Beaucoup d'accidents de la route pour eux.
A mon humble avis, pour les Français aussi... j'en connais bien un dont les freins de la voiture ont été sabotés plus d'une fois...
Après les scientifiques américains, c'est au tour des chercheurs chinois de disparaître mystérieusement
Temps de lecture: 3 minutes - Repéré sur Newsweek
La figure montante de l'intelligence artificielle (IA) militaire chinoise travaillait sur des scénarios d'invasion de Taïwan lorsqu'elle est morte dans un accident de voiture inexpliqué, à Pékin, à seulement 38 ans. Feng Yanghe, professeur à l'Université nationale des technologies de la défense, s'était notamment illustré en remportant des concours nationaux avec sa plateforme de simulation «War Skull», rapporte Newsweek.
Sa mort, survenue le 1ᵉʳ juillet 2023, soulève encore de nombreuses questions aujourd'hui. Pourquoi la nécrologie publiée sur le site scientifique d'État Sciencenet.cn le décrit‑elle comme un homme «sacrifié»? Pourquoi ce chercheur brillant, originaire de la province du Gansu, a‑t‑il été inhumé au cimetière de Babaoshan à Pékin, un lieu habituellement réservé aux élites du Parti communiste, aux héros de l'État et aux martyrs révolutionnaires?
Le cas de Feng Yanghe s'inscrit dans une série plus large de décès touchant des scientifiques de haut niveau impliqués dans des domaines ultrasensibles, comme l'IA militaire, les armes hypersoniques ou la défense spatiale. D'après des médias chinois et de la diaspora, au moins neuf chercheurs sont morts en Chine dans des circonstances brutales ou peu transparentes, tandis qu'aux États‑Unis les autorités enquêtent sur onze cas de disparitions ou décès de scientifiques travaillant eux aussi sur des technologies critiques.
Cette inquiétude s'inscrit dans un contexte de rivalité stratégique intense entre Washington et Pékin, sur fond d'évolutions majeures de l'ordre mondial, pour reprendre les termes des dirigeants chinois et russes. La compétition de puissance passe largement par la science et la technologie, qui conditionnent à la fois la performance économique et la supériorité militaire. En Chine, la presse et les réseaux sociaux évoquent le plus souvent des accidents de la route, des incidents aux circonstances floues, ou ne mentionnent aucune cause, pour des chercheurs âgés de 26 à 68 ans.
Tragique loi des séries?
Dans le cas précis de Feng Yanghe, le journal d'État China Daily indique qu'il quittait une réunion de travail à Pékin lorsqu'il est mort vers 2h35 du matin, alors qu'il travaillait sur une «tâche majeure» non précisée. Sciencenet.cn affirme qu'il a été «sacrifié dans l'exercice de ses fonctions». Un spécialiste occidental de l'armée chinoise, qui suit ces dossiers et s'exprime anonymement, souligne qu'on ne décrit pas habituellement une victime d'accident de la route comme ayant «sacrifié» sa vie et juge «très étranges» l'heure de l'accident et l'inhumation à Babaoshan.
Ce chercheur rappelle que les décès recensés concernent des secteurs où se jouent des avancées décisives, technologiques et militaires, susceptibles de changer la donne sur un champ de bataille. L'objectif d'un éventuel adversaire ne serait pas nécessairement d'anéantir un programme entier, mais de frapper quelques esprits particulièrement brillants, afin de ralentir l'innovation et d'envoyer un signal dissuasif au reste de la communauté scientifique. Pour l'heure il ne s'agit néanmoins que d'une tragique loi des séries, comme aux États-Unis.
Beaucoup (trop) d'accidents de voiture
Interrogée par Newsweek, l'ambassade de Chine à Washington a déclaré ne pas être au courant de ces situations et a insisté sur le fait que Pékin reste «attaché à la promotion du progrès scientifique et technologique par la coopération et une saine compétition». La Maison-Blanche, de son côté, n'a pas commenté spécifiquement le cas chinois, rappelant seulement que les services américains coordonnent leurs efforts pour enquêter sur les décès de scientifiques et informer le public «sans devancer les conclusions».
L'idée d'une «guerre des scientifiques» peut sembler extrême, mais l'histoire récente montre que les chercheurs peuvent devenir des cibles politiques. Un nombre non divulgué de scientifiques nucléaires iraniens ont été assassinés –sans doute par Israël– dans le but de freiner le programme atomique de Téhéran, et d'autres sont morts lors de frappes israélo‑américaines en juin 2025. À ce stade, aucune preuve ne permet d'affirmer que les États‑Unis, la Chine, la Russie ou d'autres États mènent une campagne concertée d'élimination de scientifiques, mais les enjeux –nucléaires, cybernétiques, spatiaux– sont tels que chaque décès inexpliqué attire désormais une attention particulière.
D'autres morts alimentent ce climat de suspicion. En décembre 2024, Zhang Xiaoxin, 62 ans, expert des systèmes météorologiques spatiaux et d'alerte précoce au Centre national de météorologie satellitaire, est décédé dans un accident de voiture après avoir reçu une haute distinction scientifique de l'armée chinoise. En 2018, Chen Shuming, 57 ans, spécialiste en microélectronique à l'Université nationale des technologies de la défense et décrit comme le chef de file de la recherche et du développement des puces d'armes de pointe, a lui aussi trouvé la mort dans un accident de voiture.
En décembre 2023, le chimiste renommé Zhou Guangyuan, 51 ans, membre de l'Académie chinoise des sciences et expert des polymères à l'Institut de chimie physique de Dalian, est décédé sans qu'aucune cause ne soit rendue publique, alors que les hommages saluaient sa capacité à faire «ce dont le pays a besoin».
Plus récemment, en février 2026, le spécialiste des technologies hypersoniques Fang Daining, 68 ans, qui étudiait des matériaux ultrarésistants pour engins spatiaux et moteurs avancés à l'Institut de technologie de Pékin, serait mort à la suite d'un malaise soudain lors d'un déplacement en Afrique du Sud.
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