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vendredi 20 novembre 2015
Attentats de Paris : le Maroc a bien contribué à l'enquête
Hier en fin de journée et encore ce matin, plusieurs
médias démentaient les informations que d’autres journaux avaient
publiées plus tôt concernant la participation des services marocains à
l’enquête sur les attentats commis à Paris et à Saint-Denis vendredi
dernier, 13 novembre 2015.
Aujourd’hui, ces informations évoluent et se précisent peu à peu.
Hasna Aït Boulahcen, une femme parmi les trois morts de l’assaut de Saint-Denis
Le Monde.fr | 20.11.2015 à 11h09 • Mis à jour le 20.11.2015 à 16h37 | Par Laurent Borredon et Simon Piel
L’enquête
de la section antiterroriste de la police judiciaire parisienne, de la
sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire (SDAT) et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avance à grand pas.
Une troisième personne tuée dans l’assaut de Saint-Denis
Alors qu’on avait jusque-là confirmation de la mort de deux personnes lors de l’assaut donné dans l’appartement de Saint-Denis
où se trouvait Abdelhamid Abaaoud, l’instigateur présumé des attentats
du 13 novembre, le parquet informe vendredi 20 novembre que ce sont « trois personnes [qui] ont été tuées au cours de l’assaut du RAID, dont [Abdelhamid] Abaaoud ».
Le corps de femme retrouvé dans les décombres a été identifié, selon le
parquet, comme étant celui de Hasna Aït Boulahcen, cousine d’Abdelhamid
Abaaoud. Un sac à main contenant un passeport à son nom avait été
retrouvé dans l’appartement. La tête retrouvée par la police
scientifique correspond finalement à celle d’un homme.
La police scientifique travaille sur la scène de l’assaut
donné par le RAID contre l’appartement de Saint-Denis où se trouvait
Abdelhamid Abaaoud. GONZALO FUENTES / REUTERS
Selon une source proche de l’enquête, c’est la géolocalisation du
téléphone d’Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abaaoud, qui a permis de confirmer
le premier renseignement obtenu lundi après-midi selon lequel elle se
trouvait à Saint-Denis avec son cousin. Un témoin est ensuite venu
confirmer cette hypothèse. A la veille de la visite du roi du Maroc en France, plusieurs médias
ont assuré que ce sont les services marocains qui avaient mis la police
française sur la piste de l’appartement de Saint-Denis. Des
informations démenties de sources judiciaires et policières françaises,
qui tout au plus expliquent que les services du royaume chérifien ont
transmis a posteriori des précisions sur les personnes interpellées dans
l’appartement.
C’est bien un renseignement de police judiciaire, l’exploitation de
la téléphonie et des réquisitions bancaires qui ont mis les enquêteurs
sur la piste de Saint-Denis. Toutefois, il n’est pas exclu que la
Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a pu bénéficier de renseignements transmis par des services de renseignements étrangers qu’elle aurait ensuite fournis aux enquêteurs français.
Les tribulations d’Abdelhamid Abaaoud dans la capitale française et
sa proche banlieue entre vendredi et mercredi se précisent. Une caméra
de vidéosurveillance de la RATP l’a filmé sur la ligne 9 vendredi 13
novembre, à 22 h 14, entrant à la station Croix-de-Chavaux, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Des images qui tendent à corroborer l’idée que celui qui se faisait appeler Abou Omar était dans la Seat convoyant le commando qui a tiré sur les terrasses de café du 10e et du 11e arrondissement. La voiture
avait été retrouvée dans la nuit de samedi à dimanche, rue
Edouard-Vaillant, à Montreuil. Des éléments de téléphonie en cours
d’exploitations pourraient venir confirmer cette hypothèse.
PARIS (Reuters) – Les autorités du Maroc, dont le roi Mohamed VI a
été reçu vendredi par François Hollande, ont contribué à l’enquête sur
les attaques de Paris en aidant à repérer la présence en France
d’Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel des commandos.
Les services marocains ont en outre arrêté le mois dernier un jeune
frère du djihadiste, Yassine Abaaoud, alors que l’avion à bord duquel il
se trouvait venait d’atterrir à Agadir, a indiqué vendredi une source
marocaine à Reuters.
Après l’entretien à l’Elysée avec le roi, le président français a
salué dans un communiqué « l’assistance efficace apportée par le Maroc »
à la suite des attentats de Paris.
Dès qu’elle a été informée de la présence d’Abdelhamid Abaaoud en
France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a mis sur
écoutes Hasna Ait Boulahcen, qui est présentée comme sa cousine,
explique-t-on de source policière.
La jeune femme d’origine marocaine de 26 ans, qui a été tuée mercredi
avec Abaaoud lors de l’assaut des forces de l’ordre, était déjà placée
sous écoutes par un autre service, la police judiciaire de
Seine-Saint-Denis, pour trafic de stupéfiants.
« Dès que l’information est tombée via le Maroc, la PJ de
Seine-Saint-Denis a transmis à la DGSI ses informations, les
correspondants d’Hasna Ait Boulahcen, les bornes téléphoniques, ses
points de chute », explique la source policière.
Dans le même temps, quatre représentants marocains ont participé
mardi à une réunion avec des chefs de service de la police française,
comme le révélait Reuters dès mercredi.
Les écoutes ont permis d’entendre une conversation dans laquelle
Hasna Ait Boulahcen faisait état de la présence d’Abaaoud, un Belge
d’origine marocaine de 28 ans, selon une autre source policière.
« Il y a eu ensuite une surveillance physique qui a permis de
déterminer que la jeune femme et le djihadiste se sont présentés dans
l’immeuble de la rue Corbillon à Saint-Denis mardi en début de soirée »,
explique-t-elle.
RADICALISÉ SUR LE TARD
La Sous-direction anti-terroriste (SDAT) ayant l’assurance que la
« cible » se trouvait dans l’immeuble, décision a été prise de donner
l’assaut mercredi au petit matin, d’autant que le groupe était soupçonné
de préparer une nouvelle attaque jeudi.
Hasna Ait Boulahcen est suspectée de s’être fait exploser lors de l’assaut.
Selon La Libre Belgique, le frère de la jeune femme, Hassan Ait
Boulahcen, a disparu avec sa camionnette de la ville flamande de
Maasmechelen où il habite, près de la frontière néerlandaise, et
pourrait chercher à venger sa mort.
Lors de leur enquête, les policiers ont été informés que l’homme
pourrait avoir décidé de se venger contre les forces de l’ordre
françaises de la mort de sa soeur, précise le quotidien.
Née à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Hasna Ait Boulahcen a été
décrite par des proches comme une jeune femme frivole qui se serait
radicalisée sur le tard.
Selon le journal belge La Dernière Heure, la jeune femme a posté sur
Facebook le 11 juin dernier une photo avec le commentaire suivant :
« Jver biento aller en syrie inchallah biento depart pour la turkie »
! ».
Elle ne cachait pas non plus son admiration pour Hayat Boumeddiene,
la veuve d’Amedy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otages de l’Hyper
Casher de la porte de Vincennes en janvier dernier, ajoute le journal
belge.
(avec Aziz El Yaakoubi à Rabat et Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse)
Assaut de Saint-Denis: Hasna Aitboulahcen n’est pas morte en kamikaze
Publié le 20/11/2015 à 18:08 | AFP
Hasna Aitboulahcen, cousine de l’organisateur présumé des attentats
de Paris dont le corps a été retrouvé dans les décombres de
l’appartement de Saint-Denis visé mercredi par un assaut policier, n’est
pas morte en kamikaze, a-t-on appris vendredi de source policière.
Trois personnes sont mortes dans l’assaut: l’organisateur présumé des
attentats Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Aitboulahcen, et un
homme encore non identifié. Les enquêteurs ont d’emblée dit qu’une
personne retranchée s’était fait exploser, pensant dans un premier temps
qu’il s’agissait d’une femme. Mais c’est en fait un homme qui s’est
fait sauter en kamikaze, selon la source policière.
Ce sont encore une fois les services de sécurités marocains
qui ont guidé leurs homologues français vers l’appartement situé à
Saint-Denis dans lequel se cachaient certains terroristes liés aux
attentats de Paris.
C’est ce qu’affirme un responsable marocain à l’agence Reuters qui
explique que l’information avait été donnée aux Français et c’est ce qui
a permis de donner l’assaut. « Le Maroc a donné l’information en
relation avec les événements qui se sont déroulés ce matin », a déclaré
une source marocaine à Reuters.
Au moins deux personnes se sont barricadées dans cet appartement de
la région parsienne qui a été la cible d’une intervention du RAID à
partir de 4 heures du matin.
Quatre experts marocains
se trouvent actuellement à Paris pour aider les autorités françaises à
mettre la main sur les terroristes, affirme une source française à
l’agence de presse.
Un renseignement émanant du Maroc aurait notamment mis les
enquêteurs sur la piste d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des
attentats de Paris tué mercredi lors d’un assaut de la police en
banlieue parisienne.
Dans « Le Figaro »,
le directeur du Raid, Jean-Michel Fauvergue, précisait mercredi : « On
savait que Abdelhamid Abaaoud était peut-être là. Les autres services
nous avaient transmis cette information. » Qui sont ces « autres
services » ?
Un renseignement émanant du Maroc
Jeudi, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé
« qu’un pays hors d’Europe » a signalé lundi 16 novembre qu’Abdelhamid
Abaaoud aurait séjourné un temps en Grèce. Mais il n’a pas précisé de
quel pays il s’agissait.
Selon RFI,
qui s’appuie sur des informations obtenues d’une source sécuritaire
marocaine, le rôle du Maroc aurait été déterminant. C’est Rabat qui
aurait averti Paris de la présence d’Abaaoud sur le territoire français
et contribué à déclencher l’opération à Saint-Denis. C’est aussi le
royaume chérifien qui aurait orienté les enquêteurs français sur la
piste belge.
Jeudi soir, l’AFP a également appris de source proche de l’enquête
que c’est un renseignement émanant du Maroc qui aurait notamment mis les
enquêteurs sur la piste d’Abdelhamid Abaaoud.
Dès mercredi matin, le site marocain Le360.ma, l’affirmait
: « Ce sont les services de renseignements marocains qui ont réussi à
localiser les terroristes retranchés dans un appartement de Saint-Denis,
apprend Le360 de source sûre. » Le site précisait : « Au lendemain des
attentats qui avaient ensanglanté la capitale française, et sur demande
des autorités françaises et belges, des officiers des renseignements
marocains s’étaient rendus à Paris et Bruxelles pour aider dans les
investigations en cours. Et déjà cette collaboration donne ses fruits
avec l’opération menée ce (mercredi) matin. »
Mohammed VI reçu vendredi à l’Élysée
Alors que l’implication des autorités ou services marocains n’a pas
été confirmée, l’Élysée a indiqué jeudi dans un communiqué que le
président François Hollande recevra vendredi après-midi le roi du Maroc Mohammed VI.
Les deux chefs d’État devraient notamment s’entretenir de la lutte
contre le terrorisme et la coopération en matière de sécurité. Le roi du
Maroc se trouvait en visite privée en France et a souhaité s’entretenir
avec le président, a appris l’AFP auprès de l’entourage présidentiel
qui dément tout lien direct entre cette visite et l’implication de
personnes d’origine marocaine dans les attentats.
Cette rencontre vise sans doute aussi à accentuer la coopération franco-marocaine, notamment dans l’échange de renseignements. Elle a repris depuis janvier après un an de brouille sérieuse
en 2014 à la suite d’un conflit judiciaire. L’expertise du Maroc, un
des rares pays du monde arabe à ne pas avoir connu d’attaque terroriste
sur son sol depuis quatre ans, semble précieuse pour Paris.
À l’occasion de la visite du roi Mohamed VI à Paris, vendredi,
François Hollande a remercié le Maroc pour « l’assistance efficace »
qu’il a apporté à la France en l’aidant à repérer la présence, sur son
territoire, d’Abdelhamid Abaaoud.
François Hollande a vivement remercié le roi Mohamed VI en visite à
Paris, vendredi 20 novembre, pour le rôle crucial des services de
renseignement marocains dans l’enquête sur les attaques à Paris.
C’est en effet Rabat qui a permis aux services antiterroristes parisiens de
se mettre sur la piste d’Abaaoud sur le territoire français et
contribué à déclencher l’opération à Saint-Denis. C’est aussi le royaume
chérifien qui aurait orienté les enquêteurs français sur la piste
belge.
Le renseignement marocain appelé à l’aide
Dès mercredi matin, le site marocain Le360.ma,
l’affirmait : « Ce sont les services de renseignement marocains qui ont
réussi à localiser les terroristes retranchés dans un appartement de
Saint-Denis ». Le site précisait : « Au lendemain des attentats qui
avaient ensanglanté la capitale française, et sur demande des autorités
françaises et belges, des officiers des renseignements marocains
s’étaient rendus à Paris et Bruxelles pour aider dans les investigations
en cours. Et déjà cette collaboration donne ses fruits avec l’opération
menée ce (mercredi) matin. »
Le mois dernier en effet, les services marocains ont arrêté un jeune frère du djihadiste, Yassine Abaaoud,
alors que l’avion à bord duquel il se trouvait venait d’atterrir à
Agadir, a indiqué vendredi une source marocaine à Reuters. Dès qu’elle a
été informée de la présence d‘Abdelhamid Abaaoud en
France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a suivi
les écoutes d’Hasna Ait Boulahcen, présentée comme sa cousine,
explique-t-on de source policière.
La jeune femme d’origine marocaine de 26 ans, qui a été tuée mercredi
avec Abaaoud lors de l’assaut des forces de l’ordre, était déjà
surveillée par la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis, pour
trafic de stupéfiants. « Dès que l’information est tombée via le Maroc,
la PJ de Seine-Saint-Denis a transmis à la DGSI ses informations, les
correspondants d’Hasna Ait Boulahcen, les bornes téléphoniques, ses
points de chute », explique la source policière.
« Surveillance physique »
Les écoutes ont permis d’entendre une conversation dans laquelle
Hasna Ait Boulahcen faisait état de la présence d’Abaaoud, un Belge
d’origine marocaine de 28 ans, selon une autre source policière. « Il y a
eu ensuite une surveillance physique qui a permis de déterminer que la
jeune femme et le djihadiste se sont présentés dans l’immeuble de la rue
Corbillon à Saint-Denis mardi en début de soirée », explique-t-elle.
La Sous-direction anti-terroriste (SDAT) ayant l’assurance que la
« cible » se trouvait dans l’immeuble, décision a été prise de donner
l’assaut mercredi au petit matin, d’autant que le groupe était soupçonné
de préparer une nouvelle attaque jeudi.
Les autorités françaises ont aussi indiqué cette semaine avoir
bénéficié d’une information de la Turquie pour localiser Abdelhamid
Abaaoud, le situant en Grèce.
Attentats : les sept jours d’enquête qui ont permis à la police de remonter la piste des terroristes
Depuis vendredi 13 novembre, cinq des sept kamikazes des attentats
de Paris ont été identifiés. Deux assaillants sont toujours recherchés.
Un homme est arrêté par des membres des forces de
l’ordre lors de l’intervention antiterroriste à Saint-Denis
(Seine-Saint-Denis), le 18 novembre 2015. (PETER DEJONG / AP / SIPA)Par Francetv infoMis à jour le 20/11/2015 | 18:20 , publié le 18/11/2015 | 17:25
Ils n’ont pas cherché à se cacher. Parce qu’ils comptaient se suicider, les terroristes des attaques du 13 novembre
à Paris ont laissé un peu partout en Ile-de-France des indices. Depuis
vendredi, ils ont permis aux enquêteurs de remonter leur trajectoire
mortelle.
Dans la matinée. Au Bataclan, alors que les secours
continuent d’évacuer les corps des 89 victimes, les policiers font une
première découverte. Un doigt, retrouvé à l’endroit où un kamikaze s’est
fait exploser, « parle » : il appartient à Omar Ismaïl Mostefai,
un Français de 29 ans, présent dans le fichier des empreintes
génétiques pour huit condamnations. Ses proches sont interpellés dans la
journée.
Une Polo noire, garée devant la salle de concert, est ouverte en fin de matinée. « A
l’intérieur se trouvaient des documents de location au nom d’un
Français, résidant à Molenbeek, commune voisine de Bruxelles », rapporte Le Parisien. Il s’agit de Salah Abdeslam, 26 ans.
En passant le nom dans leurs fichiers, les policiers sursautent.
L’homme a été contrôlé le matin même, à bord d’une Golf grise, à Cambrai
(Nord). Mais, comme son nom n’était pas encore lié aux attentats, les
gendarmes l’ont laissé repartir. « Cela s’est joué à très peu », souffle une source proche du dossier au Parisien.
Dans l’après-midi. Au Stade de France, l’enquête progresse. On apprend en début d’après-midi qu’un passeport syrien a été « retrouvé à proximité d’un des corps des assaillants »,
selon une source de l’AFP. Quelques heures plus tard, le ministre grec
de la protection publique annonce que le document appartient à un
migrant enregistré sous le nom d’Ahmad Al-Mohammad. « Le détenteur
du passeport syrien est arrivé le 3 octobre par l’île grecque de Leros
où il a été enregistré conformément aux règles de l’Union européenne », indique Nikos Toskas.
Le centre de gravité de l’affaire se déplace à Molenbeek, la
commune de Bruxelles où résidait Salah Abdeslam. Sept personnes sont
interpellées par la police belge. Parmi elles figurent les deux autres
occupants de la Golf contrôlée à Cambrai. « Il n’y avait pas de logistique, rien. Il a appelé ses copains, qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment », racontera plus tard un de leurs proches à L’Obs.
Une version dont doutent les enquêteurs, qui se demandent si l’un
d’eux, Mohamed Amri, n’a pas confectionné les gilets explosifs.
Salah Abdeslam, lui, est introuvable. Deux éléments viennent alourdir
les soupçons qui pèsent contre lui : un homme qui lui ressemble figure
sur les images de vidéosurveillance des terrasses de bars attaquées.
Dans la soirée de samedi, le groupe Etat islamique revendique
l’attentat, et évoque « huit frères portant des ceintures d’explosifs et des fusils d’assaut ». Seuls sept corps ont été retrouvés.
Dimanche 15 novembre : une voiture et deux nouveaux noms
Dans la nuit. Une perquisition, qui sera révélée le
lendemain, est conduite dans un résidence hôtelière Appart’City
d’Alfortville (Val-de-Marne). »J’ai entendu la police défoncer les portes dans la nuit de samedi à dimanche »,
raconte à l’AFP une locataire de l’appart-hôtel, voisine des chambres
louées. Elle assure avoir vu deux hommes, mais ne pas les avoir reconnus
sur les photos présentées par la police.
Comment les policiers ont-ils localisé cet appartement ? On l’apprendra bien plus tard, mais un téléphone a été retrouvé près du Bataclan. A l’intérieur, un plan de la salle et un SMS avec cette phrase : « C’est parti on commence ». « C’est
grâce à ce téléphone que les enquêteurs remontent la piste jusqu’à l’un
des points de chute des commandos à Alfortville. La recherche sur la
géolocalisation dudit téléphone indique que son propriétaire y était
passé avant les attaques », écrit Le Monde.
Dans la matinée. La veille,les
enquêteurs de la police judiciaire ont aussi visionné et revisionné les
images des 1 400 caméras de vidéosurveillance disséminées dans Paris.
Ils ont réussi à retracer l’itinéraire de la deuxième voiture utilisée
par les assassins, la Seat Leon noire qui transportait le commando qui a
mitraillé les terrasses. Le véhicule est retrouvé dans la nuit de
samedi à dimanche à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Selon Le Parisien, les policiers planquent plusieurs heures à proximité, dans l’espoir de voir revenir l’un de ses occupants.
Ils ouvrent finalement le véhicule. A l’intérieur, trois kalachnikovs et des chargeurs, selon Le Monde. Surtout, la Seat permet aux enquêteurs d’identifier un deuxième kamikaze. Elle a été louée par Brahim Abdeslam, 31 ans, le frère aîné de Salah. Les policiers mettent ainsi un nom sur l’homme qui s’est fait exploser au comptoir d’un bar du boulevard Voltaire.
Dans l’après-midi. En fin d’après-midi, le parquet
annonce que deux nouveaux kamikazes ont été identifiés. Outre Brahim
Abdeslam, il communique le nom de Bilal Hadfi.
Ce jeune Français de 20 ans, qui résidait en Belgique, est le kamikaze
du restaurant McDonald’s qui jouxte le Stade de France. Il a été
identifié grâce à ses empreintes digitales. La police nationale lance un
appel à témoins contre Salah Abdeslam.
Lundi 16 novembre : une nouvelle planque perquisitionnée à Bobigny
La France se réveille avec un chiffre impressionnant : en 48 heures, 168 perquisitions ont été menées, dans 19 départements. Lundi matin, l’une d’elles a mené les policiers dans un pavillon de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il a été loué, sur le site Homelidays, par Brahim Abdeslam pour une semaine, du 10 au 17. « Des
gens très gentils, corrects, bien habillés. Il n’y avait pas de barbes,
de djellabas, des gens qui se sont présentés comme travaillant pour une
société », confie la propriétaire à Europe 1. C’est son mari qui a prévenu la police, en entendant à la télévision le nom de leur locataire.
A 10 heures, France 2 révèle que le kamikaze au passeport syrien s’est bien mêlé au flot des migrants pour entrer en Europe. « Il existe une concordance entre les empreintes papillaires [digitales] du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015″,
confirme le procureur de la République. Parti sur un canot qui a
chaviré, il a été récupéré par les secours grecs et enregistré sur l’île
de Leros, où il a déposé ses empreintes digitales, le 3 octobre. Il a
ensuite demandé l’asile en Serbie, le 7 octobre, selon les autorités
locales.
Le parquet donne un quatrième nom : Sami Amimour, un Français de 28 ans, est l’un des assaillants tués après le carnage du Bataclan.
A Molenbeek, les événements se sont brusquement accélérés.
Pendant quatre heures, la police belge fait le siège du 47 rue Delaunoy.
Salah Abdeslam est la cible de cette spectaculaire opération policière. Mais le suspect n’est pas là. « Ils l’ont pas chopé ! Franchement, il est fort, Salah »,
s’exclame Reda, provocateur, aux journalistes qui patientent sous une
pluie battante. Les deux hommes de la Golf grise, qui ont exfiltré
Salah, sont placés sous mandat d’arrêt pour « attentat terroriste ».
Un autre homme est au centre de toutes les interrogations. Abdelhamid Abaaoud,
un jihadiste belge qui se trouve en Syrie, est considéré par les
enquêteurs comme un »inspirateur » possible des attaques de Paris.
Cerveau de la cellule de Verviers, il a côtoyé Salah Abdeslam, un jeune de Molenbeek comme lui, en prison.
Mardi 17 novembre : le mystère du 18e arrondissement
Dans la matinée. Le cordon rouge et blanc des
policiers est déployé une nouvelle fois dans Paris. Sur la place
Albert-Kahn, dans le 18e arrondissement de la capitale, une voiture a attiré l’attention des enquêteurs. Et pas seulement parce qu’elle est mal garée et immatriculée en Belgique. « Cette
voiture a été aperçue sur l’autoroute A1, dans le cadre de ce qui
pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique », explique une source policière à l’AFP.
« A l’intérieur, les policiers ont trouvé des mouchoirs, des
emballages de nourriture et, plus intéressant, un GPS dont les données
sont en cours d’exploitation », indique Le Parisien. Cette
découverte épaissit un peu plus l’un des mystères de cette affaire.
Dans son communiqué de revendication, le groupe Etat islamique avait
mentionné, aux côtés des quartiers frappés, le 18e arrondissement de
Paris.
Un vieux routier du jihadisme français fait son apparition dans le dossier.
Selon des sources proches de l’enquête, c’est Fabien Clain, un proche
de Mohamed Merah et un membre de la filière d’Artigat (Ariège), qui a lu
le communiqué de revendication de l’Etat islamique.
Dans la soirée. Salah Abdeslam n’est plus le seul
suspect en fuite. Un deuxième homme est actuellement recherché par les
enquêteurs et pourrait être le neuvième membre des commandos qui ont
attaqué Paris. Il apparaît comme le troisième homme du commando des
terrasses sur une vidéo. Elle le montre à 21h32 au moment de la
fusillade qui a fait cinq morts devant le café Bonne bière, à l’angle de
la rue de la Fontaine au Roi et de la rue du Faubourg du Temple, dans
le 10e arrondissement de Paris.
La police nationale diffuse un appel à témoins pour identifier le kamikaze qui s’est mêlé aux migrants.
Mercredi 18 novembre : l’assaut de Saint-Denis
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se réveille dans la peur. A 4h20,
une rafale de kalachnikov brise le silence de la nuit. En pleine
nuit, les hommes du Raid ont encerclé un immeuble situé rue du
Corbillon, en plein centre-ville. Ils cherchent Abdelhamid Abaaoud, le
commanditaire présumé, que l’on croyait en Syrie.
Un mystérieux témoignage
recueilli lundi a signalé sa présence en France. Les policiers ont
suivi sa cousine pour remonter jusqu’à lui. Les services secrets
marocains ont donné un coup de main, sans que l’on sache bien lequel.
L’opération s’achève à 11h45. Bilan : sept personnes interpellées,
deux terroristes présumés tués (dont l’un ou l’une qui se serait fait
exploser). Selon les informations de France 2,
ils projetaient de commettre des attentats imminents à l’aéroport de
Roissy-Charles-de-Gaulle et au centre commercial des Quatre Temps, à la
Défense (Hauts-de-Seine).
Jeudi 19 novembre : le corps d’Abaaoud »formellement identifié »
Abdelhamid Abaaoud était bien en France. Vers 15 heures, le parquet
de Paris annonce que le commanditaire présumé des attentats a été « formellement identifié ». C’est son corps qui a traversé le plancher. Les policiers l’ont retrouvé à l’étage du dessous, criblé de balles. « On ignore par ailleurs à ce stade si Abbaoud s’est fait – ou non – exploser », précise le parquet.
Vendredi 20 novembre : la cousine d’Abaaoud identifiée
Dans l’appartement de Saint-Denis, rempli de gravats et partiellement
effondré, les constatations se poursuivent. Les enquêteurs découvrent
d’abord un troisième corps. Puis un sac à main avec un passeport au nom
d’Hasna Aït Boulahcen,
qui serait la cousine d’Abaaoud, âgée de 26 ans. Son corps est
formellement identifié quelques heures plus tard. Mais finalement, selon
une source policière, elle ne se serait pas fait exploser. Elle serait
morte pendant l’assaut.
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