La première a manifestement des problèmes de mémoire.
C’est tout bon pour l’accusé qui… euh… « rit »… tout comme Maurice
Agnelet lors de son procès d’avril 2014 à Rennes :
Il ne rit peut-être pas autant, il n’est pas encore accusé d’assassinat ni trahi par son propre fils…
Il est quand même accusé de viols et d’avoir toujours trompé son public comme il trompe aussi sa femme, ce qu’il a déjà reconnu.
Personnellement, quand je suis accusée mensongèrement de faits que je
n’ai pas commis, comme cela se produit quand même très régulièrement
depuis le début des harcèlements dont je suis victime depuis maintenant
près de 30 ans, je n’ai pas la moindre envie de rire.
D’abord, je tombe des nues – oui, encore aujourd’hui, à chacune des
nouvelles dénonciations calomnieuses auxquelles je dois répondre, je
tombe des nues.
Et très vite, l’habitude aidant, je me reprends, ulcérée.
A aucun moment je n’ai la moindre envie de rire.
Je ne pleure pas, non plus, ou du moins pas en audition, où cela ne
m’est arrivé qu’une seule fois, la toute première, lorsque le policier
chargé de traiter ma première plainte m’avait annoncé qu’elle était
d’emblée classée sans suite alors que j’étais très sérieusement menacée
de mort. Là, je me suis carrément écroulée, et il s’en souvient aussi
bien que moi. Pour preuve : on le retrouve aux abords de l’affaire Merah
en 2012.
Je suis vaccinée, donc.
Depuis cette époque, je reste sèche et fais face à mes bourreaux sans jamais ciller.
Ce sont eux qui baissent la tête ou détournent le regard, pas moi.
Cela s’est encore produit le mardi 8 novembre 2016 à 11h30 dans
l’enceinte du Tribunal de Grande Instance de Paris, où j’étais
confrontée pour la seconde fois à mon accusateur et bourreau Pascal
Edouard Cyprien Luraghi, ainsi qu’à son avocat et une petite bande de
ses complices cybercriminels et harceleurs, dits « déconnologues », dont
la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest.
Pour ma part, je me présentais seule, absolument seule, sans même
l’assistance d’un avocat, et de plus dans un état physique pitoyable.
Alors que nous attendions l’arrivée de la juge et de sa greffière, je
me suis tournée vers eux et les ai interpellés en leur demandant
notamment de se présenter.
Or, que croyez-vous qu’il se soit produit ?
D’un seul et même mouvement, ils ont tous tourné la tête dans la direction opposée à la mienne en courbant l’échine.
Une bande de lâches…
C’est leur avocat qui m’a répondu. Selon lui, ils constituaient le « public » et en avaient le droit.
Ils étaient surtout tous là pour impressionner leur victime, la
démonter ou la perturber en sachant qu’elle se défendait seule et qui
plus est dans un état de santé inadéquat – je craignais d’être
hospitalisée avant l’audience et de ce fait empêchée de m’y rendre, ce
dont j’avais prévenu leur avocat.
Dans le secret de la confrontation entre Tariq Ramadan et Henda Ayari
>Faits divers|Jean-Michel Décugis et Jérémie Pham-Lê| 17 septembre 2018, 11h58 |23
L’islamologue Tariq Ramadan, accusé de viol par plusieurs femmes, est incarcéré depuis plus de six mois. LP/Philippe Lavieille
Face aux hésitations et aux imprécisions de sa première accusatrice,
le 19 juillet, l’islamologue suisse a marqué des points. Il est
convoqué ce mardi pour une nouvelle confrontation avec Christelle, une
autre plaignante.
Le face-à-face a été relativement bref : à peine une heure et 45
minutes. Mais il fut d’une tension permanente – entre moqueries, pleurs
et moments de doutes. Ce 19 juillet, au palais de justice de Paris, il
est environ 11 heures lorsque Tariq Ramadan
et Henda Ayari s’assoient devant les trois juges chargés d’instruire
l’information judiciaire ouverte pour « viol » et « viol sur personne
vulnérable ».
C’est la première fois que l’islamologue suisse de 56 ans, écroué à
Fresnes (Val-de-Marne), est confronté à l’ancienne salafiste de 41 ans,
première des trois plaignantes à s’être tournée vers la justice pour
dénoncer une relation sexuelle imposée avec brutalité.
Un rendez-vous explosif qui a affaibli les accusations d’Henda Ayari,
laquelle se dit désormais incapable de préciser le jour et le lieu où
elle aurait été violée. Si ce n’est que c’était « à Paris, dans un hôtel
» et « au printemps 2012 ».
Des problèmes de « mémoire »
« Comment expliquez-vous qu’on en soit là ? » s’agacent les
magistrats instructeurs dans ce qui ressemble d’abord à un
interrogatoire de la plaignante. Pas moins de 20 questions – souvent
sèchement formulées – lui seront posées avant que Tariq Ramadan ne
puisse prendre la parole. « Les dates et les lieux changent. Comment
l’expliquez-vous et comment fait-on ? » insistent-ils.
Henda Ayari. /LP/Yann Foreix
Mise en difficulté par l’enquête, Henda Ayari, qui plaide les
problèmes de « mémoire », avait récemment resitué le viol à la date du
26 mai 2012 au Crowne Plaza République (Paris XIe). Or, les policiers de
la brigade criminelle ont exhumé des photos la montrant ce soir-là au mariage de son frère à Rouen (Seine-Maritime).
« Je reconnais que je ne me souvenais absolument pas, ça peut
paraître surprenant, du mariage de mon frère à cette date-là », concède
la quadragénaire. « Doit-on tout remettre en cause ? […] Vous est-il
impossible de dire Je ne sais pas ? » la sermonnent les juges
d’instruction, lui indiquant qu’ils ne veulent plus « d’hypothèses à ce
stade ». « Je veux aider l’enquête, se défend la plaignante. Et dire Je ne sais pas, pour moi, c’est négatif. » À deux reprises, la greffière note son malaise sur procès-verbal : « Mme El Ayari hésite. »
Ramadan reconnaît des échanges « virtuels et sexuels »
Invitée à décrire la nuit du viol présumé, la quadragénaire se montre
en revanche précise. En pleurs, elle décrit d’abord un comportement
autoritaire du théologien : « Il m’a tutoyée en me disant Sois une femme. » Puis des coups et un rapport sexuel violent non consenti, expliquant que son agresseur « avait de la haine dans son regard ».
« Ce sont des affabulations », rétorque aussitôt Tariq Ramadan. Selon
l’islamologue, il n’y a eu qu’une rencontre physique, vraisemblablement
le 6 avril 2012, à la sortie de l’une de ses conférences au Bourget
(Seine-Saint-Denis). S’il admet avoir eu des échanges « virtuels et
sexuels » avec Henda Ayari, ceux-ci n’auraient pas donné lieu à des
rapports charnels. Contrairement à d’autres femmes, avec qui il a reconnu avoir eu des relations extraconjugales.
« Quels sont vos critères pour que vous passiez de la rencontre
sexuelle virtuelle à la rencontre sexuelle physique ? » tente,
dubitatif, l’un des conseils d’Henda Ayari. « D’abord, en termes de
pourcentage, il y a beaucoup plus de virtuels que de relations, réplique
Ramadan. Un critère qui est essentiel, c’est la confiance que je peux
avoir en mon interlocutrice. »
Or, explique le prédicateur, Henda Ayari côtoyait deux de ses ennemis
jurés – le sociologue Vincent Geisser et l’essayiste Alain Soral.
Surtout, ajoute-t-il, son accusatrice lui aurait confié avoir eu « des
relations tarifées parce qu’elle avait besoin d’argent ». « Il est taré
lui, n’importe quoi ! » conteste Ayari, en fondant en larmes.
Des zones d’ombre persistent
Si l’islamologue semble avoir marqué des points lors de cette
confrontation, des zones d’ombre demeurent. Sur un vieil agenda qu’elle a
fourni aux juges, Henda Ayari avait noté un rendez-vous à la date du 26
mai 2012 au Crowne Plaza. Si celui-ci n’a pas eu lieu, Ramadan avait
bel et bien une réservation à cette date, qu’il a annulée peu avant. Or,
cette information n’était pas publique.
D’autre part, dans le dossier figure la déposition d’une amie d’Henda
Ayari, qui dit avoir eu vent à l’époque d’une rencontre entre l’accusé
et l’accusatrice dans un hôtel. Un témoin que l’on ne peut pas
soupçonner de connivence puisque, dans une écoute téléphonique
interceptée lors de l’enquête, il conteste la position victimaire
d’Ayari : « Ce que je peux te dire, c’est t’es partie avec la banane,
t’es revenue avec la banane quand même ». « M. Ramadan rit », note la
greffière lors de la confrontation, alors que l’islamologue remet en
doute la fiabilité de ce témoignage.
En fin d’audition, les juges d’instruction font remarquer à
l’islamologue qu’il existe néanmoins « des traits communs » entre la
description du viol présumé d’Henda Ayari et ceux des deux autres
plaignantes, Christelle et Marie. « La perspective historique montre que
les versions évoluent pour toutes aller dans le même sens, balaye
Ramadan. L’addition de trois mensonges concertés historiquement ne fait
pas la vérité factuelle. »
Le théologien suisse doit être confronté pour la seconde fois à
Christelle ce mardi. Un moment important dans l’instruction puisque les
juges ont notamment justifié son maintien en détention pour éviter toute pression sur la victime dans la perspective de ce rendez-vous.
Tariq Ramadan : la plaignante suisse raconte une « nuit d’horreur »
Le ministère public suisse a ouvert une instruction pénale pour
« viol » et « contrainte sexuelle ». Les enquêteurs s’intéressent à la
famille de l’accusé.
Tariq Ramadan
lui aurait d’abord proposé d’aller boire un café. Ensuite, sous prétexte
de l’aider à monter une planche à repasser et un fer en prévision d’une
émission de télévision, il l’aurait entraînée dans sa chambre. Tariq
Ramadan se serait d’abord mis à genoux pour brancher le fer à une prise.
Selon la plainte à laquelle nous avons accès, en se relevant, il
l’aurait menacée et insultée, l’accusant notamment de travailler pour
les renseignements généraux français. Si le premier procureur genevois
Adrian Holloway a retenu les qualifications de « viol » et de
« contrainte sexuelle », il n’a pas tenu compte des circonstances
aggravantes de cruauté et de séquestration dénoncées par la plaignante.
Un dossier aux « ramifications internationales »
« L’ouverture d’une instruction pénale marque un avancement majeur de
la procédure suisse et démontre le sérieux des accusations portées par
notre cliente. La prochaine étape sera l’audition du prévenu en France,
par le procureur suisse, vraisemblablement en octobre », confie au Point
Romain Jordan, l’avocat de « Brigitte ». Il a été rejoint par l’un des
ténors du barreau genevois, Robert Assaël. « Nous ne serons pas trop de
deux pour gérer un dossier tentaculaire aux ramifications
internationales et au nombre important d’audiences prévisibles », a-t-il
confié à La Tribune de Genève .
À la suite de la révélation par Le Point, le 6 septembre
dernier, de la prochaine « mise en prévention » de Tariq Ramadan, qui
correspond en France à une mise en examen, Mes Guerric Canonica et
Pierre de Preux, les défenseurs du prédicateur, ont demandé des
explications à la justice genevoise. « Nous sommes excessivement surpris
d’apprendre l’ouverture d’une instruction par la presse et non par le
ministère public directement », déclarent-ils au site Le Muslim Post. Lundi, Le Point a cherché à joindre sans succès la défense de Tariq Ramadan.
Pressions et menaces
L’enquête menée par la police genevoise pourrait fragiliser la
famille Ramadan, qui ne cesse d’affirmer que Tariq Ramadan serait
victime d’un « complot ». Dans le quotidien Le Temps daté du 10 septembre,
son frère Bilal Ramadan a évoqué un traquenard organisé « au niveau le
plus haut de l’État ». Il a ajouté : « La pensée de Tariq dérange
suffisamment en France pour qu’on veuille l’empêcher de parler. Pour le
briser, on a révélé sa vie privée, on l’a accusé de viols. »
Pourtant, selon nos informations, depuis au moins 2009, plusieurs femmes en Suisse, mais aussi en France et en Belgique,
auraient alerté la famille Ramadan, qui aurait tenté de les dissuader
de porter plainte. Certaines d’entre elles ont communiqué à la justice
des mails de pressions et de menaces provenant de la famille du
prédicateur. Toujours selon nos informations, plusieurs femmes sont
allées voir Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, pour
se plaindre des agissements de son frère. « C’est vous qui êtes des
pécheresses. C’est vous les fautives. C’est vous qui irez en enfer »,
leur aurait-il rétorqué. De son côté, Maryam Ramadan, la fille aînée de
Tariq Ramadan, aurait commis une infraction en révélant
le 4 août 2018 sur son fil Twitter les initiales de la plaignante
suisse, ce qui pourrait permettre son identification.
Confrontation en France
Cette nouvelle mise en examen du professeur d’Oxford, actuellement
mis en congé de l’université, vient s’ajouter aux dossiers instruits en
France, où il a été inculpé le 2 février pour des accusations de viol
qu’il conteste. Tariq Ramadan doit bientôt être confronté à la deuxième
plaignante. Cette confrontation avec cette femme surnommée « Christelle“ était prévue le 18 juillet 2018, mais elle a été reportée en raison de l’état de santé de la plaignante.
Par ailleurs, un homme dont le témoignage fragilisait la plainte de Henda Ayari, la première accusatrice de Tariq Ramadan, a été condamné à dix mois de prison ferme pour faux.
Cet ancien douanier de 44 ans affirmait que Henda Ayari lui avait fait
des avances, puis l’aurait menacé quelques jours plus tard de porter
plainte pour viol contre lui. Cet homme est par ailleurs mis en cause
dans une affaire de viol ainsi que dans une autre de séquestration et
d’extorsions de fonds.
Sur le même sujet
Tariq Ramadan sur le point d’être mis en examen en Suisse
Tariq Ramadan sur le point d’être mis en examen en Suisse
VIDÉO. Le prédicateur est accusé de « séquestration, contrainte
sexuelle, viol avec circonstance aggravante de cruauté », des faits
remontant à octobre 2008.
Modifié le 06/09/2018 à 11:05 – Publié le 06/09/2018 à 09:41 | Le Point.fr
Tariq Ramadan va bientôt faire face à un nouveau front judiciaire, en Suisse
cette fois. À Genève, le palais de justice explique en termes choisis
que « le seuil nécessaire pour justifier l’ouverture d’une instruction
pénale est largement atteint, et ce, depuis le début de la procédure
déjà ». Comprenez que les enquêteurs genevois, à la suite de la plainte
déposée le 13 avril 2018 par une Suissesse, ont recueilli suffisamment
d’éléments pour que le parquet procède la semaine prochaine à une « mise
en prévention » de Tariq Ramadan. Ce qui correspond, en France, à une mise en examen pour viol.
Après les trois plaintes pour viol déposées en France et la plainte pour agression sexuelle venant des États-Unis,
une Suissesse, âgée d’une quarantaine d’années au moment des faits,
convertie à l’islam dans sa jeunesse, a accusé en avril dernier le
prédicateur de l’avoir violée en 2008 dans un hôtel de la rive droite de
Genève. Le 28 octobre de cette année-là, Tariq Ramadan lui aurait
proposé d’aller boire un café. Puis, sous prétexte de l’aider à monter
une planche à repasser et un fer, en prévision d’une émission de
télévision, il l’aurait entraînée dans sa chambre. Elle décrit ensuite
des scènes d’horreur comparables à ce qu’auraient subi les victimes
présumées du prédicateur en France.
La Suissesse, qui accuse Tariq Ramadan de « séquestration, contrainte
sexuelle, viol avec circonstance aggravante de cruauté », affirme avoir
été également insultée, battue et menacée. « Il me disait qu’il y avait
deux catégories de femmes qui refusaient de l’embrasser : les
prostituées et les espionnes. Il m’a alors redemandé si j’étais des RG
[Renseignements généraux] », avait-elle expliqué en avril dernier dans La Tribune de Genève.
Contacté mercredi, maître Romain Jordan, l’avocat principal de la
plaignante genevoise, n’a pas souhaité faire de commentaires à ce sujet.
D’autres proches du dossier indiquent toutefois que l’audition de Tariq
Ramadan apparaît comme la suite logique d’une instruction pénale, de
façon à ce que le « prévenu puisse prendre position sur les charges
pesant sur lui ». Selon toute vraisemblance, cette audition se déroulera
à Paris, vraisemblablement en octobre, le prédicateur étant
actuellement détenu.
Par ailleurs, Myriam Ramadan, la fille aînée de Tariq Ramadan,
serait également dans la ligne de mire de la justice helvétique. Début
août, dans un tweet, elle a révélé partiellement l’identité de la
plaignante, ce qui constitue une infraction en droit suisse.
Contrairement à la France, la justice de l’autre côté du Jura
travaille depuis des semaines dans le plus grand secret. Il s’agit
d’éviter à l’accusatrice du prédicateur de subir le sort des trois
femmes qui ont déposé une plainte contre Tariq Ramadan en France et qui
sont depuis quotidiennement insultées et menacées de mort.
Quand Tariq Ramadan dénonçait les relations extraconjugalesEXCLUSIF. Tariq Ramadan accusé de viol : la version d’Henda Ayari s’effondreAffaire Tariq Ramadan : le témoin qui accable Henda Ayari
L’armée craint d’être mise en accusation dans son
ensemble à la suite de la reconnaissance d’une forme de responsabilité
de l’Etat dans la disparition de Maurice Audin.
Quant aux anciens combattants, pour certains d’entre eux, c’est
encore pire : hors d’eux, ils accusent le président de la République de
donner raison à un traître.
Dans ces conditions, je me dois de rappeler qu’à l’instar de nombreux
collègues ingénieurs d’études en informatique qui pour beaucoup,
torturés à mort ou assassinés, ne sont plus là pour témoigner, je suis
moi-même torturée depuis près de trois décennies pour avoir, non pas
trahi mon pays, mais au contraire refusé de le trahir au profit de mes
anciens employeurs harceleurs, des patrons voyous d’origine étrangère.
J’ai fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat. Mes proches sont
eux aussi tous attaqués et certains en sont bien morts. Ils ont été
assassinés sur ordre de mes anciens employeurs harceleurs ou de leurs
complices fonctionnaires CORROMPUS
ne cherchant ainsi qu’à m’isoler et me rendre plus vulnérable à toutes
leurs attaques, incessantes, constamment renouvelées depuis près de 30
ans.
Or, que fait la « justice » française ? Lorsqu’elle décide d’agir,
elle ne s’attaque toujours qu’aux victimes toujours en vie de ces
criminels, avec pour but ultime de les faire taire par assassinat.
Torture en Algérie : les militaires français d’aujourd’hui redoutent l’amalgame
Malgré les précautions de l’exécutif, qui accuse aussi les
gouvernements de l’époque, l’armée craint d’être mise en accusation dans
son ensemble.
LE MONDE | 13.09.2018 à 12h13 • Mis à jour le 13.09.2018 à 12h16 | Par Nathalie Guibert
En assumant de relancer un débat sur le comportement des militaires
français dans les opérations de la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron
va-t-il susciter une nouvelle incompréhension dans les armées ? Enoncée
jeudi 13 septembre, la « reconnaissance au nom de la République française que Maurice Audin a été torturé » et que le jeune assistant de mathématiques de la fac d’Alger a été exécuté « par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile » en 1957 est un acte historique.
Les mots du président ont été préparés avec les autorités du
ministère des armées. Ils sont inscrits dans un cadre précis : c’est « un système » dont des gouvernements ont eu la responsabilité politique avec le « fondement légal » des pouvoirs spéciaux, qui a formé « le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture ».
La délégation de pouvoirs de police à l’armée est en cause, et non une
responsabilité générale des militaires, affirme l’Elysée. Dans cette
guerre qui a tué 450 000 Algériens et 30 000 soldats français (en
mobilisant 1,3 million d’appelés), les crimes de certains ne peuvent
peser sur la conscience de tous les autres, insiste le chef de l’Etat : « Il en va de l’honneur de tous les militaires morts pour la France (…) dans ce conflit. »
En somme, les sources de l’exécutif soulignent que l’affaire Audin ne
saurait concerner l’armée d’aujourd’hui et que cette reconnaissance
symbolique ne relève d’aucune volonté de lui faire un procès. Mais
certains militaires jugent la polémique inévitable. Une telle annonce ne
peut, disent-ils, qu’être mal vécue par les anciens qui, dans leur
majorité, n’ont rien vu de la torture. Et la clôture du cas Audin, tant
attendue par la famille, risque par amalgame d’avoir un impact négatif
sur l’image actuelle de l’institution.
« Il ne faudrait pas qu’en revenant sur des affaires très anciennes on entache la réputation d’une armée qui depuis vingt…
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Torture en Algérie : les militaires français d’aujourd’hui redoutent l’amalgame
Algérie : « Macron donne raison à un traître », selon le Montpelliérain Alain Jamet
Alain Jamet est un ami de Jean-Marie Le Pen. P. SA.
Publié le 13/09/2018 à 10:57 / Modifié le 13/09/2018 à 14:11
Le Montpelliérain, compagnon de route de Jean-Marie Le Pen, refuse
d’utiliser le terme de torture, alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à
reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la disparition du
militant Maurice Audin en 1957 et plus globalement sur les faits de
torture. Entretien.
Le président de la République s’apprêterait à reconnaître
la torture en Algérie comme « un système légalement constitué ». Qu’en
pensez-vous ?
Je suis hors de moi, en parlant modérément. Ce n’est pas la première
fois. C’est une récidive. En voyage en Algérie, il avait dit que la
France était coupable de crimes contre l’humanité. Et maintenant il
donne raison à un traître à son pays, Maurice Audin.
Il reçoit sa veuve et c’est une façon de reconnaître la faute de la
France alors qu’elle était en guerre contre des gens qui posaient des
bombes et qui faisaient du terrorisme. C’est incroyable de la part d’un
président de la République.
Quel est votre regard sur la question de la torture ?
Je n’ai jamais participé ou assisté à une séance de torture. Je sais
par contre que nos adversaires du FLN la pratiquaient couramment.
Mais vous convenez tout de même que la torture a existé du côté de l’armée française ?
Absolument pas. Le général Massu avait parlé d’interrogatoires un peu
poussés pour obtenir des renseignements sur les poseurs de bombe.
Quelle différence entre torture et interrogatoires poussés ?
Nos adversaires appelleront ça d’un autre nom. Moi je suis du côté de l’armée française et de la défense de notre pays.
Votre ami Jean-Marie Le Pen, présent comme vous en Algérie, a souvent été accusé d’actes de torture…
Il s’est expliqué. D’abord il n’est pour rien dans l’affaire Audin.
Il a lui même dit qu’il ne l’a jamais pratiquée. Il a toujours répondu
comme je le fais : interrogatoires musclés pour empêcher que des bombes
explosent.
Que pensez-vous de l’ouverture annoncée des archives de l’Etat sur la question des disparus en Algérie ?
Les disparus qui ont été enlevés par le FLN ?
Tous les disparus…
Plusieurs milliers ont été enlevés, prostitués ou tués par le FLN le 5
juillet 1962. Je suis d’accord pour qu’on ouvre ces archives.
Dans les deux camps…
Je ne suis pas dans l’autre camp, comme vous l’avez bien saisi.
Vous avez perdu un bras en Algérie. Dans quelles conditions ?
En débusquant un rassemblement de rebelles dans une grotte dans les
Aurès. Ils ont attendu que je sois à cinquante centimètres d’eux et ils
m’ont tiré dessus à bout portant. Comme j’étais gaucher, j’avançais le
bras. Ils n’ont pas eu le coeur, ils ont eu le bras.
Et pour les innombrables ingénieurs et autres salariés torturés à mort par des patrons voyous ou leurs complices fonctionnaires CORROMPUS, la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat interviendra-t-elle un jour ?
La torture à mort ou suivie d’assassinat de ces honnêtes travailleurs et citoyens
n’est peut-être le fait, pour chacun d’entre eux, que de quelques
criminels, mais elle est permise par un Etat dans l’incapacité absolue
d’empêcher de nuire ses fonctionnaires CORROMPUS,
aucun gouvernement n’ayant jamais tenté de remédier à ce problème qui
reste largement nié par toute la classe politique française.
Guerre d’Algérie : Emmanuel Macron reconnaît une forme de
responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, torturé par des
militaires français
Emmanuel Macron va faire un déplacement symbolique chez Josette
Audin. Son mari a été torturé et tué pendant la guerre d’Algérie. Le
chef de l’État va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives
liées aux disparus de la guerre d’Algérie.
Photo non datée de Maurice Audin, disparu en 1957. (AFP)
Le chef de l’État va se rendre jeudi 13 septembre chez Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, disparu en juin 1957 à Alger, après avoir été arrêté et torturé par des parachutistes du général Massu.
Un « système légalement institué »
C’est l’occasion pour Emmanuel Macron de reconnaître une forme de
responsabilité de l’État dans l’utilisation de la torture pendant la
guerre d’Algérie à travers l’existence d’un « système légalement institué », révèle France Inter, jeudi.
Le président de la République va annoncer sa décision d’ouvrir toutes
les archives nationales pour qu’enfin on sache ce qui est arrivé
exactement au mari de Josette Audin, mathématicien, membre du Parti
communiste et militant anticolonialiste, dont le corps n’a jamais été
retrouvé.
Selon l’Elysée, « Emmanuel Macron a décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité » sur la disparition de Maurice Audin. Si sa mort est « en dernier ressort, le fait de quelques-uns », elle a été rendue possible par un »système légalement institué » appelé « arrestation-détention » qui « autorise les forces de l’ordre à arrêter, détenir et interroger tout ‘suspect’ ». Les pouvoirs spéciaux accordés à l’armée ont été « le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture ».
Les archives sur les disparus rendues publiques
Emmanuel Macron va également demander que toutes les archives de
l’État qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être
librement consultées, et pas seulement celles de la défense.
Enfin, il appelle toutes les personnes qui ont pu connaître les
circonstances de la mort de Maurice Audin à s’exprimer librement au nom
du devoir de vérité.
Certaines associations d’anciens combattants ne vont guère apprécier cette démarche mais « on assume »,
glisse l’entourage d’Emmanuel Macron. Quant à la date choisie pour
cette reconnaissance du crime contre Maurice Audin militant communiste, à
la veille de la Fête de l’Humanité, le choix est là aussi très symbolique.
Les promoteurs du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu espèrent faire progresser son recouvrement de 98,5% à 99%.
Ont-ils bien intégré dans leurs prévisions que les très nombreux
salariés qui tous les ans déclarent tous leurs revenus et paient leurs
impôts sur ces revenus tandis que leurs employeurs ne les déclarent même
pas à l’URSSAF vont naturellement cesser de payer sans que ces derniers
ne prennent le relais ?
Y ont-ils seulement pensé ?
Il faut aussi leur rappeler que les bilans chiffrés de l’activité des
contrôleurs fiscaux ne rendent pas compte de toute la réalité de cette
activité, et qu’ils sont d’autant plus trompeurs que celle-ci est
d’emblée sévèrement viciée par les modalités de la rémunération des
agents du fisc, en partie constituée de primes calculées sur les
suppléments d’impôts qu’ils mettent à la charge des contribuables à
l’issue de leurs procédures de contrôle.
En effet, en incitant les agents du fisc au rendement de leur
activité, elle les incite à multiplier les procédures de contrôle les
plus simples et les plus sûres, celles qui toutes vont se conclure par
des redressements contre lesquels les contribuables concernés ne
pourront jamais rien, et donc, à délaisser les gros fraudeurs, les
patrons voyous, lesquels forment une population d’individus très
agressifs disposant de plus d’armées d’avocats pour les défendre et de
relations privilégiées avec nombre d’élus et de fonctionnaires CORROMPUS,
toujours prêts à intercéder en leur faveur auprès de la hiérarchie des
contrôleurs ou de leur ministre, si bien que leur traque et leur
contrôle, déjà bien plus difficiles que de simples « contrôles » de visu
de déclarations de revenus de salariés, est rarement rentable pour
l’agent du fisc qui y travaille, les redressements qu’il parvient à
opérer à l’issue de procédures très longues et fort coûteuses en temps
de travail faisant souvent par la suite l’objet d’annulations ou de
remises gracieuses.
Les plus contrôlés et redressés sont donc les salariés, qu’ils soient
toujours en activité, au chômage, en arrêt de travail pour maladie ou
en retraite, car ils ne peuvent pas tricher sur leurs revenus et offrent
ainsi aux contrôleurs la garantie de résultat nécessaire à la
rentabilité maximale de leur activité : pouvant d’emblée compter que la
cible n’aura pas les moyens financiers de se battre contre un éventuel
redressement injustifié, les contrôleurs n’hésitent pas et font leurs
primes avec des redressements qui la plupart du temps consistent tout
simplement en la suppression arbitraire de charges déductibles, par
exemple les frais professionnels réels lorsqu’ils dépassent les 10%
forfaitaires.
Tous les cinq ans, le principal syndicat des impôts enquête sur
l’ampleur de la fraude fiscale en France. La dernière édition, révélée
par « Marianne », nous apprend que le compteur a explosé. Fallait-il
s’attendre à autre chose après la suppression de 3 100 postes de
contrôleurs ?
Jamais la fraude fiscale n’a été aussi importante et jamais les
contrôles n’ont été aussi faibles. C’est le triste constat auquel
aboutit le rapport établi par le syndicat Solidaires-Finances publiques
que Marianne dévoile cette semaine. La dernière livraison de
cette étude quinquennale estime dans sa fourchette haute à 100 milliards
d’euros le manque à gagner pour les caisses de l’Etat, sans compter
donc les fraudes aux prélèvements sociaux qui grèvent, elles, celles de
la Sécu. Vingt milliards supplémentaires par rapport à l’estimation
réalisée il y a cinq ans. Le syndicat n’est pas le seul à tenter de
mesurer ce phénomène. Des ONG fournissent également des statistiques.
Oxfam avance un chiffre allant de 60 à 80 milliards d’euros. Près de 200
milliards d’euros pour l’association Tax Justice Network, mandatée en
2012 par le groupe socialiste au Parlement européen, qui additionne
fraude fiscale et sociale. Mais une chose est sûre : toutes les
estimations convergent.
Triche off-shore
Dans le débat public hexagonal, c’est le travail réalisé par
Solidaires-Finances publiques qui est le plus souvent cité par les
parlementaires, par les journalistes et même parfois par les pouvoirs
publics. C’est ce chiffre qui de facto fait office de référence. Il
faudra donc à présent évoquer ce montant si symbolique de 100 milliards
d’euros pour la fraude fiscale. Pour en mesurer l’importance, il suffit
de le comparer. Cent milliards d’euros, c’est 1,5 fois ce que payent les
Français au travers de l’impôt sur le revenu. De quoi assurer à l’Etat
un budget en équilibre, puisque les 100 milliards viendraient financer
non seulement les 82 milliards du déficit budgétaire, mais également
toute la politique publique en faveur de l’écologie – 7 autres milliards
– et celle de la transition écologique – 11 milliards d’euros (cf.
infographie).
Si la grande fraude fiscale, comme le carrousel de TVA (qui s’apparente davantage à un hold-up de l’Etat), a…
Fraude fiscale: un rapport parlementaire propose de renforcer les outils anti-abus et la transparence
12/09/2018 à 19h39
« Il reste beaucoup à faire, au niveau national, mais aussi
et surtout au-delà » en matière de fraude fiscale, estime le rapport –
Bertrand Guay – AFP
Le rapport, qui s’intéresse particulièrement à la « zone grise »
située entre légalité et infraction pénale, dont profitent certaines
entreprises, formule une quarantaine de propositions, inscrites dans une
« feuille de route » sur deux ans.
La lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale des entreprises a
progressé ces dernières années en France mais doit encore être
améliorée, en renforçant les outils anti-abus et la transparence, estime
un rapport parlementaire publié mercredi.
En matière de lutte contre l’évasion fiscale, « la France dispose
d’un arsenal robuste qui a fait ses preuves », souligne ce rapport,
rédigé par la députée LREM Bénédicte Peyrol. Néanmoins, « il reste
beaucoup à faire, au niveau national, mais aussi et surtout au-delà »,
ajoute le document.
Évaluer la fraude et l’évasion fiscale
Le rapport, qui s’intéresse particulièrement à la « zone grise »
située entre légalité et infraction pénale, dont profitent certaines
entreprises, formule une quarantaine de propositions, inscrites dans une
« feuille de route » sur deux ans, qui prend en compte les textes
législatifs à venir.
Première d’entre elles: la mise en place d’ici le début de l’année
2019 d’un groupe de travail mêlant économistes, parlementaires et
membres de l’administration fiscale pour mettre au point une méthode
d’évaluation de la fraude et de l’évasion fiscales « faisant
consensus ».
« De nombreux chiffres reposant sur différentes études sont
avancés », a rappelé Bénédicte Peyrol lors d’une conférence de presse.
Or « pour lutter efficacement » contre l’évasion fiscale, « il faut
qu’on ait une bonne évaluation » du phénomène, a-t-elle insisté.
Un accès élargi au « registre des trusts »
Autre mesure préconisée: permettre l’accès au « registre des
trusts », mis en place par la loi Sapin II, à « toute personne
justifiant d’un intérêt légitime et autorisée en ce sens par un juge »,
notamment les « journalistes » et les « ONG ».
Ce registre, créé en 2016 pour permettre de connaître les
bénéficiaires effectifs de ces structures offshore, devait à l’origine
être accessible au grand public. Mais le Conseil constitutionnel a
retoqué cette disposition, au nom du respect de la vie privée.
Cette proposition constitue « un premier pas à l’heure où ce dossier
est en train de s’enliser au niveau européen », s’est félicitée dans un
communiqué l’ONG Oxfam, pour qui le rapport comprend « de nombreuses
propositions » qui « permettraient de faire passer la lutte contre
l’évasion fiscale à la vitesse supérieure ».
« Mais il est impératif que chaque citoyen, salarié, actionnaire,
puisse avoir directement accès à ce type d’information », insiste l’ONG.
« Assouplir l’abus de droit »
Sur le plan juridique, et au-delà de ce critère de transparence, le
rapport propose d’ »assouplir l’abus de droit », qui permet de
sanctionner les montages financiers ayant pour but d’échapper à l’impôt,
pour l’appliquer aux opérations à motivation « principalement fiscale »
et non plus « exclusivement fiscale ».
Il appelle par ailleurs, concernant les géants du numérique, à
« poursuivre les discussions » en cours à Bruxelles sur la taxe à 3%
proposée par la France, tout en limitant à deux ans la durée de ce
dispositif, pensé comme provisoire.
Ce projet, soutenu par la commission européenne, prévoit la mise en
place d’une taxe sur le chiffre d’affaires des géants du net le temps
qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale. Il suscite de vives
réticences en Irlande mais aussi en Allemagne.
« À défaut d’aboutissement dans le délai indiqué, la France se doit
d’agir », insiste le document, qui avance notamment la piste d’une
nouvelle taxe anti-abus permettant de mieux appréhender les bénéfices
détournés ».
Émilie Cariou: « Ce que la fin du verrou de Bercy va changer »
28/07/2018 à 09h27
Emilie Cariou, députée LREM. – Jacques Demarthon – AFP
L’amendement déposé par la députée LREM devrait aboutir à une petite
révolution dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale. Pour BFM
Éco, elle revient sur cette initiative, mais aussi sur la polémique
entourant la taxation des utilisateurs d’Airbnb, Blablacar et consorts.
A peine un an après avoir été élue députée pour la première fois,
Émilie Cariou est en passe de mettre fin à une pratique vieille de plus
d’un siècle. Sauf retournement de situation, le « verrou de Bercy » va
en effet sauter dans les prochaines semaines, grâce à un amendement au projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale.
Un texte qui contient également un article polémique sur une vraie-fausse taxation
des revenus des utilisateurs d’Airbnb, Blablacar et autres plateformes
collaboratives. Pour BFM Éco, l’élue est revenue sur ces questions
brûlantes.
> Les utilisateurs d’Airbnb ou Blablacar vont-ils être taxés?
Le projet de loi prévoit seulement la transmission d’informations des
plateformes collaboratives aux utilisateurs, mais aussi à
l’administration fiscale. Cela ne change en rien les règles de taxation.
Par exemple, un particulier qui vend un bien d’occasion n’a jamais été
taxé et ne le sera pas plus. Idem en ce qui concerne les plateformes
facilitant le partage de frais, comme le covoiturage.
En revanche, quand un bénéfice est réalisé sur une prestation de
services, cela équivaut à une activité commerciale, donc taxable. Dans
le cas d’Airbnb, il existe un abattement de 50% sur le montant perçu
pour les locations– qui correspond aux charges – puis un plafond
en-dessous duquel les revenus ne sont pas taxés. Mais là encore, il n’y a
aucune nouveauté.
> Est-ce que ce texte va permettre de cibler les
pratiques d’optimisation fiscale des plateformes, puisque le fisc
connaîtra leur chiffre d’affaires en France?
Cela permettra plus de transparence sur le chiffre d’affaires des
plateformes, mais ce n’est pas l’objet de cet article de loi. Nous
ciblons plutôt les commerçants qui vendent des biens en France mais qui
ne paient pas la TVA et font d’ailleurs une concurrence déloyale aux
autres. C’est le cas, par exemple, sur Amazon qui est aussi une market
place utilisée par des commerçants de tous pays pour vendre en France.
> Vous vous apprêtez à mettre fin au verrou de Bercy. Qu’est-ce que cela signifie?
Aujourd’hui, le ministère du Budget possède le monopole de
l’ouverture des plaintes pour fraude fiscale. Avec, pour conséquence,
d’empêcher les procureurs d’exercer leur pouvoir habituel. Depuis des
années, l’opacité de cette procédure est critiquée, et certains estiment
que la fraude n’est peut-être pas assez sanctionnée.
> Des juges pourront donc lancer des procédures pour des soupçons de fraude fiscale, indépendamment de Bercy?
Aujourd’hui, lorsqu’une fraude intentionnelle est avérée, le fisc
impose des pénalités allant de 40% à 100% de l’impôt. A ces sanctions
financières, le projet de loi fera obligation à l’administration de
transmettre le dossier à la justice pour d’éventuelles sanctions
pénales.
Le Conseil constitutionnel a clairement fait savoir qu’il n’était pas
possible de sanctionner deux fois les mêmes faits, sauf pour les cas
graves. Nous avons donc inscrit dans la loi des critères de gravité.
Au-delà de 100.000 euros de fraude, il y aura transmission automatique
du fisc au parquet. Pour les montants inférieurs, Bercy pourra, s’il le
souhaite, porter plainte également.
>Le texte introduit également la procédure de
plaider-coupable, et élargit la convention judiciaire d’intérêt public
(CJIP) à la fraude fiscale. Les contrevenants peuvent donc mettre fin
aux poursuites moyennant le paiement d’une amende?
Oui, ces procédures étaient demandées par les parquets eux-mêmes.
Cela permettra dans certains cas au procureur d’aller plus vite et
d’éviter la lourdeur d’un procès. Ce sera bien sûr au magistrat de
décider quel dossier mérite un procès, tel autre une CJIP, etc. De
toutes manières, le préjudice pour l’État sera réparé via la sanction
prononcée par le fisc.
> Ce projet de lutte contre la fraude ne risque-t-il pas d’être affaibli par la réduction programmée des effectifs à Bercy?
Cela fait 15 ans que les effectifs de Bercy se réduisent, notamment à
cause de la numérisation. Il n’y a pas encore eu de prélèvement dans
les effectifs qui procèdent aux contrôles fiscaux, et nous veillerons à
ce que cela soit toujours le cas.
> Une police fiscale va également être créée…
Entre 40 et 50 personnes seront effectivement chargées d’enquêter sur
des cas de fraudes, dans ce nouveau service, avec la possibilité de
recourir à des méthodes policières, comme des mises sur écoute. Mais
cela concerne des activités occultes. Les autres contrôles seront
réalisés comme aujourd’hui par les services classiques qui opèrent des
vérifications.
LE MACRONOMÈTRE – Le nouveau texte du projet de loi relatif à la
lutte contre la fraude fiscale vise à rendre plus efficaces les services
français, mais risque d’alimenter les rivalités entre ces derniers,
relève l’iFRAP, qui attribue la note de 6 sur 10 à cette mesure. Chaque
semaine, le think-tank libéral publie sur Le Figaro.fr une évaluation
d’une des promesses du président de la République.
La fraude fiscale
est un serpent de mer du débat public, avec des chiffres souvent
fantaisistes. On parle fréquemment de 80 milliards d’euros de fraudes
fiscales et sociales mais ces chiffres sont non documentés, la réalité
devant se situer autour de 50 milliards, dont une trentaine pour la
seule fraude fiscale. Les contrôles fiscaux ont un rendement en chute
ces dernières années et l’écart entre les redressements notifiés et les
montants encaissés est très important (9,5 milliards d’encaissements
contre 17,5 milliards). Le nouveau texte du projet de loi relatif à la
lutte contre la fraude fiscale vise à rendre plus efficaces les services
français. Il comporte de bonnes et de moins bonnes mesures.
Les bonnes mesures:
● Renforcer le recours au «data mining»
Les fichiers de la Sécurité sociale et les fichiers fiscaux seront
mieux connectés, une quinzaine de millions d’euros seront dépensés dans
le big data. Cela va dans le bon sens car la France est en retard sur
l’utilisation en profondeur des données pour traquer les gros fraudeurs
et sur l’interconnexion des fichiers sociaux et fiscaux. La Belgique,
par exemple, arrive, grâce au big data, à faire fermer en quelques
heures les coquilles vides visant à frauder la TVA. La France voit de
son côté les fraudes à la TVA augmenter avec environ 17 milliards
d’euros, selon les données disponibles.
● Name and Shame
La légalisation de la pratique du «naming and shaming» en matière
fiscale est une bonne nouvelle. Le principe consiste à publier les noms
des gros fraudeurs, que ce soient des particuliers ou des entreprises.
Des dispositions qui vont dans le sens d’un meilleur effet dissuasif
contre les personnes morales et physiques qui se rendent coupables des
fraudes les plus graves. Une pratique qui à l’international a montré son
efficacité, notamment au Royaume-Uni.
● Le plaider coupable est une bonne mesure car il accélère le
contentieux et permet de désengorger les tribunaux… Elle qui devrait
permettre une accélération des enquêtes fiscales et le recouvrement des
sommes éludées et des pénalités.
Les moins bonnes mesures:
● La création d’une police fiscale et la crainte d’une future guerre des polices
Le texte crée une nouvelle entité de police fiscale d’une
cinquantaine d’agents à Bercy. L’intention n’est pas très compréhensible
car le risque est fort d’aboutir à une «guerre des polices», entre la
police fiscale d’une cinquantaine d’agents dédiée de Bercy et son
homologue de l’Intérieur, la BNRDF (brigade nationale de répression de
la délinquance fiscale) qui, rattachée au ministère de l’intérieur,
comporte déjà en son sein des agents de Bercy (OFJ, officier fiscaux
judiciaires). Le choix avait été fait a contrario en 2010 de «fiscaliser
la police». Désormais, le projet de loi veut en sens inverse
judiciariser l’administration fiscale. Le gouvernement annonce une
spécialisation de la nouvelle structure sur la délinquance fiscale et le
blanchiment, tandis que la précédente s’orienterait sur les sujets plus
larges (grand banditisme etc.). Il aurait été sans doute plus économe
de renforcer tout bonnement les moyens de la BNRDF pour la rendre plus
efficace mais cette création est peut-être une réponse du berger à la
bergère à cause de la suppression du verrou de Bercy.
● Le renforcement de la responsabilité fiscale des plateformes risque
de déséquilibrer les acteurs français de l’économie collaborative (le
Bon Coin, etc.) en les rendant solidairement responsables des fraudes
commises sur leur support d’échange. Une mesure heureusement corrigée
pour le moment à l’Assemblée nationale…
● La lutte contre l’utilisation illégale du tabac
Il s’agit sur ce dernier point d’une gestion paramétrique alors même
que la hausse fiscale très importante décidée dès le budget 2018 laisse
entrevoir un effondrement des recettes fiscales et entretient
mécaniquement une augmentation du marché noir. Le gouvernement est ici
astreint à une gestion répressive. Au-delà de quatre cartouches
transportées par véhicule, les sanctions seront plus fortes.
La mesure la plus importante de ce texte est celle qui consiste à
terme à traquer systématiquement les gros fraudeurs grâce au data
mining, c’est-à-dire l’échange d’informations entre les administrations.
Ce sera la clé notamment de la lutte contre les fraudes massives à la
TVA. Le reste des mesures n’est pas du même niveau en termes
d’efficience.
Le Macronomètre, observatoire des réformes du gouvernement, est un site de la Fondation iFRAP en
partenariat avec Le Figaro.fr. Il s’agit d’un outil dédié à
l’évaluation du quinquennat d’Emmanuel Macron: évaluation économétrique
par rapport à son programme électoral et aux annonces de son
gouvernement. Avec Le Macronomètre, l’action du gouvernement est notée
sur 10 chaque mercredi avant le conseil des ministres et devient lisible
d’un seul coup d’œil. Le Macronomètre permet à chacun de se faire un
avis sur la tenue ou non des promesses du président de la République et
sur l’efficacité des réformes du gouvernement.
C'est automatique après évocation d'un de mes harceleurs.
Notons au passage qu'ils n'ont vraiment pas aimé mon bulletin météo du 19 août.
Mais on sait depuis longtemps que leur "Konducator" de Puy-l'Evêque ne tolère absolument pas que je me raconte un peu, car cela ne correspond jamais à ses prétentions me concernant.
Dès les premières années de ses harcèlements à mon encontre, c'était pour moi le meilleur moyen de le faire enrager, et ce, sans même le citer.
Il faut bien dire qu'il est aussi très jaloux de tout ce que je suis réellement et que bien évidemment il n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais.
Non seulement il multiplie les menaces physiques (j’en ai reçu un bon
lot moi aussi), mais de plus il se vante publiquement d’être
effectivement l’auteur de violences physiques, comme ici le 30 septembre
2013 sur le site de ses amis les Sataniques Sceptiques du Québec :
En prime, il existe bien au moins une personne qui se soit plainte de violences graves de sa part.
Prélèvement à la source : ce qui change par rapport au projet initial
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Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a confirmé que tous
les contribuables qui bénéficient d’un crédit ou d’une réduction
d’impôt obtiendront le versement anticipé de 60% de ces sommes, dès le
15 janvier prochain.
Dès le 15 janvier, le fisc va verser 60% des crédits et réductions
d’impôt calculé sur 2018. , a précisé le ministre sur franceinfo. «Le 15
janvier, le premier choc psychologique sera positif», assure Gérald
Darmanin.
Cet accompte concernera les réductions et crédits d’impôts relatifs
aux services à la personne, aux frais de garde d’enfant et aux hébergés
en EHPAD.
Par ailleurs,ce dispositif sera étendu aux réductions d’impôt en
faveur de l’investissement locatif (Pinel, Duflot, Scellier,
investissement social et logement dans les DOM, Censi-Bouvard) et aux
réductions et crédits d’impôts en faveur des dons aux œuvres, des
personnes en difficulté et des cotisations syndicales.
Ces différentes dispositions conduiront à verser une avance de plus
de 5 milliards d’euros à plusieurs millions de contribuables dès le 15
janvier, a précisé le gouvernement.
Les autres crédits d’impôts comme la souscription au capital de PME
ou encore l’investissement forestier ne sont pas concernés par
l’accompte et seront remboursés en septembre 2019.
Concrètement, tous les contribuables qui ont droit à un crédit
d’impôt lié aux frais de garde d’un enfant ou l’emploi d’une aide à
domicile vont obtenir un versement le 15 janvier sur leur compte en
banque correspondant à 60% de ce crédit d’impôt, calculé sur l’année
précédente. Même chose pour ceux qui bénéficient de réductions d’impôt
dans le cadre l’investissement locatif (Pinel, Duflot, Scellier…) ou de
dons aux œuvres. Le versement d’un acompte en début d’année concernera
aussi les contribuables accueillis dans des Ehpad. Hier, le ministère
faisait savoir que «ces différentes dispositions conduiront à verser une
avance de plus de cinq milliards d’euros à plusieurs millions de
contribuables dès le 15 janvier».
● Pourquoi l’exécutif a revu sa copie
Initialement, Bercy prévoyait de ne verser qu’un acompte de 30% en janvier et le reste après l’été,
une fois la déclaration des revenus effectuée au printemps. Mais face à
la vague de critiques, qui lui reprochaient d’obliger les Français à
faire une avance de trésorerie au fisc, le gouvernement a changé son
fusil d’épaule. L’acompte a été porté à 60% et élargi à tous les crédits
et réductions d’impôt. «Le gouvernement a pris la décision de faire en
sorte que 8 millions de ménages ne vont pas avoir à avancer la
trésorerie. L’État se met dans une position où il dit: ‘puisque je vais
vous rendre cet argent, je le fais tout de suite’», décryptait Amélie de
Montchalin, députée LREM, sur BFMTV ce matin.