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mercredi 28 septembre 2016
Harcèlement à l'école : des témoignages importants
Autant la presse écrite que la télévision relaient
aujourd’hui des témoignages importants à propos de deux cas de suicides
d’adolescentes harcelées au collège : ce sont d’abord ceux des victimes
elles-mêmes, qui ont toutes deux laissé des écrits, et ensuite ceux de
leurs parents.
Ayant moi aussi connu quelques soucis du même genre durant ma
scolarité, et pour les mêmes raisons (j’étais toujours tête de classe),
je me permets d’y ajouter le mien en précisant ou en rappelant que les
harcèlements démentiels dont je suis devenue victime à l’âge adulte ont
bien exactement les mêmes causes, aux excellents résultats scolaires
ayant naturellement succédé des compétences professionnelles
remarquables et remarquées, avec des conséquences néfastes en tous
genres, et se caractérisent de plus par une belle continuité dans les
tous les harcèlements dont j’ai été victime au cours de mon existence,
puisque la personne qui organise toutes ces exactions depuis maintenant
plusieurs décennies, à savoir Josette Brenterch du NPA de Brest, avait
commencé à me haïr en raison de mes qualités diverses et variées alors
que jeune professeur militant à la Ligue Communiste Révolutionnaire de
Brest elle les entendait vanter dans le milieu enseignant brestois où
j’étais régulièrement citée comme modèle d’intelligence.
Pour moi, cela a commencé au CM2. Un jour, un camarade de classe a
demandé à l’institutrice qui était le meilleur, espérant sans doute
qu’elle lui répondît que c’était lui. Or, c’est moi qu’elle a désignée,
en précisant de plus que j’étais « de loin » la meilleure. De ce jour,
outre que j’ai commencé à recevoir des coups de règle sur la tête, plus
personne n’a plus jamais voulu jouer avec moi à la récré. J’ai donc pris
l’habitude de ne même plus y descendre, je restais en classe tandis que
les autres allaient jouer. Je lisais. Etant jeune, je lisais
énormément. Contrairement à l’ancienne riveraine de Rue89 répondant au
pseudonyme de « Béatrice1″, une autre cible du malade mental extrêmement
dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, modèle de cancre harceleur de
premiers de la classe, je n’ai pas lu Saussure à neuf ans. Je ne l’ai
pas lu plus tard non plus, je ne l’ai jamais lu. En revanche, à cet
âge-là, j’ai bien lu la totalité des ouvrages du rayon « Contes et
légendes » de la bibliothèque municipale que je fréquentais, et ce
n’étaient pas mes seules lectures. L’année suivante, la linguistique me
passionnant aussi, je commençais à apprendre le latin, seule avec de
vieux bouquins trouvés à la cave, entre deux séances de patins à
roulettes avec les copains du quartier. J’étais donc bien pour le moins
« décalée » par rapport aux autres enfants de mon âge ou à mes camarades
de classe, mais cela ne nous empêchait pas de nous retrouver à la
récré, par exemple pour des activités physiques comme le saut à
l’élastique, jusqu’au jour fatidique où j’ai été montrée du doigt comme
première de la classe.
A partir de la classe de sixième, les notes ont toujours eu le même effet.
Je passe sur les détails pour souligner encore une fois le rôle
extrêmement négatif de professeurs du type soixante-huitard ou
égalitaristes qui participaient eux-mêmes aux processus de harcèlement
des bons élèves, ou les favorisaient.
Ils n’ont jamais cessé. Pour un certain nombre d’entre eux, comme
Josette Brenterch du NPA de Brest, c’est LE combat de leur vie.
Après avoir organisé à mon encontre tous types de harcèlements, dont
maintes agressions violentes, cette femme s’est quand même amusée à me
faire poursuivre et juger en correctionnelle par ses complices du
Tribunal de Grande Instance de Brest – qui tous me haïssent comme elle
en raison de mes capacités – pour avoir osé publier quelques droits de
réponse à ses dernières campagnes de calomnies à mon encontre,
publiques, et ce dans des conditions qui méritent d’être soulignées. En
effet, elle avait invité une de ses amies professeur à venir avec tous
ses élèves de 4ème assister au spectacle judiciaire qu’elle avait
organisé à mes dépens, afin d’apprendre à ces adolescents ce qu’il en
coûte de trop bien travailler… Avoir de bonnes notes, c’est mal, c’est
condamnable, cela justifie les pires exactions…
Les motivations profondes de cette femme et de ses comparses sont
évidentes : arrivistes, avides de réussites, ils jalousent ceux qui ont
plus de facilités qu’eux à y parvenir au point d’avoir voué leurs vies à
les détruire.
Ce n’est pas sur eux qu’il faut compter pour remédier aux problèmes
de harcèlement ou de discrimination, quels qu’ils soient, et quelles
qu’en soient les causes.
L’uniformisation que leurs politiques tendent à produire en tout et
partout ne sera jamais parfaite, puisque nous ne serons jamais tous des
clones les uns des autres, et heureusement !
Non seulement elle ne sera jamais tout à fait atteinte, donc, mais
elle a entre autres défauts celui de mettre en évidence les différences
des uns ou des autres tout en les faisant ressortir comme
caractéristiques à gommer, à faire disparaître, c’est-à-dire à attaquer
ou entamer encore en attaquant les personnes qui en sont porteuses en
vue d’atteindre l’égalité parfaite entre les êtres lorsque celle-ci est
recherchée.
Or, c’est dans la mixité, une vraie mixité, comme l’a bien observé
une des deux victimes présentées ci-dessous, que les différences des uns
ou des autres sont les mieux acceptées : quand nous sommes tous
différents, la différence devient la norme et ne pose plus de problème.
Nora Fraisse est la maman de Marion, 13 ans, qui s’est suicidée en
2013, parce qu’elle était harcelée au collège. À l’occasion de la
diffusion de Marion, 13 ans pour toujours, mardi 27, 20h55, France 3,
téléfilm dans lequel Julie Gayet tient son rôle, elle livre un émouvant
témoignage.
Jamais sans sa fille
Nora Fraisse a fait du harcèlement scolaire son combat, après le
suicide de sa fille Marion en 2013, mais cette maman reste encore très
meurtrie.
Marion, votre fille, s’est suicidée le 13 février 2013. Elle
avait 13 ans et était scolarisée en 4e au collège Jean-Monnet à
Briis-sous-Forges, dans l’Essonne. Victime de harcèlement depuis des mois, qu’avait-elle subi ?
Nora Fraisse: Marion a laissé une lettre où elle
détaille les humiliations quotidiennes, comment elle était traitée de
boloss, de salope en plein cours… Les SMS, les commentaires sur
Facebook, les menaces de mort… Elle dit qu’elle est complètement seule,
qu’on l’appelle la « sans-ami ». Cet isolement l’a détruite.
Vous aviez essayé de la faire changer de classe, sans succès…
Oui, dès sa rentrée en 4 , et de nouveau en décembre, deux mois avant
sa mort. Elle disait que ça n’allait pas. Mais le collège a refusé, le
principal pensait que ça allait «se tasser». Marion a dû se dire qu’on
ne l’écoutait pas. La veille de son suicide ,
elle m’a appelée, enfermée dans les toilettes du collège, me demandant
de venir la chercher. Je travaillais à la Défense à l’époque, c’est donc
ma belle-mère qui y est allée. Le collège ne m’a pas appelée. Elle
s’est pendue le lendemain. (Silence.) Je ne pense pas qu’elle voulait
mourir. Elle a dû se dire « Papa et maman vont arriver et me sauver » … Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça. Je n’ai pas réussi. (Sa voix se casse.)
Avait-elle envoyé des signaux de détresse ?
Après sa mort, on a découvert qu’elle était sans arrêt à
l’infirmerie, qu’elle accumulait les retards, devenait insolente… On a
également découvert qu’elle nous cachait son vrai cahier de liaison :
elle en avait un autre, celui qu’elle nous montrait, qui ne trahissait
aucun incident puisqu’elle le remplissait elle-même. Le collège ne nous a
jamais appelés pour nous signaler un problème.
Ses harceleurs ont-ils mesuré la gravité de leur comportement ?
Non, pas plus qu’ils ne sont revenus vers moi. J’ai le plus grand
mépris pour eux. Une procédure est en cours pour violences, menaces de
mort, homicide involontaire et incitation au suicide. Cette année ils
sont entrés en terminale, Marion aurait dû y être aussi… Ils continuent
leur vie. Nous, on a tout quitté et l’on essaye de reconstruire une vie
familiale pour nos deux autres enfants : mon fils qui entre en grande
section maternelle et ma fille qui aura bientôt 13 ans.
Que dites-vous à votre fille scolarisée au collège ?
De parler dès qu’une situation la fait souffrir. On se moque d’elle
et on lui dit c’est pour rire ? Qu’elle se pose la question : qui rigole
dans l’histoire, la victime ou le clasheur ? On avait dit à Marion : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ». Aujourd’hui, je ne sais plus.
En 2014, une loi a été votée pour pénaliser le harcèlement scolaire. Vous-même avez écrit deux livres, Marion, 13 ans pour toujours et Stop au harcèlement !,dont le premier a été adapté pour France 3. On va dans le bon sens ?
Je me dis que sans le savoir, Marion a sauvé énormément de vies et
que je dois continuer son combat. C’est comme si elle m’avait laissé un
testament. Ce film deviendra un outil pour expliquer aux jeunes comment
le harcèlement se met en place et comment réagir. Il suffit parfois d’un
regard pour sauver quelqu’un du désespoir. Marion ne l’a pas eu.
Quand vous prenez la parole, est-ce une façon de vous reconstruire ?
Le 13 février 2013, j’ai eu le ventre arraché. Aujourd’hui je me bats
pour mes enfants, Marion est l’un d’entre eux. Je suis une survivante,
avec des béquilles.
Pendant près de trois ans, Emilie subit les coups et les humiliations au collège. Photo DR
Emilie, 17 ans, s’est suicidée le 19 décembre 2015 à Lille. Pour ses
parents, c’est la conséquence de plusieurs années de harcèlement
scolaire qu’a subi leur fille lorsqu’elle était au collège. Ils ont
porté plainte contre l’établissement.
Des parents publient le journal intime de leur fille qui s’est tuée
«Esquiver les coups, les croche-pieds et les crachats. Fermer ses
oreilles aux insultes et moqueries. Surveiller son sac et ses cheveux.
Retenir ses larmes. Encore et encore.» Dans un récit que ses
parents n’ont découvert qu’à sa mort, Emilie, 17 ans, raconte ses
journées de souffrance au collège Notre-Dame de la Paix à Lille. De la 5e à la 3e, elle y subit les humiliations et les coups de la part des autres élèves. Pour les éviter, elle se cache dans les toilettes, «le seul endroit dans ce foutu collège où j’étais sûre d’être tranquille»,
écrit-elle. Mais en cours, impossible de leur échapper. Elle raconte
les chewing-gums collés sur ses cheveux ou sur son sac, et les insultes
quotidienne comme cet élève qui lance haut et fort en classe : «Il
paraît qu’ils vont décerner un prix aux intellotes les plus moches de
chaque pays […] Ah ouais ? pouffa son voisin. Je te parie qu’on a la
gagnante de la classe ! […] Voyant que je ne réagissais pas, il m’envoya
son équerre dans la tête.»
Emilie est première de sa classe, se fiche des garçons et de la mode.
«Je sentais leurs yeux se poser sur mes vieilles baskets, mon jean
effilé, mon pull à col roulé et mon sac à dos. J’entendis quelques
« clocharde ! »», se souvient-elle. Après la cantine (où des élèves
lui mettent de la viande dans son assiette alors qu’elle est
végétarienne), elle s’isole chaque jour au quatrième étage d’un bâtiment
où personne n’a le courage (et l’intérêt) de se rendre. Elle s’évade en
lisant et se dit à chaque fois «T’as fait la moitié de la journée,
plus que l’autre. Mais aussitôt une autre pensée venait tout gâcher :
« et demain faudra recommencer »». Et là encore où elle pense se sentir à l’abri, elle subit parfois les coups.
«A ceux qui subissent la vie. A tous ceux qui luttent. Restez forts. Battez-vous. On finit par s’en sortir», écrit l’adolescente au début de son récit. «Elle n’a pas réussi à aller jusqu’au bout»,
explique sa mère. Emilie s’est défenestrée le 19 décembre 2015 chez son
père à Lille. Elle est décédée quelques semaines plus tard, à l’âge de
17 ans. Ses parents ont découvert le récit de leur fille dans son
ordinateur et ont décidé de le publier dansla Voix du Nordpour expliquer aux enfants et aux parents «le mal que peut faire le harcèlement scolaire». «J’étais dans une colère épouvantable quand j’ai lu son texte, raconte sa mère.
Les seules fois où Emilie m’avait fait part d’un problème c’est
lorsqu’on lui volait ses cahiers et qu’elle ne pouvait pas travailler.
J’en parlais aux enseignants ou au professeur principal mais quand on leur
demandait s’il y avait un problème ils nous répondaient qu’elle était
brillante et travaillait bien : ils ne voyaient que ça.»
Surtout, Emilie apprend à cacher les traces de coups et les larmes. Elle explique pourquoi dans ses notes : «Déjà,
je ne voulais pas que mes parents sachent à quel point j’étais
pitoyable. Ensuite, je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent. Et enfin, je
savais qu’ils iraient voir le principal pour lui dire et je savais très
bien que ça ne ferait qu’empirer la situation.» Mais en troisième,
en milieu d’année scolaire, elle fait une crise d’angoisse avant d’aller
au collège et raconte tout à sa famille. «Je voulais porter plainte mais elle m’a dit que si je le faisais elle ne dirait rien et qu’elle se suiciderait», explique sa mère qui en parle au directeur qui n’aurait pas identifié les agresseurs et lui aurait répondu «qu’il ne pouvait rien faire et que le harcèlement est un fléau trop complexe pour y faire face». Sa
mère prévient aussi le rectorat, sans retour. Leur fille passe son
brevet sous médicament, et abandonne son rêve d’être vétérinaire «pour ne pas se retrouver au lycée en filière générale avec des élèves de son ancien collège». Elle s’inscrit dans un lycée professionnel «où il y avait une vraie mixité sociale qui a fait qu’elle a été très bien acceptée», remarque sa mère. Elle veut devenir boulangère mais son physique ne tient pas et elle doit abandonner. «C’est le début de la descente aux enfers», explique sa mère. Emilie replonge dans la dépression, est hospitalisée, ne pèse plus que 42 kilos et décide de ne plus vivre.
Ses parents ont porté plainte en février dernier contre l’ancien collège de leur fille. Une enquête a été ouverte.
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