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mercredi 19 octobre 2016
Dupont de Ligonnès : qui sont les enquêteurs amateurs ?
Des hackers. Des pirates informatiques, comme les deux psychopathes Pascal Edouard Cyprien Luraghi et Jean-Marc Donnadieu.
Il y a quelques mois, l’un d’eux, connu sous le pseudonyme de
Christophe La Vérité, a été condamné à une amende de 1.000 euros avec
sursis pour recel de violation du secret professionnel et atteinte au
secret des correspondances.
Il avait bénéficié de violations du secret professionnel commises par
un policier de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux
technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) qui lui a
été condamné à 3.000 euros d’amende, une condamnation de principe qui
n’a pas été inscrite à son casier judiciaire.
Et inversement, il avait pu consulter les boîtes de messageries
électroniques de membres de la famille Dupont de Ligonnès alors que les
policiers n’y avaient pas accès.
On apprend ainsi que ces policiers auxquels l’on s’adresse en vain
lorsque l’on est victime de hackers tels les deux malades mentaux
extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi et Jean-Marc
Donnadieu peuvent en fait être leurs copains et complices…
Comment s’étonner, alors, qu’au lieu d’obtenir des poursuites, les
victimes soient parfois elles-mêmes poursuivies et très lourdement
condamnées pour avoir osé se plaindre alors qu’elles voyaient s’étaler
sur les blogs et sites de ces hackers des tas d’éléments de leurs vies
privées manifestement violées par ces malfrats ?
Mon petit doigt, qui est fin limier, me dit que les deux malades
mentaux Luraghi et Donnadieu ont pu « travailler » avec l’équipe de
Christophe La Vérité, et inversement, ce dernier ou de ses collègues,
« travailler » avec les deux psychopathes à dézinguer toutes leurs
victimes pour les faire taire.
Il est parfaitement inutile d’attendre des uns ou des autres enquêtes
ou témoignages contre leurs complices : tous mouillés, ils ont tous
pris les mêmes « risques » et encourent tous les mêmes poursuites et
condamnations.
Rappelons donc qu’aux alentours du 20 mai 2011, le cybercriminel et
harceleur professionnel Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait fermé son
atelier de dépannage informatique en indiquant à ses lecteurs qu’il
disposait désormais d’une cagnotte telle qu’il n’aurait plus jamais
besoin de travailler pour vivre. En définitive, il l’avait rouvert moins
d’un an plus tard.
Dans l’intervalle, il avait défacé comme un fou sous le pseudonyme de « SaMo_Dz ».
Bon. Revenons au disparu.
As-tu bien compris, Laurent ? Ou bien faut-il te faire un dessin ?
Tu es encore poursuivi par un fantôme. Et celui-là est armé d’une carabine.
C’est l’une des affaires criminelles les plus énigmatiques de ces
dernières années. Xavier Dupont de Ligonnès, suspect numéro 1 du meurtre
de sa famille, aurait été aperçu cette semaine dans l’Allier,
d’après France 3 Auvergne. Il y a cinq ans, ce fait divers avait lancé
le phénomène controversé des enquêteurs amateurs en France.
Le 21 avril 2011, les corps d’Agnès Dupont de Ligonnès et de ses
quatre enfants sont découverts dans leur maison, à Nantes
(Loire-Atlantique). Seul le père manque à l’appel. Christophe suit
attentivement l’affaire. Au bout de trois jours, il décide de passer à
l’action. « J’ai eu le déclic lorsque j’ai vu l’interview d’un de ses
ex-collègues. Il travaillait sur Internet. Je me suis dit que je pouvais
peut-être trouver des infos », explique Christophe.
Retracer la vie numérique
Un intérêt qui va le pousser à retracer la vie numérique du père de
famille et de sa femme. Il « déterre » des posts de celle-ci sur des
forums. Une page Facebook est créée : Xavier Dupont de Ligonnès, Enquête et débat. « Le but était de sortir les choses et de profiter de la multiplication des cerveaux », poursuit Christophe.
Si le phénomène français des enquêteurs amateurs sur Internet est né
avec le cas Dupont de Ligonnès, il existe depuis longtemps aux
Etats-Unis, où les Web sleuths sont bien connus. Facebook, Twitter, Reddit, 4Chan et bien sûr Websleuth.com… Tous les réseaux sociaux ou presque possèdent leurs groupes d’enquête et/ou de débats.
Des communautés très diverses
Ces pages ou groupes ne sont pas tous publics. Certains enquêteurs amateurs recherchent davantage la discrétion, comme les #Avgeeks (aviation geeks). Lorsqu’un
incident aérien survient, cette communauté de passionnés cherche à
comprendre ce qui a pu se passer. « Nous ne rendons rien public, tout
reste confidentiel », note Marina Tymen, qui en a créé le groupe
Facebook secret il y a trois ans.
La diffusion de certaines infos collectées a parfois des conséquences
regrettables. D’après le commissaire Stéphane Blin, chef de la sûreté
départementale de Seine-et-Marne, « cela part toujours d’un bon
sentiment, mais il peut y avoir interférence avec l’enquête officielle.
Quand on prend connaissance d’un élément, il faut en informer les forces
de l’ordre. Nous avons besoin des gens pour résoudre des enquêtes. »
Transparence vs secret de l’instruction
Christophe, lui, a fait le choix de tout rendre public. « Je voulais
que l’histoire soit racontée de la façon la plus exacte possible. » Il
admet pourtant avoir douté. « Lorsque j’ai découvert le message d’Agnès
sur le fait que son mari avait parlé de « tous mourir demain »,
ça m’a fait un choc. Je me suis posé la question d’en parler à la
police. Je ne l’ai finalement pas fait car je pensais qu’elle était déjà
au courant. »
Il apprendra plus tard que ce n’était pas le cas. Les policiers
n’avaient pas encore eu accès non plus à la boîte mail de Dupont de
Ligonnès, que Christophe était parvenu à consulter. « Cela peut poser
problème, justifie le commissaire Stéphane Blin. On a parfois affaire à
des personnes qui ont une connaissance très pointue des outils
informatiques, avec toute la manipulation qui peut en découler. »
« Mettre de l’huile sur le feu »
Le double attentat de Boston,
aux Etats-Unis, a été l’exemple flagrant de l’effet négatif que peuvent
avoir certaines enquêtes d’amateurs. Le 15 avril 2013, des explosions
retentissent pendant le marathon. Des internautes cherchent à identifier
les poseurs de bombe sur les images de l’attentat. Une chasse à l’homme
virtuelle s’engage. Un nom circule sur Twitter, avec une photo : Sunil
Tripathi. Il s’avère rapidement que cette personne n’a aucun lien avec
les terroristes. Un message d’excuses est mis en ligne, mais sa
famille a craint pour sa propre sécurité jusqu’à l’identification des deux frères Tsarnaev.
Un cas d’école pour Stéphane Blin : « Les gens peuvent
parfois prendre des informations pour argent comptant. Cela met de
l’huile sur le feu. »
Malgré tout, les risques existent, Christophe ne dira pas le
contraire. Condamné à 1.000 euros avec sursis en janvier dernier pour
« recel de violation du secret de l’instruction », il affirme ne plus
mener d’enquête aujourd’hui. « J’ai été un peu refroidi par le procès.
Cette histoire a eu des conséquences judiciaires et personnelles sur ma
vie. »
Un policier condamné à une amende pour des fuites dans l’affaire Dupont de Ligonnès
Un fonctionnaire de police a été condamné mercredi à 3.000 euros
d’amende pour violation du secret professionnel pour avoir divulgué des
documents sur l’affaire Dupont de Ligonnès, qui avaient par la suite été
publiés sur internet.
La soeur de Xavier Dupont de Ligonnès, Christine, avait porté plainte
en mai 2012 après un article du Parisien, qui n’a pas été
poursuivi, qui évoquait des correspondances entre Xavier Dupont de
Ligonnès, soupçonné d’avoir tué son épouse et leur quatre enfants, et
depuis introuvable, et des proches.
Le lendemain de la parution de l’article étaient publiées 39 notes
secrètes du père de famille, pièces versées au dossier d’instruction en
cours, sur la page Facebook d’un certain « ChrislaVérité », internaute passionné par cette énigme, intitulée »Xavier Dupont de Ligonnès, enquête et débat ».
L’enquête a permis de remonter jusqu’à un brigadier-chef de l’Office
central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de
l’information et de la communication (OCLCTIC), qui travaillait sur
l’affaire, chargé de retrouver des traces numériques permettant dans le
cadre de l’enquête.
Une troisième personne, qui n’a pas été poursuivie, avait reçu les documents du policier, avant de les transmettre à « ChrislVérité ».
En envoyant ainsi « des documents couverts par le secret par courriel », le policier « ne pouvait ignorer qu’il enfreignait les règles les plus élémentaires régissant le secret de l’instruction », a estimé le tribunal correctionnel de Paris.
Les juges n’ont toutefois pas inscrit sa condamnation à son casier judiciaire.
Le parquet avait requis contre lui 4.000 euros d’amende et deux mois de suspension de ses fonctions.
Quant à « ChrislaVérité », il a été condamné à une amende de
1.000 euros avec sursis pour recel de violation du secret professionnel
et atteinte au secret des correspondances.
Les deux prévenus ont été condamnés solidairement à verser un euro de dommages et intérêts à Christine Dupont de Ligonnès.
Chargé de fouiller le Net à la recherche d’éléments sur l’énigmatique
affaire Dupont de Ligonnès, un fonctionnaire de police s’est rendu
coupable de fuites auprès d’un hacker dans le but de faire avancer
l’enquête. Mais ses méthodes à la hussarde n’ont mené à rien.
Xavier Dupont de Ligonnès s’évanouit dans la nature le 15 avril – Coll.privee De Ligo/FSMADJA/SIPA
Un policier a été condamné à 3 000 € d’amende pour avoir divulgué des
documents d’instruction concernant la très mystérieuse affaire Dupont
de Ligonnès. Cette condamnation de principe, qui ne sera pas inscrite au
casier judiciaire, s’imposait juridiquement. Brigadier-chef à l’Office
central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de
l’information et de la comunication (OCLCTIC), le fonctionnaire condamné
était chargé de repérer toute trace de message électronique permettant
de débrouiller cette bien étrange affaire.
Après avoir justifié le 11 avril 2011 la disparition de sa famille,
qui ne donnait plus de signes de vie depuis une dizaine de jours, par un
départ « à l’étranger », Xavier Dupont de Ligonnès s’évanouit dans la
nature le 15 avril. Six jours plus tard, la police retrouve sa femme et
ses quatre enfants enterrés sous le perron de leur maison familiale de
Nantes. Les enquêteurs récupèrent également la Citroën C5 de Xavier
Dupont de Ligonnès sur le parking d’un hôtel Formule 1 à
Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Seule la sœur du disparu, Christine
Dupont de Ligonnès, demeure alors convaincue de son innocence. Elle
seule peut entrer en contact avec lui.
C’est alors qu’un hacker a piraté la boîte mail de Christine Dupont
de Ligonnès et a consulté ses divers comptes numériques. Il a ensuite
publié une série de documents sur un blog. Rien qui permette d’élucider
le mystère, mais, tout de même, il s’agissait de correspondances
privées. En enquêtant sur le vol, le recel et la diffusion de ces
documents, publiés par le hacker sur une page Facebook au nom de «
Chrislavérité », les enquêteurs ont coincé leur collègue de l’OCLCTIC.
Le policier avait donné un coup de pouce au hacker, mais aucun n’a
retrouvé la trace du tueur présumé
Manifestement, celui-ci avait donné un coup de pouce au hacker, pour
qu’il puisse poursuivre ses investigations sans être bloqué par les
réglementations qui régissent celles de la police. Mais les limiers
illégaux n’ont pas davantage que la police retrouvé la piste de Xavier
Dupont de Ligonnès. D’autant que les documents publiés, qui avaient déjà
été versés au dossier d’instruction, sont en fait des notes, pour le
moins incohérentes, laissées par le disparu. Ce dernier s’était efforcé
de prouver son innocence, alors que nul ne savait ce qui était advenu
des cinq victimes…
Le blog, désormais fermé, de Christine de Ligonnès cherchait à
démontrer qu’un homme seul n’avait pu abattre une femme et quatre
enfants dont le plus jeune avait 13 ans et remuer ensuite 2,5 m3 de
terre pour les ensevelir. Sauf que les victimes ont été abattues dans
leur sommeil, après avoir été droguées. Et les enquêteurs disposent
d’éléments proprement accablants ; comme les factures réglées par Xavier
Dupont de Ligonnès pour l’achat d’armes et de munitions, quatre séances
d’entraînement au tir, le tout complété par la panoplie du terrassier…
Le seul véritable mystère concerne la disparition du suspect. Se
suicider en faisant disparaître son propre cadavre n’est pas chose
courante, même si ce n’est pas totalement impossible, quand la trace se
perd entre les Maures, l’Esterel et la Méditerranée.
Dupont de Ligonnès : les internautes ne cherchent plus, mais espèrent encore
14h28, le 21 avril 2016, modifié à 20h41, le 21 avril 2016
Cinq ans après le meurtre de son épouse et de ses quatre
enfants, le coupable présumé Xavier Dupont de Ligonnès reste
introuvable.@ AFP
En 2011, ils étaient des dizaines à jouer les cyber-enquêteurs pour
tenter de percer le mystère de l’affaire Dupont de Ligonnès. Cinq ans
après, leur passion s’est-elle essouflée ?
Le 21 avril 2011, la découverte des corps d’Agnès Dupont de Ligonnès
et de ses quatre enfants sonne le début de l’une des plus fascinantes
affaires criminelles. Immédiatement, le mystère autour de la disparition
du suspect principal, Xavier Dupont de Ligonnès,
suscite la curiosité et la mobilisation de dizaines d’internautes, qui
vont tenter de mener l’enquête avec leurs propres moyens.
L’implication des internautes. Parmi eux, “Chris La Vérité”, créateur de la page Facebook : “Xavier Dupont de Ligonnès : Enquête et débat”.
Groupe de référence sur le sujet, elle recueille plus de 5.000 likes.
Technophile, cet Angevin était “auto-entrepreneur dans le domaine du
web” lorsque l’affaire a éclaté. Passé par la même université catholique
que Thomas, l’un des fils de “XDDL”, le jeune homme a voulu “scruter et
fouiller le net, et utiliser Google au maximum de ses capacités”.
Les trouvailles des Sherlock 2.0. A l’époque, il se “consacre à
temps plein” aux recherches, mettant tous ses projets de côté. Lui qui
devait partir s’installer en Nouvelle-Zélande, reporte son départ. Il
n’ira jamais. Autour de “Chris La Vérité” se constitue une équipe d’une
quarantaine d’enquêteurs amateurs, qui vont traquer la moindre trace
numérique des Dupont de Ligonnès. Très vite, l’investissement des “stalkers” va se révéler fructueux. Ils exhument, sur les forums et profils Facebook d’Agnès et Xavier Dupont de Ligonnès, des photos ou messages postés sous pseudo
permettant de dresser un portrait plus nuancé que celui des apparences
bourgeoises et traditionnelles que le couple donnait à voir en société.
L’enquête numérique s’est vite épuisée. Aujourd’hui, le trentenaire, condamné en mars dernier pour
avoir notamment diffusé sur le groupe d’enquête des notes secrètes du
père de famille versées au dossier de l’instruction, a totalement laissé
tomber. Les trouvailles se sont épuisées “en deux mois”, explique-t-il.
“C’est allé decrescendo. On est très vite arrivés au bout. Difficile
d’avoir une piste que d’autres n’auraient pas eue avant quand autant de
cerveaux sont mobilisés”, résume celui qui a sauvegardé sur son
ordinateur plus de 700 photos, des dizaines de captures d’écran, etc.
Surtout, “Chris La Vérité” a la conviction que “XDDL” s’est suicidé.
Pour tenter de percer le secret du père de famille, le jeune homme “a
compilé, sur un siècle, les cas de familicides” et lu sur le sujet
nombre de bouquins. “Ce qui m’intéressait, c’était de voir le devenir de
l’auteur du crime dans ces cas-là, le père en général”, explique-t-il.
Réponse ? Le suicide, en large majorité.
Capture d’écran d’une discussion sur la page « Xavier Dupont de Ligonnès : Enquête et débat ».
“Si je savais où il se planquait, j’irais peut-être le chercher!” Néanmoins,
si le dossier Dupont de Ligonnès suscite moins l’engouement des
“stalkeurs” jouant les détectives, il continue à captiver certains
mordus de la première heure. Et pour cause, personne n’est en mesure de
dire si “XDDL” s’est suicidé ou a pris la fuite. “C’est une affaire un
peu hors-norme, non pas pas pas le crime en lui-même mais par son auteur
qui demeure introuvable depuis bientôt cinq ans”, analyse Alexis, qui
reste informé sur le sujet au rythme de deux fois par mois.
Voilà pourquoi, même cinq ans plus tard, il suffit d’un rien pour
raviver l’intérêt des internautes, toujours à l’affût du moindre élément
d’enquête. En particulier, les défenseurs de la thèse de la cavale. “Je
me demande comment ce type fait pour passer entre les mailles du
filet”, confie le consultant en affaires de 37 ans, interrogé via
Facebook. Car une certitude l’anime, “c’est qu’il est toujours en vie
!”. D’ailleurs, “si je savais où il se planquait, j’irais peut-être le
chercher!”, lance ce mordu de l’affaire, persuadé qu’il reconnaîtrait
Xavier Dupont de Ligonnès. “Son visage est imprimé dans ma tête.”
Le fantasme persiste. Mais où chercher ? Car mort ou vivant,
“XDDL” demeure introuvable malgré le mandat international émis à son
encontre et les 900 signalements adressés à la police judiciaire de
Nantes depuis le début de l’enquête. Le quinquagénaire a été “aperçu” en Italie, en Amérique du Sud, ou encore en Australie… Une absence de certitudes qui continue d’alimenter les théories les plus originales.
Certains pensent qu’il pourrait s’être réfugié dans un monastère,
d’autres qu’il aurait même tué une personne pour lui usurper son
identité….
Capture d’écran d’un commentaire laissé sur la page Facebook « Xavier Dupont de Ligonnès : Enquête et Débat ».
Sur la page “Xavier Dupont de Ligonnès : Enquête et Débat”, un message posté le 3 avril,
date à laquelle Agnès et ses enfants ont pu être tués, sème le trouble
parmi les internautes. Longue démonstration à l’appui, un certain “Hervé
Spets” persuadé du suicide du père de famille appelle les volontaires à
se manifester pour localiser, puis aller déterrer le corps : “Alors
pourquoi ne pas participer à l’enquête, par exemple en procédant au
repérage des sites possibles ?” Ce fameux “Hervé Spets”, que nous avons
tenté de contacter – en vain -, est soupçonné par certains internautes…
d’être Xavier Dupont de Ligonnès lui-même.
Capture
d’écran Facebook de réactions au post d’un internaute soutenant la
thèse selon laquelle « XDDL » s’est suicidé, en s’enfermant dans le
caveau d’un cimetière pour que l’on ne retrouve jamais son corps.
Suspendus à l’enquête. Au fond, tous restent en attente d’une
nouvelle avancée significative dans l’enquête, au point mort depuis
plusieurs années. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un policier dédié à
ce dossier tentaculaire, notamment charger de vérifier les signalements.
Et si un peu plus de 900 ont été transmis à la police judiciaire de
Nantes, plus de la moitié l’ont été durant l’année suivant le quintuple meurtre.
La gendarmerie de Montluçon procède depuis mardi à des vérifications
après qu’un homme ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès a été vu au
cours de la nuit du 17 au 18 octobre.
Et si Xavier Dupont de Ligonnès était toujours vivant? France 3 Auvergne
rapporte ce mercredi que la police de Montluçon, dans l’Allier, procède
à des vérifications après le signalement d’un homme lui ressemblant
fortement. Cette personne a été vue dans la nuit du 17 au 18 octobre au
Casino de Néris-Les-Bains. Selon la chaîne régionale, les bandes vidéo
de l’établissement montrent effectivement une silhouette ressemblant à
celle de l’homme soupçonné d’avoir tué toute sa famille à Nantes en
2011. Les éléments doivent être transmis au service régional de police
judiciaire de Nantes, qui s’occupe de l’enquête. «C’est une affaire très
sensible, plusieurs unités de la gendarmerie travaillent sur ces
vérifications», a expliqué à «La Montagne» un policier.
Depuis la disparition du père de famille, l’affaire Ligonnès est un véritable mystère.
Le profil de l’homme est en effet des plus troublants. Quinquagénaire à
la personnalité instable, fils d’une femme endoctrinée dans une secte
qui proclame l’imminence de l’Apocalypse, il connaissait de nombreux
problèmes financiers. Est-ce pour cette raison qu’il a tué sa femme
Agnès et leurs quatre enfants, Arthur, 20 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16
ans, et Benoit, 13 ans? Leurs cadavres étaient enterrés avec ceux des
deux chiens sous la terrasse. Des objets religieux, croix, statuettes,
chapelets, médailles étaient en outre disposés sur chaque corps.
De nombreuses fausses pistes
Xavier Dupont de Ligonnès semblait avoir en tout cas préparé sa
fuite. Le 8 avril 2011, il avait écrit un courrier à ses proches. Il y
expliquait devoir partir vivre aux Etats-Unis dans le cadre d’un
programme de protection des témoins. «Inutile de s’occuper des gravats
et autres bazars entassés sous la terrasse, c’était là quand nous sommes
arrivés ici», avait-il notamment écrit. Il aurait quitté Nantes peu
après la date présumée des assassinats, le 3 ou 4 avril, pour rejoindre
la Charente-Maritime avant de gagner Blagnac (Haute-Garonne). Il a
ensuite séjourné le 12 avril à l’Auberge de Cassagne, au Pontet
(Vaucluse), avant de rejoindre Roquebrune-sur-Argens (Var), où il a
abandonné son véhicule, une Citroën C5, le 15 avril. C’est là que sa
trace a officiellement été perdue. Fin juin 2013, un corps en
décomposition avait été retrouvé dans le Var. Les enquêteurs avaient
alors pensé avoir enfin retrouvé le fugitif. Mais il s’agissait là
encore d’une fausse piste.
L’homme qui a disparu il depuis cinq ans peut-il être encore vivant ?
Nous avons posé la question à la journaliste Anne-Sophie Martin, auteur
d’un livre consacré au mystère Ligonnès. Au terme d’une longue enquête,
elle a acquis la conviction qu’il pouvait être en vie. Entretien.
C’est une des plus grandes énigmes judiciaires des 10 dernières années. Alors, forcément lorsqu’elle refait surface, elle alimente les hypothèses, les conversations et les fantasmes. Un homme ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès, tueur présumé de sa femme et de ses quatre enfants en avril 2011 à Nantes, a donc été vu lundi au casino de Néris-les-Bains.
Un signalement parmi des centaines d’autres. Sauf que cette fois, les
enquêteurs ont en leur possession des images vidéos fournies par le
casino. En relation avec la police judiciaire de Nantes, les gendarmes de l’Allier s’affairent à retrouver ce fameux client du casino. S’agit t-il de Xavier Dupont de Ligonnès ? Les chances sont minimes mais pas nulles...
Anne-Sophie Martin est la spécialiste de l’affaire Dupont de Ligonnès. Réalisatrice, auteur et journaliste pour France 2 (Faites entrer l’accusé) ou M6 (Secrets d’actualité), elle vient de publier « Le disparu » paru aux éditions Ring.En
fouillant la très fournie correspondance de Ligonnès et en recoupant
les témoignages de ses proches, elle a reconstitué le scénario le plus
crédible et s’est forgé une intime conviction.
France Bleu Pays d’Auvergne : Au terme de vos investigations,
vous avez acquis la conviction que Xavier Dupont de Ligonnès est encore
en vie ?
Anne-Sophie Martin : « Au fil de mon enquête, je
ne le vois pas capable de se suicider, notamment dans les jours qui
suivent le meurtre de sa femme et de ses quatre enfants. Il y a une
quantité astronomique d’écrits sur ordinateur pour justifier un départ
de la famille à l’étranger (en Australie, puis aux États-Unis). Des
justificatifs d’absence qui ne collent pas avec quelqu’un de suicidaire.
Je suis donc partie sur la piste d’un survivant. Par ailleurs, durant
sa cavale de six jours entre Nantes et le Var, il a pris des repas
copieux, des entrecôtes, des bouteilles, a souvent discuté de façon
apaisée avec les employés des restaurants et des hôtels qu’il a
fréquentés. On est pas vraiment dans le cas de quelqu’un habité par la
noirceur et le désespoir, donc ça ne m’a pas fait pencher vers la thèse
du suicide. »
« Je suis partie sur la piste d’un survivant » – Anne-Sophie Martin
Nous sommes plus de cinq ans et demi après les faits, aussi
malin et organisé soit Xavier Dupont de Ligonnès, comment peut-il
échapper à toutes les polices de France et d’Europe ?
« Pour moi, je l’explique dans mon livre « Le disparu », il est
évident que quelqu’un qui est en cavale a peu de chance de passer entre
les mailles du filet lorsqu’il est immédiatement traqué après les faits.
Dans cette affaire, on perd la trace de Ligonnès le 15 avril, les corps
ne sont découverts que six jours plus tard et les recherches sont
lancées le 22 avril. Il a donc sept jours d’avance sur les forces de
police. Ligonnès a donc très bien pu organiser sa fuite depuis le sud de
la France. Il a un temps d’avance qui ne sera jamais rattrapé
finalement. On sait aussi qu’il a passé plusieurs mois aux États-Unis.
En passant d’un état à l’autre, il revendait des voitures pour se faire
de l’argent. Il y avait une débrouillardise évidente chez cet homme. Pas
besoin d’une vie luxueuse ou d’un réseau pour assurer sa cavale.
J’ajoute que Dupont de Ligonnès a un physique assez « passe-partout ».
Grand brun, 50 ans, des lunettes, assez élégant, mais pas extravagant,
c’est quand même idéal pour se fondre dans la foule et dans la nature. »
Xavier Dupont de Ligonnès a fait l’objet de plus de 800
signalements depuis sa disparition. Le dernier en date lundi au casino
de Néris-les-Bains dans l’Allier. Cette piste est-elle crédible, selon
vous?
« Le souci, c’est que toutes les investigations ont été menées.
La possibilité de quelqu’un qui se fond dans la nature existe. Mais
est-ce qu’un homme intelligent, bien éduqué et cultivé comme lui, se
sachant traqué pour encore longtemps, va aller dans un département
français, qui plus est pas très loin de la Bourgogne, la région
d’origine de la famille de sa femme Agnès? Ça me semble franchement
aventureux et ça ne correspond ni à son caractère, ni à sa façon de
faire. Après, tout est possible… »
Vous êtes toujours en contact avec les enquêteurs du Service
régional de la police judiciaire de Nantes. Ont-ils toujours espoir de
retrouver Xavier Dupont de Ligonnès?
« En cinq ans d’enquête, ils ont effectué à peu près tout le
travail qu’ils pouvaient faire. Maintenant, il y a deux options pour le
retrouver. Un signalement qui correspondrait et qui serait le bon, ce
qui n’est pas impossible. Ou bien la découverte d’un corps ou de restes
humains par un promeneur, un coureur, un chasseur, ou un spéléologue.
Pour l’heure, tout a l’air figé, le mystère reste entier, c’est un peu
un vertige et c’est ce qui est fascinant dans cette histoire. »
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