Plusieurs places et rues du centre de Lunel ont été bouclées ce mardi matin.
CAROLINE FROELIG
La porte d’entrée du rez-de-chaussée a été détruite par le GIPN.
PIERRE SALIBA
L’appartement de l’interpellé est situé au-dessus de l’ancienne école et de la mairie de Caussiniojouls.
PIERRE SALIBA
A Caussiniojouls (Hérault), non loin de Faugères, un homme a
été interpellé à 6 h 30 ce mardi matin par le GIPN dans un appartement
situé au-dessus de l’ancienne école.
PIERRE SALIBA
Plusieurs places et rues du centre de Lunel ont été bouclées ce mardi matin.
CAROLINE FROELIG
La porte d’entrée du rez-de-chaussée a été détruite par le GIPN.
PIERRE SALIBA
I NFO MIDI LIBRE – Des policiers d’élite ont mené une opération
anti-jihad dans le centre ville de Lunel. Cinq personnes, impliquées
dans des filières de recrutement, ont été interpellées à Lunel,
Aimargues (Gard) et Caussiniojouls dans l’Hérault. Elles ont été placées
en garde à vue.
Le Raid et le GIPN ont déclenché une opération anti-jihad à Lunel à 6
h 30 ce mardi matin ainsi que dans plusieurs autres communes du Gard et
de l’Hérault. Plusieurs quartiers du centre ville de Lunel ont été
bouclés. Cinq personnes, impliquées dans des filières de recrutement et
proches de Lunellois morts en Syrie, ont été interpellées. Ils ont
notamment été repérés par des mandats envoyés en Syrie. Ils ont été
placés en garde à vue. Des perquisitions ont été effectuées à leur
domicile. Ce coup de filet était prévu depuis début janvier mais il
avait été reporté à cause des attentats à Paris.
Interpellations à Lunel
Une Lunelloise a été blessée lors de la perquisition d’une
habitation. Elle était derrière la porte lorsque les policiers l’ont
forcée. Elle a été évacuée vers les urgences. Plusieurs habitations ont
été fouillées place Rey, place Fruiterie, rue Marc-Antoine Ménard et rue
Sadi-Carnot. Un déploiement de policiers particulièrement
impressionnant pour les riverains cloîtrés chez eux. L’un des suspects a
été interpellé à son domicile boulevard Saint-Fructueux à Lunel. Il a
été conduit à sa voiture pour effectuer une perquisition. Il s’agit du
frère de Karim, décédé en Syrie en décembre dernier.
Le maire de Lunel, Claude Arnaud, a déclaré sur France Info : « »Ce
matin, sans avoir prévenu, des brigades spécialisées ont investi
certaines rues de Lunel… La ville était sous surveillance, l’opération
d’aujourd’hui était donc à sens assez logique (…) Quand ils viennent, il
savent qui ils viennent chercher (…). L’opération me paraît logique :
derrière ces départs, il faut savoir qui il y a. Est-ce qu’il y a
quelque chose d’organisé ? Combien sont-ils ? (…) Avec l’opération de ce
matin, c’est un début de réponse qui arrive ». Six jeunes Lunellois,
âgés de 18 à 30 ans, sont morts ces derniers mois après être partis
faire le jihad en Syrie et en Irak. Cette ville de 27 000 habitants est
sous étroite surveillance.
A Aimargues et Caussiniojouls
Deux personnes ont été également interpellées à Aimargues dans le
Gard et à Caussiniojouls dans l’Hérault. Selon nos informations
recueillies à Caussiniojouls, non loin de Faugères, un homme a été
interpellé à 6 h 30 ce mardi matin par le GIPN dans un appartement situé
au-dessus de la mairie et de l’ancienne école. Une femme et son fils y
vivent depuis une dizaine d’années. Un homme les a rejoints il y a
quinze jours. Des riverains avaient identifié une voiture montant la
garde depuis peu. Le profil de l’homme interpellé n’a pas été précisé.
Cinq personnes, proches de jeunes gens partis faire le djihad en Syrie,
sont en garde à vue après l’opération anti-djihadiste menée mardi matin
à Lunel, dans l’Hérault, a-t-on appris de source proche du dossier.
Deux des cinq gardés à vue sont eux-mêmes soupçonnés d’être partis en
Syrie, les trois autres sont soupçonnés d’être des candidats au djihad,
selon une source proche du dossier. D’après nos informations, il s’agit
de Hamza M, un étudiant d’origine tunisienne dont le frère Houssamedine
et son épouse Maeva ont rejoint la Syrie en février 2014. Ils seraient
dans les rangs de l’État islamique à Raqqa.
Jaouad S. a lui aussi été interpellé, il est soupçonné de financer la
filière de Lunel. Depuis plus d’un an, il envoie de l’argent par
Western Union à ses compatriotes sur la route du djihad. Il faisait
notamment parvenir de l’argent à Abdellilah H., un ancien militaire
français qui se présente comme ex-membre des commandos et spécialisé en
armes à feu. Il avait déclaré être un sniper pour Daech à son entourage
basé dans l’Hérault.
Par ailleurs, la filière se finançait grâce à des prêts à la
consommation. Chacun des participants parvenait à obtenir jusqu’à 10 000
euros des établissements de crédit type Cofidis ou Cetelem.
« Une filière particulièrement dangereuse » ?
Tous sont connus pour fréquenter une mosquée d’obédience Tabligh, un
mouvement piétiste non politique, qui réislamise souvent des individus
de culture musulmane détachés de la pratique de la religion. Depuis deux
ans, les personnes interpellées revendiquaient publiquement leur
soutien à la rébellion djihadiste anti-Bachar el-Assad. Parmi les cinq,
deux ont perdu un ou des frères dans les combats. À Lunel, commune de 26
000 habitants, une vingtaine de jeunes entre 18 et 30 ans sont partis
pour la Syrie depuis octobre et six ont trouvé la mort, selon les
autorités françaises.
Les policiers du Raid sont intervenus peu après 6 heures, rue
Frédéric Mistral, non loin de l’église de Lunel, qui avait été
totalement bouclé. L’opération s’est prolongée pendant la matinée et
aurait également visé de petites communes voisines, situées dans le
Gard, a indiqué encore une source proche du dossier. Selon l’AFP, elle a
notamment touché Caussiniojouls, au nord de Béziers, voire Aimargues
(Gard). Elle s’est déroulée dans le cadre d’une information judiciaire
dont sont saisis des magistrats antiterroristes à Paris. « Si
l’implication des personnes soupçonnées est confirmée par l’autorité
judiciaire, ce sera donc une filière particulièrement dangereuse et
organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus », a ensuite
réagi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.
« Une intervention musclée »
« Quand ils viennent, ils savent qui ils viennent chercher. (…)
L’opération me paraît logique. Derrière ces départs, il faut savoir qui
il y a. Est-ce qu’il y a quelque chose d’organisé ? Avec l’opération de
ce matin, c’est un début de réponse qui arrive », a commenté de son côté
le maire (DVD) de Lunel, Claude Arnaud, sur France Info. Selon un
habitant de l’un des immeubles investis, « plusieurs voitures banalisées
sont arrivées. Des hommes en sont sortis encagoulés et ont défoncé les
portes des appartements de l’immeuble ». Choqué, le témoin raconte :
« On m’a mis un fusil sur la tempe (…) et finalement ils ont interpellé
le voisin du dessus, Saïd », a-t-il ajouté, précisant « ne pas connaître
son voisin plus que ça ». « Saïd, c’est quelqu’un de bien. Il
travaille. À ma connaissance, il n’avait pas de problème avec la
justice. Il tenait un bar à chicha à Lunel », a déclaré un autre voisin.
Selon un troisième témoin, Tarek, dont le frère a été interpellé, les
hommes « en tenue » avaient « une masse d’armes ». « Ils m’ont plaqué,
m’ont mis par terre, m’ont tapé dessus. Ils ont embarqué mon frère »,
a-t-il dit. À Caussiojouls, les policiers du Raid ont débarqué à 6 h 30
dans un appartement au-dessus de la mairie et ont interpellé un homme
qui s’y trouvait depuis une quinzaine de jours.
À Lunel, des riverains restent médusés. Comme ce couple qui tient une
boucherie, juste en face des deux immeubles visités. « Des flics sont
arrivés, ils ont défoncé des portes », témoigne Christiane. « Ils sont
arrivés comme à Paris, quand il y a eu les attentats, ils étaient une
vingtaine, cagoulés et avec des armes… On se serait cru dans un film. On
se doutait bien que ce n’était pas pour un petit trafic. » Sur cette
place au coeur de la ville, l’opération a duré de 6 heures à 9 h 30,
avec au moins une interpellation dans chaque résidence. Les policiers
ont pénétré dans chaque appartement à la recherche « d’une personne bien
précise », « ils ont demandé comment je m’appelais, je le leur ai dit.
Ils ne m’ont pas cru. Alors, j’ai sorti ma pièce d’identité. Ils ont
appelé leur chef pour vérifier et ils m’ont laissé tranquille », a
raconté un habitant.
Changement de discours à la mosquée
Dans cette petite ville, classée en zone de sécurité prioritaire avec
un taux de chômage qui atteint les 20 %, les départs de jeunes vers la
Syrie interpellent depuis plusieurs mois les autorités, mais elles ne
trouvent pas de réponses appropriées. Certains djihadistes fréquentaient
la mosquée Al-Baraka, que le préfet de l’Hérault, début janvier, a
jugée « préoccupante en raison d’un risque d’emprise fondamentaliste ».
Après l’annonce de la mort de certains en Syrie, l’ex-président de
l’Union des musulmans de Lunel, Lahoucine Goumri, avait refusé de
condamner leurs départs avant de revenir sur ses propos. Son successeur,
Rachid Belhaj, a voulu calmer le jeu. Après les attentats parisiens, la
mosquée de la ville est revenue dans le giron de l’ensemble des
mosquées du département et a participé au message unique de paix envoyé à
la communauté musulmane, lors de l’office du vendredi, par une
vingtaine d’imams héraultais.
Après la diffusion ce week-end de la vidéo de la décapitation de
l’otage américain Peter Kassing, le nombre de français partant faire le
jihad en Syrie est en hausse régulière. A l’heure où Michael Dos Santos,
le second français identifié parmi les bourreaux de l’otage américain
fait la une des médias, VM TV revient sur ces événements terroristes qui
inquiètent les français et notamment les Val-de-Marnais d’où le
djihadiste Michael Dos Santos est originaire.
Des méthodes d’endoctrinement incontrôlables
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la France doit faire face
comme d’autres pays aux menaces terroristes en relation avec la présence
militaire occidentale par les groupes terroristes dont le plus connu
est Al Qu’Aïda.
Les actions de propagandes de l’EI s’effectuent de plus en plus via
les réseaux sociaux, les militants au djihad se servant de ces
plateformes pour diffuser des photos, vidéos, des appels à la
conversion, une pratique que l’on peut appeler de « djihad médiatique ».
Ils se servent d’internet pour donner un aspect attrayant à la
radicalisation. C’est de cette manière que les djihadistes procèdent au
recrutement en Irak ou en Syrie. Le gouvernement veut alors se pencher
sur cet aspect d’endoctrinement viral. Cependant il est toutefois
difficile de garantir l’équilibre entre la liberté d’expression et la
propagande terroriste.
Plusieurs arrestations dans le Val-de-Marne
La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) est chargée de
prévenir et réprimer toutes actions susceptibles de constituer une
atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Elle a mené plusieurs
actions de lutte contre le terrorisme comme ce 12 novembre 2013 où
quatre hommes ont été interpellés dans le Val de Marne dans le cadre du
démantèlement d’une filière djihadiste vers la Syrie. Le leader présumé
du réseau, âgé de 24 ans, a été arrêté par la direction centrale du
renseignement intérieur (DCRI). Les 3 autres hommes dont 2 ayant
combattu en Syrie dans les rangs de la brigade Islamique du front
Al-Nosra ont été interpellés à Cachan et Thiais.
La prison de Fresnes, haut lieu de propagande
Les djihadistes interpellés sont jugés puis emprisonnés, un lourd
problème est alors soulevé « la radicalisation du mouvement Islamique
dans les cellules». Depuis le 28 novembre 2013, la prison de Fresnes
constate le développement d’une propagande du mouvement Islamique
derrière ses barreaux. Des prisonniers subissent des pressions,
intimidations et menaces de la part de leurs codétenus dans le but de
les obliger à se convertir à l’islamisme radical.
« Si tu ne te convertis pas à l’Islam, tu es un homme mort »
Certains prisonniers sont convertis de force, obligés de lire les
ouvrages religieux islamiques. La prison de Fresnes devient une
pépinière où les djihadistes y sont incarcérés et continuent à propager
leur mouvement.
Des élus du Val-de-Marne mobilisés
Le 17 mai 2013, Christophe Cambon, Sénateur du Val-De-Marne, propose
au Sénat qu’une conférence des ministres européens devrait-être
organisée sur le thème de la lutte contre le terrorisme. Un an plus
tard, le 10 juillet 2014, le premier ministre M.Valls présente au
conseil des ministres un projet de loi » renforçant les dispositions
relatives à la lutte contre le terrorisme. »
Interviewé par Public Sénat, Christian Cambon déclare que ce projet de loi est nécessaire :
» il est inhabituel dans un pays démocratique de
procéder à des interdictions de sorties de territoire, mais si c’est
pour éviter à des jeunes victimes d’un endoctrinement incontrôlable de
partir dans une aventure et parfois de ne pas en revenir, il faut aider
le gouvernement à combattre ces nouvelles formes de terrorisme «
Avec l’intervention française au Mali, la France est particulièrement
exposée aux risques terroristes, c’est pourquoi, le 25 septembre 2014
Christian Cambon s’est prononcé en faveur d’une coopération européenne
contre le terrorisme. Le sénateur affirme :
« dans une telle situation la coopération entre les pays européens est primordiale ».
Des jeunes Val-de-Marnais potentiellement dangereux
Malgré les appels à la vigilance de l’Etat français contre ces jeunes
qui se radicalisent, le mouvement continue à prendre de l’ampleur.
Alors qu’on apprenait hier que l’un des bourreaux de l’otage américain
Peter Kassing est originaire de Champigny, un autre jeune
Val-de-Marnais, Salim Benghalem, 34 ans, aurait rejoint les terroristes
de l’Etat Islamique. Il est signalé depuis le 1 octobre 2014 par les
autorités américaines dans la liste des djihadistes recherchés.
Le 3 novembre 2014 plusieurs attentats ont été déjoués en Ile de
France suite à l’arrestation du terroriste nommé Mohammed O, un jeune
français de Créteil qui a séjourné en Syrie dans les rangs de l’Etat
Islamique dans un camp d’entrainement au combat. Agé de 20 ans il
s’informait des cibles potentielles en France en vue d’une action
kamikaze. Il utilise internet comme la plupart des jeunes djihadiste
pour diffuser ses idées et évoquer avec envie les « méthodes Merah et
Nemmouche »
Champigny-sur-Marne sous le choc
A l’heure où Michael Dos Santos suscite l’intérêt général suite aux
vidéos diffusées sur le net, les Campinois se disent« choqués ». Abou
Othman, alias Michael Dos Santos, est bien entendu un cas isolé. Pour
autant, un tel engouement médiatique autour de ce phénomène propage un
sentiment de peur et d’inquiétude.
» Je suis choquée à double titre car étant Campinoise
mais également d’origine portugaise, cette histoire me touche
particulièrement. Néanmoins, il ne faut surtout pas généraliser mais
plutôt repenser l’accompagnement et le soutient aux jeunes en ruptures
avec notre société. Dans le département comme sur la ville de Champigny,
nous devons apporter enfin des solutions à nos jeunes. »
déclare Isilda Silva de Amorim, Conseillère Municipale d’opposition (UMP) à Champigny-sur-Marne
Le Val-de-Marne, un terreau du djihadisme ?
Le département du Val-de-Marne n’est certainement pas le berceau de
l’endoctrinement au djihadisme. Toute la France est concernée au même
titre que l’ensemble des pays occidentaux ainsi que les autres pays.
Dans cette affaire du jeune Michael Dos Santos d’origine portugaise,
alors que la communauté portugaise est considérée comme parfaitement
intégrée en France et sans « histoire », on ne peut que faire le constat
suivant : aucune communauté, aucune famille n’est à l’abris d’un tel
drame.
C’est donc un message de vigilence qui doit être adressé face à ces
personnes endoctrinées et manipulées qui présentent souvent le même
profil.
Comment des personnes décrites de manière discrètes, sociables et
serviables peuvent commettre de tels actes de barbarie ? Jusqu’où les
filières djihadistes corrompent-elles l’esprit des jeunes ? Autant de
questions que tous, quelque soit notre origine, notre lieu de vie, notre
conviction religieuse et politique, devrons se poser très rapidement.
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