La France insoumise a proposé de retirer le fichier des auteurs d’infractions terroristes des contrôles prévus pour certaines personnes accueillant des enfants placés. Un amendement rejeté en commission, mais qui a suscité l’indignation à l’Hémicycle. 

L'indignation s'est emparée des couloirs de l'Assemblée, après une nouvelle proposition polémique de La France insoumise. Il s'agit d'un amendement porté par la députée LFI Gabrielle Cathala, qui a été examiné en commission dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfance, lancé après le meurtre de la petite Lyhanna. Il visait à modifier les contrôles imposés aux personnes qui accueillent un enfant à leur domicile.

Concrètement, le texte proposait de retirer de l'équation le FIJAIT, le Fichier des auteurs d'infractions terroristes, des vérifications réalisées avant qu'un enfant confié à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) ne soit placé dans un foyer d'accueil.

"J’ai été estomaquée", dit la députée LR Émilie Bonnivard

Pour justifier cette proposition, les députés insoumis expliquent que le FIJAIT peut également concerner des personnes mises en examen, notamment pour apologie du terrorisme, sans avoir été définitivement condamnées par la justice.

Un argument jugé inacceptable par plusieurs responsables politiques, dont la députée Les Républicains Émilie Bonnivard.

"J'ai tout d'abord été estomaquée puisqu'on a tous en tête des drames que certains enfants ont vécus. C'est évidemment incompréhensible d'imaginer pouvoir confier des enfants déjà fragilisés à des personnes d'auteur d'infraction terroriste. Ça dénote la forme de complaisance que les députés de la France Insoumise ont avec certaines pensées un peu radicales. Là, ils sont allés trop loin" déplore-t-elle au micro d’Europe 1.

L’amendement a finalement été rejeté en commission. Les contrôles prévus par le texte restent donc inchangés et continueront d'inclure la consultation du FIJAIT avant l'accueil d'un enfant placé à l'Aide sociale à l'enfance.