Halte à la censure et la désinformation satanistes !
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lundi 4 mars 2019
Ligue du LOL : deux nouveaux journalistes remerciés ou licenciés, toujours rien sur Rue89
Rappelons donc qu’avant Twitter, il y avait déjà les
sites d’information participatifs Rue89 et Le Post, mais surtout le
premier, qui n’a jamais pris les mesures adéquates pour faire cesser les
harcèlements en bande organisée du malade mental Pascal Edouard Cyprien
Luraghi et de sa troupe de « déconnologues », en réalité une bande de
pirates informatiques violant l’intimité de la vie privée de leurs
cibles pour pouvoir ensuite indéfiniment les harceler avec des éléments
d’information ainsi illégalement recueillis, qu’ils mêlent très
habilement à des montagnes de calomnies, injures et menaces en tous
genres, avant de poursuivre ces harcèlements par des dénonciations
calomnieuses et tentatives d’escroquerie au jugement de très grande
ampleur dès la première tentative de se défendre d’une des victimes.
Je publie beaucoup à ce sujet depuis les révélations du mois dernier,
et c’est bien normal, puisque depuis mes tout premiers commentaires
anonymes sur le site Rue89 en 2008, j’ai toujours été victime de ces
criminels ayant toujours bénéficié de la complicité des journalistes
aujourd’hui mis en cause.
La direction du quotidien a annoncé «se séparer» de Vincent Glad et
d’Alexandre Hervaud, qui avaient été mis à pied dans cette affaire de
harcèlement en ligne. La semaine dernière, deux autres licenciements ont
eu lieu aux Inrocks.
Le temps des sanctions est venu dans l’affaire de «la Ligue du LOL».
Lundi, la direction de Libération a fait savoir par un communiqué
qu’elle «a décidé de se séparer de deux journalistes de la rédaction qui
faisaient partie de cette ligue, l’un comme fondateur, l’autre comme
membre actif.» Il s’agit de Vincent Glad, pigiste régulier pour le
quotidien, et d’Alexandre Hervaud, rédacteur en chef adjoint de
Liberation.fr. Cette décision a fait suite à «une enquête interne
approfondie». «Les faits rendus publics, qui ont causé des dommages
graves à plusieurs personnes, se situent à l’exact opposé des valeurs
que le journal défend depuis sa fondation, créant un trouble grave et
caractérisé pour Libération», explique le quotidien.
La semaine dernière, c’est la direction des Inrocks qui a annoncé le licenciement de
son rédacteur en chef, David Doucet, et de son adjoint, François-Luc
Doyez, pour leur participation à la «Ligue du LOL». Il leur est aussi
reproché «des comportements non-professionnels dans l’exercice de leur
fonction hiérarchique», révélés par des enquêtes publiées par Médiapart, l’Obs et Le Monde. François-Luc Doyez a indiqué à l’AFP «contester les motifs invoqués mais aussi la méthode pour [le] licencier.»
De nombreux témoignages de victimes
L’affaire de la «Ligue du LOL» a éclaté le mois dernier, après la publication d’une enquête du service CheckNews de Libération.
L’article confirmait l’existence de ce groupe Facebook, créé il y a
plus de dix ans, et rassemblant une trentaine de jeunes journalistes et
de communicants. Plusieurs de ses membres ont harcelé, parfois durant
des années, des internautes, notamment des blogueurs ou des militantes
féministes. Certaines victimes ont dû subir des photomontages
pornographiques ou antisémites.
Après la publication de l’enquête, des témoignages de victimes ont
inondé Twitter, soulignant les dommages psychologiques durables de cet
acharnement, mais aussi l’effet sur la carrière professionnelle des
cibles de la Ligue. Certaines victimes, notamment des jeunes femmes, se
sont ainsi détournées du journalisme, les membres de la Ligue du LOL
étant présents dans plusieurs magazines et quotidiens nationaux. Les
employeurs des membres de la Ligue ont dans leur grande majorité décidé
de mettre à pied ces salariés, ou de cesser toute collaboration avec
eux.
Par ricochet, l’affaire a aussi permis de délier les langues sur le sexisme prégnant dans les rédactions. Au HuffPost, trois journalistes avaient été licenciés fin 2018 pour des propos sexistes, violents et insultants tenus
sur la messagerie professionnelle Slack à l’encontre de leurs collègues
féminines. Une affaire similaire a eu lieu à l’été 2017 dans la rédaction de Vice France.
Les associations féministes Prenons la une, Nous toutes et Paye ton
journal ont lancé une grande enquête sur le sexisme et le harcèlement
sexuel dans les rédactions et les écoles de journalisme, dont les
résultats devraient être dévoilés dans les prochaines semaines.
Publié le 01/03/2019. Mis à jour le 01/03/2019 à 13h02.
Si les comportements de la Ligue du LOL ont pu prospérer, c’est qu’un
terreau favorable à la moquerie et à l’entre-soi a été rendu possible.
Retour sur ce qu’étaient Twitter et le journalisme web au début des
années 2010.
Ne faites pas comme Vincent Glad ! » Cette phrase, qui
résonne encore en nous, a été glanée aux alentours de novembre 2010, en
cours de journalisme web dispensé à l’Institut de journalisme
Bordeaux-Aquitaine (IJBA). « Dans mes cours, je me servais de lui
comme d’une tête de Turc car, à l’époque, je m’étonnais des dérives de
ce qu’on pouvait appeler le journalisme LOL et de l’aptitude de certains
à blaguer de tout sur Twitter », réagit aujourd’hui Jean-Charles Bouniol, responsable de cette unité de l’école bordelaise.
Le journalisme web et les comportements sur les réseaux sociaux
durant les premières années de la décennie 2010 sont particulièrement
scrutés à la lumière des révélations d’agissements sordides
(harcèlement, insultes, etc.) commis par certains membres de la Ligue du LOL
(1), ce groupe Facebook ayant réuni d’influents jeunes journalistes et
communicants parisiens à partir de 2009. Les témoignages de leurs
victimes, comme les excuses successives des harceleurs, ont presque tous
mis en avant le contexte de l’époque, propice aux moqueries, à un
certain cynisme sur les réseaux sociaux balbutiants comme Twitter, où
rien n’était pris au sérieux. Mais quel était ce fameux terreau mis en
avant pour expliquer ces agissements injustifiables ?
Une espèce naissante
Fin des années 2000. L’ambiance est au choc des cultures : d’un côté,
la presse papier est déjà en crise. De l’autre, les sites Internet
(lancés par les journaux et magazines à la fin du siècle précédent, ou
par des médias en ligne, plus neufs, innovants mais économiquement
instables, comme Rue89, LePost.fr, Owni, Quoi.info, Newsring…) gagnent
en audience. Conjointement les réseaux sociaux, eux aussi, sont en plein
boom. Facebook se développe en France à partir de 2007, Twitter voit
ses premiers gazouillis francophones envoyés l’année suivante. Sur ce
réseau de « microblogging » – selon le terme de l’époque –, quelques
aficionados des nouvelles technos et des blogueurs confirmés côtoient
des journalistes, souvent jeunes, qui y décèlent un intérêt
professionnel. Ils y découvrent une grammaire bizarre, voire répulsive,
pour le grand public (140 signes composés de RT, @ et #), une interface
sommaire très éloignée des fonctionnalités actuelles (voire de Facebook
au même moment), un univers plutôt masculin, une tendance à l’entre-soi (comme le montre cette infographie datée de 2011)…
L’élection présidentielle française de 2007, l’élection américaine
l’année suivante, le crash de l’avion sur l’Hudson en 2009, les premiers
fact checkings politiques en France, le printemps arabe en 2010… autant
d’événements suivis grâce à Twitter et Facebook, qui donnent
l’impression que l’actualité s’accélère et se déporte sur le Web.
Mais, derrière les écrans des rédactions, des journalistes, jeunes,
mal rémunérés et peu considérés paient les pots cassés d’un métier qui
se cherche, avec ses formats encore en friche : écriture en direct,
vidéos, datajournalisme, etc. « La forme était malléable, les façons
de faire nouvelles, rédhibitoires pour certains, mais elles suivaient
l’évolution d’un métier qui a toujours été technique », raconte Philippe Couve, créateur de l’Atelier des médias sur RFI. « On percevait une utopie dans le journalisme web », explique Samuel Laurent, salarié du site du Figaro à l’époque et aujourd’hui responsable des Décodeurs au Monde. « En pleine sinistrose à propos de l’avenir du papier, on sentait que quelque chose allait se passer », note Pierre Savary, directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille dont il a dirigé les études dès 2008.
“On ne nous considérait plus comme des réparateurs d’imprimante, mais comme des journalistes qui pouvaient être utiles”
Dans les écoles, c’est aussi le Far West : « Il y avait des
écarts de compétences inédits entre étudiants classiques et d’autres, au
profil plus geeks, qui maîtrisaient les outils et ce langage », se souvient encore Pierre Savary. Dans l’école lilloise, on regroupe, « durant deux ou trois promos », les élèves par niveau de compétences 2.0. Au programme, recommandations d’usage (« comment se servir de Twitter comme outil journalistique ») ou introduction au LOL journalisme (comme on peut le lire sur ce tweet de Christophe Carron,
membre de la Ligue du LOL et futur rédacteur en chef de Slate, à
destination de Vincent Glad, formateur à l’ESJ, et retweeté, fait
remarquable, par… l’étudiant d’alors Hugo Clément). Mais l’enseignement
était encore très sommaire, et donnait surtout l’impression d’être
réalisé avec les moyens du bord. « La responsabilisation des étudiants sur les réseaux sociaux était prioritaire et l’est toujours, explique Jean-Charles Bouniol, enseignant à Bordeaux.
Mais c’étaient des considérations que j’exprimais en cours, elles ne
faisaient pas nécessairement partie des sujets discutés en réunion
pédagogique. »
Dans les rédactions, on commence doucement à ne plus considérer ces geeks remisés dans un coin « comme des réparateurs d’imprimante, mais comme des journalistes qui peuvent être utiles », dit Alice Antheaume, passée par les sites de Télérama, 20 Minutes et aujourd’hui directrice exécutive de l’Ecole de journalisme de Sciences Po Paris. Entre-temps, en 2009, un article du Monde, « Les forçats de l’info », a fait l’effet d’une bombe : les sites d’information sont animés par des « journalistes “low cost” », des « Pakistanais du Web » ou encore des « esclaves consentants », écrit Xavier Ternisien – qui a par ailleurs refusé de répondre à nos questions. « J’étais comme un fou quand j’ai lu ça », fulmine encore Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de L’Express, rattaché à son site depuis 2000. «
Ce papier a au moins permis de mettre le doigt sur le fait que tous les
journalistes web connaissaient les mêmes problèmes : précarité, manque
de considération de leurs pairs… Ça nous a fédérés », mesure Samuel Laurent. «
Cela a jeté une forme de désolation parmi nous. Alors, nous nous sommes
rencontrés, avons commencé à échanger, à nous organiser pour valoriser
nos métiers », raconte la journaliste Mélissa Bounoua dans Télérama. Dans la foulée, un groupe informel, le Café des OS – pour ouvriers spécialisés, pied-de-nez au vocabulaire de l’article du Monde – est créé, afin de faire connaître leurs conditions de travail, mais permet surtout de se rencontrer entre « Pakis du Web ». Et parmi ces « forçats »,
on trouve la « crème » de Twitter de l’époque, composée de journalistes
sortant d’école, en stage, pigistes ou déjà en poste : certains membres
de la Ligue du LOL (créée par Vincent Glad la même année), mais pas
seulement. « L’ambiance était bon enfant, on se croisait, se
souvient Steven Jambot, ex-étudiant de Toulouse embauché à France 24
(avant un crochet à la tête de Mashable France et aujourd’hui à RFI),
avec un compte Twitter déjà bien garni en abonnés. Une bande de
jeunes gens bossant sur le Web s’est rapidement constituée, qui a petit à
petit imposé un ton vachard et s’est posée comme ambassadrice de la
coolitude et de l’influence. »
La force du réseau (social)
Pour un jeune journaliste arrivant sur le marché du travail, sans
réseau dans le métier et sans – trop – d’expérience en rédaction, les
places sont chères et rares. « Dans les écoles de journalisme, c’est en général le directeur qui aide à entrer en contact avec les médias parisiens, dit Steven Jambot.
Twitter permettait d’avoir directement accès aux rédacteurs en chef,
avec une carte de visite à présenter assez complète : quels sujets nous
intéressaient, comment on interagissait avec les autres, à quoi
ressemblaient nos productions. »
Dans un dossier intitulé « Toi aussi, deviens un twitto » daté de 2011, Télérama observait le fonctionnement en vigueur : «
Suivre les gros comptes dans l’espoir qu’ils vous suivent en retour.
Leur envoyer des messages brillants, risquer le clash. Se faire
remarquer, sans en faire trop. Une blague ratée et hop, vous voilà tout
unfollowé. En revanche, si vous êtes malin… Vincent Glad, à 26
printemps, est déjà suivi par tous les journalistes qui comptent. »
Nombreux étaient ceux qui pensaient alors obligatoire de prendre la
parole, d’interagir, pour sortir du lot et pouvoir obtenir un petit
poste quelque part. Se faire discret, c’était prendre le risque de
passer sous les radars des rédactions. Sur cet espace sans barrière
hiérarchique que semblait être Twitter, on pouvait avoir la logorrhée
facile, avec le risque d’en faire trop. Claire (2), aujourd’hui
journaliste de 34 ans dans un hebdo parisien, explique dans Téléramaque « l’aptitude à manier Twitter était alors plus importante que les qualités journalistiques ». « Je mourais d’envie de faire partie de ces “cool kids”, explique aujourd’hui Sophie (2), ancienne journaliste sortie de Sciences Po Lille au début des années 2010. Ils
discutaient en public avec les chefs, des “darons”, cool eux aussi, et
ils squattaient les places dans toutes les rédacs qui nous faisaient
rêver. Mais en les rencontrant, je me suis rendue compte que ce
n’étaient pas eux qui allaient me donner du boulot. Pire : ils
galéraient aussi dans ce métier, entre piges et contrats précaires. »
N’empêche : nombre de recruteurs semblaient séduits par ces beaux parleurs. «
Certains rédacteurs en chef s’en défendent aujourd’hui, mais ils ont pu
recruter sur le nombre de followers. Ça a pu servir de valeur marchande
autant que ça a pu freiner des débuts de carrière », dit Samuel
Laurent du Monde.fr. Les tweets postés avec le mot-clef #FollowFriday,
qui indiquaient, le vendredi, quels étaient les comptes intéressants à
suivre, ou encore l’appli Klout, système de calcul de l’influence et de
la popularité de son compte Twitter, passent aujourd’hui pour des
aberrations narcissiques, mais étaient alors pris au sérieux. Eric
Mettout de L’Express le confesse : « C’est sur Twitter qu’on suivait le travail des journalistes 2.0, on les scrutait, on se les piquait entre nous. » Les gens interrogés pour cet article disent tous avoir été repérés via un tweet, voire « un article qui a buzzé et m’a valu un entretien pour un poste sur le site de 20 Minutes », plus que pour leurs écrits journalistiques.
Dérapages incontrôlés
L’affaire de la Ligue du LOL a mis en lumière l’existence des leviers
de cooptation dans ce tout petit milieu, notamment parce que certains
de ses membres sont passés par plusieurs rédactions innovantes et
attractives comme Slate, Owni, Le Mouv’, Libération, 20 Minutes...
Leurs chefs, d’ailleurs, y allaient eux aussi de leurs tweets rigolos –
ils sont aujourd’hui peu enclins à assumer l’ambiance instaurée à
l’époque, et n’ont, pour la plupart, pas souhaité répondre à nos
questions.
Ce contexte d’« un petit milieu concentré sur un petit réseau » (Samuel Laurent) renforçait le sentiment d’appartenance à « un village gaulois peuplé de gens irascibles », comme le décrit Eric Mettout : «
Si on ne répondait pas aux attaques, notamment de la vieille garde
journalistique, on se faisait bouffer tout cru. Avec le recul, aller au
(tweet)clash était en fait une perte de temps. » Tout le monde semblait y utiliser, comme le dit Alice Antheaume de Sciences Po Paris, « le même jargon » et « développer un esprit de corps », que l’on soit membres de la Ligue du LOL ou journalistes plus discrets ou sérieux. « On
cherchait simplement des journalistes capables de maîtriser ces
techniques, qui manipulaient les réseaux sociaux, qui pouvaient certes
créer des fakes grossiers pour faire rire, mais qui savaient aussi ne
pas se faire avoir, défend toutefois Eric Mettout. On n’a pas
su voir certains signaux. A force de leur répéter qu’ils étaient les
meilleurs, on a créé des monstres. On les a sûrement fait grandir trop
vite… »
Comment une Ligue du LOL a pu prospérer si cette communauté de jeunes
2.0 adoubés par leurs aînés était au centre de toutes les attentions ? «
Je suis sûr que les rédacteurs en chef de l’époque savaient très bien
ce que leurs employés/amis faisaient sur Twitter. Mais ça les arrangeait
bien d’avoir des ambassadeurs de leur média très populaires »,
nous dit l’un de nos interlocuteurs en off. Il faut cependant se
souvenir qu’à l’époque Twitter ne comportait pas de fils de
conversation, pas d’outil de recherche ou ne faisaient pas apparaître
les échanges de personnes que l’on ne suivait pas, pouvant créer des
angles morts propices aux dérives. Et quand des dérapages ont été
signalés, ils sont restés « lettre » morte.
« Twitter était un parcours non fléché. Si les médias et les
grands chefs n’avaient pas déserté les réseaux sociaux, on aurait pu
éviter cette situation. Certaines sorties repérées à l’époque et les
comportements mis en lumière aujourd’hui sont des fautes journalistiques
», juge Jean-Charles Bouniol, enseignant à l’IJBA. Aurait-il fallu édicter des règles ? «
Je n’étais pas spécialement pour la création d’une charte des médias
sur les réseaux sociaux. Avec le recul, c’est vrai que des garde-fous
auraient été bienvenus », complète Samuel Laurent, qui indique toutefois que «
l’usage de Twitter chez les journalistes s’est très vite normalisé,
notamment à partir de 2012 : l’élection présidentielle a ouvert le
réseau à d’autres personnes, dont les militants politiques ». Qui ont repris, avec brio, le flambeau du harcèlement 2.0.
En 2019, Twitter a changé, les journalistes se sont policés et le
web-journalisme est enfin mieux considéré. Les questionnements sur
l’encadrement et la formation parcourent aujourd’hui la profession. Ce
n’est pas ce qui résoudra tous les problèmes mis en lumière par
l’affaire de la Ligue du LOL, mais c’est déjà ça : « Sexisme,
cyberharcèlement et responsabilisation sont des thématiques que nous
abordons ou allons aborder frontalement dans les formations que je
donne, notamment avec le collectif Prenons la une »,
précise Philippe Couve. Et dans les cours de journalisme web donnés à
l’école de journalisme de Bordeaux, l’exemple à ne pas suivre de Vincent
Glad a été remplacé par celui de Donald Trump. Au moins son compte
Twitter ne souffre pas d’ambivalence.
(1) Un journaliste de Télérama a fait partie de ce groupe. Une procédure Ressources humaines interne est en cours.
Une femme tunisienne, une marraine libanaise, un parrain
martiniquais… Arnaud Aubron, le nouveau patron de « Courrier
international » (Groupe Le Monde) semble prédestiné à son poste.
L’hebdomadaire francophone, qui offre une sélection d’articles de la
presse mondiale, va comme un gant à ce fou de voyages, né à Palaiseau. A
bientôt quarante ans, il a visité 40 pays…
Après Sciences po Paris et le Centre universitaire d’enseignement du
journalisme (Strasbourg), Arnaud Aubron fait ses premières armes au
secrétariat de rédaction de « Libération ». « Je rêvais de Libé. J’ai
vécu la grande aventure de la presse à l’ancienne « , sourit-il. Neuf
ans à réécrire des articles, jusqu’à devenir rédacteur en chef adjoint
édition. Il écrit aussi, se spécialisant sur la drogue. Ce fils d’un
directeur informatique, qui a eu son premier ordinateur à six ans,
plonge en 2006 dans les abîmes de l’Internet, en lançant le blog Drogues
News.
De Rue89 au festival déjanté Burning Man
Un an plus tard, il crée Rue89 avec Pierre Haski, Laurent Mauriac et
Pascal Riché après leur départ de « Libé « . Vingt heures de travail par
jour, plusieurs « gros coups » et une ambiance de cour de récréation
qui sied bien à ce fan de Burning Man, le festival déjanté dédié à la
création qui se déroule fin août dans le désert du Nevada, fréquenté
notamment par les patrons de Google.
Serge July et Pierre Haski sont ses pères spirituels, tout comme
Louis Dreyfus (aujourd’hui patron du « Monde »), qui l’arrache à Rue89
et le nomme rédacteur en chef numérique des « Inrockuptibles ». Propulsé
codirecteur aux côtés d’Audrey Pulvar, il ne tiendra que deux mois. «
Je n’ai pas grandi dans une ambiance de coups tordus », commente-t-il
sans rancune. « Une grande bosseuse, mais un tel appétit de pouvoir… »
Après quelques missions de conseil, Louis Dreyfus l’appelle à la tête
de « Courrier international » pour développer le numérique, enrayer la
baisse des ventes (172.821 exemplaires) et diversifier les revenus. Un
plan social est en cours. « « Courrier international », c’est la
curation avant Internet : on traduit des articles de journaux divers.
Demain, on pourrait devenir un traducteur de vidéos », esquisse-t-il.
Avant d’ajouter : « Quand on referme ce journal, on a l’impression
d’avoir voyagé. » Comme après une conversation avec son patron.
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