Halte à la censure et la désinformation satanistes !
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dimanche 27 novembre 2016
Après la mort de David Hamilton, une cinquième victime du photographe se dévoile
Pour elle, les faits n’étaient pas prescrits. De plus, elle avait déjà porté plainte, en 2008, mais n’avait pas été entendue.
Le photographe tenait pourtant depuis longtemps des propos ambigus.
A des journalistes du Monde qui en 2007 lui avaient clairement
demandé s’il avait eu des relations sexuelles avec ses modèles de 13 ou
14 ans, il n’avait pas répondu non.
Au moins deux juges d’instruction pouvaient être soupçonnés de complicité ou de corruption.
Lequel aurait accepté de les « déjuger » ?
A quelques exceptions près, ils ne se contredisent jamais entre eux.
David Hamilton s’est suicidé. Quand la nouvelle est tombée, Flavie Flament (Cap d’Agde, 1987) a immédiatement fustigé la « lâcheté du photographe » qui « nous condamne à nouveau au silence et à l’incapacité de le voir condamné ». Et les autres ? Les trois femmes qui ont témoigné dans « l’Obs »
? Chez toutes, les révélations de l’animatrice avaient fait naître
l’espoir d’être enfin entendues. Et là… Lucie (Cap d’Agde, 1987) se dit
incapable de parler. « Je n’arriverai pas à exprimer ce que je
ressens », dit-elle. Constance (Saint-Tropez, 1967) a senti un
« sentiment de culpabilité, remplacé très vite par un sentiment de
gâchis : dites, on ne peut pas s’arrêter là ? », demande t-elle.
« Le geste est dramatique mais ses actes restent scandaleux ! »
s’énerve Alice (Cap d’Agde, 1985). « Je n’ai fait que lui renvoyer le
miroir de ce qu’il est, je n’ai rien à me reprocher. Plus ça va, plus je
sens au contraire la colère monter : en nous empêchant de nous adresser
à lui, il réussit à nous museler ! »
« Je suis déçue que la justice ne soit pas rendue »
Il y en a une autre, très en colère. Elodie. Nous ne l’avions pas
citée encore dans « l’Obs ». C’est un quatrième témoignage, exclusif. La
Tropézienne a 27 ans, et les agressions qu’elle raconte, similaires à
celles vécues par les autres femmes, sont les plus récentes : elles
datent de 2004. La jeune fille, forcément blonde et fine, avait 15 ans,
et le photographe… 71 ans. Elodie a porté plainte pour viol, en 2008.
Onze ans après la plainte d’Alice Et, pas plus qu’Alice, elle n’a été
entendue : elle a écopé d’un non lieu.
Depuis le livre de Flavie Flament, elle espérait relancer sa plainte, comme nous le confirme son avocate Me Taylor Salusse :
« Elodie envisageait la réouverture
de l’information pour charges nouvelles. Mais le suicide de David
Hamilton éteint l’action publique. La plus grande souffrance des
victimes est de voir leur bourreau faire un sort à la vérité. »
Elodie avait tellement espéré que « Cette page se tourne, enfin »,
pour commencer à se construire une vraie vie, avec son amoureux. Sortir
de ces blocages et de ces peurs qui l’empêchent d’avancer, encore
aujourd’hui. Le geste du photographe la laisse « partagée. Je suis
soulagée qu’il ne puisse plus agresser personne, déçue que la justice ne
nous soit pas rendue, et inquiète aussi : il ne faudrait, pas, parce
qu’il s’est suicidé, que les rôles soient inversés, que notre bourreau
soit transformé en victime ! »
« Si je saute par la fenêtre… ? »
Elodie a pensé au suicide elle aussi autrefois. Dans l’appartement
parisien de David Hamilton. « Je me disais : si je saute par la fenêtre
en culotte, peut-être qu’ils verront ce que je vis ? ». Alice aussi,
avoue y avoir songé longtemps… « Si aujourd’hui on peut déplorer qu’un
homme ait mis fin à ses jours pour fuir ses responsabilités, n’oublions
pas que dans la majeure partie des cas, ce sont des victimes qui mettent
fin à leurs jours parce qu’elles ne sont pas entendues, dans l’anonymat
le plus totale, rappelle Flavie Flament.
Elodie a voulu pour cet article qu’on utilise son vrai prénom. Et a
décidé de poser pour nous, le visage découvert, devant la maison de
Ramatuelle du photographe. Là où, dit-elle, tout a commencé. « Je n’ai
pas honte, je n’ai pas à cacher mon visage. » Déterminée à faire libérer
la parole. Elles sont donc quatre femmes désormais, solidaires autour
de Flavie Flament, qui martèle que « le combat continue. »
Emmanuelle Anizon
Un proche du photographe décédé hier soir, affirme qu’il ne
sortait plus beaucoup de chez lui mais n’était pas pour autant
dépressif, ajoutant même qu’il travaillait sur plusieurs projets.
Il avait annoncé vouloir porter « plusieurs plaintes » dans les prochains jours, pour se laver des accusations dont il se disait victime. Finalement, il n’en sera rien. Le photographe anglais David Hamilton, 83 ans, a été retrouvé mort vendredi soir à son domicile, dans le 6ème arrondissement de Paris.
Retrouvé inanimé avec un sac plastique sur la tête, un
voisin, fonctionnaire de police, a tenté de le réanimer en vain. Il
était en arrêt cardio-respiratoire lorsque le Samu de l’hôpital
Necker a tenté à son tour de le sauver. Son décès a été constaté à 21 h
30. Le témoin n’a pas mentionné la présence de médicaments près du corps de l’artiste qui gisait au sol de son 40 mètres carrés au premier étage d’une résidence huppée.
Un très probable suicide commis dans la solitude la plus totale. En
effet l’un de ses rares proches qui lui avait brièvement parlé
quelques heures avant sa mort, a confié que le photographe ne sortait
presque plus de chez lui. De plus malgré ses costumes blancs et son appartement à Ramatuelle, David Hamilton ne roulait plus du tout sur l’or.
Une réaction rapportée par Le Point qui n’ayant pas réussi à joindre son ex-femme ni son agent, a cependant obtenu le témoignage de son comptable et ami.
“Je l’ai eu encore hier matin au téléphone. Il n’était ni malade ni dépressif. Je connais David depuis 40 ans. Je me suis occupé de son mariage puis de son divorce. On est sous le choc. Il était avec un collaborateur qui l’a quitté vers 18–19 heures vendredi, avec plusieurs projets en cours. Il travaillait sur ces prochaines expositions notamment en Belgique. Il devait tourner un film sur Saint-Tropez pour Arte“.
Ces dernières semaines, le photographe de 83 ans avait été accusé de viols ou d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, dont l’animatrice Flavie Flament, alors qu’elles étaient mineures.
Le célèbre photographe David Hamilton, 83 ans, s’est donné la mort
vendredi soir dans son appartement du boulevard Montparnasse (Paris
6e). Retrouvé inanimé avec un sac plastique sur la tête, un voisin,
fonctionnaire de police, a tenté de le réanimer en vain. Il était en
arrêt cardio-respiratoire lorsque le Samu de l’hôpital Necker a tenté à
son tour de le sauver. Son décès a été constaté à 21 h 30. Le témoin n’a
pas mentionné la présence de médicaments près du corps de l’artiste qui
gisait au sol de son 40 mètres carrés au premier étage d’une résidence
huppée.
David Hamilton, né à Londres en 1933, était divorcé, son ex-femme n’a
pu être jointe alors qu’elle est à New York actuellement. Son agent en
déplacement en Israël
n’était pas non plus joignable. En revanche, son comptable, à son
service depuis 40 ans, a accepté de répondre aux questions du Point.
« Je l’ai eu encore hier matin au téléphone. Il n’était ni malade ni
dépressif. Je connais David depuis 40 ans. Je me suis occupée de son
mariage puis de son divorce. On est sous le choc. Il était avec un
collaborateur qui l’a quitté vers 18-19 heures vendredi. Avec plusieurs
projets en cours. Et il travaillait sur ces prochaines expositions
notamment en Belgique. Il devait tourner un film sur Saint-Tropez pour Arte. »
Depuis plusieurs semaines et notamment la parution du livre autobiographique de Flavie Flament,
ex-animatrice télé et ex-épouse de Benjamin Castaldi, David Hamilton a
fait l’objet d’accusation d’agressions sexuelles sur des modèles, dont
Flavie Flament, qu’il avait photographiés alors adolescentes.
« Il a toujours démenti. Ses accusations ne le perturbaient pas. Je
l’ai incité à réagir plutôt que laisser prospérer ces calomnies. Elles
étaient totalement fantaisistes. Quand on le connaît, tout cela ne
pouvait avoir aucune réalité. Pour lui, elle se faisait de la pub sur
son dos », conclut l’ami de 40 ans du photographe.
Modifié le 19/11/2016 à 18:44 – Publié le 19/11/2016 à 10:06 | Le Point.fr
David Hamilton est aujourd’hui accusé de viols par d’anciens jeunes
modèles. Portrait d’un photographe kitsch obsédé par les jeunes filles
« en fleurs ».
Seize ans, c’était l’âge limite de ses modèles. Limite « supérieure »
s’entend, car, au-delà de cet âge canonique, monsieur Hamilton
déclarait forfait. « Les femmes, ce n’est pas mon rayon », a-t-il
candidement répété, quarante ans durant, à longueur d’interviews. Un âge
minimum requis ? Qu’importe, pourvu que les seins de ces toutes jeunes
filles commencent à poindre un peu, et Hamilton était le plus heureux
des hommes. Il les repérait, toujours blondes, toujours pâles, toujours
minces comme des fils, sur les plages de Saint-Tropez ou dans les rues
de Stockholm, à la terrasse des cafés, et parfois même à la sortie des
écoles.
En 1983, une journaliste de Elle raconte dans un article assez
grinçant que la dernière recrue du photographe britannique n’a que… 12
ans, et qu’il a littéralement enlevé la gamine à la sortie de son
collège, chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans
le coffre de sa voiture… Jamais ses modèles n’ont été payés. Jamais les
parents n’ont pu assister aux « séances de travail » du photographe,
qui, à défaut de verser un salaire à ces jeunes filles, les emmenait
voyager dans le monde entier. « Mais les parents sont ravis, ils
trouvent leurs filles plus dégourdies à leur retour », se vante sans
rire Hamilton dans un entretien donné au temps de sa gloire, au temps où
ses livres se vendaient à des millions d’exemplaires et où ses
innombrables produis dérivés – posters, cartes postales, puzzles –
trônaient dans toutes les chambres d’adolescentes et firent sa fortune.
Une époque puritaine ?
Souvenez-vous, c’était l’époque où les filles portaient de longues
jupes aux imprimés Laura Ashley et de jolies blouses dites
« roumaines », où elles se parfumaient à l’Air du temps de Nina Ricci et
où elles punaisaient, entre deux posters de Snoopy, ces drôles de
clichés vaporeux, flous et kitschissimes. La « lumière hamiltonienne » ?
Le terme est récemment entré dans le dictionnaire, en fait un bête bas
de soie que l’ancien directeur artistique, qui n’a jamais caché n’avoir
aucune notion de technique photographique, enfilait simplement sur
l’objectif. Pour justifier son goût obsessionnel des très jeunes filles,
qui, dans ses livres, ont bien souvent la culotte Petit Bateau baissée
et s’enlacent dans des poses suggestives, l’homme n’a jamais craint de
se comparer en toute modestie à Balthus, aux préraphaélites, à Degas… Rien que ça.
Las, à défaut d’être accrochées comme celles de ses maîtres dans de
véritables musées, ses œuvres sont restées à son grand désespoir
abonnées aux galeries, aux hôtels et aux magasins de posters. D’autant
que, depuis quelques années, ses photos érotico-romantiques n’ont plus
guère la cote. Son dernier livre, publié en France
en 2007, n’a été tiré qu’à 8 000 exemplaires, et encore ses clichés ont
été triés avec grande prudence tant ils gênent notre regard
contemporain. La même année, il est exposé à la Biennale d’art
contemporain de Lyon dans une salle… interdite aux mineurs. Alors, à chacune de ses expositions – la dernière a eu lieu à l’hôtel Scribe, à Paris,
en 2015 –, l’« artiste » y va de son même petit couplet bien rodé :
nous vivons une époque puritaine, coincée, ennuyeuse, peuplée de
« mal-baisés » – dit-il – qui voient du porno ou de la pédophilie là où
il n’a jamais cherché que « la candeur d’un paradis perdu ».
83 ans et des mocassins à pompons
Le plus étonnant de tout cela ? Si, du temps de ses immenses succès
commerciaux, la presse n’a pas toujours été tendre pour les « œuvres »
de ce photographe du dimanche, aujourd’hui, elle est souvent tout miel
et d’une incroyable complaisance pour ce vieux monsieur – il a
aujourd’hui 83 ans – qui porte des mocassins à pompons et des pantalons
de velours, et incarne une époque que l’on fantasme, à défaut de l’avoir
vraiment connue, une époque libérée, détendue, où, en somme, on avait
« le droit »…
Mais le droit de quoi ? Dans son livre La Consolation (JC Lattès), l’animatrice Flavie Flament qui fut son modèle accuse – sans le nommer – le photographe de l’avoir violée à l’âge de 13 ans, et L’Obs vient de recueillir trois témoignages similaires d’anciennes proies
supposées de l’artiste kitsch. Hamilton s’est indigné dans un
communiqué et a récusé ces accusations. On ne saura peut-être jamais,
puisqu’il y a prescription, si le photographe a oui ou non abusé de ces
jeunes filles à peine pubères. Mais le numéro médiatique du vieux
bonhomme – l’art censuré par la pudibonderie de notre triste époque – ne
devrait plus guère fonctionner. Et la relecture de ses dernières
déclarations « anti politiquement correctes » s’avère aujourd’hui
ravageuse. Ainsi, à un journaliste qui dans une interview de 2015 se
souvient avec émotion de ses calendriers sensuels, que rétorque Hamilton
? « Vous, vous avez eu le calendrier. Moi, j’ai eu les filles… »
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