VIDÉO – Une attaque armée contre l’ambassade de France et
l’état-major des armées a eu lieu vendredi matin dans la capitale du
Burkina Faso. Au moins 30 militaires ont été tués et 85 personnes
blessées.
Le Burkina Faso a été la cible d’une double attaque terroriste
vendredi. Peu avant 10 heures, deux commandos coordonnés ont pris pour
cible l’ambassade de France à Ouagadougou et le Camp Guillaume, le siège
des forces armées burkinabés.
Selon une source française, au moins quatre hommes armés sont sortis
d’une voiture, puis ont tenté de prendre d’assaut la chancellerie. Les
assaillants ne sont pas parvenus à entrer dans l’enceinte, repoussés par
la sécurité. Une intense fusillade s’est alors déclenchée sous les murs
de l’ambassade pendant près d’une heure entre les terroristes et les
gendarmes burkinabés. Arrivées rapidement, notamment par hélicoptère,
les troupes spéciales françaises de la mission Sabre, stationnées au
Burkina Faso, sont aussi intervenues.
Attaque à Ouagadougou : «Ils étaient à visage découvert»
Un premier témoin, interrogé
par l’AFP, décrit l’assaut lancé par des hommes armés de kalachnikov
contre l’ambassade de France et l’état-major des armées.
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Le bilan de ce premier raid n’était pas complet vendredi. Selon
Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, aucun
Français n’a été touché. Deux militaires burkinabés ont été tués et un
autre blessé en défendant la Chancellerie, a détaillé le ministre de
l’Information, Rémis Fulgance Dandjinou. Quatre attaquants ont été
abattus. Deux civils ont également été blessés. En début d’après-midi,
la situation dans les alentours de l’ambassade était «sous contrôle», a
précisé le ministre français.
En parallèle, le Camp Guillaume, situé à environ un kilomètre de
l’ambassade, a aussi été au centre d’un raid, mais d’une plus grande
ampleur. D’après un officiel burkinabé, un groupe «important»
d’attaquants est, là encore, venu en voiture. Certains auraient, cette
fois, réussi à s’infiltrer à pied dans la caserne par son entrée sud.
Ces hommes bien armés ont très vite ouvert le feu sur les militaires.
Des combats se sont aussi tenus dans la rue.
Des cibles très symboliques et très défendues
L’Institut français, placé en face du camp militaire, a été atteint
par plusieurs tirs, mais, contrairement aux premières informations, il
n’aurait pas été la cible de l’attaque. Les témoins racontent avoir
entendu de longs échanges de tirs ainsi que deux fortes explosions. Des
photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une épaisse fumée
noire s’élevant au-dessus de l’emprise militaire. «Les assaillants ont
utilisé des kalachnikovs mais aussi un RPG (lance-roquettes, NDLR) qui a
touché des véhicules et causé l’explosion», assurait une source
burkinabée. La presse locale évoquait pour sa part l’usage d’un véhicule
piégé pour forcer l’entrée du camp.
En fin d’après-midi, le gouvernement affirmait que trois assaillants
avaient été tués. Le raid n’avait cependant pas totalement pris fin. De
larges opérations de ratissage étaient en cours dans tout le
centre-ville. Un homme armé, retranché dans le grand marché, a ainsi été
encerclé avant d’être «neutralisé». Le bilan de cette seconde attaque
restait vendredi très incertain. Le gouvernement burkinabé faisait état
de sept morts parmi les militaires et «d’une cinquantaine de blessés».
Un décompte qui n’est sans doute que provisoire, une source militaire
française évoquant à l’AFP «plus d’une trentaine de morts». «Le bilan
est difficile encore, car les soldats ont été évacués dans différents
hôpitaux ou cliniques», détaille un responsable.
Ces événements, condamnés «avec la plus grande fermeté» par Emmanuel
Macron, «illustrent une fois encore la menace pesant sur l’ensemble du
Sahel», selon un communiqué de la présidence française. Le chef de
l’État a également réaffirmé sa «détermination et le plein engagement de
la France, aux côtés de ses partenaires du G5 Sahel, dans la lutte
contre les mouvements terroristes».
Les attaques coordonnées de vendredi apparaissent néanmoins comme
différentes des précédentes. Les commandos très «amateurs» des premières
actions ont laissé place à des hommes qui semblent plus aguerris.
La nature des cibles a aussi changé. Alors que les attentats de
janvier 2016 puis d’août 2017 avaient visé de simples lieux publics, des
soft targets, dans le but évident de faire le plus de morts possible,
les terroristes s’en sont pris cette fois à des cibles très symboliques
et très défendues. La France, le gouvernement et l’armée burkinabés
sont, de fait, considérés comme des ennemis prioritaires par les
islamistes. «On pense bien sûr à Aqmi, souligne ainsi une source
sécuritaire au Burkina. Mais il peut y avoir d’autres pistes.»
L’ambassade de France au Burkina Faso visée par une attaque terroriste
L’attaque contre l’ambassade
de France à Ouagadougou était toujours en cours vendredi en fin de
matinée. Un second raid a touché d’autres bâtiments officiels.
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