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vendredi 8 février 2019
Alcoolisme : de l'état des cerveaux et fonctions cognitives de mes harceleurs
Qu’il s’agisse de Josette Brenterch du NPA de Brest, de
Pascal Edouard Cyprien Luraghi de Puy-l’Evêque ou de Jean-Marc Donnadieu
de Béziers, les trois principaux de mes harceleurs ont tous été ou sont
toujours alcooliques.
En fait, seul l’un d’entre eux, le second, prétend avoir arrêté
l’alcool. Encore l’aurait-il fait à un âge avancé alors qu’il en avait
toujours abusé depuis l’adolescence, et qui plus est en association à
des drogues diverses, tout comme le troisième.
Une étude intéressante vient d’établir que cette abstinence que
Pascal Edouard Cyprien Luraghi est le seul à revendiquer est de toute
façon insuffisante pour faire cesser tous les effets de toutes ses
années d’alcoolisme, évidemment à leur maximum durant tout le temps de
l’addiction.
Et ce n’est pas bien joli : cerveau très diminué de volume, aptitudes
intellectuelles envolées, pour peu qu’il y en ait eu avant (dans le cas
Luraghi, on sait qu’elles étaient déjà très minces, vu qu’il a quitté
l’école à 14 ans en situation d’échec scolaire du fait qu’il était nul
en tout sauf, déjà, en tapages et chantages épouvantables), et toutes
les atteintes qui se traduisent cliniquement par des troubles de
l’humeur et du comportement restent encore à explorer…
Alcoolisme : quelles sont les régions du cerveau qui récupèrent après une période d’abstinence ?
6 février 2019, 23:54 CET
Auteur
Benjamin Rolland Psychiatre,
Addictologue, Maitre de Conférences des Universités – Praticien
Hospitalier, Responsable du Service Universitaire d’Addictologie de Lyon
(SUAL), Université Claude Bernard Lyon 1
Déclaration d’intérêts
Benjamin Rolland ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas
de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer
profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son
poste universitaire.
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Dès l’arrêt de l’alcool, le cerveau récupère. Enfin, presque. Justin Aikin/Unsplash
Au cours des 50 dernières années, la consommation d’alcool a diminué régulièrement en France,
une baisse principalement imputée à la diminution de la consommation de
vin. Malgré tout, aujourd’hui, encore 10 % des Français adultes sont en difficulté avec l’alcool.
La consommation excessive d’alcool n’est pas sans dommage sur le
cerveau. De nombreuses études ont révélé que le volume de structures
cérébrales impliquées dans la cognition et l’apprentissage se réduit de
façon conséquente chez les personnes dépendantes à l’alcool. Cette
diminution est partiellement réversible après un arrêt prolongé de la
consommation, mais toutes les régions du cerveau ne récupèrent pas de la
même façon. Quelles sont celles qui bénéficient d’un arrêt de
l’alcool ? Et, dans le cas de celles qui n’en bénéficient pas, quelles
en sont les conséquences ?
L’alcool diminue le volume cérébral
Même chez des buveurs modérés mais réguliers, une réduction globale du volume cérébral a été constatée.
Elle n’est toutefois pas définitive : à l’arrêt de l’alcool, on
constate une récupération partielle du volume du cerveau, qui
s’accompagne d’une amélioration des capacités cognitives. De nombreux
facteurs influent sur cette récupération : l’âge, le genre, des facteurs
génétiques, l’existence d’antécédents familiaux d’addiction à l’alcool,
le tabagisme, etc.
L’altération cérébrale liée à l’alcool peut-elle, elle-même,
influencer les comportements liés aux addictions ? En d’autres termes,
peut-elle augmenter les risques de rechute ? Pour le savoir, la première
étape était de déterminer quelles régions cérébrales, parmi celles
impliquées dans l’addiction, s’avéraient les plus touchées par ces
variations de volume. L’équipe de Timothy Durazzo et Dieter Meyerhoff,
sans doute les auteurs les plus connus dans le domaine de la
neuroimagerie structurale dans l’alcoolodépendance, s’est récemment
penchée sur la question.
Une récupération immédiate
Les chercheurs ont analysé par IRM les cerveaux de 85 personnes
alcoolodépendantes une semaine, un mois et sept mois après qu’elles
aient arrêté de consommer de l’alcool, et les ont comparés aux images
cérébrales d’individus témoins consommant très peu ou pas d’alcool, donc
sans dépendance.
Étaient considérées comme dépendantes les personnes dont la
consommation avait été de plus de 204 verres d’alcool dits « standards »
(un verre standard correspond à peu près à un « ballon » de 12 cl de
vin soit 10 g d’éthanol) par mois au cours des 8 dernières années pour
les hommes, et 108 verres pendant les 6 dernières années pour les
femmes. Cette différence s’explique par le fait que les hommes éliminent
l’alcool plus rapidement que les femmes, et que les effets cérébraux et organiques sont plus importants chez ces dernières, à dose égale.
Au sujet des différences entre les genres, il est intéressant de
souligner que si les hommes nés entre 1891 et 1910 étaient trois fois
plus susceptibles que les femmes nées à la même période d’avoir un usage
problématique de l’alcool, ce ratio s’est progressivement amenuisé au
cours du XXe siècle. Au point qu’aujourd’hui, il n’existe plus d’écart significatif entre les garçons et les filles nés entre 1991 et 2000.
Une consommation régulière d’alcool entraîne une diminution du volume de certaines zones cérébrales. DR
Dans l’étude, les IRM ont révélé que toutes les régions étudiées (cortex cingulaire antérieur, insula, cortex préfrontal dorsolatéral, cortex orbitofrontal)
étaient altérées au moment où les participants entamaient leur période
d’abstinence. Après l’arrêt de l’alcool, néanmoins, le volume des
structures cérébrales affectées augmentait à nouveau au fil du temps, et
ce dès que les personnes cessaient leur consommation. Les effets de
l’arrêt de consommation étaient en effet détectables dès la première
semaine ou le premier mois d’arrêt. Ces récupérations suivaient
toutefois des trajectoires très différentes selon les individus,
certains récupérant moins bien que d’autres.
En outre, une structure ne récupérait jamais : l’hippocampe. Or celle-ci joue un rôle important la mémorisation, en particulier dans la formation de nouveaux souvenirs.
Des différences qui expliqueraient l’inégalité face à l’alcool
Les anomalies neurobiologiques survenant dans l’hippocampe semblent
donc plus persistantes que celles se produisant dans le cortex. Ceci
pourrait entraîner des problèmes d’apprentissage, en particulier en ce
qui concerne les nouvelles tâches intervenant dans la gestion de
l’abstinence sur le long terme. Conjugué au fait que la plasticité de la
matière grise observée durant l’abstinence varie d’un individu à
l’autre, ceci suggère que certaines personnes pourraient présenter plus
de risques de rechute.
L’étude avait toutefois certaines limites. D’abord, aucune IRM
n’avait été réalisée avant l’arrêt de l’alcool. L’obtention de tels
enregistrements est bien entendu difficile, en raison de contraintes à
la fois techniques et éthiques. Ensuite, la plupart des sujets n’avaient
pas passé les trois enregistrements successifs (à une semaine, un mois
et sept mois après l’arrêt de l’alcool), ce qui limite la valeur des
données recueillies. Enfin et surtout, aucune mesure cognitive associée
n’a été réalisée (ce point doit faire l’objet de recherches futures).
C’est regrettable, car elles auraient été nécessaires pour montrer que
les atteintes des structures cérébrales ont de réelles significations
cliniques.
À la recherche des origines de la susceptibilité individuelle
Les études du même type déjà réalisées sur des sujets
alcoolodépendants ont montré qu’ils subissent deux types d’atteintes.
D’une part, des atteintes qu’on peut qualifier « d’irritation », à la
fois diffuses et fréquentes, mais aussi réversibles après arrêt de
l’alcool. D’autre part, des atteintes devenues « fixées », qui perdurent
bien après l’arrêt de l’alcool.
Dans ce contexte, beaucoup de questions restent sans réponse.
D’abord, même si l’on suspecte l’existence d’un lien fort avec les
atteintes cognitives (lesquelles se séparent d’ailleurs selon les deux
mêmes types – « irritatifs » et « fixés »), celui-ci n’a jamais vraiment
été correctement étudié jusqu’à présent, alors qu’il a une importance
évidente en pratique. Ensuite, il est crucial de comprendre pourquoi
certaines atteintes (la plupart) sont réversibles, alors que d’autres se
figent et laissent des traces, sinon indélébiles, au moins durables.
Enfin, il est essentiel de comprendre pourquoi certains sujets sont plus
exposés que d’autres aux atteintes fixées.
S’agit-il d’une question de dose et de durée d’exposition à
l’alcool ? Trop simpliste, sans doute. Les différences observées d’un
patient à l’autre s’expliquent probablement par des facteurs individuels
de susceptibilité neurobiologique à l’alcool, encore méconnus. Mieux
connaître ces déterminants sera l’enjeu majeur des prochaines années
pour les chercheurs.
Cet article s’inspire d’une parution de la newsletter d’Addict’Aide, qui permet de s’informer sur toutes les questions d’addiction. Le portail Addict’Aide est soutenu par MGEN, groupe VYV.
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