Halte à la censure et la désinformation satanistes !
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dimanche 22 juin 2014
Mort de Clément Méric : "C'est Satan, c'est la violence de Satan !"
Après la libération mardi 17 juin 2014 d’un des deux
suspects écroués dans l’affaire Clément Méric, Le Monde a publié le 19
juin 2014 un article de Soren Seelow faisant le point sur l’enquête
judiciaire.
Rappelons que les « antifascistes » de Nîmes affirment que les identitaires seraient la cause des faits.
Se trouverait-elle en région ?
Il faudrait alors chercher à Brest et à Montpellier.
L’un des deux suspects écroués dans l’affaire Clément Méric libéré
Le Monde.fr avec AFP | 18.06.2014 à 13h48 • Mis à jour le 18.06.2014 à 13h53
La cour d’appel de Paris a ordonné, mardi 17 juin, la remise en liberté de Samuel Dufour, 20 ans, selon une information de RTL confirmée par la justice.
Il est l’un des deux suspects qui avait été placé en détention
provisoire dans l’affaire de la rixe entre skinheads et antifascistes
qui avait causé la mort de Clément Méric en juin 2013 à Paris a été remis en liberté mardi. Il reste mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Son camarade Esteban Morillo, l’autre suspect arrêté, demeure en détention provisoire. Ce sympathisant du groupuscule d’extrême droite Troisième voie, avait reconnu dès le départ avoir porté deux coups de poing, à mains nues, au visage de l’étudiant de 18 ans.
De son côté, Samuel Dufour, lui aussi sympathisant de Troisième voie, a toujours nié avoir
frappé Clément Méric. L’un des camarades de la victime, présent lors de
la bagarre, a même confirmé sa version aux juges d’instruction.
SANS CASIER JUDICIAIRE
« Nos arguments ont enfin été entendus. Il est logique qu’il soit libéré après tout ce temps de détention », a réagi son avocat, Me Julien Fresnault. Samuel Dufour, son client, sans casier judiciaire, suivait une formation pour devenirboulanger au moment des faits. En février, les résultats d’une expertise du téléphone du jeune homme avaient révélé ses SMS au soir des faits : « J’ai frappé avec ton poing américain », disait l’un d’eux ; « on les a défoncés », disait un autre.
Outre Morillo et Dufour, deux autres skinheads sont mis en examen pour « violences » mais n’ont pas été placés en détention. Les antifascistes sont parties civiles.
LE MONDE | 19.06.2014 à 11h12 • Mis à jour le 20.06.2014 à 15h35 | Par Soren Seelow
La scène dure le temps d’une longue respiration, la dernière de
Clément Méric. En partie obstruée par un poteau, la caméra de
vidéosurveillance de la station Haussmann – Saint-Lazare à Paris
en a confusément capté certains détails. A 18 h 43 et 25 secondes, deux
groupes entrent en contact. A 18 h 43 et 31 secondes, un corps tombe à
la renverse. La bataille rangée qui a coûté la vie à ce jeune militant
antifasciste de 19 ans, le 5 juin 2013, a duré sept secondes.
L’exploitation de cette vidéo – qui vient d’être versée au dossier et que Le Monde a pu consulter – ne permet pas de jeter
une lumière nouvelle sur les responsabilités des acteurs de cette rixe.
Une confrontation autour des images est prévue courant juillet avant
une éventuelle reconstitution, dernières tentatives de la juge
Carole Vujasinovic pour tenter d’y voir clair avant de clore l’instruction. Un an après la mort de Clément Méric, de nombreuses zones d’ombre continuent de planer sur ce fait divers que ni la vidéo, ni les rapports d’expertise, ni les témoignages n’ont permis d’élucider.
Ce que dit le dossier, et sa synthèse la plus récente contenue dans
le dernier arrêt de la chambre de l’instruction en date du 29 avril,
c’est que Clément Méric n’a pas été victime d’un « assassinat », comme l’avait annoncé au lendemain des faits Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur. Il n’est pas davantage l’élément déclencheur de la rixe, comme on a pu le lire un peu plus tard dans une volonté de rééquilibrer un récit tordu par sa charge symbolique depuis le premier jour.
Le déroulement dépassionné des faits retrace la rencontre fortuite
entre deux idéologies irréconciliables, n’ayant pour seul langage commun
que l’affrontement physique. Un dialogue à coups de poing qui a abouti à la mort d’un jeune idéaliste de 66 kg.
DES IMAGES DE CROIX GAMMÉES, D’AIGLES NAZIS
En cette fin d’après-midi, Matthias Bouchenot, 24 ans, Aurélien
Boudon, 23 ans, et Steve Domas, 24 ans, trois militants antifascistes,
se rendent à une vente privée rue Caumartin pour acheter des vêtements Fred Perry, marque historique des skinheads de tous bords. Ils y croisent trois skins, Samuel Dufour, apprenti boulanger de 19 ans, Alexandre Eyraud et Lydia Da Fonseca.
L’idéologie qui soude ces trois amis est explicite. Samuel Dufour –
crâne rasé, bombers frappé d’un écusson tricolore et tee-shirt «
skinhead » – est un sympathisant du mouvement d’extrême droite Troisième
Voie, alors dirigé par Serge Ayoub. Sur son corps sont tatoués une
croix celtique, un cochon ailé, une toile d’araignée au coude et la
devise nazie « Sang et honneur ».
Dans sa clé USB, les enquêteurs ont trouvé des images de croix gammées, d’aigles nazis, une carte de France recouverte du logo du Front national, des inscriptions « White Power » et quatre photos d’Adolf Hitler, dont l’une accompagnée du drapeau français et d’un slogan : « Nous voulons un Hitler français ».
« N’ACHETEZ PAS TROP D’AFFAIRES, IL VA FALLOIR COURIR »
Les skins font du shopping. Irrités par cette rencontre inattendue
avec leurs adversaires, les « antifas » se sentent obligés de réagir. De son propre aveu, c’est Steve Domas qui ouvre les hostilités : « Alors les nazis, on fait ses courses ? » Les skins affirment que ses provocations verbales sont allées jusqu’à la promesse d’en découdre physiquement : « On vous attend à dix en bas. N’achetez pas trop d’affaires, il va falloircourir. » Les skins semblent alors peu pressés d’en venir aux mains. « Laisse-nous, on fait nos courses », s’entend-il répondre.
Les trois antifas quittent l’espace de vente vers 18 heures et se
postent un peu plus loin rue Caumartin, au pied des marches de l’église
Saint-Louis d’Antin. Selon la chambre de l’instruction, ils attendent
alors « ostensiblement » l’autre groupe « en faisant téléphoniquement appel à du renfort ». Clément Méric, qui avait prévu de se rendre à la vente, les rejoint un quart d’heure plus tard.
Dans la boutique, les skins poursuivent leurs emplettes. Ils en profitent pour passer eux aussi quelques coups de fil. Samuel Dufour, que plusieurs témoins disent avoir vu regarder
par la fenêtre en direction des antifas, appelle notamment un certain
Esteban Morillo, un vigile de 20 ans, qui sera l’auteur du coup de poing
fatal porté à Clément Méric. Une cliente décrit le groupe comme « inquiet », « nerveux ». Mais la promesse de renforts les ragaillardit. Un vendeur entend cette phrase : « De toute façon, on va appeler les autres et on va les niquer. »
« IL VOULAIT VRAIMENT EN DÉCOUDRE AVEC EUX »
Alerté par une cliente qu’il allait « y avoir du grabuge », un vigile tente de désamorcer la tension auprès des skins, puis descend dans la rue à la rencontre des antifas. Matthias Bouchenot lui fait savoir qu’il a vu les skinheads ranger un poing américain dans un sac à dos avant de pénétrer dans la salle de vente. Le plus jeune de la bande, Clément Méric, se montre le plus exalté : « Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants », lance-t-il.
Le vigile revient sur ses pas, suivi de près par Clément Méric qui se dirige vers la salle de vente. « Mon collègue et moi-même, on l’a attrapé et on lui a dit qu’il était jeune, qu’il fallait éviter de se battre, que cela ne servait à rien (…). Il voulait vraiment en découdre avec eux, je pense, il semblait les haïr », témoigne le vigile. Son collègue confirmera avoir demandé au jeune homme « avec qui il allait se battre au vu de son physique alors que les skins étaient plus costauds ».
Clément Méric est plutôt chétif. En rémission d’une leucémie, il a
subi une ponction lombaire dix jours plus tôt. Il reste en tout moins de
dix minutes dans la boutique. Les quatre skins – désormais rejoints par
Esteban Morillo – affirment qu’il a profité de ce bref passage pour les
provoquer en leur lançant : « On vous attend. » A 18 h 27, le jeune élève de Sciences Po envoie ce qui restera comme son dernier SMS : « Ils descendent. » Puis il s’en va retrouver ses amis, qui patientent depuis une quarantaine de minutes sur le parvis de l’église.
QUI A DÉCLENCHÉ LA RIXE ?
Les skins auraient pu quitter les locaux de la vente en remontant la rue Caumartin sur la droite afin d’éviter l’affrontement, comme le leur avait conseillé le vigile. Ils décident au contraire de foncer sur le groupe de Clément Méric. Ils sont armés.
Lydia Da Fonseca, qui fait partie du groupe, a reconnu devant les
enquêteurs qu’Esteban Morillo avait rangé un poing américain dans le sac
à dos de Dufour avant de faire du shopping. Un témoin affirme avoir vu ce dernier enfiler l’arme en quittant la boutique.
Qui a déclenché la rixe ? A l’approche des skins, les antifas reconnaissent avoir« rigolé ». Esteban Morillo, lui, prétend que Clément Méric les a de nouveau provoqués : « Bande de fiottes, vous vous cachez derrière les vigiles. »
Selon les antifas, c’est Esteban Morillo qui a ouvert les hostilités en
portant le premier coup à Clément Méric. Samuel Dufour affirme, lui,
que Matthias Bouchenot l’a attaqué le premier. Ce dernier jure que c’est
le skin qui s’est « jeté » sur lui.
« C’EST SATAN, C’EST LA VIOLENCE DE SATAN ! »
Coupé à la lèvre, à l’avant-bras et au poignet – des plaies
compatibles avec l’impact d’un objet métallique –, Matthias Bouchenot
est formel : Samuel Dufour utilisait un poing américain. Ce dernier
admet seulement le port de grosses bagues en métal, l’une à tête de
cochon, l’autre à tête de mort. Dans la confusion, une dame passe devant
l’attroupement et lance : « C’est Satan, c’est la violence de Satan ! »
Au même instant, Esteban Morillo, 1 m 83 pour 75 kg, s’estimant « menacé » par Clément Méric, le frappe au visage. Il est aussitôt assailli par deux amis de l’étudiant. Alors, « Clément Méric, qui avait fait le tour de moi, a essayé de m’attaquer en me prenant par l’arrière gauche ; j’ai vu qu’il commençait à armer son poing et j’ai frappé », explique Esteban Morillo.
De son aveu même, et selon les constatations du légiste, aucun coup
de Clément Méric n’a atteint sa cible. Le deuxième coup de poing
d’Esteban Morillo sera fatal. « One shot ! », s’écrie le skin, tandis que son adversaire chute sur le pavé.
TÉMOIGNAGES CONTRADICTOIRES
Il reconnaît avoir porté deux coups de poing à mains nues, dont le coup mortel. Mais une expertise médicale de janvier évoque « au moins cinq coups », laissant ouverte la piste d’un second agresseur. Si des témoins disent avoir vu Samuel Dufour frapper la victime, les antifas le disculpent catégoriquement : « Je dois être honnête, il a été en face de moi durant tout l’affrontement », a répété Matthias Bouchenot lors de ses auditions.
C’est Samuel Dufour qui jettera le trouble sur sa responsabilité
réelle dans un échange de SMS peu après la rixe. A 20 h 13, il envoie à
un contact dénommé « Yean cfa » : « Salut j’ai frappé avec ton poing américain. » Réponse à 20 h 38 : « srx , ques ce que ta fait encore. » Samuel Dufour : « Bah, il est parti à l’hôpital… Mdr. » Yean Cfa : « Mdr te grave. »
Samuel Dufour a-t-il frappé Clément Méric avec une arme ? Samuel
Dufour et Esteban Morillo étaient-ils tous deux équipés d’un poing
américain ? Les témoignages sont contradictoires, les experts prudents. « Ce type d’armes laisserait cependant et probablement des traces superficielles beaucoup plus importantes ??? », s’interrogent les auteurs du rapport d’expertise. Le procès n’est pas attendu avant le printemps 2015.
Samuel Dufour autorisé à sortir de prison
Après un an de détention provisoire, Samuel Dufour, l’un des
skinheads ayant participé à la rixe, est sorti de prison mardi 17 juin.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a donné suite au
troisième appel formé en ce sens, le premier par le parquet, les deux
suivants par ses avocats, Mes Julien Fresnault et Antoine Vey. Il demeure, tout comme Esteban Morillo – qui est lui toujours écroué –, mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Deux autres skins ayant pris part à l’affrontement – mais que personne n’a vu frapper Clément Méric – sont mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme avec incapacité totale de travail de moins de huit jours ».
À la suite de la tentative d’assassinat perpétrée par Maxime Brunerie — membre du Mouvement national républicain (MNR) et sympathisant d’Unité radicale — contre le président de la République françaiseJacques Chirac lors du défilé du 14juillet2002, le groupe Unité radicale a été dissous le 6août200212. Les conclusions de l’instruction menée par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy rendues en juillet 2004 avaient établi que l’acte, isolé, n’avait pas de but politique13. Deux des dirigeants d’Unité radicale (Fabrice Robert
et Guillaume Luyt) ont participé peu après au lancement du site
www.les-identitaires.com et de l’association Les identitaires, avant de
contribuer, en avril 2003, à la fondation du Bloc identitaire. Fabrice Robert devint président du BI et Guillaume Luyt vice-président14. Depuis, le Bloc est en voie de normalisation et la grande majorité de ses militants n’était pas membre d’Unité radicale15. Il s’est transformé en parti politique à l’occasion de sa convention organisée à Orange en octobre 2009.
Résultats électoraux
Le Bloc identitaire s’est présenté pour la première fois à des élections le 12 juin 2005 à Nice, par l’intermédiaire de son mouvement associé Nissa Rebela. Il présente alors un candidat à l’élection cantonale dans le 7e canton16, récoltant 85 voix, soit 1,9 % des suffrages exprimés17.
En 2008, toujours à Nice, son candidat à la mairie de Nice, Philippe Vardon, obtient 3 % des voix18 et Benoît Lœuillet recueille 5 % des suffrages dans le 6e canton16.
En septembre 2009, dans ce même 6e canton, Benoît Lœuillet obtient le résultat de 7,68 %, le plaçant 5 voix derrière celui du FN (7,82 %)19.
En Alsace, la liste d’Alsace d’abord conduite par Jacques Cordonnier
a obtenu 4,98 % des suffrages, en forte baisse par rapport au résultat
obtenu au premier tour des élections régionales de 2004 (9,4 %).
Bureau directeur et dirigeants du Bloc identitaire
Le bureau directeur a fait l’objet d’un important renouvellement au printemps 201221 et a intégré plusieurs représentants des mouvements de jeunes identitaires. Il est composé des membres suivants22:
Le Bloc identitaire se donne pour objectif de « fédérer les jeunes Français et Européens
fiers de leurs racines et de leur héritage ». Il se présente comme
étant « né de la rencontre de militants issus de parcours politiques
divers mais partageant tous le même rejet du système dominant » :
opposition au métissageethnique de masse et à la « culpabilisation permanente » des peuples européens ;
dégoût du matérialisme, du consumérisme et de l’« exploitation des travailleurs par le grand actionnariat international »23 ;
Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d’extrême droite. Il prend une posture ruraliste
en « défendant la ruralité comme alternative à la schizophrénie
urbaine » et en s’opposant à l’« horreur mondialiste ». Même s’il défend
les « racines et l’héritage » européen – dont fait partie la religion
chrétienne -, le BI utilise peu les thèmes du traditionalismecatholique. Il introduit aussi le thème de « la conjugaison de la résistance identitaire au féminin »25.
Le Bloc qui entend renvoyer les immigrés
dans leur pays, fustige de manière radicale les conséquences et le
phénomène avec des slogans comme « racaille immigrée » et demande « pas
de kärchers, mais des charters ! »24. Ses membres affirment défendre les personnes de « souche européenne » et les « petits blancs de banlieue »26. De plus, le Bloc entend donner à ses actions une dimension européenne puisque, par exemple, il soutient « nos frères serbes du Kosovo » contre les Albanaismusulmans au Kosovo.
Le Bloc identitaire ne considère ni l’islam ni les États-Unis comme
des « dangers » mais c’est « l’islamisation de l’Europe et
l’américanisation de notre culture qui en sont »27.
Enfin, le Bloc identitaire compte sur l’insatisfaction d’une partie de la droite radicalisée, en particulier des partisans de Philippe de Villiers et son Mouvement pour la France depuis son rapprochement de l’UMP et sur la restructuration du Front national. Lors de la convention, Richard Roudier, tête de liste de la Ligue du Midi en Languedoc-Roussillon pour les régionales de 2010, condamne implicitement Jean-Marie Le Pen :
« le Front national a déshonoré la notion d’identité » par les
déclarations de son chef sur la Seconde Guerre mondiale, que le Bloc
« condamne formellement et absolument »15. Le BI espère, selon les spécialistes, se placer entre Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen15.
Il soutient la candidature de Arnaud Gouillon pour l’élection présidentielle française de 201228.
Il renonce à ce projet en septembre 2011, en raison de l’impossibilité
de réunir les 500 parrainages, mais aussi pour ménager un possible
accord avec le FN lors des législatives 2012 et des municipales de 2014,
notamment à Nice29.
Lors d’une consultation nationale, ses adhérents décident pourtant à
plus de 62 % de ne soutenir aucune candidature à l’élection
présidentielle30.
Références idéologiques revendiquées par le mouvement
Considérant que le combat culturel prépare les victoires politiques31, « ce que Mitterrand avait bien compris en prenant la tête du PS au début des années 1970 »31,
le Bloc identitaire développe des projets qui ne relèvent pas
proprement dit du politique, au sens traditionnel du terme, mais qui ont
une incidence directe sur la vie politique, des projets de type métapolitique31.
L’objectif est de s’inscrire dans l’évolution en perpétuel
renouvellement qu’ont les « individus du monde et de la société dans
laquelle ils vivent »31 afin qu’ils permettent d’attirer des personnes qui ne viendront jamais à l’action politique par le militantisme classique »31. Cette action culturelle peut se traduire à travers « la littérature, la bande dessinée, la peinture, la musique, le web, l’organisation de conférences, de spectacles enracinés.
Pour mener à bien cette conquête par l’esprit31, l’objectif est de mettre en place des outils politiques, associatifs, culturels pour 2020, 20302.
Concernant les références, « il s’agit là plus d’inspirations et
d’objets de réflexions que de véritables « filiations », car le
mouvement identitaire est un phénomène nouveau, tant dans sa composition
que dans ses modes de fonctionnement, qui ne peut légitimement être
rattaché à aucun autre dans le passé, si ce n’est partiellement et donc
imparfaitement. »32. Dominique Venner,
le penseur d’extrême-droite, est une des principales références du
mouvement. Le BI organise en mai 2014 un colloque en sa mémoire, et
réédite un de ses principaux ouvrages. Pierre Vial et Jean Haudry sont
aussi des références du mouvement6. Les références proviennent parfois de penseurs de gauche ou issus de la gauche[réf. nécessaire].
Le Bloc identitaire contrôle plusieurs associations qui se veulent à
vocation humanitaire et sociale : Comité d’entraide aux prisonniers
européens, Solidarité des Français, Soulidarietà. Plusieurs structures politico-culturelles régionalistes, comme Alsace d’abord, Nissa Rebela, Jeune Bretagne ou Kerkant, sont également proches du BI.
Le BI est à l’origine de la Convention identitaire, dont les invités
sont issus de la mouvance identitaire européenne, qui se rassemble
annuellement33. La Convention identitaire a organisé sa première réunion à Beaune en Bourgogne en 200734. La réunion du 17-18 octobre, au Palais des princes d’Orange35, invite le Suisse Dominique Baettig, les Espagnols Josep Anglada (président de Plataforma per Catalunya) et Eduardo Núñez (président d’Asamblea Identitaria), les Portugais de Causa Identitària, Andreas Mölzer (député européen) représente le FPÖ autrichien. La Ligue du Nord italienne envoie Mario Borghezio36. La convention annonce la présence de représentants de deux « partis de gouvernement », l’UDC suisse et la Ligue du Nord italienne. Yves-Marie Laulan est aussi invité37.
Cette convention réunit « 600 participants, un nombre en très
importante augmentation par rapport aux conventions précédentes de ce
mouvement et avec une proportion très importante de jeunes gens » selon
Novopress. Au cours de cette réunion le Bloc identitaire annonce qu’il
devient statutairement un parti politique35.
Le mouvement est à l’origine de Novopress.info, un site internet qui se présente comme une « agence de presse internationale »38. Il compte parmi ses responsables Fabrice Robert39, mégretiste, ex-dirigeant d’Unité radicale ainsi que Guillaume Luyt ancien dirigeant du Front national de la jeunesse40. Patrick Gofman compte parmi les rédacteurs de Novopress.info (section française)41.
Labels musicaux
Le mouvement est aussi à l’origine du label musical « Alternative-s ».
Jeunesses identitaires
Ce mouvement est également proche des Jeunesses identitaires. Les
deux dirigeants du Bloc identitaire ont reconnu leur « influence » sur
celles-ci42. Enfin, le nom de domaine du site officiel des Jeunesses identitaires a été déposé par Nos racines qui utilise la même boîte postale que le Bloc identitaire43,44 (ainsi que les sites : Les Identitaires, Soulidarietà, La maioun, Nissa Rebela, Novopress, Expulsion Sans Frontières).
Enfin lors de sa création, le Bloc décrivait les Jeunesses identitaires comme son « mouvement de jeunesse ». Néanmoins dans son dossier de présentation de janvier 200545,
les liens semblent avoir évolué car le mouvement adopte la position
suivante : « En aucune manière, les Jeunesses identitaires ne sont le
mouvement de jeunesse du Bloc ».
Le fondateur des Jeunesses identitaires est Philippe Vardon.
Le comité directeur du mouvement est composé de : Gaëtan Jarry, Jean-David Cattin et Adrien Heber.
Condamnations
Le 17 décembre 2007, le tribunal de grande instance de Nice estime que les Jeunesses identitaires sont une émanation d’Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 200246.
Les JI sont ainsi condamnées à une amende de 20 000 euros, et son
ancien président, Philippe Vardon, écope de quatre mois de prison avec
sursis et de 10 000 euros d’amende46.
Par ailleurs, dans une autre affaire jugée le même jour, Philippe
Vardon, le président du Bloc identitaire Guillaume Luyt, et deux autres
militants des JI sont poursuivis par la justice pour avoir distribué un
tract intitulé « Ni voilée ! Ni violée ! » aux abords du lycée niçois
Thierry Maulnier46.
Philippe Vardon est condamné pour discrimination raciale à trois mois
de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende ; Guillaume Luyt, à quatre
mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende ; et les deux autres
militants à 3 000 euros d’amende chacun46.
En septembre 2008, la cour d’appel d’Aix-en-Provence
aggrave les condamnations : pour la « reconstitution de ligue
dissoute », elle fixe une amende de 30 000 euros envers les Jeunesses
identitaires, ainsi que 1 100 euros à verser aux associations SOS Racisme et MRAP. Elle prive également Philippe Vardon de ses droits civiques
pendant deux ans et le condamne à nouveau à quatre mois de prison avec
sursis. Pour la distribution du tract, la justice impose une amende de
16 000 euros au total. Philippe Vardon et Nissa Rebela se sont pourvus en cassation mais ils furent déboutés en janvier 2010.
Génération Identitaire
« Génération identitaire » (ou « Génération ID ») est un mouvement
politique francophone créé en 2012. Se définissant lui-même comme une « communauté de combat » il a prétention à « rassembler les jeunes européens, garçons et filles »47. Génération Identitaire s’est fait connaître en occupant le chantier d’une mosquée48,49 à Poitiers, le 20 octobre 2012. Ils s’y revendiquent, dans leurs banderoles et slogans, de Charles Martel ou encore de la Reconquista et réclament « un referendum sur la construction de mosquées, et sur l’immigration »50.
Logo du mouvement.
Actions et lobbying
Le Bloc identitaire se serait notamment fait remarquer par l’organisation d’actions de « lobbying ».
En 2003, le groupe de rapSniper est accusé d’être « anti-Français » et raciste « anti-blanc ». Le ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, a d’ailleurs été interpellé à ce sujet à l’Assemblée par le député UMPNadine Morano. En novembre 2005, 200 députés ont demandé — sous l’impulsion du député François Grosdidier — l’interdiction de groupes de rap présentés comme faisant l’apologie de la violence et du racisme, cependant sans succès.
En 2004, c’est Cesare Battisti, ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme
(PAC), condamné dans son pays pour plusieurs braquages et assassinats,
qui est pris pour cible par les militants identitaires. Cesare Battisti
est alors menacé d’expulsion, puis s’ensuit une publication d’un
entretien avec le fils de Lino Sabbadin, assassiné par les PAC51. En avril 2006, Cesare Battisti, toujours en fuite, publie aux éditions Rivages et Grasset un livre intitulé Ma Cavale. Il y accuse notamment le Bloc identitaire d’avoir été financé par l’ambassade d’Italie pour l’« agresser »52.
Soupes identitaires
Depuis 2003,
le Bloc identitaire organise ou appuie, d’abord directement puis par
l’intermédiaire d’associations satellites ou amies, la distribution de
« soupes identitaires » aux sans domicile fixe. Ces distributions ont lieu dans plusieurs villes en France et en Belgique : à Strasbourg par le collectif Solidarité alsacienne proche d’Alsace d’abord, à Nice par l’association Soulidarietà, à Paris par l’association Solidarité des Français ainsi qu’en Belgique : à Bruxelles par l’association Renaissance sociale et à Anvers par l’association Antwerpse Solidariteit proche du Vlaams Belang. Le principe de ces soupes identitaires est de contenir du porc, ce qui a pour conséquence d’exclure les juifs et les musulmans pratiquants qui la refusent.
Ces distributions sont l’objet de vives critiques (comme celles de la députée européenne Catherine Trautmann) car jugées par certains « discriminatoires et xénophobes »53. Le préfet du Bas-Rhin a interdit la distribution de la soupe identitaire à Strasbourg le 21janvier2006.
La distribution a également été interdite à Paris. Pour sa part, le
Bloc défend les soupes identitaires en arguant que « le porc est partie
intégrante du patrimoine culinaire de la France »54. L’association niçoise Soulidarietà revendique « de servir “lu nouostre davant lu autre” (« les nôtres avant les autres ») »55.
Polémique en France
Devant la polémique soulevée en France56, la préfecture de police de Paris a décidé d’interdire les soupes identitaires à partir du 28décembre2006, à cause du risque de trouble à l’ordre public.
Dans un entretien au Financial Times, la présidente de Solidarité des Français, Odile Bonnivard, anciennement membre du MNR, revendique son affiliation au Bloc identitaire ; elle affirme que la tendance française est de privilégier les besoins des étrangers au détriment des personnes partageant sa culture et sa civilisation et ajoute que les SDFmusulmans ou juifs ne sont pas obligés de manger sa soupe, affirmant qu’il y a d’autres organisations susceptibles de les nourrir63. Dans le journal Minute, elle décrit son action en ces termes : « Nous avons décidé d’aider “les nôtres” avant “les autres” »64.
Juridiquement, de tels propos permettent d’affirmer que le caractère
discriminatoire de la distribution est revendiqué, même si ce n’est pas
le terme employé par les distributeurs65.
Maisons et locaux associatifs
Prônant un militantisme enraciné localement, les identitaires ont
ouvert quatre lieux sous forme associative, dénommés Maisons de
l’Identité. Il s’agit de la Maioun à Nice, de Ti Breizh en Bretagne de la Barricade à Paris et de la « Traboule » a Lyon66.
Ces lieux destinés à servir de point de ralliement aux activités
militantes, abriteraient en général un bar, une salle de boxe, une
bibliothèque et des structures d’hébergement.
L’hebdomadaire Minute dans son numéro du 15juillet2009, à la page 6, indique qu’à cette date que seule une Maison de l’Identité est actuellement active: Lou Bastioun, ouvert depuis peu à Nice et remplaçant la Maioun, sa prédécesseuse67.
Le BI publiait le bimestriel ID Magazine. La revue a été fondée en 2005 en remplacement de Jeune Résistance68 et de la revue Devenir, revue apparentée au mouvement Nation. Elle a cessé de paraître au début du second semestre 2009 pour céder la place au périodique Identitaires.
↑ a et b « Mieux connaître les Identitaires [archive], « Êtes-vous un parti politique ? », sur bloc-identitaire.com.
« Le mouvement identitaire n’est pas qu’un parti politique. Les
Identitaires, c’est bien plus qu’un parti. C’est un réseau, c’est une
communauté. »
↑dossier extrême droite radicale – UNITÉ RADICALE [archive]création :
juin 1998, dissolution : décret du 6 août 2002, origine : Unité
Radicale est issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle
Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance, Groupe Union
Défense (GUD). Unité Radicale a en outre attiré des dissidents d’autres
groupuscules d’extrême droite radicale (Œuvre Française, PNFE : Parti
Nationaliste Français et Européen) « critiquant l’inaction, le
folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations ». successeurs :
Bloc Identitaire/Jeunesses Identitaires (Fabrice Robert, Guillaume
Luyt/Philippe Vardon), Réseau Radical (Christian Bouchet)
↑ Selon Jean-Yves Camus,
« le Bloc identitaire essaie de concilier un populisme débarrassé des
oripeaux de la vieille extrême droite radicale dont il est issu, avec
cette question identitaire, un peu comme la Ligue du Nord italienne. » ;
voir le Le FN ressuscité par l’UMP [archive]
↑
« Sur le front de l’intimidation, la cellule de l’ambassade italienne
finança et lança à l’assaut le Bloc identitaire. Ce groupe de fanatiques
aryens, émanation d’un parti d’extrême-droite français, était resté
inconnu jusqu’à ce 14 juillet 2002 où l’un des leurs, pour s’assurer une
gloire éternelle, ouvrit le feu sur Jacques Chirac. », p. 160.
↑ « Le Conseil d’État interdit la distribution de la soupe au cochon », Dépêches JurisClasseur, 9 janvier 2007, 31
↑ Bertrand Pauvert, « À propos de l’interdiction de distribution d’une soupe populaire contenant du porc », AJDA 2007, p. 601.
L’auteur s’interroge quant à la présence des éléments juridiques
permettant d’identifier une discrimination effective et note que
l’ordonnance est en rupture avec la jurisprudence Benjamin (CE 19 mai 1933, N° 17413 17520 [archive] : « l’éventualité de troubles, alléguée par le maire de Nevers,
ne présentait pas un degré de gravité tel qu’il n’ait pu, sans
interdire la conférence, maintenir l’ordre en édictant les mesures de
police qu’il lui appartenait de prendre ; que, dès lors, sans qu’il y
ait lieu de statuer sur le moyen tiré du détournement de pouvoir, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d’excès de pouvoir »).
Un autre commentaire affirme au contraire que l’interdiction pouvant
seule prévenir le trouble à l’ordre public, l’ordonnance est conforme à
la jurisprudence Benjamin (Serge Deygas, « La notion d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale », Procédures no 3, mars 2007, comm. 69).
↑ Catherine Coroller, Le Conseil d’État ne goûte pas la «soupe au cochon», dans Libération du 6 janvier 2007 [lire en ligne [archive]]
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