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mardi 13 mars 2018
Empoisonnements politiques : fin de l'impunité ?
Ce n’est en tous les cas toujours pas la volonté affichée
pour les empoisonnements commis sur le sol français, notamment à Brest
où j’ai été empoisonnée le 22 mars 2002.
Pour ma part, je n’avais trahi personne, sauf, peut-être, les
trafiquants d’armes et proxénètes pour lesquels j’ai toujours refusé, et
de trahir mon pays, et de me prostituer, puisque j’avais fini par
porter plainte contre eux à raison de leurs innombrables exactions à mon
encontre.
VIDÉO – Theresa May, qui suspecte Moscou d’être «responsable» de
l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, a donné
jusqu’à mardi soir au Kremlin pour fournir des explications. Un
ultimatum rejeté par la Russie, qui se dit «innocente» et évoque une
«provocation».
Correspondant à Londres
Theresa May semble déterminée. Plus d’une semaine après l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia
à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre), la Première ministre a pris le
régime du Kremlin de front. Après avoir présidé lundi matin une réunion
du Conseil de sécurité nationale pour faire le point sur l’enquête et
les commanditaires de l’attaque, la cheffe du gouvernement a affirmé
devant les députés britanniques, qu’il était «très probable que la
Russie soit responsable» de cet empoisonnement.
La position de la Première ministre a été soutenue par les
États-Unis. L’empoisonnement «ressemble» à un acte russe», a lancé
Donald Trump mardi, depuis les jardins de la Maison-Blanche. Le chef
d’État a également assuré qu’il allait «parler» à Theresa May ce mardi.
Un peu plus tôt, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, qui vient d’être limogé,
avait déclaré que Washington faisait «toute confiance à l’enquête
britannique». «Nous sommes d’accord sur le fait que les responsables – à
la fois ceux qui ont commis le crime et ceux qui l’ont ordonné –
doivent en subir les sérieuses conséquences appropriées», avait-il
ajouté, après un entretien téléphonique avec son homologue britannique
Boris Johnson.
«Il est de la plus haute importance que ceux qui sont
responsables voient très clairement qu’il y a une solidarité européenne
de façon qu’ils soient vraiment punis pour ce qu’ils ont fait»
Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne
Lundi soir, Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec
Theresa May, le président de la République condamnant à cette occasion
une «attaque inacceptable». Le chef de l’État a rappelé l’engagement de
la France dans la lutte contre l’impunité d’utilisation d’armes
chimiques. Il a assuré à la première ministre de la pleine solidarité de
la France avec le Royaume-Uni.
«La chancelière condamne fermement cette attaque, assurant prendre
extrêmement au sérieux l’avis du gouvernement britannique sur la
question de la responsabilité russe dans l’attaque», a affirmé Angela
Merkel. C’est «très grave» si la Russie est impliquée, a réagi le
ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel.
» L’ex-espion russe empoisonné toujours hospitalisé:
L’ex-espion russe empoisonné toujours hospitalisé
Un scénario digne de la Guerre
froide. Sergueï Skripal, un ancien espion russe qui travaillait pour
les services secrets britanniques a été hospitalisé dans un état
critique dimanche 4 mars au sud-ouest de Londres. Il est traité pour une
expos
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L’Union européenne a également fait part de son soutien à Londres.
«Il est de la plus haute importance que ceux qui sont responsables
voient très clairement qu’il y a une solidarité européenne – sans
équivoque, inébranlable et très forte – de façon qu’ils soient vraiment
punis pour ce qu’ils ont fait», a commenté le vice-président de la
Commission, Frans Timmermans, devant le Parlement européen à Strasbourg.
Un autre vice-président, le Letton Valdis Dombrovskis, a exprimé sa
«très grande préoccupation» à la suite de cette affaire.
Theresa May a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des
explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.
Un ultimatum aussitôt rejeté par la Russie. Le ministère russe des
Affaires étrangères a convoqué dans l’après-midi l’ambassadeur du
Royaume-Uni en Russie, Laurie Bristow, pour protester «fermement contre
les accusations gratuites avancées par les autorités britanniques contre
la Russie». «Cet incident constitue une nouvelle tentative basse des
autorités britanniques de discréditer la Russie», a souligné le
ministère dans un communiqué.
Moscou exige de pouvoir accéder aux substances chimiques
De son côté, la Russie a rejeté ces accusations, dénonçant une
«provocation». «C’est un numéro de cirque devant le Parlement
britannique», a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires
étrangères, Maria Zakharova, citée par des agences de presse russes.
L’allocution de Theresa May devant les députés britanniques constitue
une nouvelle «campagne politique fondée sur la provocation», a-t-elle
ajouté.
Lors d’une conférence de presse ce mardi, Sergueï Lavrov, le chef de
la diplomatie russe, a assuré que la Russie était «innocente» et «prête à
coopérer» avec les autorités britanniques dans l’enquête. Une
condition: que la Grande-Bretagne remplisse «ses obligations
internationales». En effet, la Russie a exigé de pouvoir accéder à la
substance chimique à l’origine de l’empoisonnement de l’ex-agent double
russe Sergueï Skripal en Angleterre avant de fournir les explications
exigées par Londres.
«Cet incident constitue une nouvelle tentative basse des autorités britanniques de discréditer la Russie»
Le ministère russe des Affaires étrangères
«Nous avons exigé par une note officielle d’accéder à cette substance
et d’accéder à tous les faits de l’enquête, étant donné que l’une des
victimes est la citoyenne russe Ioulia Skripal», a déclaré Sergueï
Lavrov, ajoutant que ces demandes avaient pour l’instant été rejetées
par Londres et accusant les autorités britanniques de violer la
Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Dans la foulée,
Moscou n’a pas tardé à convoquer l’ambassadeur du Royaume-Uni.
Theresa May réunira son conseil de sécurité nationale (NSC) mercredi
pour examiner la réponse apportée par Moscou. Elle s’exprimera ensuite
devant les députés pour annoncer les décisions prises.
Moscou accuse Londres de jouer à un «jeu très dangereux»
Un peu plus tôt lundi, le président russe, Vladimir Poutine, avait
conseillé à Londres de «tirer les choses au clair». Interrogé par la BBC
sur une éventuelle responsabilité de la Russie, le chef de l’État a
répondu, selon les agences de presse russes: «Tirez les choses au clair
de votre côté et après nous en parlerons avec vous». L’ambassade de
Russie à Londres a, de son côté, accusé lundi le gouvernement
britannique de jouer un «jeu très dangereux» vis-à-vis de la Russie dans
sa manière de mener l’enquête. Cela «envoie l’enquête sur une piste
politique inutile, et porte le risque de graves conséquences à long
terme pour nos relations» bilatérales, a indiqué la représenation
diplomatique dans un communiqué. L’ambassadeur a été convoqué lundi au
Foreign Office.
«Le citoyen russe mentionné avait travaillé pour l’un des services
secrets britanniques, l’incident s’est passé sur le territoire
britannique et ce n’est d’aucune façon le problème de la Russie, encore
moins de ses dirigeants», a, de son côté, balayé le porte-parole du
Kremlin Dmitri Peskov au cours d’un point presse.
La cheffe du gouvernement britannique a voulu écarter les accusations
de «mollesse» dans la réaction de Londres. Elle était suspectée de
prudence, après que le Parti conservateur a reçu environ 1 million
d’euros de donateurs russes depuis qu’elle en est à la tête.
Traditionnellement, le Royaume-Uni hésite à frapper au portefeuille la
riche communauté russe expatriée qui soutient en large partie l’activité
économique de la capitale (City, immobilier, restaurants…).
Marina Litvinenko: «On voit que rien n’a été fait»
Espion russe empoisonné : une affaire de plus
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Veuve d’Alexandre Litvinenko, ancien espion retourné du KGB empoisonné au polonium-210 à Londres
en 2006, Marina Litvinenko avait accusé dimanche Theresa May
d’inaction. Elle a rendu publique une lettre dans laquelle l’actuelle
première ministre, alors ministre de l’Intérieur, lui promettait de
«tout faire pour qu’un tel crime ne se reproduise jamais». Or «on voit
que rien n’a été fait», a-t-elle déclaré à la télévision.
Les autorités britanniques sont aussi sur la sellette pour leur
lenteur à alerter le public des mesures de protection nécessaires. Ce
n’est qu’une semaine plus tard que les autorités sanitaires ont
conseillé à 500 clients d’un restaurant et d’un pub, où les victimes
s’étaient rendues avant de perdre connaissance, de bien laver leurs
vêtements et objets personnels. Plus d’une trentaine de personnes,
principalement parmi les services de secours, ont subi des traces
légères de contamination. Un policier, plus gravement touché, est
toujours hospitalisé mais fait de «bons progrès». Sergueï et Ioulia
Skripal sont pour leur part gardés en soins intensifs dans un
état»critique», selon Scotland Yard mardi.
L’enquête mobilise plus de 250 policiers spécialistes de
l’antiterrorisme, appuyés sur le terrain par 180 militaires. Elle étudie
des centaines d’indices et a identifié 200 témoins potentiels. Mardi,
l’ambassade de Russie a réclamé une «enquête conjointe».
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