Plus de deux heures à déconner là-dessus... incroyable...
Là, je ne vous cache pas que je n'ai rien écouté en dehors des toutes premières minutes, amplement suffisantes pour mon instruction.
Je suis fatiguée, en ce moment, et ne suis plus grand-chose, même pas l'actualité, ce qui ne m'empêche pas de continuer à la commenter un peu de temps en temps, par exemple avec ceci le dimanche 2 février dernier :
Ah, ben ça tombe bien, dès le lendemain se tient à Brest le championnat national des bagadoù de première catégorie, et je n'étais même pas au courant, je ne l'ai vu qu'à la minute où il débutait :
Voilà, telle est ma vie de victime extrêmement dangereuse, comme le sont toutes les victimes toujours en vie : je me laisse guider de plus en plus et suis toujours dans le coup...
Depuis le temps qu'on me cogne de tous les côtés à la fois et qu'on assassine aussi allègrement autour de moi, je dois maintenant être soutenue par toute une armée de l'ombre qu'aucune écoute illégale ni même légale ne parviendra jamais à repérer...
Tenant
du titre, le bagad Cap Caval de Plomeur (29) a remporté la seule et
unique manche du championnat des bagadoù de première catégorie, ce
dimanche, au Quartz, à Brest.
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Le bagad de Vannes a ouvert le concours.
Le Télégramme/Jacques Chanteau
En
raison de l’annulation de la seconde manche, au mois d’août prochain,
au Festival Interceltique de Lorient (FIL), le championnat des cinq
catégories de bagadoù ne se dispute, cette année, que sur une manche. Et
ce dimanche, c’est donc Cap Caval qui a remporté l’épreuve. Il est
déclaré « vainqueur » mais pas « champion », comme nous avait expliqué
la confédération des sonneurs, Sonerion (10 000 sonneurs), organisateur du championnat des bagadoù.
Championnat national des bagadoù 2025 à Brest : découvrez les résultats
Ce dimanche 9 février
2025, au Quartz, à Brest (Finistère), c’est dans un contexte particulier
que s’est déroulée la première et unique manche du championnat national
des bagadoù de première catégorie. La fédération Sonerion a annulé la
seconde manche de cette année, en raison d’un déficit. Mais ce dimanche,
l’heure était à la fête et les 14 formations en lice ont donné le
meilleur d’elles-mêmes. Une manche remportée par le bagad Cap Caval, le
champion en titre.
Au Championnat national des bagadoù, le bagad Cap Caval termine premier. | KÉVIN GUYOT / OUEST-FRANCE
En lice : les 14 meilleures formations de Bretagne et de
France. Mais il y a trois semaines à peine, à la surprise générale,
Sonerion, fédération des bagadoù, a annoncé l’annulation de la seconde manche cette année,
en raison d’un déficit de 115 000 €. Traditionnellement, elle se
déroule en août, lors du festival interceltique de Lorient (Morbihan). À
l’issue de cette dernière est désigné le champion de l’année.
Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.
Un thème traditionnel
Dans ce contexte de crise, comment allaient réagir les
formations ? Ce dimanche, l’heure était à la fête, pour oublier les
sujets qui fâchent et se retrouver entre passionnés de musique bretonne,
afin de donner le meilleur de soi-même sur la scène rénovée du Quartz.
Chaque année, un thème traditionnel est imposé, à partir
duquel les formations peuvent ensuite laisser libre cours à leur
créativité. Cette année, il s’agissait du pays nantais.
Ce dimanche dès 13h05, retrouvez le
championnat des bagadoù 2025 en direct du Quartz à Brest. Plus de cinq
heures de musique bretonne durant lesquelles les 14 meilleurs bagadoù de
1e catégorie vont s'affronter afin de décrocher le titre de "Vainqueur
des bagadoù 2025".
C'est un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique
bretonne. Le championnat national des bagadoù rassemble les 14 meilleurs
ensembles musicaux de 1e catégorie. Un concours qui se joue ce dimanche
9 février sur la scène du Grand Théâtre du Quartz à Brest.
Les bagadoù devront présenter une suite mettant en valeur la richesse et l'originalité du terroir nantais et de Haute-Bretagne.
Pour rappel, le bagad est une formation musicale traditionnelle
bretonne, composée principalement de cornemuses, de bombardes, et de
percussions. Les 40 à 80 instrumentistes qui le composent sont les
“sonneurs” (cornemuses et bombardes) et les “batteurs” (percussions).
Chacun.e a un rôle très précis et très écrit.
Le spectacle offert par les bagadoù est tout aussi sonore que visuel,
grâce aux instruments, costumes et mouvements scéniques des
instrumentistes sur scène. Un spectacle à découvrir pour les néophytes.
Ordre et horaires de passage des formations musicales
Chaque bagad interprète une suite d'une durée de 10 minutes environ.
Bagad Melinerion (Vannes) 13h
Bagad Beuzec ar C’hab (Beuzec-Cap-Sizun) 13h20
Bagad Kerlenn Pondi (Pontivy) 13h40
Bagad Sonerien Bro Dreger (Perros-Guirec) 14h
Bagad Roñsed-Mor (Locoal Mendon) 14h20
Bagad Ar Meilhoù Glaz (Quimper) 14h40
Bagad Bro Konk-Kerne (Concarneau) 15h
Bagad Pañvrid (Pommerit-le-Vicomte) 15h40
Bagad Saozon-Sevigneg (Cesson-Sévigné) 16h
Bagad Cap Caval (Plomeur) 16h20
Bagad Kevrenn Alre (Auray) 16h40
Bagad Sonerien an Oriant (Lorient) 17h
Bagad Brieg (Briec) 17h20
Bagad Kemper (Quimper) 17h40
Au fil de la compétition, vous pourrez retrouver les vidéos des prestations de chaque bagad.
1 Bagad Melinerion (Vannes)
Le bagad de Vannes-Melinerion, c'est avant-tout une aventure humaine : celle de 300 membres.
Pour le concours, il va interpréter une suite musicale inspirée par
le thème du sel, composée d’un rond paludier du Pays de Guérande et d’un
branle du Marais Breton (Maraîchine). La suite débute par une
introduction en crescendo avec des sonorités brillantes aux percussions,
des envolées virtuoses à la bombarde, et une ambiance qui s’intensifie
jusqu’à l’entrée en scène du soliste de veuze. le bagad innove
également en intégrant à son effectif trois instruments à lames frappées
: deux marimbas et un glockenspiel. Cette création est intitulée HALEN,
qui signifie « sel » en breton.
2 Bagad Beuzec ar C’hab (Beuzec-Cap-Sizun)
Dans le Cap-Sizun, entre Douarnenez et la Pointe du Raz,
Beuzec-Cap-Sizun, petite commune de près de 1000 habitants, a su donner
naissance à un bagad d'exception.
Le bagad va vous interpréter une suite du Sud Loire et plus
précisément du Pays de Retz : Bianche Biche la neu. En introduction, il
jouera une interprétation du conte « la blanche biche ». Arrive après
une suite de rondes à trois pas de Pornic « les Bretonnes » suivie de
l'interprétation du « Mariage Anglais » puis d'une suite de danses
incontournables du pays de Retz : la Grand'Danse et son fameux Tralala, «
Dessus le pont de Nantes » et une version de « La saison des choux » en
branle.
3 Bagad Kerlenn Pondi (Pontivy)
Fort de plus de 250 membres, le bagad évolue en
première catégorie depuis plus de 25 ans. Kerlenn Pondi fut aussi le
premier ensemble bagad-cercle jamais créé. Il a fêté ses 70 ans l'année
dernière.
Du travail au lien social, la suite « Un jour dans les Courberies »
proposée par Kerlenn Pondi raconte la journée des travailleurs. Cette
suite d’airs, venant essentiellement du Pays de Châteaubriant, se
déroulera en quatre temps. Le premier sera la marche d’entrée, un bloc
Aksak (de rythme irrégulier). Viendront ensuite des ronds paludier à
travers trois airs distincts. Puis suivront des Avant-deux.
4 Bagad Sonerien Bro Dreger (Perros-Guirec)
L'association compte désormais plus de 70 musiciens. En mars 2025, il
ira porter les couleurs de la Côte de Granit Rose et du Trégor à
New-York pour la Saint-Patrick devant des millions de personnes !
La suite interprétée s'intitule Rhapsodie Nantaise. Le bagad vous
entraine dans ses « tralalas », suivis de maraîchines, branles ou danses
courantes ancestrales empreintes de ces terres gagnées sur la mer, aux
confins de ce marais breton. Puis ce sera une mazurka et enfin de la
grand’danse, « Mon Petit bonnet Roz ».
5 Bagad Roñsed-Mor (Locoal Mendon)
Créé en 1969, le Bagad Roñsed-Mor de Locoal-Mendon accède à la 1ʳᵉ
catégorie en 1981. Il a remporté quatre titres de « Champion de Bretagne
» (1990, 1993, 1999, 2003).
Pour cette suite, le Bagad Roñsed-Mor a travaillé le riche répertoire
de l'une des plus grandes interprètes de la presqu’île guérandaise :
Constance Crusson.
6 Bagad Ar Meilhoù Glaz (Quimper)
Ce bagad fut donc l’un des premiers bagads scolaires formés en
Bretagne. Le Bagad du Moulin Vert a participé pour la première fois en
1982 au Championnat National des Bagadoù. Il a atteint la 1ʳᵉ catégorie
en 1995. Il est fort de 90 membres.
Sa suite s'intitule : Les Bigoudènes du Croisic. Le voyage débute au «
petit bois du Pouliguen », puis suit l’ « en-dedans », prélude d’un
rond Paludier, avant de jouer « Charmante Eléonore », une chanson
d’adieu d’un marin à sa bien-aimée avant de partir en mer. Un bal
Paludier vient clôturer cette suite.
7 Bagad Bro Konk-Kerne (Concarneau)
En 2026, l'ensemble fêtera ses 40 ans d'activité. L’association ne
cesse d’évoluer et compte désormais près d’une centaine de musiciens.
Il présente sa suite « j’ai bien pris du plaisir ». Elle est composée
d’une mazurka dont le thème principal est « petit Pierre hausse moi »
ou « la fusée volante » et de rond Paludier accompagné tout du long par
la mélodie «j’ai bien pris du plaisir ». Véritable fil rouge de cette
suite, l’air sera interprété sous différentes versions.
8 Bagad Pañvrid (Pommerit-le-Vicomte)
Fondé en 1978 à Pommerit le Vicomte, au nord de Guingamp dans les
Côtes-d'Armor, le bagad est un acteur fidèle du championnat national des
bagadoù depuis sa création. Il est monté en 1ʳᵉ catégorie suite au
championnat 2023.
Sa suite musicale est intitulée "Madame la mariée". Cette création
raconte l’histoire imagée d’une jeune mariée, entre émotions et
festivités, dans ce pays de mer et de marais. Elle débute par une
mélodie rythmée, puis les premiers pas de danse se dessinent avec un
rond de paludier. Elle se poursuit par une mélodie originale, pièce
maîtresse de la suite. Enfin, la fête bat son plein avec des Avant-Deux
de Ligné - Les Touches, des airs festifs et entraînants.
9 Bagad Saozon-Sevigneg (Cesson-Sévigné)
ce bagad regroupe plus de 150 membres. Il a intégré la 1ʳᵉ catégorie,
sur les cinq que compte la fédération Sonerion, en août 2017.
Il présente « On dit partout que j’aime », une suite d’airs du pays
Nantais. Sa prestation s’ouvrira par la mélodie éponyme, suivie d'une
suite d’Avant-deux de travers composée de quatre thèmes : “Prête moi ton
petit panier”, “La fille à Jérôme”, le troisième étant un air de violon
et le quatrième venant du violoniste Louis Bourgeois. Puis viendront
une suite de Maraîchines et enfin une nouvelle exposition de la mélodie
“On dit partout que j’aime”.
10 Bagad Cap Caval (Plomeur)
Le bagad «Cap Caval» ancien nom du Pays Bigouden, affiche depuis 40
ans d’existence une longue et belle histoire. Depuis 1996 en 1ʳᵉ
catégorie, les sonneurs bigoudens ont remporté depuis 2008 une belle
série de neuf titres suprêmes de Champion de Bretagne. Il est détenteur
du titre depuis deux ans.
La prestation s’articule autour de trois ronds maritimes : le rond de
Sautron, La Oie et Les Bretonnes de Pornic ; une maraîchine du Pays
Maraîchin / Marais Breton rythme la fin de cet opus. La complainte de
Campbon « Satan dans le Moulin à vent » occupe une place centrale.
Enfin, la suite se terminera par la berceuse « A Paris l'y a 10 petits
grains d'or ».
11 Bagad Kevrenn Alre (Auray)
Créée en 1951 par les cheminots d’Auray, la Kevrenn Alré est l’un des
plus anciens ensembles d’inspiration traditionnelle bretonne. La
Kevrenn Alre compte huit titres de Champion de Bretagne des bagadoù.
Sa création porte le nom de « Sonnez sauniers ! ». La suite s’ouvre
par une Grand’danse. S’ensuit un moment de mélancolie au A de la mélodie
“L’Oiseau Messager”. Puis, la suite se poursuit par La Oie, danse
ancienne en ronde du Pays de Retz. La marche “Les Quais du Havre” clôt
cette suite en évoquant le départ vers de lointaines contrées.
12 Bagad Sonerien an Oriant (Lorient)
Fort de ses 40 ans rugissants concluent en 2023, le bagad a décollé
en septembre 2024 pour la Chine afin de représenter notre pays et notre
région au Shanghai Tourism Festival.
L’introduction de la suite est une adaptation d’une composition pour
piano appelée « Les courses de Guérande ». Le bagad interprètera ensuite
plusieurs thèmes d'Avant-deux de travers. L'air suivant est une
adaptation de la chanson « Sur les pont de Nantes ». Enfin, une suite de
maraîchines, danse pratiquée dans le pays de Retz et dans le marais
Breton Vendéen conclura la prestation.
13 Bagad Brieg (Briec)
À bientôt un demi-siècle d'existence, le Bagad Brieg est aujourd’hui
une institution reconnue. Ce bagad de 1ʳᵉ catégorie compte un titre de
champion de Bretagne.
14 Bagad Kemper (Quimper)
Le Bagad Kemper est aujourd'hui connu aussi bien pour ses nombreuses
collaborations artistiques et créations musicales que pour ses 23 titres
de Champions de Bretagne.
La suite « Va-t'en chagrin ! » est composée d'airs traditionnels de
Loire-Atlantique et prend le nom du dernier couplet de la chanson « Au
Pouliguen ». On trouve au sein de cette suite des airs de rondes de fond
ancien : tout d'abord un air de bal-rond (ou bal) paludier : « La Denoë
» puis trois airs de ronds paludiers : « Sous la feuille » et «
Descendez moi je veux danser ». La suite se termine en brodant de
manière ludique et joyeuse autour de quelques airs de contredanse.
Une année particulière pour Sonerion
Cette édition du championnat est marquée par une situation financière
difficile pour Sonerion, l'organisation qui encadre les bagadoù. En
raison de contraintes budgétaires, la deuxième manche prévue à Lorient
lors du Festival Interceltique cet été a été annulée, une décision qui
suscite une vive inquiétude dans le milieu musical breton. Cette
annulation pose la question de la pérennité du format actuel du
championnat et de son financement à long terme.
Je n'oublie pas que mes anciens employeurs mafieux et harceleurs, auxquels toute l'extrême-gauche est associée, notamment celle de Brest, me faisaient déjà passer mensongèrement pour une mythomane dans les années 1990 sous prétexte qu'à une question très précise de l'un d'eux, j'avais un jour répondu que oui, je pouvais jouer d'un instrument de musique.
Et pourquoi donc cette réponse de ma part a-t-elle été utilisée durant des années et l'est peut-être encore aujourd'hui pour attester de ma soi-disant "mythomanie" ?
C'est très simple : comme tout le monde le sait, les Bretons sont tous des arriérés totalement incultes qui ne connaissent rien à la musique !
Mon éducation musicale est classique, c'est exactement la même que celle des fondateurs de l'Ensemble Matheus que je croisais autrefois à l'Ecole Nationale de Musique de Brest, et qui se sont notamment illustrés lors des cérémonies des JO de Paris l'été dernier.
Selon la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et ses complices de l'extrême-gauche brestoise, elle serait "élitiste" et donc condamnable, j'en étais déjà blâmée par ces malades mentaux dans les années 1970.
Et pour eux, tout ce qui est "élitiste" et donc, par excellence, condamnable, n'existe pas ou doit être détruit, totalement anéanti. Ainsi, également, de l'intelligence ou de l'humanité du matheux ou de l'ingénieur : ces gens-là sont des fous et des débiles mentaux, des robots sans la moindre intelligence ni aucune humanité. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils n'ont strictement aucun droit partout où domine le gauchiste : ce ne sont pas des êtres humains, ils doivent tous être détruits et disparaître, ils n'existent pas.
Soit.
Mais quand même... qui par ici ne connaît pas la musique bretonne ?
Toujours les mêmes : Josette Brenterch et ses complices de la pègre brestoise !
Et pourquoi ? La culture bretonne, c'est encore un truc des nazis ! Ah... Les musiciens bretons sont tous soit "élitistes" soit "nazis", aucun d'entre eux n'existe aux yeux de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et de ses complices du crime organisé, donc effectivement, quand un Breton prétend pouvoir jouer d'un instrument ou connaître la musique, c'est forcément un mythomane !
Sérieusement : en 1491, le mariage d'Anne de Bretagne avec le Roi de France Charles VIII a introduit à la Cour de France la culture extrêmement raffinée de la bien-aimée duchesse des Bretons et ouvert la voie à la Renaissance. En effet, les anciens Rois des Bretons et des Romains, toujours très proches de leurs cousins de Grande-Bretagne, l'étaient encore aussi de ceux d'Italie, où se répandait leur culture jusqu'en Sicile en passant par la Savoie.
A propos de la Psallette grégorienne
de La Roche-Maurice, en retraçant l'histoire du chant grégorien, nous
avons évoqué l'existence d'une école de chant grégorien spécifique à la
Bretagne au Moyen-Age. Qu'en est-il exactement ?
A - Ecole bretonne
"Une école bretonne de grégorien à St-Vougay" : C'est pourtant ce que semble indiquer Ulrich Michels dans son livre Guide illustré de la musique
d'où est extraite la carte qui suit. Mais certains érudits de chez nous
en doutent ? Dans un ouvrage aussi généraliste que celui-ci, l'auteur
n'a pas pu approfondir tous les sujets. Peut-être a-t-il tiré une
conclusion trop hâtive de la découverte d'un vieux missel à St-Vougay
(photo d'une de ses pages plus bas, à droite).
La carte est extraite du livre Guide illustré de la musique par Ulrich Michels - Ed. Fayard 1993. Elle semble indiquer Saint-Vougay comme centre de l'école bretonne de grégorien.
La page manuscrite ci-dessus provient du missel de St-Vougay. Avec
cet extrait du "Gaudeamus", elle nous montre le style de notation de la
musique grégorienne qui a précédé l'écriture en notes carrées et
l'utilisation de la portée à 4 lignes.
Le missel se trouve actuellement aux Archives Départementales à
Quimper. Il date vraisemblablement du milieu du XIè siècle. Une
description très précise en a été faite en 1842 par le comte de Blois,
membre de la Société Archéologique du Finistère (ADQ 1 J 768).
Le missel de St-Vougay a été examiné par un certain nombre de
spécialistes de la liturgie et du chant grégorien ou des érudits en
manuscrits médiévaux. On peut citer :
En 1842, le comte de Blois déjà cité et dont on trouvera le compte-rendu au paragraphe qui suit.
En 1877, Dom François Plaine, Le missel de Saint-Vougay en Bretagne. manuscrit du Xe ou XIe siècle. Extr. de : "Revue de l'art chrétien", 2e série, t. VI, p. 257-275 (ADQ Q8M 3)
En 1879, Dom Joseph Pothier, Quelques mots sur la notation du chant grégorien, à propos du Missel de Saint-Vougay.
En 1963, Michel Huglo, Le domaine de la notation bretonne,
Acta musicologia, vol. 35, avril-septembre 1963, pp. 54-84. Cet ouvrage a
été publié une seconde fois, en 1981, dans la collection Britannia
Christiana dirigée par Jean-Luc Deuffic. Avec quelques notes
complémentaires et des cartes. Il va, bien sûr, au-delà du missel de
St-Vougay, qui n'est qu'un des manuscrits examinés, même s'il est
particulièrement important.
En 1982, Jean-Luc Deuffic : La notation neumatique bretonne et Le missel de St-Vougay
1 - Voici quelques extraits de ce qu'a écrit Michel Huglo :
sur la notation bretonne :
Par "notation bretonne" nous
entendons la notation en usage dans la seule Bretagne armoricaine : la
"Grande-Bretagne" n'a en effet utilisé cette notation
qu'accidentellement. Il est vain de chercher si les moines bretons du
VIè siècle, chassés par les Saxons et fuyant vers la Bretagne
armoricaine, ont apporté des Iles la notation musicale : tout au début
du IXè siècle, époque où les immigrations massives avaient depuis
longtemps cessé, il n'existait pas encore de notation neumatique[...] La
notation bretonne existait certainement au milieu du Xè siècle et elle
s'est conservée jusqu'au milieu du XIIè. Dans les manuscrits, on relève
un certain nombre de formes neumatiques qui peuvent être considérées
comme caractéristiques de la graphie bretonne :
A côté de cette notation spécifiquement bretonne, nous rencontrons
des manuscrits de transition qui empruntent certains éléments à la
notation bretonne et d'autres formes neumatiques à la notation
française.
La majorité des manuscrits en notation
bretonne vient de Bretagne, mais la plupart n'y sont plus actuellement
conservés. [...] Les incursions normandes de 878-888 et celles du début
du Xè siècle, après 907 et surtout 919, avaient incité clercs et moines à
émigrer vers l'intérieur des terres, loin des côtes : on fuyait en
emportant reliques et trésor, parfois aussi quelque évangéliaire
précieux ou un indispensable missel. Les plus anciens sont donc à
rechercher hors de Bretagne".
Il explique ensuite les particularités de chaque neume : Podatus
(1, 2 et 3), Epsilon (4), Salicus (5), Clivis (6 et 7), Climacus (8 et
9), Quilisma, pressus et oriscus selon le contexte (10), Strophicus
(11), Torculus (12), forme particulière (12 bis). Mais nous ne rentrerons pas ici dans ce détail.
Le
document de Michel Huglo se poursuit par l'inventaire des manuscrits
bretons en Bretagne et ailleurs, et la description des notations qui s'y
trouvent.
L'article de Jean-Luc Deuffic sur la notation neumatique est un
complément à celui de Michel Huglo, il donne des précisions sur les
manuscrits et surtout des références pour les retrouver.
sur le missel de St-Vougay :
Il est le "témoin de la notation bretonne à Landevennec". "Ce missel,
ou plutôt ce fragment d'une cinquantaine de feuillets, était déjà
conservé à Saint-Vougay au début du XVIIè siècle. Les litanies du Samedi
saint prouvent bien que le manuscrit a été écrit pour cette région de
Bretagne, sinon pour Saint-Vougay même.
Il est pourtant peu vraisemblable que le manuscrit ait été écrit à
Saint-Vougay : il dût être exécuté dans quelque grand scriptorium, soit
Saint-Matthieu du Finistère, soit Landevennec, au cours du XIè siècle.
Le choix des saints invoqués dans les litanies ne saurait décider en
faveur de l'un ou de l'autre monastère. L'appartenance de Saint-Vougay à
la sphère d'influence de Landevennec inclinerait plutôt à penser que le
manuscrit dût être écrit et noté dans cette abbaye".
2 - Les créateurs du missel :
En ce qui concerne l'abbaye où a pu être
réalisé le manuscrit, Jean-Luc Deuffic avance les arguments suivants : «
La place de Corentin par rapport à Pol dans les litanies favorise un
scriptorium cornouaillais ; de même celle de Guénolé en tête des
non-pontifes milite en faveur de Landévennec ». On pourra constater ce
positionnement de nos saints hommes dans le descriptif du comte de
Blois, plus bas.
3 - D'autres manuscrits bretons (avec neumes) par origine :
Dans son ouvrage d'une trentaine de pages, Michel Huglo cite de nombreux manuscrits liturgiques. Mais, dans le résumé
qui suit, je n'ai retenu que les ouvrages qui comportaient une notation
en neumes bretons. On remarquera, étant donné l'ancienneté de la
période de référence, essentiellement du IXè au XIIè siècle, que le
nombre de manuscrits n'est pas négligeable :
Manuscrits d'origine bretonne
Landévennec
Les évangiles de Landévennec, conservées à New York (Public Library M. 115, IXe siècle). Belle notation bretonne aux formes très pures, sur un passage de la Passion (fol. 95, 97).
Le Missel de Saint-Vougay
Diocèse de Léon
Missel du XIIIè siècle qui appartenait au prieuré de Breventec. Sa
seconde partie, qui paraît antérieure et du XIè siècle, est notée en
neumes bretons.
Diocèse de Dol et de Saint-Malo
Un sacramentaire du fonds de Saint-Germain (B.N. lat. 11.589)
parait avoir été exécuté, au XIe siècle. On y constate la présence, à
côté de neumes français et messins contemporains du texte ou à peine
postérieurs, de deux passages en notation bretonne (fol. 60 v° et 102).
Diocèse de Rennes
Un missel de Saint-Melaine, écrit au début du XIIè siècle, avec du point de vue musical quelques pièces rares.
- fol. 115 : l'alleluia Noli flere Maria (IVe dimanche après Pâques).
- fol. 119 V°: alleluia O rex gloriae (5e verset de 1'Ascension), adapté sur l'alleluia Justi epulentur.
- fol. 175: alleluia Isti sunt sancti qui venerunt.
L'office du patron de Saint-Melaine. L'écriture du texte et de la
notation paraissent de la fin du XIe siècle ou du début du XIIè.
Un fragment d'un antiphonaire, qui porte les dates de 1469 et 1470,
noté sur quatre lignes tracées à la pointe sèche. La notation, à points
carrés, rappelle par sa disposition l'ancienne graphie bretonne. Il
s'agit donc d'une notation de passage entre les neumes sans lignes et la
notation carrée.
Diocèse de Vannes
Un feuillet de missel du début du XIIè siècle.
Deux antiphonaires "bretonicos" du monastère Saint-Gildas de Rhuys, aujourd'hui disparus, du XIè siècle ou antérieurs.
Office à la gloire de Saint-Marcellin dans l'abbaye de Redon, probablement du XIè siècle.
Redon dépendait autrefois du diocèse de Vannes.
Fragment de parchemin provenant d'un très beau missel, du début du XIIè siècle, démembré comme tant d'autres livres liturgiques.
Diocèse de Nantes
Pas de notation bretonne pour Michel Huglo. Sauf si, comme le pense
Jean-Luc Deuffic, le manuscrit 91 d'Angers (voir plus bas) provient
d'une église du diocèse de Nantes : "l'importance donnée aux saints
nantais nous oriente vers une église de ce diocèse en contact avec
l'Anjou et le Saumurois, peut-être possessionnée ou en contact avec
l'abbaye Saint-Aubin d'Angers".
Diocèse d'Angers
Missel noté du Xè siècle (manuscrit 91 de la bibliothèque municipale d'Angers). Voir extrait n°1 et extrait n°2 .
Manuscrits d'origine bretonne non précisée
Manuscrit de Chartres, avant 1100. Un faisceau convergent de motifs rattachent ce graduel aux manuscrits de Bretagne : sa liste alléluiatique, très caractéristique, identique, à celle de l'ancien groupe breton ; sa notation neumatique et enfin ses variantes musicales.
Manuscrit de Valencienne, il ressemble au précédent
Origine inconnue
Cinq fragments de notation bretonne d'origine inconnue.
La notation bretonne hors de Bretagne
A Chartres, monastère de St-Père
Manuscrit 110, dans l'hymne A solis ortus cardine, au folio 88, la première strophe en neumes bretons, ajout au XIè siècle.
Manuscrit 152, à la fin du De Trinitate de Saint Augustin,
quelques antiennes ont été ajoutées dans la première moitié du XIè
siècle. Les neumes bretons sont mélangés à des formes françaises
(torculus et clivis).
Un fragment du missel des Archives d'Eure-et-Loir du XIIe siècle,
donne l'introit du 24 juin où les neumes bretons se tassent en
interligne.
Les scriptorium de la région d'Orléans
La notation bretonne se trouve en particulier à l'abbaye de Fleury, en raison de ses relations très étroites avec la Bretagne.
Un passionnaire de la région d'Orléans contient quelques antiennes à la Vierge (fol. 55 V°) avec notation bretonne.
A Tours
A Tours, où les scribes faisaient usage d'une notation française
analogue à celle des autres scriptorium du Val de Loire, la notation
bretonne se rencontre de maniére sporadique : dans le Lectionarium Turonense,
manuscrit du XIe siècle, l'office de la Sainte Trinité a reçu des
neumes bretons (fol. 54 V°), mais la fin (fol. 55 V°) a été complété en
notation française
A Angers
A Saint-Nicolas d'Angers, un notateur a ajouté, au Xè siècle, à la fin des Dialogues de saint Grégoire (manuscrit 811) , le répons Congregati sunt avec neumes bretons. Une autre main a ajouté l'antienne Ascendit Christus.
Ces additions sont peut-être dues à des Bretons de passage. Ces deux
pièces, en effet, n'appartiennent pas au fonds grégorien primitif.
Dans le sud de l'Angleterre
Les Bretons, au debut de
l'invasion des Normands, en 919, s'enfuirent chez Aethelstan, roi
d'Angleterre, ce qui peut expliquer l'origine des manuscrits suivants :
Le Pontifical de Sherborne a été écrit vers 992-995. L'alleluia Sacer Christi miles (au fol. 170 V°) est noté en neumes bretons.
Les offices des saints Cuthbert, Benoit et Guthlac (Br. Mus.
Harleian 1117) ont été notes au XIè siècle. La notation est très belle
et rappelle les meilleurs manuscrits armoricains, avec de nombreuses
lettres significatives (l, m, q, s, so).
Le même office de saint Cuthbert figure dans un manuscrit du
Vatican qui a la même origine. La notation est identique, quoique un peu
plus récente, mais elle ne comporte pas de lettres significatives.
Le sacramentaire connu sous le nom de Missel de Léofric contient des additions du Xè-XIè siècle (fol. 59 V°) avec neumes bretons.
A Pavie
L'Italie du Nord est un carrefour ou se sont
rencontrés des courants d'influences nombreux et d'origines très
diverses. A côté des notations locales (nonantolienne, etc.), on y
relève la notation messine, la notation sangallienne et enfin la
notation bretonne.
Le plus important témoin de la notation bretonne en Italie du Nord est le graduel du Chapitre d'Ivrée (manuscrit n° 60).
Les fragments d'un missel du Xè siècle du Séminaire de Pavie et dans les fragments de l'Archivio Notarile de la même ville.
Un fragment contenant l'office de saint Syrus et une antienne à
saint Yventius, évêque de Pavie, sert de feuille de garde au missel
manuscrit L. 77 sup. de l'Ambrosienne. La notation est identique à celle
des fragments cités plus haut.
Les feuilles de garde des manuscrits du Vatican 4197 et 4201, tous
deux d'origine italienne, viennent d'un graduel qui aurait la même
origine que le manuscrit d'Ivrée. Cependant, la notation de ces
fragments est beaucoup plus voisine de la notation bretonne que celle du
graduel d'Ivrée.
En somme, Pavie constitue un ilot qui se rattache, par ses origines, à
la notation bretonne, mais qui a subi dans son évolution l'influence du
milieu.
Les notations de transition
Normandie Maine Sud-Ouest
La présence de neumes
bretons a été signalée dans plusieurs manuscrits originaires de
différentes régions Basse Normandie, Maine et Sud-Ouest de la France. Un
examen attentif de ces neumes invite à les classer à part, car nous
n'avons pas affaire à la notation bretonne pure, telle que nous l'avons
rencontrée en Armorique, mais plutôt à une notation de transition qui
combine des neumes français à des éléments bretons.
4 - Conclusion :
Commentaires des érudits sur les écrits de Michel Huglo :
"... il ne faut pas oublier que les Bretons ont connu l'une des plus
anciennes notations musicales connues, vers les Xè-XIIè siècles. Michel
Huglo a mis en évidence l'utilisation d'une notation neumatique bretonne
originale. Il faut signaler, ce qui devrait intéresser les historiens
que la notation bretonne se trouve utilisée dans deux centres principaux
: la Bretagne armoricaine et le diocèse de Pavie en Italie. Michel
Huglo remarque cependant que Pavie forme un noyau sans influence alors
que la Bretagne exerce son action sur les centres voisins. ..." dans Église, Éducation, Lumières... Histoires culturelles de la France (1500-1830), en l'honneur de Jean Quéniart par Alain Croix, André Lespagnol, Georges Provost Presses universitaires de Rennes, p. 403.
Après ce court résumé des recherches faites par nos érudits, il est
possible de se prononcer sur la vision présentée par l'ouvrage d'Ulrich
Michels et qui nous avait interpellés :
Une école bretonne de chant grégorien ?
La réponse doit être OUI. En effet, Michel Hugo conclut ainsi : "un
fait demeure établi : la notation bretonne est l'une des plus anciennes
notations connues et mérite par conséquent une attention toute spéciale
dans l'étude de la tradition mélodique et rythmique du chant grégorien."
Vu l'ancienneté et la spécificité de la notation, l'originalité des
textes rencontrés et des saints honorés, les aspects "mélodiques et
rythmiques", je dirais qu'on est obligé de donner un nom à la tradition
grégorienne en Bretagne, comme on l'a fait pour les autres régions que
cite Ulrichs Michels.
Située à St-Vougay ?
Sur ce point la réponse ne semble pas être positive. Dans l'ouest
breton, il vaudrait mieux citer des lieux comme les abbayes de
Landevennec ou de St-Mathieu. Mais en fait en considérant la
spécificité bretonne examinée plus haut, doit-on privilégier un lieu
précis comme centre de cette école ? Vraisemblablement, non.
L'auteur du Guide illustré de la musique n'a probablement cité St-Vougay que par référence au missel qui s'y trouvait.