Ah, ça y est, le JDD fait comme moi et s'intéresse à la généalogie des "beaux parleurs" (qui en réalité ne sont pas beaux du tout), ou au moins à l'un d'entre eux, et non des moindres, le populiste et démagogue Jean-Luc Mélenchon.
Et qu'en ressort-il ?
Il a des origines similaires à celles du Quimpérois Jacques Fornès, issu d'une famille espagnole de Guyotville.
Très drôle...
Et vous savez quoi ?
On trouve encore mieux à la LCR/NPA avec la patronne de Brest, la sainte Josette de tout l'aéropage national de cette secte, fille d'un gendarme en poste à Orléansville dans les années ayant précédé l'indépendance de l'Algérie, c'est-à-dire un spécialiste de la contre-insurrection... dont la fille, Josette Brenterch, a fait un service militaire volontaire, très probablement dans la gendarmerie, avant d'aller prendre la tête de la section brestoise de la LCR, où elle a toujours détonné ou énervé comme n'ayant en réalité pas grand-chose d'une militante de "gauche" mais tout d'une extrémiste de droite comme son pote Jacques Fornès de Quimper avec qui elle a toujours été très copine...
Lire ou relire :
https://satanistique.blogspot.com/2023/03/le-policier-noam-anouar-explique.html
https://satanistique.blogspot.com/2024/05/le-npa-brenterch-le-pen-et-la-torture.html
https://www.lejdd.fr/politique/lfi-les-ancetres-de-jean-luc-melenchon-face-aux-archives-174867
LFI : les ancêtres de Jean-Luc Mélenchon face aux archives
Jean-Luc Mélenchon se vante d'être issu d'une famille de pieds-noirs qui « n’étaient pas des colons », seraient « arrivés pauvres », « morts pauvres », et reposeraient aujourd'hui à la « fosse commune ». C'est faux. En voici la preuve.
«Je suis arrivé à Marseille, venant de mon Maroc natal, d’une famille de pieds-noirs, dont je m’empresse de vous dire, qu’ils n’étaient pas des colons et que, arrivés pauvres, ils sont morts pauvres et sont aujourd’hui […] à la fosse commune. » Voilà comment le futur candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle présente sa légende familiale. Rien n’est anodin ici : les origines au Maghreb, la pauvreté revendiquée, l’absence de lien avec le passé colonial français… Tout est calibré pour coller avec l’image attendue par l’électorat de la « Nouvelle France » visé par le candidat. Une famille européenne donc, hispano-italienne, d’Afrique du Nord, mais pauvre, sans propriété, sans privilège colonial, sans véritable place dans le système. Problème, les archives consultées par le JDNews racontent une tout autre histoire.
Plongée dans l’arbre généalogique de Jean-Luc Mélenchon
Pour le prouver, il faut se fier à la généalogie. Jean-Luc Mélenchon naît de deux branches européennes d’Afrique du Nord. Côté paternel, il descend des Mélenchon, établis à Oran, alliés aux Canicio et aux Serrano, familles d’origine espagnole. Son père, Georges Mélenchon, naît à Oran en 1922. Sa grand-mère paternelle, Aimée Canicio, est elle-même issue d’une lignée espagnole installée en Algérie.
Côté maternel, la filiation passe par les Bayona et les Caserta. Sa mère, Jeanine Bayona, naît à Staouéli en 1928. Elle est la fille de François Bayona, lié au commerce agricole, aux pépinières et à l’expédition de primeurs, et de Jeanne Emmanuelle Caserta, née à Guyotville. Cette dernière est donc la grand-mère maternelle de Jean-Luc Mélenchon. C’est cette branche maternelle qui concentre les éléments les plus intéressants. Jeanne Emmanuelle Caserta est la fille de Jean Caserta et de Catherine Alaimo. Autour d’eux apparaissent les noms Caserta, Alaimo, Volto et Pernice : des familles siciliennes installées dans l’Algérie française, actives dans le commerce, le foncier, la vie municipale et les réseaux agricoles du Sahel algérois.
La famille maternelle de Mélenchon s’inscrit dans des villages façonnés par l’installation européenne
Ces familles vivent à Staouéli, Guyotville, Zéralda, Cherchell, dans les environs d’Alger. Une monographie de Guyotville rappelle qu’à partir de 1840, Bugeaud développe dans le Sahel algérois une colonisation civile, militaire, maritime et religieuse. Staouéli y figure. Aïn Bénian, devenu Guyotville, est présenté comme un centre destiné à des pêcheurs européens. La famille maternelle de Mélenchon s’inscrit donc dans des villages façonnés par l’installation européenne.
Une famille loin de la misère
Jean Caserta, arrière-grand-père maternel de Jean-Luc Mélenchon, est naturalisé français en 1887. Le décret le présente à cet instant comme « négociant », né à Alger d’un père italien. Son acte de mariage avec Catherine Alaimo le qualifie de commerçant. Son père, Emmanuel Caserta, est lui aussi commerçant et exportateur de denrées coloniales. Lui et ses consorts ont fait l’acquisition de nombreuses propriétés et hectares autour du Cap Caxine, à Guyotville. On y exploite la vigne et la pomme de terre.
En 1896, à la naissance de Jeanne Emmanuelle Caserta – future grand-mère maternelle de Mélenchon – son père Jean Caserta est cette fois-ci qualifié de « propriétaire » à Guyotville. Il possède notamment l’hôtel de « La Boule d’Or », vaste propriété entrée dans le giron familial depuis la fin du XIXe siècle. Cette propriété foncière est confirmée en 1927, la presse coloniale annonce les fiançailles de Jeanne, dite Jeannette, avec François Bayona. Elle la présente comme la fille de « M. Caserta, propriétaire et conseiller municipal à Staouéli ».
La notoriété locale de Jean Caserta se vérifie au moment même de son décès. L’avis mortuaire le présente comme adjoint au maire de Staouéli, tandis que les faire-part d’obsèques émanent à la fois de sa famille, du maire et du conseil municipal, qui invitent publiquement la population à assister aux funérailles. Sa veuve, Catherine Alaimo, apparaît encore en 1941 comme mère de Louis Caserta, frère de Jeanne Emmanuelle, secrétaire de mairie à Staouéli, et de Joseph Caserta, entrepreneur de transports. Un milieu de commerçants, de propriétaires, de notables municipaux et de fonctionnaires.
La branche Bayona s’inscrit principalement dans le commerce agricole. François Bayona, grand-père maternel de Jean-Luc Mélenchon, épouse Jeanne Emmanuelle Caserta à Staouéli en 1928. L’année précédente, lors de ses fiançailles avec celle que la presse désigne sous le nom de Jeannette Caserta, la presse algéroise le rattache déjà à ce milieu professionnel : il y est présenté comme le frère du « sympathique et très estimé M. Jean Bayona », lui-même qualifié d’« exportateur-primeuriste à Guyotville et Staouéli ». Cette insertion dans les circuits agricoles et commerciaux se confirme ensuite pour François Bayona : en 1931, il apparaît comme « expéditeur » de produits coloniaux à Zéralda ; en 1939, on le retrouve à Casablanca, au Maroc, dans l’annuaire des commerçants-exportateurs de fruits et primeurs.
Un récit bancal
Une scène relatée par la presse donne le niveau social de cette famille. En 1929, Jean Bayona, grand-oncle de Jean-Luc Mélenchon, fête à Guyotville la naissance de sa fille, la future tante du candidat Insoumis. Le journal décrit du champagne, des gâteaux, une table fleurie, la présence du maire, du premier adjoint, de responsables locaux et de directeurs d’agences du Crédit foncier, desquels la famille Bayona serait proche. Ce n’est pas la grande fortune coloniale, mais ce n’est pas la misère. C’est la bonne société européenne locale.
Les Caserta ne sont donc pas des spectateurs : leurs droits servent à provoquer la saisie et la vente de ces terres appartenant à une famille musulmane
Le récit de la « fosse commune » résiste mal, lui aussi, aux journaux d’époque. Les décès familiaux donnent lieu à des avis, des messes, des remerciements, des domiciles mortuaires, des obsèques annoncées. Amparo Ribelles, veuve Bayona, arrière-grand-mère maternelle, meurt à Guyotville en 1926 ; son avis mentionne la Villa Émilie et les obsèques. François Bayona meurt à Casablanca en 1946 ; son avis cite sa veuve née Caserta, Jean Bayona de Paris, Georges Mélenchon de Tanger et les familles alliées. Jean Caserta a droit à un avis public avec invitation du maire et du conseil municipal. Joseph Volto, un cousin, est inhumé dans le caveau familial du patriarche Emmanuel Caserta.
La branche paternelle n’est pas davantage effacée. Bernabé Mélenchon fait l’objet en 1937 d’un avis de remerciements et de messe à la cathédrale d’Oran. Aimée Canicio, grand-mère paternelle de Jean-Luc Mélenchon, dispose d’une tombe identifiée en Ariège. Georges Mélenchon, son père, apparaît encore en 1953 dans L’Écho du Maroc à propos d’un accident impliquant son automobile. Au moins dix-neuf ancêtres directs de Jean-Luc Mélenchon meurent en Afrique du Nord : dix-huit en Algérie, un au Maroc. Ces morts sont datées, localisées, identifiées. Beaucoup sont accompagnées d’avis, de messes, de familles citées et de funérailles minutieusement organisées, parfois même avec un service d’autobus pour les proches.
Une famille de colons ?
Reste la question du mot « colon ». Si l’on réserve ce terme aux très grands propriétaires, les ancêtres de Jean-Luc Mélenchon n’en étaient probablement pas. Mais si l’on parle d’Européens installés dans l’ordre colonial, bénéficiant de ses structures foncières, municipales, judiciaires et économiques, alors les Bayona-Caserta entrent clairement dans cette catégorie. Les archives montrent des propriétaires dans les actes, des commerçants dans les annuaires, des élus municipaux dans la presse, des funérailles publiques, des caveaux, des liens avec le Crédit foncier.
En 1933, un avis judiciaire annonce la vente forcée de deux propriétés rurales à Cherchell. Ces terres appartiennent à des familles algériennes musulmanes, notamment les Kebylene et les Saadoun. Elles doivent être vendues aux enchères devant le tribunal civil de Blida pour payer des créanciers. Parmi ces créanciers : les consorts Caserta. Et dans cette liste figure Jeanne Emmanuelle Caserta, aux côtés de son époux François Bayona, c’est-à-dire la grand-mère maternelle et le grand-père maternel de Jean-Luc Mélenchon. L’acte précise même que la procédure est poursuivie « aux droits et actions des consorts Caserta ». Les Caserta ne sont donc pas des spectateurs : leurs droits servent à provoquer la saisie et la vente de ces terres appartenant à une famille musulmane.
D’un côté, des familles algériennes musulmanes perdent leurs terres. De l’autre, la famille de la grand-mère maternelle de Mélenchon apparaît du côté des créanciers pour lesquels la vente est organisée. Les biens ne sont pas mineurs : près de vingt hectares, des terres irrigables, des vignes, une maison de garde, une écurie, un hangar ; puis une seconde propriété avec constructions et puits. Mise à prix : 100 000 francs pour le premier lot, 50 000 francs pour le second.
C’est ici que le récit (ils n’étaient « pas des colons ») se fissure le plus nettement. La grand-mère maternelle de Jean-Luc Mélenchon apparaît dans un clan familial européen dont les droits sont mobilisés dans une procédure de saisie foncière contre des propriétaires algériens musulmans. Ils n’étaient sans doute pas de grands colons. Mais pas non plus des pauvres sans biens, sans rôle, sans sépulture et sans lien avec le système colonial. Petits colons, mais colons tout de même.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire