
suspects. Les cagoules, les armes et les véhicules ayant servi au
règlement de comptes avaient été retrouvés brûlés entre Marseille et
Aix-en-Provence, «en direction de leur point de repli», note le journal.
Ils ont été arrêtés en flagrant délit de prise d’otage il y a plus d’un
an dans une maison de Célony. Ils sont en détention provisoire depuis.
De son côté, leur avocat dénonce le rôle de bouc-émissaire de ses
clients. «On leur colle tout sur le dos», a dénoncé Me Monneret.
«On se croirait à Rio dans les favelas»
L’an dernier, ce drame avait secoué la ville et ses alentours, d’autant qu’il était arrivé dans un contexte de recrudescence des violences dans les Bouches-du-Rhône.
«On est plus à Marseille, on est à Rio dans les favelas», avait
d’ailleurs lancé le procureur de la République de Marseille, Jacques
Dallest, faisant références aux différents règlements de comptes
survenus dans le milieu du banditisme de cité. Suite à cela, le ministre
de l’Intérieur, Brice Hortefeux, avait annoncé dimanche toute une série
de mesures «coup de poing», dont la mise en place de deux unités de
force mobile supplémentaires, soit environ 150 hommes, ou encore le
renforcement du Service départemental d’information générale (SDIG –
renseignement) par cinq policiers «spécialisés et expérimentés» dans la
lutte contre le trafic de stupéfiants. Lisez le reportage de nos journalistes, qui avaient passé à l’époque quinze jours dans cette «cité des enfants perdus».
Accusés d’avoir séquestré un buraliste et assassiné un petit
dealer, le 19 novembre 2010, au Clos La Rose, à Marseille, ils
réclamaient leur remise en liberté
François Bengler, ici avec un de ses avocats, Me Luc Febbraro, hier devant la cour d’assises, à Aix. Photo Serge Mercier
La rapide audience d’hier matin devant les assises, à Aix, a permis
de jauger, et de prévoir, l’ambiance à venir. Une sorte d’apéritif
poivré avant un repas qui promet d’être épicé. Bref, ce sera la
castagne. Dans le box, les redoutés frères Bengler et leurs deux
lieutenants, Anis Rezigue et Nordine Ouertani, étaient venus réclamer
leur remise en liberté en même temps que le renvoi de leur procès pour
cause d’avocats occupés ailleurs. Estimant que 63 mois de détention
provisoire, ça faisait beaucoup trop, même quand on est mis en examen
pour un assassinat, une tentative d’assassinat et une violente
séquestration, ils ont dénoncé « un acharnement » et, presque, promis de venir assister à leur procès si la justice leur faisait confiance…
Pour mémoire, les petits caïds de la cité des Cèdres à Marseille, qui
avaient rapidement pris du galon, avaient été arrêtés en « flag » dans
une villa de Célony, à Aix, en décembre 2010, où un buraliste du parc
Kalliste était séquestré. Quelques mois plus tard, la justice leur
imputait une autre affaire : le règlement de comptes du Clos La Rose,
celui-là même qui avait déclenché une vague de mesures, plus ou moins
efficaces. C’était le 19 novembre 2010, à l’heure du repas. Une rafale
de kalachnikov avait massacré un petit dealer de 16 ans, Jean-Michel
Gomez et grièvement blessé un enfant de 11 ans. « On n’est plus à Marseille mais dans les favelas de Rio ! », avait fustigé le procureur de la République de l’époque, au beau milieu d’une scène de crime épouvantable. Mis en examen pour « assassinat et tentative en bande organisée », les frères Bengler ont toujours clamé leur innocence dans ce dossier. D’où leur colère d’être détenus « au-delà du délai raisonnable ».
« On a attendu des mois pour faire en sorte de pouvoir joindre le
dossier d’assassinat et celui de la séquestration, et les juger dans un
seul et même procèspour des raisons stratégiques ! », fustige Me Febbraro, fort d’une décision de la CEDH. Le 15 septembre dernier, le gouvernement français concédait « une durée de détention excessive » et « une atteinte aux droits de la défense » de François Bengler. Une indemnité de 7 200 € censée purger le litige lui était versée. « Or, le préjudice demeure. Le juge aixois a décidé de le maintenir en détention malgré cette décision »,
tacle-t-il. En juillet 2014, c’est Nicolas, son frère, qui était remis
en liberté par la chambre de l’instruction, mais uniquement dans le
cadre de la séquestration. « Cette détention n’a que trop duré. Il faut y mettre un terme », tente Me Selmi. « Le délai de comparution n’est pas acceptable », s’indignent, à leur tour, Me Jacquemin et Me Aidouni pour les lieutenants. « Oui j’ai séquestré mais sans violence !, assène François Bengler. Il
avait son café et même Quick ! Nous, quand on nous a ramenés à Luynes,
on n’a même pas eu droit à une cigarette et à une bouteille d’eau. »
« Des conditions épouvantables en détention ?, manque s’étrangler en partie civile Me Valéra en s’opposant aux remises en liberté. Mon client a été attaché avec les yeux bandés et frappé. » Évoquant « un trouble majeur à l’ordre public au regard de la gravité des faits » et « un défaut de garantie de représentation », l’avocat général Pierre Cortès a requis le maintien en détention. « On peut aussi se soucier de la sécurité de ces garçons, a-t-il ajouté, magnanime. Il y a dans leur milieu, une forme de justice qui ressemble à une vengeance sommaire que je voudrais leur épargner. »
Sans surprise, la cour a décidé du maintien en détention et a renvoyé le procès à une session ultérieure.
TRAFIC INTERNATIONAL D’HEROINE « L’ENFER » EST DESCENDU SUR LA « TUNISIAN CONNECTION »
VAN VAERENBERGH,OLIVIER
Page 28
Samedi 25 novembre 1995
Trafic international d’héroïne
«L’enfer» est descendu sur
la « Tunisian Connection»
Grosse opération que celle menée ces deux dernières semaines par les
polices judiciaires marseillaises et bruxelloises. Une opération
baptisée «L’enfer», et qui a permis le démantèlement d’un trafic
international d’héroïne et l’interpellation d’une vingtaine de
personnes, dont deux Belges, une filière connue sous le nom de «Tunisian
Connection».
Il aura fallu 30 mois d’enquête, de filatures et d’investigation à la
P.J. de Marseille, section stupéfiants, pour mettre fin aux agissements
de cette organisation, spécialisée dans le trafic d’héroïne, et qui
sévissait de la Hollande à Lille, Paris, Marseille, en passant par
Bruxelles, apparue comme la plaque tournante du réseau. C’est là en
effet que la drogue était acheminée pour être ensuite acheminée dans les
différentes villes européennes.
C’est donc vendredi dernier, 17 novembre, que les enquêteurs ont
arrêté à Marseille un certain H.M., un ressortissant belge de
Stambruges, près de Diest, âgé d’une soixantaine d’années. Selon la
P.J., sous ses allures de bon père de famille se cachait un des passeurs
réguliers de la filière. Celui-ci était en possession, au moment de son
interpellation, de 8 kilos d’héroïne.
L’arrestation de H.M. a immédiatemment été suivie d’une vaste
opération de ratissage sur les sols français et belges, opération qui a
permis l’arrestation d’une vingtaine de personnes : huit Tunisiens (d’où
le nom de la filière), huit Français, deux Belges, un Polonais, un
Algérien et un Marocain.
H.M. a avoué qu’il avait déjà effectué 32 voyages pour acheminer la
drogue de Belgique vers la France, voyages qui représentent quelque 200
kilos d’héroïne.
L’une des têtes pensantes du réseau, un Tunisien dénommé A.J. et
domicilié à Anderlecht, a été interpellé après 24 heures de recherche
par la brigade nationale en collaboration avec la police judiciaire de
Tournai : cinq perquisitions auront été nécessaires pour mettre la main
sur A.J., en même temps que sa concubine d’origine polonaise, et une
Algérienne.
Le juge d’instruction Staes-Polet a placé ces trois personnes sous
mandat d’arrêt afin de procéder ultérieurement à leur extradition.
Le démantèlement de cette branche importante de la «Tunisian
Connection» a une nouvelle fois fait apparaître que la Belgique était
bien une plaque tournante de l’importation de drogues dures en Europe.
Attentats : « Daech s’appuie sur les réseaux criminels du Rif marocain »
« Les Abaaoud et les Abdeslam sont d’origine rifaine, pour
ne citer que deux cas connus et récents », explique Pierre Vermeren.
(REX Shutterstock/SIPA)
L’historien Pierre Vermeren explique comment l’Etat islamique a
recruté des jeunes issus de cette région rebelle du nord du Maroc,
marquée par la délinquance et le trafic de drogue.
Pierre Vermeren est professeur d’histoire du
Maghreb contemporain à l’université de Paris-I Panthéon-Sorbonne et
membre du laboratoire Imaf (Institut des Mondes africains). Il a
récemment publié « la France en terre d’islam. Empire colonial et
religions, XIXe-XXe siècles » (Belin, 2016).
Vous établissez qu’une large majorité des auteurs des
attentats de Bruxelles et de Paris sont originaires du Rif, au Maroc.
Comment expliquez-vous ce fait ?
- On trouve déjà des Rifains dans les attentats de Madrid en 2004, ou
même au sein du gang de Roubaix dans les années 1990. Dans le cas des
attentats de novembre à Paris, ou de ceux de Bruxelles, nous parlons de
réseaux de dizaines d’individus, majoritairement des Marocains du Rif.
Les Abaaoud, les Abdeslam sont d’origine rifaine, pour ne citer que deux
cas connus et récents.
Le Rif est une région pauvre du nord du Maroc qui a subi une histoire
cruelle tout au long du XXe siècle, en partie du fait des guerres
coloniales. Une région rebelle qui célèbre encore aujourd’hui la mémoire
de l’icône indépendantiste Abd el-Krim, de la République du Rif, un
fait tabou au Maroc où être islamiste est moins grave qu’être
républicain ou assimilé. Et les Rifains ont subi, à plusieurs reprises
dans leur histoire, une répression terrible pour cette raison.
Les hommes ont donc fui par centaines de milliers, s’installant
d’abord en Algérie française, puis dans le Nord-Pas-de-Calais pour
travailler dans les mines, en Belgique, aux Pays-Bas et plus tard en
Espagne.
Cette région a une autre particularité : durant la période coloniale,
le sultan du Maroc avait accordé aux Rifains le privilège de la culture
du kif, devenu haschisch. Le Rif est ainsi devenu la principale zone
mondiale de production de cette drogue. Grâce à l’immigration rifaine en
Europe, et à la faveur de la crise économique des années 1980 marquée
par la fermeture des mines, certains clans sont devenus les plus grands
exportateurs et distributeurs de haschisch en Europe. Une véritable
« industrie lourde » qui représente 10 à 12 milliards de dollars de
chiffre d’affaires par an depuis quarante ans.
Ce sont des trafiquants qui n’ont peur de rien, habitués à passer les
frontières, à avoir des armes. C’est dans ces réseaux criminels, du
fait de leur histoire, de leur marginalité au Maroc et de leur hostilité
à l’égard du pouvoir, qu’un islamisme radical s’est développé,
notamment en Belgique. Et l’Etat islamique a été très bien inspiré de
les utiliser à son profit. La rencontre est malheureusement explosive.
Comment le radicalisme religieux s’est-il enraciné dans ce terreau ?
- C’est un phénomène qui prend souche dans un milieu radicalisé et
conservateur sur le plan des mœurs. Les Rifains en veulent énormément au
Maroc, et à leurs anciennes puissances coloniales. Ils réfutent souvent
l’islam marocain dirigé par le roi. C’est l’histoire d’Abd el-Krim qui,
lui-même, lors de son exil au Caire après 1947, est devenu un frère
musulman. Cette population est souvent en rupture de ban par rapport à
l’orthodoxie islamique marocaine.
Pierre Vermeren (Editions Belin)
Le Rif est au départ une société berbère pieuse de confréries
soufies. Mais les Rifains en exil se sont autonomisés progressivement,
ont parfois connu une déshérence idéologique ou religieuse, et ont
cherché de nouvelles affiliations. L’une d’elles est le salafisme, mais
on trouve aussi le chiisme révolutionnaire ou l’islam des Frères
musulmans.
Les prédicateurs salafistes en Europe, et en particulier en Belgique,
ont ciblé les jeunes immigrés rifains et les ont culpabilisés à propos
de la délinquance, les appelant à se racheter par une cause « sacrée ».
Le terrain était particulièrement favorable. Et les Belges ont laissé
faire, avec le résultat que l’on voit : on évoque le départ en Syrie de
huit cents jeunes maroco-belges, un chiffre proportionnellement record
en Europe.
Pourquoi avoir ainsi fermé les yeux ?
- Les Belges n’ont aucune expérience coloniale dans le monde arabe,
ne connaissent au départ rien à l’islam. C’est, comme la France, un pays
laïque. La religion y est donc une affaire privée. Et puis,
contrairement à la France, la Belgique n’a pas laissé travailler les
policiers marocains. Leur calcul était sensiblement le même que celui
des Britanniques avec leur « Londonistan » des années 1990 : on
n’intervient pas, on laisse faire les islamistes, et ainsi on sera
protégé. Et cela se retourne contre eux, comme cela a fini aussi par
déraper en Grande-Bretagne avec les attentats de Londres en 2005.
Il est nécessaire de prendre en compte cette dynamique rifaine –
totalement étrangère à ce qui s’est passé en janvier 2015 à Paris – dans
la lutte contre Daech. L’Etat islamique
a construit un discours de radicalité religieuse, mais il s’appuie sur
un faisceau de causes religieuses, politiques, d’idéologie et de réseaux
criminels qu’il est urgent de démêler.
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