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samedi 25 novembre 2017
Violences faites aux femmes : à quand les mesures concrètes ?
Il y en a qui auraient dû être prises depuis très
longtemps et pourraient encore l’être de manière urgente contre toutes
les personnes qui au vu et au su de tous s’acharnent depuis de très
nombreuses années sur la femme ingénieur que je suis, notamment du fait
que j’ai toujours refusé de me prostituer…
Que vont donc faire les décideurs ?
Continuer à s’acharner sur moi et tous mes proches ainsi que nos
« alliés » du fait que je m’obstine à refuser de me prostituer, ou bien
enfin changer de cap ?
Emmanuel Macron a dévoilé samedi un plan de lutte contre les
violences sexuelles et sexistes, qui nécessite encore des précisions.@
LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
Le plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du
gouvernement, présenté samedi, comporte de nombreuses mesures. Sans que
les contours et moyens alloués soient toujours précisés.
Le symbole est fort. Un discours d’une heure,
prononcé par le président de la République lui-même, intégralement
dédié aux violences sexistes et sexuelles dont les femmes sont
régulièrement victimes. Samedi, Emmanuel Macron a mis en œuvre l’une de
ses promesses de campagne : faire de la lutte contre ces violences une
« grande cause nationale de son quinquennat ».
Avec, au menu, toute une série de mesures qui s’articulent autour de
trois axes. D’abord, l’éducation et le « combat culturel » à mener
contre le sexisme. Puis, l’accompagnement des victimes. Enfin, des
modifications législatives destinées à renforcer la répression des actes
de violence envers les femmes. Mais certains détails quant à la mise en
œuvre et au financement de ces initiatives manquent encore.
Des mesures accueillies favorablement… Nombre de ces mesures
sont accueillies en principe favorablement par les associations
féministes et les acteurs qui œuvrent déjà aux côtés des femmes victimes
de violences. Ainsi, le « combat culturel en faveur de l’égalité », à mener auprès des plus jeunes,
convainc assez largement. Qui pourrait s’opposer au fait que, comme l’a
résumé Emmanuel Macron, « l’éducation reste le principal levier de
lutte contre les violences faites aux femmes » ? Que « l’école est un
pilier indispensable » pour apprendre aux plus jeunes le respect et
l’égalité ?
…au moins sur le principe. Mais les moyens pour mettre en
œuvre ce combat culturel ne font pas l’unanimité. Emmanuel Macron a
ainsi appuyé sur la responsabilité du CSA, qui devrait voir ses
prérogatives étendues non plus seulement à l’audiovisuel, mais aux
contenus sur Internet et aux jeux vidéo, alors que l’instance a déjà
toutes les peines du monde à contenir le sexisme à la télévision, se
contentant pour l’instant d’avertissements.
Par ailleurs, la proposition d’introduire des interventions sur la
pornographie à l’école pour protéger la jeunesse est considérée au mieux
comme une non-priorité par les associations féministes, au pire comme
une façon de céder aux sirènes de mouvements réactionnaires. Le lien
entre violences sexuelles et consommation de pornographie n’a, en effet,
jamais été démontré, comme le rappelle Slate dans cet article.
« Les preuves d’une relation causale entre l’exposition à la
pornographie et les agressions sexuelles sont minces et ont pu, parfois,
être exagérées par des politiciens, des groupes de pression et certains
chercheurs en sciences sociales », écrivent deux chercheurs américains,
cités par le pure player. « Le débat a pu se focaliser sur la
pornographie violente, mais les faits permettant d’attester du moindre
effet négatif sont inconséquents. »
Caroline de Haas et Osez le féminisme auraient ainsi préféré qu’un
« brevet obligatoire de la non-violence » soit donné aux collégiens,
plutôt que des cours de prévention contre la pornographie.
La formation fait l’unanimité… Les annonces successives
d’Emmanuel Macron sur la meilleure formation de divers professionnels,
des médecins aux gendarmes en passant par les policiers et les agents du
service public, répondent en revanche à une revendication de longue
date des associations féministes. Nombre d’entre elles se félicitent
aussi de la création de dix unités de soins psychotraumatiques pour les
victimes, soins qui seront pris en charge par la Sécurité sociale. La
facilitation des procédures de dépôt de plainte, avec notamment
l’introduction d’une pré-plainte sur Internet, fait aussi l’unanimité.
« Pourquoi pas, cela peut être tout à fait utile », a reconnu ainsi la
députée France Insoumise et militante féministe Clémentine Autain, samedi, sur Europe 1. « Mais derrière, il faut qu’on ait des moyens humains pour traiter ces plaintes et accompagner ces femmes. »
…pas le budget. Le problème, c’est que toutes ces actions ne
resteront que des vœux pieux en l’absence de moyens supplémentaires. Et
que si Emmanuel Macron a promis d’augmenter le budget du secrétariat
d’État à l’égalité des femmes et des hommes de Marlène Schiappa en 2018,
les associations féministes se sont empressées de rappeler la réalité
des chiffres. D’environ 27 millions d’euros en 2017, le budget de ce
secrétariat d’État, qui n’est d’ailleurs pas un ministère de plein
exercice contrairement à ce que le candidat avait promis pendant la
campagne présidentielle, passera à 30 millions l’an prochain. Soit « un
euro par femme », aime rappeler Caroline de Haas, porte-parole d’Osez le
féministe.
Un plan « sans moyens afférents ». L’enveloppe
interministérielle consacrée à la lutte contre les violences sexistes et
sexuelles s’élèvera à 420 millions d’euros en 2018 et doit être
« sanctuarisée », a encore promis Emmanuel Macron. Mais, pour l’instant,
le fléchage de ces crédits n’a pas été dévoilé. « Nous avons besoin de
moyens concrets », a martelé Clémentine Autain. « Ce qui m’inquiète,
c’est d’avoir un plan avec des mesures mais sans moyens afférents. »
Le travail dans « l’angle mort ». Caroline de Haas, de son côté, dénonce les « angles morts » de ce plan.
« Le premier, c’est le travail », expliquait-elle dès vendredi sur
Europe 1. « Il y a 20% des femmes qui ont subi du harcèlement sexuel sur
leur lieu de travail. On a l’impression que ça n’existe pas dans
l’univers d’Emmanuel Macron alors que les entreprises, le monde du
travail, ça fait partie de son ADN politique. » Les annonces du
lendemain l’ont confortée dans cette idée, en dépit de la promesse de
testings à grande échelle pour débusquer les entreprises qui
discriminent les femmes à l’embauche ou pendant leur carrière. « Seule
parole sur le travail : des testings. Aucune proposition pour faire
appliquer la loi sur la prévention du harcèlement sexuel », a écrit la
militante féministe sur Twitter. « C’est lunaire. »
Les récentes modifications introduites par les ordonnances de réforme
du code du Travail, et notamment la fusion des instances du comité
d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avec celles
du comité d’entreprise et des délégués du personnels, font également
craindre des difficultés, pour les femmes, à faire remonter les
violences sexistes et sexuelles subies en entreprise.
Des précisions attendues sur l’arsenal répressif. Enfin,
concernant l’arsenal législatif et le durcissement de la répression à
l’égard des agresseurs, les acteurs de terrain sont souvent attentistes,
parfois circonspects. Emmanuel Macron a confirmé une promesse de
campagne en annonçant la création d’un « délit d’outrage sexiste »,
verbalisable immédiatement et puni d’une amende au « montant
dissuasif ». Mais ce qu’il recouvre exactement reste à définir, et son
applicabilité à éprouver. « Les faits [pouvant être qualifiés d'outrage
sexiste] demandent encore à être précisés », admettait la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sur France Inter il y a un mois. Ils le restent toujours.
Des précisons sont également attendues sur la présomption de
non-consentement des mineurs aux relations sexuelles. Emmanuel Macron
s’est dit personnellement favorable à introduire un seuil à l’âge de 15
ans, au-dessous duquel le mineur serait automatiquement non-consentant.
Un seuil réclamé par les associations féministes mais qui fera l’objet
d’un débat à l’Assemblée nationale. Mais est-ce une présomption
irréfragable, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible d’apporter la preuve
contraire ? Cela n’a pas été détaillé, au grand dam de Laure Salmona,
cofondatrice du collectif des Féministes contre le cyber-harcèlement.
Débat sur la prescription. Enfin, l’allongement du délai de
prescription des crimes sexuels sur les mineurs, qui doit passer de 20 à
30 ans, suscite quant à lui des réactions tranchées. Certaines
associations féministes auraient préféré que ces crimes soient
imprescriptibles. Du côté des acteurs du droit en revanche, beaucoup
critiquent cet allongement du délai de prescription, qui augmenterait le
risque de non-lieu, faute de preuves.
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