Tarbes. Gadi, un groupe terroriste, revendique deux attaques incendiaires
Publié le 07/02/2014 à 07:53, Mis à jour le 07/02/2014 à 08:03
Tarbes (65) – Tarbes
L’incendie du cercle Foch, bâtiment voisin du 35e RAP, survenu le
27 décembre dernier et photographié par ses auteurs. Comme pour la
maison d’arrêt deux jours plus tôt, cet acte n’avait provoqué que des
dégâts minimes./ Photo DR
Le Groupe action directe international a revendiqué avoir tenté
d’incendier la maison d’arrêt et un bâtiment voisin du 35e RAP, fin
décembre. Des revendications «prises au sérieux» par le parquet.
Entre Noël et le Premier de l’An, les deux incendies n’avaient guère
attiré l’attention. Certes, deux enquêtes avaient été ouvertes, l’une
concernant l’attaque incendiaire de la maison d’arrêt survenue le 25
décembre et confiée à la PJ de Pau, l’autre, deux jours plus tard,
visant le bâtiment du Cirfa attenant au 35e RAP, le cercle Foch, et dont
l’enquête avait été confiée à la communauté de brigades de Tarbes.
Deux actes volontaires qui n’avaient fait que peu de dégâts et aucun
blessé. «Cela n’a pas eu d’incidences sur le fonctionnement de la maison
d’arrêt. D’autant que nous n’avions été alertés ni avant ni après cet
incendie», précise-t-on à la prison. Même discours au régiment où la
porte, toujours condamnée, porte les stigmates des flammes, sans
«qu’aucune menace ou revendication» n’ait pu renseigner sur l’origine de
cet acte.
«Venger dans le sang»
Il y avait bien cette rumeur pointant l’action de «corpuscules»
d’extrême droite. Mais rien de significatif jusqu’à ce mardi et ce
communiqué publié sur internet. Le Groupe action directe international
(Gadi) y revendique ces deux attaques aux conséquences mesurées, «en
solidarité et à l’appel international des cinq anarchistes de Barcelone
(1). En solidarité aussi à tous nos frères anarchistes incarcérés dans
les centres d’exterminations des états terroristes. Par ces actions,
nous voulons aussi prouver aux fascistes français que la rue n’est plus à
eux. Le temps où ils tuaient impunément est révolu.» Le Gadi fait
ensuite référence à Clément Méric, étudiant et militant d’extrême
gauche, mort en juin 2013 lors d’une rixe avec un groupe de skinheads.
«Nous appelons les nôtres à venger la mort de Clément Méric dans le
sang, poursuit le Gadi. Nous appelons les nôtres à s’organiser et à
s’armer.» Le groupe explique ne pas avoir communiqué avant «par
sécurité» et détaille même le procédé utilisé, précisant «qu’un explosif
n’a pas sauté lors de l’attaque de la prison».
Un groupe inconnu
Suite à cette revendication, la procureure de la République de
Tarbes, Chantal Firmigier-Michel, a expliqué que les deux enquêtes
ouvertes initialement suite à ces attaques aux cocktails molotovs
avaient été regroupées sous une même procédure confiée à la section de
recherches de la police judiciaire de Pau, en lien avec les services
antiterroristes. «Ce groupe, qui semble appartenir à la mouvance
d’extrême gauche anarchique, n’était pas connu des services spécialisés,
précise la procureure. Si les charges n’ont pas occasionné de dégâts,
cela ne veut pour autant pas dire que telle était l’intention de leurs
auteurs. Il s’agit là de revendications qu’il convient de vérifier et de
prendre au sérieux.» Les enquêteurs sont notamment à la recherche de
faits similaires commis dans le Grand Sud.
Depuis ces deux attaques fin décembre, aucun autre acte semblable n’a été recensé sur Tarbes.
(1) : Le 13 novembre, cinq militants anarchistes espagnols étaient
arrêtés, accusés d’être les auteurs de l’attaque à la bombe contre la
basilique del Pilar de Zaragoza le 02 octobre 2013. Depuis, un mouvement
de solidarité internationaliste de soutien s’organise.
Le spectre d’Action directe
Qui se cache derrière Gadi ? Inconnu des services spécialisés, le
Groupe action directe international s’assimile «à un groupe d’extrême
gauche», selon le parquet. Il fait ressurgir le spectre du groupe armé
anarcho-communiste Action directe dont les membres avaient revendiqué
plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre
1979 et 1987. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés
en 1987, puis jugés et condamnés. Parmi eux, l’Auscitain Jean-Marc
Rouillan, condamné en 1989 puis 1994 à la réclusion criminelle à
perpétuité. Il est en liberté conditionnelle depuis le 18 mai 2012.
Jean-Marc Rouillan avait également contribué à la création des Groupes
d’action révolutionnaires internationalistes, les Gari, très proches
phonétiquement du Gadi.
Pau : deux interpellations après une attaque au cocktail Molotov
Par B.R.
Publié le 13/02/2014 à 10h49
Un cocktail Molotov a été lancé contre une des portes d’entrée du local de l’Eglise de la science chrétienne, à Pau. (B.R)
Dans la nuit de vendredi à samedi, un cocktail Molotov a été lancé
contre une des portes d’entrée du local de l’Eglise de la science
chrétienne, rue Montpensier à Pau. L’enquête, confiée à la police
judiciaire paloise, a abouti à l’interpellation à Tarbes de deux
personnes, actuellement en garde à vue.
L’attaque incendiaire de ce week-end a été revendiquée sur internet –
photos des faits à l’appui – par le groupe action directe international
(GADI) qui explique s’en être pris à l’Eglise de la science chrétienne
parce que, selon lui, elle servirait « de base d’arrière-garde pour les
fascistes du Front National » (sic) – le siège palois du parti frontiste
est situé de l’autre côté de la rue.
Ce dont se défend fermement une membre de cette église, qui prône
« un retour à la source du christianisme primitif » : « Nous ne faisons
absolument pas de politique ! Nous n’avons qu’une activité religieuse ».
Et de préciser : « Nous n’avons aussi aucun lien avec la
scientologie ».
Dans la nuit de vendredi à samedi, cette fidèle a été réveillée vers
3h30 par la police qui lui a annoncé l’attaque du lieu de rassemblement
de la rue Montpensier : « Le cocktail molotov a été lancé contre la
porte, mais il n’a pas traversé la vitre et a explosé devant ». Les
sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus, ce qui a permis de limiter
les dégâts. Une plaque de bois a été posée pour protéger l’entrée.
La police judiciaire a mené son enquête dans la plus grande
discrétion, en lien avec le parquet anti-terroriste de Paris. Car
l’activité du GADI, qui se revendique comme « anti-fasciste » et qui
semble appartenir à une mouvance d’extrême-gauche, inquiète les pouvoirs
publics : en effet, il a également revendiqué les tentatives
d’incendies de la maison d’arrêt de Tarbes et d’un bâtiment voisin du
35e RAP (régiment d’artillerie parachutiste), également à Tarbes,
commises fin décembre.
Les deux attaques tarbaises
et celle de Pau ont depuis été regroupées dans une même enquête. Aucune
information ne filtre sur les deux personnes placées en garde à vue.
Attentats anarchistes à Tarbes et Pau : deux hommes en garde à vue
Publié le 13.02.2014
TARBES (HAUTES-PYRÉNÉES). Les militants anarchistes s’en étaient
pris à des symboles comme le 35e régiment d’artillerie parachutiste.| (Google Street View.)
Deux hommes ont été arrêtés et placés en garde à vue
dans l’enquête sur des attaques avec des engins incendiaires commises
récemment à Tarbes et Pau revendiquées par un groupe anarchiste.Les deux
hommes, un Français de 31 ans et un Espagnol de 39 ans, ont été
interpellés à Tarbes (Hautes-Pyrénées) dans le cadre d’une enquête
dirigée par le parquet antiterroriste de Paris.
En matière antiterroriste, une garde à vue peut être prolongée jusqu’à 96 heures.
Les investigations, désormais menées par la Sous-direction
antiterroriste (SDAT) et la direction interrégionale de la police
judiciaire de Bordeaux, avaient été lancées après deux attaques
incendiaires à Tarbes en décembre.
La première, le jour de Noël, avait visé la prison de Tarbes. La
seconde, deux jours plus tard, le 35e régiment d’artillerie parachutiste
(RAP). Ces attaques, qui n’avaient fait que peu de dégâts, avaient été
revendiquées début février par un groupe anarchiste, intitulé Groupe
d’action directe international (Gadi).
«Venger la mort de Clément Méric dans le sang»
Publié sur le site «Contra info», le texte de revendication
expliquait ces actions par solidarité avec «tous les frères anarchistes
incarcérés dans les centres d’extermination des États terroristes». Il
appelait également à «venger la mort de Clément Méric dans le sang», en
référence au militant antifasciste mort en juin 2013 après une bagarre
avec des skinheads à Paris.
Sur le site internet, les auteurs des attentats signent clairement
leurs gestes : «Nous revendiquons l’attaque incendiaire contre un
bâtiment de l’armée française (35 RAP Tarbes, France) du 27 décembre
2013. Nous revendiquons aussi l’attaque incendiaire contre la prison
(Tarbes, France) du 25 décembre 2013. Les deux attaques en solidarité et
à l’appel international des 5 anarchistes de Barcelone», écrivent les
militants anarchistes. Plus inquiétant, ils n’hésitent pas à inciter
leurs sympathisants à «s’organiser et à s’armer» avant de conclure par
un lugubre «Mort à l’Etat, mort aux fascistes, mort au capitalisme».
Une troisième attaque incendiaire a visé dans la nuit de vendredi à
samedi un édifice religieux de Pau (Pyrénées-Atlantique), l’Église de la
Science chrétienne, un courant religieux fondé aux États-Unis au XIXe
siècle. Ce jet de cocktail molotov, qui n’a fait que peu de dégâts, a
également été revendiqué par le Gadi sur le site «Contra Info», dans un
texte lançant: «Mort au fascisme et à ses symboles». Pour le Gadi, cette
église «sert de base d’arrière-garde pour les fascistes du Front
National».
On ignore si le nom du «Gadi» se veut une référence aux «Gari», les
Groupes d’action révolutionnaires internationalistes, qui ont été
particulièrement actifs dans le sud-ouest de la France en 1974-1975 où
ils commirent des dizaines d’attentats à la bombe et des braquages de
banque en relation avec les antifranquistes espagnols. Jean-Marc
Rouillan avait été membre des Gari avant de créer Action directe.
Attaques incendiaires à Tarbes et Pau: une comparution immédiate lundi
Publié le 14.02.2014
Un des deux hommes arrêtés après des attaques
incendiaires à Tarbes et Pau revendiquées par un groupe anarchiste sera
jugé lundi en comparution immédiate à Tarbes, le parquet antiterroriste
de Paris s’étant dessaisi, a-t-on appris de sources judiciaires.Le
parquet antiterroriste a estimé que « les faits ne rentraient pas dans
son domaine de compétence et s’est dessaisi à mon profit », a indiqué à
l’AFP la procureure de Tarbes Chantal Firmigier-Michel, en précisant que
l’homme qui allait être jugé par le tribunal correctionnel, était un
Français de 31 ans.
« Aucune charge n’a été retenue contre l’autre homme » un Espagnol de
39 ans, lors des gardes à vue qui ont été conduites cette semaine à Pau
par la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et la direction
interrégionale de la police judiciaire de Bordeaux, a ajouté la
magistrate.L’homme présenté vendredi au parquet de Tarbes, a été placé
en détention par le juge des libertés et de la détention (JLD) en
attendant son procès, a précisé Mme Firmigier-Michel.Cet homme est
poursuivi pour « dégradations par substance explosive, incendiaire ou
par tout autre moyen représentant un danger pour les personnes, ainsi
que pour transport de substance susceptible d’entrer dans la fabrication
d’un engin incendiaire », a indiqué la procureure.Le premier engin
incendiaire avait visé la prison de Tarbes, le jour de Noël, le
deuxième, deux jours plus tard, le 35e régiment d’artillerie
parachutiste (RAP).Ces attaques, qui n’avaient fait que peu de dégâts,
avaient été revendiquées début février par un groupe anarchiste,
intitulé Groupe d’action directe international (Gadi).Publié sur le site
« Contra info », le texte de revendication expliquait ces actions par
solidarité avec « tous les frères anarchistes incarcérés dans les
centres d’extermination des États terroristes ».Il appelait également à
« venger la mort de Clément Méric dans le sang », en référence au
militant antifasciste mort en juin 2013 après une bagarre avec des
skinheads à Paris.Une troisième attaque incendiaire, il y a une semaine à
Pau (Pyrénées-Atlantique), a touché l’Église de la Science chrétienne,
un courant religieux fondé aux États-Unis au XIXe siècle.Ce jet de
cocktail molotov, qui n’a fait que peu de dégâts, a également été
revendiqué par le Gadi sur le site « Contra Info », dans un texte
lançant: « Mort au fascisme et à ses symboles ».Cette nouvelle
revendication a rapidement débouché sur les deux interpellations,
effectuées à Tarbes dans le cadre de l’enquête conduite par le parquet
antiterroriste.
Damien Camelio, 31 ans, qui a reconnu être l’auteur des attaques
incendiaires de Tarbes, fin décembre et de celle de Pau, a comparu,
aujourd’hui, devant le tribunal correctionnel de Tarbes. Pour expliquer
son geste, il a lu un texte où il se décrit comme « un anarchiste entré
en résistance ». Il a été condamné à deux ans de prison ferme et
incarcéré à la maison d’arrêt de Pau où il se considérant désormais
comme un « prisonnier politique ».
Tarbes. Deux ans de prison pour le terroriste du Gadi
Publié le 18/02/2014 à 03:48, Mis à jour le 18/02/2014 à 08:01
Tarbes (65)
Damien Camelio et son avocate, Me Stéphanie Balespouey. / Photo L. Dard
Damien Camelio, 31 ans, est l’homme qui a créé le Gadi et revendique la paternité des attaques incendiaires sur Tarbes et Pau. Aujourd’hui, il fait partie «des prisonniers politiques» qu’il soutient.
Un regard froid et déterminé qui assombrit une silhouette anonyme,
couverte d’un sweat à capuche sombre. Et si le Gadi, c’était lui. À 31
ans, Damien Camelio comparaissait hier devant le tribunal de Tarbes,
après que le parquet antiterroriste de Paris se soit dessaisi de
l’enquête. Le prévenu ne cache pas son rôle dans les attaques
incendiaires de Tarbes fin décembre comme dans celle de Pau. Il
revendique même sa responsabilité, comme il l’avait fait auparavant par
l’intermédiaire du Gadi, le groupe action directe international.
«D’ailleurs on n’arrive pas à identifier d’autres membres que vous,
avoue la présidente. Vous semblez avoir agi sans complice.» La deuxième
personne interpellée, un anarchiste espagnol de 39 ans, n’a pas été
poursuivie.
Damien Camelio ne dira mot sur la composition du Gadi. Il sera plus
disert, à l’heure de lire une déclaration préalablement rédigée : «Je
revendique ces attaques en soutien aux compagnons anarchistes
emprisonnés et contre les conséquences des politiques libérales
appliquées en Europe. L’ascenseur social ne fonctionne pas. Le
capitalisme, ce système féodal dans lequel la vie entière d’un individu
est déterminée à la naissance, il est là le vrai terrorisme, quand des
familles sont jetées à la rue, quand des parents ne peuvent plus nourrir
leurs enfants, quand la dignité humaine est piétinée. Regardez votre
terrorisme dans les yeux avant de juger le mien.» Il cible l’Etat qui
encourage le vol organisé de la «mafia des exploiteurs» et notamment
Mittal ce «terroriste de classe mondiale». «J’attaque des symboles et
vus répondez de façon violente en ordonnant mon incarcération. Je ne
suis pas innocent, au propre comme au figuré. Ni coupable tant que vous
ne reconnaîtrez pas la culpabilité des vrais oppresseurs terroristes. je
ne suis pas non plus une victime. Je suis juste un militant anarchiste
entré en résistance.»
Un papi anarchiste
Mais qui est-il vraiment ? «Un idéaliste passionné» comme le dira
l’expert psychiatrique qui relèvera des maltraitances morales, mais
aussi des convictions politiques inébranlables, une psychorigidité et
une dangerosité criminologique plutôt que psychiatrique. «La question de
sa réadaptabilité à la société est difficile» conclut le rapport. «Il y
a un risque de récidive avec celui qui n’est plus un délinquant
habituel» dira la procureur Marion de Lalande d’Olce qui réclamera
quatre ans de prison. Neuf condamnations (pour des affaires de vol et
stupéfiants) et plusieurs mois en prison, n’altéreront pas ses
convictions. «C’est un homme exalté qui a toute sa tête, a fait des
études supérieures, défendra Me Stéphanie Balespouey, son avocate. C’est
un homme exalté dont j’ai l’honneur de défendre la liberté d’opinion et
d’expression. Il a des convictions profondes. Toutes ses ressources, il
les destine à la cause des prisonniers politiques. Même son grand-père
était anarchiste !» «C’est l’abandon de mes idéaux qui m’a fait plonger
dans la cocaïne, dira le prévenu, placé en foyer durant son adolescence,
passé par la Corse et employé pendant huit ans comme cordiste. En
retrouvant mes convictions, j’en suis sorti.» «Mais où donc ce
militantisme va vous mener ?» l’interroge la présidente, Nicole Lauda.
«En prison madame… Là, j’ai du mal à avoir des projets. Ce n’est pas un
plaisir d’utiliser la violence. Mais remarquez que ça marche.» «Vous
estimez que cela a eu un quelconque effet pour votre cause ?» reprend la
présidente. «Je ne sais pas… Ça a aidé à diffuser certaines idées, à
montrer qu’on existe.» Il n’en dira pas plus sur ce «on», qui pourrait
bien se résumer à sa seule personne, malgré des contacts par-delà les
Pyrénées. «Il s’en est pris aux biens uniquement, pointe Me Balespouey. À
Pau, le siège du FN était sa cible, mais comme il y avait des voitures à
proximité, il a visé l’Église en face pour ne pas causer de dégâts aux
particuliers. Nous ne sommes pas dans du terrorisme.»
Le tribunal le condamnera à deux ans de prison, une décision pour
laquelle Damien Camelio ne fera pas appel. «Je ne suis ni innocent, ni
victime, ni coupable» lancera-t-il pour conclure son numéro.
Pau : deux ans ferme pour les attaques au cocktail Molotov
Publié le 18/02/2014 à 06h00
Mise à jour : 18/02/2014 à 07h35
Un engin incendiaire avait endommagé les portes du local de
l’Église de la science chrétienne, dans la nuit du 7 au 8 février.
(Archives B. Robaly)
Le tribunal correctionnel de Tarbes a condamné hier à deux ans de
prison l’auteur de trois attaques commises à Tarbes et Pau à l’engin
incendiaire au nom de l’anticapitalisme. L’homme avait été interpellé
mardi dernier à Tarbes pour des faits commis dans cette ville en
décembre et à Pau, dans la nuit du 7 au 8 février dernier. Il avait cette fois visé un local de l’Église de la science chrétienne, rue Montpensier.
À l’issue d’un court procès, les juges ont prononcé hier le maintien
en détention de Damien Camelio, un Tarbais de 31 ans. Cet ancien artisan
du bâtiment aujourd’hui sans emploi, a complètement assumé ses actes
dans une déclaration lue devant les juges. Il s’est revendiqué
« anarchiste, anticapitaliste et antifasciste ».
Il visait en fait le local du Front National…
Si les attaques avaient été revendiquées par un mystérieux Groupe
d’action directe international (Gadi) et si le parquet antiterroriste de
Paris s’était provisoirement saisi de l’affaire, l’enquête, le procès
et Damien Camelio lui-même ont fait apparaître le prévenu comme un homme
agissant seul et pas très doué pour la clandestinité.
Damien Camelio avait été rapidement identifié. Sa voiture
apparaissait sur les caméras de surveillance sur les lieux de ses
méfaits. Son portable avait été géolocalisé près de là. Et il avait payé
le péage entre Pau et Tarbes avec sa carte bancaire. S’il s’en était
pris à l’Église de la Science chrétienne, c’était par défaut : il avait
initialement l’intention de viser le local du Front national situé en
face, mais il n’avait pas voulu endommager les voitures stationnées là.
L’expertise psychologique a noté chez lui des « troubles d’idéaliste
passionné ». La procureure Marion de la Lande d’Olce a refusé de prendre
le prévenu à la légère. Elle a souligné le risque de récidive de la
part d’un homme qui « présente une dangerosité et une criminalité
avérées ». Elle a requis contre lui quatre ans de prison ferme.
Après le jugement, Damien Camelio a donné pour consigne à son avocate
Stéphanie Balespouey de ne pas faire appel. « Il vient de m’indiquer
qu’il n’est ni innocent, ni victime, ni coupable. Il ne reconnaît pas
l’État français », a-t-elle dit.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire