Les djihadistes d’Abou Sayyaf menacent de mort deux otages allemands aux Philippines
Le Monde.fr | 24.09.2014 à 15h30 • Mis à jour le 24.09.2014 à 16h05
Des islamistes philippins du groupe djihadiste Abou Sayyaf ont menacé mercredi 24 juin d’exécuter deux ressortissants allemands qu’ils retiennent en otage depuis le mois d’avril si l’Allemagne continue de soutenir la coalition menée par les Etats-Unis contre l’Etat islamique (EI). Dans un message diffusé sur Twitter, les activistes ont affirmé qu’ils exécuteraient « un des deux otages » si leurs demandes n’étaient pas satisfaites dans les quinze jours.
Abou Sayyaf est l’un des nombreux groupes islamistes armés qui opèrent dans le sud des Philippines. Connu pour être violent, il a été créé dans la région au début des années 1990 soutenu par des financements du réseau Al-Qaida
d’Oussama Ben Laden. Il a été accusé des pires attaques dans l’histoire
du pays et a été responsable de nombreux enlèvements d’étrangers, de
chrétiens et d’hommes d’affaires locaux pour exiger
des rançons. Il réclame par ailleurs une rançon de 250 millions de
pesos (5,6 millions de dollars) en échange de la libération de ses membres, capturés alors qu’ils naviguaient entre Bornéo et le sud des Philippines, selon des médias philippins.
Berlin « ne changera pas de politique sur l’Irak et la Syrie », a aussitôt déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères allemand. L’Allemagne a exclu de participer
aux frappes militaires lancées contre les combattants de l’EI en Irak
et en Syrie, mais a en revanche envoyé des armes aux combattants kurdes
d’Irak, en première ligne face aux djihadistes sunnites.
Un membre du renseignement militaire philippin a dit douter que les ravisseurs mettent leurs menaces à exécution. Selon lui, le groupe va continuer à négocier pour obtenir une rançon d’un montant inférieur à celui de ses exigences initiales.
En menaçant d’exécuter un otage allemand pour manifester une forme de
solidarité à l’égard de l’Etat islamique, le groupe philippin Abou
Sayyaf atteste du pouvoir d’attraction exercé en Asie par les
combattants islamistes qui occupent une partie de l’Irak et de la Syrie.
En menaçant d’exécuter un otage allemand pour manifester une forme de
solidarité à l’égard de l’Etat islamique, le groupe philippin Abou
Sayyaf atteste du pouvoir d’attraction exercé en Asie par les
combattants islamistes qui occupent une partie de l’Irak et de la Syrie.
Des sources sécuritaires et des analystes estiment que plus d’une
centaine de personnes sont parties d’Indonésie et de Malaisie, deux
Etats à forte majorité musulmane, ainsi que du sud des Philippines pour
rejoindre l’Etat islamique et certains d’entre eux songeraient à créer
une brigade composée de combattants s’exprimant en langue malaise.
Le commandant en chef des forces américaines dans la région
Asie-Pacifique, l’amiral Samuel Locklear, a déclaré jeudi que près d’un
millier d’Asiatiques, avaient rejoint les rangs de l’Etat islamique,
sans donner de précision sur leur pays d’origine, et « ce nombre
pourrait augmenter », prévient-il.
Selon des analystes spécialisés dans les questions de sécurité, des
milliers d’Asiatiques auraient déjà prêté allégeance à l’Etat islamique
et des groupes locaux cherchent à capitaliser sur une « marque » qui
gagne progressivement en visibilité en recourant massivement aux réseaux
sociaux qui relaient des vidéos violentes et des appels au djihad.
Les autorités locales craignent désormais l’effet d’un retour au pays
de ces combattants radicalisés susceptibles d’importer un savoir-faire
acquis en Irak et en Syrie.
Le groupe philippin Abou Sayyaf, qui revendiquait jusqu’à présent son
affiliation à Al Qaïda, a menacé de tuer l’un des deux otages allemands
qu’il détient d’ici le 10 octobre si l’Allemagne ne verse pas une
rançon de 5,6 millions de dollars (4,39 millions d’euros) et ne cesse
pas de soutenir les frappes aériennes menées par les Etats-Unis et leurs
alliés contre des positions de l’Etat islamique.
Abou Sayyaf s’est fait connaître au début des années 2000 par des
enlèvements de ressortissants étrangers. Cette organisation réputée pour
sa violence s’est spécialisée dans les rapts en vue d’obtenir des
rançons ainsi que dans d’autres activités criminelles.
Depuis une décennie cependant, l’aura du groupe s’est peu à peu
estompée à mesure qu’il multipliait les échecs militaires et que
diminuaient le nombre de ses soutiens.
Des sources sécuritaires doutent qu’il existe aujourd’hui un lien
entre Abou Sayyaf et l’Etat islamique et soupçonnent le groupe philippin
de vouloir capitaliser sur les succès que rencontrent les combattants
islamistes en Irak et en Syrie.
« Nous pensons qu’il n’existe pas de lien direct, mais il y a sans
doute des sympathisants qui cherchent à prendre le train en marche pour
récolter un soutien plus large », dit Ramon Zagla, porte-parole de
l’armée.
« Pour nous, c’est une manière de gagner en réputation, parce qu’actuellement, Abou Sayyaf est sur le déclin. »
L’Etat islamique tisse sa toile en Asie du Sud-Est
LE MONDE | 01.10.2014 à 11h26 • Mis à jour le 01.10.2014 à 12h03 | Par Jacques Follorou
Depuis la proclamation de son califat, en juin, l’ombre de l’Etat
islamique (EI) ne cesse de s’étendre en Asie. Les autorités du plus
grand pays musulman au monde, l’Indonésie, celles de Thaïlande où sévit,
au sud, une guérilla séparatiste musulmane, de Singapour, de la
Malaisie ou des Philippines ne peuvent plus cacher la multiplication,
sur leur sol, des signes de sympathie en faveur du mouvement djihadiste.
Selon les estimations officielles, « plus de 10 % des étrangers combattant dans les rangs de l’EI »
seraient originaires d’Asie du Sud-Est. Les collectes de fonds
organisées auprès d’individus, d’associations, voire de formations
politiques, financent, dans cette région, les départs vers le
Proche-Orient, la propagande et alimentent les caisses des djihadistes
de l’EI.
OBJECTIFS CRAPULEUX PLUTÔT QUE POLITIQUES
Le gouvernement de Manille a dû déployer, dimanche 28 septembre, un
millier de soldats au sud du pays, sur l’île de Basilan, pour tenter de
retrouver un couple de touristes allemands détenus par le groupe
islamiste Abou Sayyaf (« porteur de l’épée ») : ce dernier exige une
rançon de 4,5 millions d’euros et la fin du soutien allemand aux frappes
américaines contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie. A défaut de
réponse dans « les deux semaines », Abou Sayyaf a assuré qu’il décapiterait l’un des deux otages. Berlin a répondu, le 25 septembre, qu’il ne « changerait pas de politique ».
Dans des vidéos, Abou Sayyaf avait proclamé, en juillet, son allégeance à l’EI. Le ministère de l…
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L’Etat islamique tisse sa toile en Asie du Sud-Est
Le label Etat islamique s’exporte bien en Asie du Sud-Est
Arnaud VAULERIN (à Tokyo) 16 octobre 2014 à 13:07
En juin 2013, des Indonésiens défilent dans l’île de Java contre le
régime syrien de Bachar al-Assad en agitant un drapeau de l’Etat
islamique. (Photo Anwar Mustafa. AFP)
RÉCIT
Le groupe jihadiste philippin, Abu
Sayyaf, qui a prêté allégeance en juillet à l’EI, menace de décapiter
l’un de ses deux otages allemands vendredi.
L’ultimatum a été fixé vendredi 17 octobre à 15 heures (8 heures,
heure française). A cette date, le groupe islamiste Abu Sayyaf menace de
décapiter l’un des deux otages allemands qu’il détient depuis avril si
l’Allemagne ne répond pas à ses exigences. Basé dans le sud des
Philippines, Abu Sayyaf demande le versement d’une rançon de 250
millions de pesos (4,4 millions d’euros) et l’arrêt du soutien de Berlin
aux opérations des Kurdes et aux frappes américaines contre l’Etat
islamique en Syrie et en Irak. Le groupe a prêté allégeance à EI en
juillet. Dans une vidéo postée sur YouTube, on
y voyait le numéro 2 de l’organisation philippine, Isnilon Totoni
Hapilon, se mettre en scène avec une partie de ses hommes aux côtés d’un
drapeau de l’EI.
Même si selon plusieurs experts, cette démonstration de foi à EI est
surtout le moyen pour Abu Sayyaf de faire parler de lui alors qu’il est
en perte de vitesse, elle a été prise au sérieux par le gouvernement
philippin. Fin septembre, Manille a dépêché un millier d’hommes dans
l’île de Sulu où l’organisation retiendrait les otages. Et surveille de
près les agissements de certains militants radicaux qui recrutent pour
l’EI dans le Bangsamoro, le sud musulman du pays.
«L’avant-garde d’une force de combat»
Cette affaire est le dernier signe en date que l’Etat islamique gagne
en audience dans les rangs des militants jihadistes d’Asie du Sud-Est.
L’organisation jihadiste constitue même une menace directe pour les
Etats de la région qui abrite de grands pays musulmans. Ses appels à
organiser des attentats et à «frapper, égorger des infidèles d’Amérique, de France ou leurs alliés», comme elle l’a déclaré le 22 septembre,
risque de relancer les attaques terroristes qui ont endeuillé la région
au début des années 2000. Des experts et plusieurs gouvernements d’Asie
du Sud-Est redoutent que des volontaires partis combattre dans les
rangs d’EI reviennent nourrir un militantisme extrême dans leurs pays
d’origine. «Ils pourraient devenir l’avant-garde d’une force de combat qui atteindrait l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines»,
écrivait, fin septembre, l’Institut pour l’analyse politique des
conflits (Ipac) dans un rapport informé sur l’évolution d’EI en
Indonésie.
Selon l’amiral Samuel Locklear qui commande les forces américaines
dans le Pacifique, un millier de combattants d’Asie auraient rejoint la
Syrie et l’Irak pour se battre aux côtés de l’EI. «Ce chiffre pourrait être plus important», a-t-il avancé lors d’une conférence de presse au Pentagone le 25 septembre.
«La majorité ne cherchera jamais à aller en Syrie»
En Asie du Sud-Est, des rassemblements en soutien à l’Etat islamique
ont ameuté des foules. En Indonésie, des milliers de militants ont prêté
allégeance à EI après que celui-ci eut proclamé un califat islamique
entre l’Irak et la Syrie le 29 juin. «Fin août, ils étaient environ 2 000 à avoir prêté serment, indique l’Ipac.
La grande majorité de ces personnes ne cherchera jamais à aller en
Syrie et n’a pas d’attirance pour la violence. Mais les chiffres sont
une indication de l’intérêt que peut générer l’idée d’un califat au sein
d’un public dévôt.»
L’Ipac préfère avancer le chiffre d’une centaine d’Indonésiens
engagés en Irak et en Syrie. L’institut précise que la police
indonésienne connaît l’identité de 56 d’entre eux dont quatre se
seraient fait exploser avec leurs bombes. De son côté, l’agence
antiterroriste a répertorié 34 personnes qui ont rejoint l’EI ces
derniers mois. Dans la Malaisie voisine, ce sont 30 à 40 hommes au
minimum qui sont partis faire le jihad en Irak et en Syrie. Malaisiens
et Indonésiens ont même créé une unité militaire pour partager la même
langue, des intérêts et des objectifs communs. Conscientes du danger,
les autorités de deux pays ont renforcé leur vigilance. Jakarta a édicté
une circulaire en sept points pour endiguer la diffusion des idées d’EI
et a procédé à plusieurs arrestations. Kuala Lumpur dit avoir déjoué
des projets d’attentats et mis la main sur 19 islamistes radicaux qui
envisageaient des attaques dans des bars, des brasseries et des
discothèques. Au Bangladesh, au Japon – d’où 9 combattants seraient
partis pour rejoindre l’EI –, ainsi qu’en Australie, de nombreuses
perquisitions et des arrestations ont eu lieu ces dernières semaines.
L’Indonésie, épicentre de l’islamisme radical
Les gouvernements ont tiré les leçons des années 90. L’Indonésie, qui
reste l’épicentre de l’islamisme radical dans la région, est restée en
alerte en contrôlant et en affaiblissant les fondamentalistes. Une
mission qui figure sur la feuille de route du nouveau président, Joko
Widodo, qui prend ses fonctions le 20 octobre à Jakarta. Les capitales
de la région redoutent la répétition du scénario des années 80-90.
Partis combattre les Soviétiques en Afghanistan, des centaines
d’Indonésiens, de Malaisiens, de Philippins étaient revenus entraînés et
endoctrinés par Al-Qaeda, avant de commettre des attentats et des
prises d’otages.
Trente ans après, le contexte a changé. «Alors que la lutte des moudjahidin afghans a été largement acceptée et soutenue, rappelait dernièrement l’expert de l’islam politique pour la Brookings Institution, Joseph Chinyong Liow,
l’Etat islamique a créé des divisions parmi les groupes radicaux en
Asie du Sud-Est. Certains ont même rejeté et condamné avec virulence
l’organisation. Le recrutement terroriste a perdu l’avantage tactique de
la surprise.»
Photo
distribuée par le site de l’Intelligence Group, le 23 septembre,
montrant des militants du groupe Abou Sayyaf, qui détient un couple
d’Allemands en otage. AFP PHOTO / SITE INTELLIGENCE GROUP
L’Organisation État islamique a étendu son influence jusqu’en Asie du
Sud-est, notamment aux Philippines, où plusieurs groupes armés
islamistes lui ont officiellement prêté allégeance ces derniers mois.
Le drapeau noir de l’organisation État islamique (EI) flotte dans les
régions des Philippines où sévissent des groupes armés islamistes. Ce
drapeau a été brandi quand le groupe séparatiste islamiste Abou Sayyaf a
officiellement prêté allégeance à l’organisation EI sur une vidéo
postée sur Youtube en juillet dernier. Lié à al-Qaïda et à
l’organisation islamiste indonésienne Jemaah Islamiya, le groupe Abou
Sayyaf évolue dans la jungle des îles tropicales qui s’étendent entre
l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines, et la Malaisie.
Un second groupe islamiste philippin, celui des Combattants pour la
liberté du Bangsamoro islamique (BIFF) a également prêté allégeance au
groupe EI en août dernier. Constitué de plusieurs centaines d’anciens
rebelles du Front Moro islamique de libération (MILF), il est,
contrairement à ce dernier, favorable à la création d’un État islamique
dans le sud des Philippines et opposé aux négociations de paix en cours
avec le gouvernement.
Deux autres groupes armés islamistes philippins seraient également
proches de l’organisation EI, selon Rommel Banlaoi, président de
l’Institut philippin pour la paix. « Nous avons vu le Mouvement
islamique Rajah Solaiman et le Khalifa Islamiyah Mindanao (KIM) brandir
le drapeau noir depuis 2010. Nous ne savions pas à l’époque qu’il était
celui de EI », a-t-il souligné lors d’un forum sur la sécurité
organisé à Manille avec le soutien de l’Union européenne. Ces deux
mouvements, qui rassemblent des combattants issus d’Abou Sayyaf, du
BIFF, du MILF et de Jemaah Ismaiya, militent également pour la création
d’un Etat islamiste dans la région de Mindanao.
L’étendue de l’influence de l’organisation EI est difficile à évaluer
Cependant, d’autres groupes armés musulmans ont jusqu’à présent gardé
leur distance avec le groupe EI, en particulier le plus puissant
d’entre eux, le MILF, qui compterait plus de 12 000 combattants. Formé à
l’origine par des combattants du Front Moro de libération nationale
(MNLF) opposés au traité de paix signé en 1976 avec le gouvernement qui
créait un région semi-autonome musulmane, le MILF a finalement signé à
son tour un accord de paix avec le gouvernement le 24 janvier dernier.
Cet accord global envisage la création d’une nouvelle région
semi-autonome dans le sud de l’Archipel, soumise à la charia.
Quand au MNLF de Nur Misuari, bien qu’il soit opposé à ce nouveau
traité de paix et milite désormais, lui aussi, en faveur de la création
d’un Etat islamique dans le sud des Philippines, il semble être resté
fidèle à ses convictions marxistes.
L’étendue de l’influence du groupe EI aux Philippines est difficile à
évaluer. Elle est essentiellement perceptible sur Internet, sur lequel
le groupe Abou Sayyaf multiplie ses mises en scène macabres inspirées
par l’organisation EI. Ainsi, un garde philippin, employé par une
société privée, a-t-il été décapité le 30 août dernier. Sur une photo
postée sur Internet, quatre hommes masqués, armés de fusils d’assauts,
posent dans une tente au côté de son corps décapité avec en toile de
fond le drapeau noir de l’organisation jihadiste.
En septembre, Abou Sayyaf a posté une nouvelle vidéo sur YouTube.
Deux Allemands, pris en otage en avril dernier alors qu’ils naviguaient
entre les Philippines et la Malaisie, y sont montrés à genoux, dans la
jungle, tandis que l’un de leurs ravisseurs brandit une hachette. Il
menace de les décapiter si une rançon d’environ 4,5 millions d’euros
n’est pas payée et si l’Allemagne continue à soutenir les combattants
kurdes du nord de l’Irak.
Une photo diffusée le 15 octobre sur les réseaux sociaux par le
groupe Abou Sayyaf, montre l’un de ces otages allemands, Stefan Viktor
Okonek, âgé de 71 ans, assis dans une fosse fraichement creusée et tenu
en joue par quatre hommes masqués qui brandissent le drapeau du groupe
EI. « Abou Sayyaf décapitera ce ressortissant allemand le 17 octobre
2014, à 15:00 h, heure exactement si nos demandes ne sont pas comblées », précise le message qui accompagne la photo.
Sous le contrôle de ses ravisseurs, un second otage allemand, Henrike
Dielen, une femme de 55 ans, avait appelé, quelques jours auparavant,
sur un radio locale, les gouvernements philippin et allemand à faire
tout leur possible pour les sortir de là. « La situation ici est
très stressante, la jungle est très dangereuse, nous ne savons pas
combien de temps nous allons pouvoir tenir », avait-elle souligné.
Vendredi 17 octobre, juste avant l’heure fatidique, un quotidien local
affirme qu’une partie de la rançon aurait été versée.
Entre 700 et 900 dollars par recrues
Reste que la menace est prise au sérieux par les forces de sécurité
aux Philippines qui ont envoyé des renforts dans le sud de l’Archipel,
en particulier sur l’île de Jolo, où sont retenus les otages. Mais le
gouvernement hésite à mener une action militaire pour les libérer,
craignant pour leurs vies.
Spécialisé dans la prise d’otage contre rançon, Abou Sayyaf détient
au moins dix autres otages parmi lesquels un Suisse, un Hollandais, un
Japonais et plusieurs Malaisiens.
Selon l’armée, l’influence de l’organisation EI sur les groupes armés philippins serait illusoire. « Ces
groupes profitent de l’attention internationale apportée à l’EI pour se
faire remarquer et tenter de faire augmenter les rançons », a
récemment déclaré le lieutenant-général Rustico Guerrero, qui dirige les
opérations des Forces armées des Philippines dans l’ouest de Mindanao.
« Toutes leurs activités sont de nature criminelle », a-t-il souligné.
Cependant, plusieurs personnalités ont fait état de la présence de
recruteurs du groupe EI sur l’archipel. En août dernier, le maire de
Davao, Rodrigo Duterte, a ainsi déclaré que certains résidents avaient
été recrutés par le groupe jihadiste dans le sud de l’île de Mindanao et
avaient quitté le pays en juillet. Le maire d’Ungkaya Pukan, une
localité de l’île de Basilan, a été plus précis. « Des combattants
de l’EI sont présents sur l’île de Basilan depuis trois mois. Ils
recrutent des jeunes gens à qui ils donnent de l’argent, des armes et
des munitions. Ils offrent entre 700 et 900 dollars par recrues. La
somme est donnée à leurs parents ou, s’ils sont mariés, à leurs femmes
», a déclaré Joël Maturan sur une radio locale. L’ancien président,
Fidel V. Ramos, a affirmé dans une interview télévisée qu’une centaine
de jeunes Philippins s’entraînaient avec l’organisation EI.
Le gouvernement n’a pas ouvertement reconnu que de tels recrutements
aient eu lieu. Cependant, le ministre des Affaires étrangères a assuré,
lors d’une conférence de presse, qu’une enquête était en cours afin de
vérifier si l’organisation EI menait effectivement des recrutements aux
Philippines. Albert de Rosario a également évoqué d’éventuels
recrutements par l’organisation EI ou d’autres groupes jihadistes
d’expatriés philippins aux Moyen-Orient. « Nous sommes conscients
des dangers si des Philippins partent se battre en Syrie. Ils
constituent une menace potentielle pour notre sécurité à cause des
thèses extrémistes qu’ils pourraient ramener et qui pourraient se
propager ici », a-t-il précisé.
Afin de lutter contre les menaces d’infiltration de l’organisation EI
dans les régions à majorité musulmane qui échappent déjà en grande
partie au contrôle du gouvernement, ce dernier compte sur le soutien des
anciens rebelles du MILF. « Nous obtenons de l’aide de nos frères musulmans pour nous assurer qu’aucun élément EI ne se glisse dans le pays », a affirmé la porte-parole du gouvernement, Abigail Valte sur une radio locale.
Selon le chef des études stratégiques de l’armée, le général Joselito
E. Kakilala, ces groupes risquent en effet d’être radicalisés par le
groupe EI et sont « susceptibles de se muter en des organisations terroristes plus sophistiquées et plus meurtrières ». Cette radicalisation « peut
compliquer davantage les efforts concertés du gouvernement philippin
pour forger une paix durable à Mindanao à travers les accords de paix
avec le MILF et le MNLF », explique-t-il.
En d’autres termes, l’attraction créée par l’activisme de
l’organisation EI pourrait briser les espoirs de paix qui existent
actuellement aux Philippines entre la majorité chrétienne et la minorité
musulmane.
Philippines: deux ex-otages d’Abu Sayyaf arrivés à l’ambassade d’Allemagne
Le Parisien | 18 Oct. 2014, 13h19
Deux otages allemands retenus par des
militants islamistes du groupe Abu Sayyaf depuis six mois dans le sud
des Philippines, sont arrivés samedi à l’ambassade d’Allemagne à
Manille, a indiqué un responsable militaire, leurs ravisseurs évoquant
le versement d’une rançon.A Berlin, un porte-parole du ministère des
Affaires étrangères a « remercié le gouvernement des Philippines pour sa collaboration étroite » dans cette affaire.
Les deux otages allemands ont décrit des ravisseurs « très
agressifs » et violents, dans le quotidien populaire allemand Bild de
samedi. »Au début, en particulier, les ravisseurs étaient très agressifs
et ils nous frappaient. Ils ont violemment battu mon compagnon », a
raconté au journal Henrike Dielen, 55 ans, compagne de Stefan Okonek,
médecin de 74 ans.Le couple avait été enlevé en mer près de l’île de
Palawan (ouest), « le 25 avril », par des « hommes en uniforme de policier »
venus à bord d’une navette au prétexte d’un contrôle de leur voilier,
se souvient Mme Dielen.Abu Sayyaf, qui a fait allégeance au groupe Etat
islamique (EI) après avoir été inféodé à Al-Qaïda, avait donné jusqu’à
vendredi à Berlin pour payer une rançon de 5,6 millions de dollars (4,38
millions d’euros) et pour retirer son soutien aux frappes occidentales
contre les jihadistes en Irak et en Syrie.Il avait menacé de décapiter
l’un des deux otages si Berlin n’accédait pas à sa demande.Un
porte-parole du groupe, Abu Rami, a déclaré à la radio qu’Abu Sayyaf
avait reçu « ni plus ni moins » que sa rançon, en confirmant la
libération des deux otages allemands. »Nous ne négocions pas avec les
terroristes », a répondu le général en chef des forces armées
philippines Gregorio Catapang sur la radio DZMM, affirmant qu’il n’avait
aucune information concernant le paiement d’une rançon.Mais selon Rex
Robles, un officier du renseignement des Philippines à la retraite, il
est inconcevable que le groupe Abu Sayyaf ait libéré les otages sans une
rançon. »Je suis déçu parce que cela les encourage », a-t-il déclaré à
l’AFP, ajoutant que l’argent servira à acheter plus d’équipements, comme
des fusils et des bateaux pour renforcer leurs activités terroristes.En
juillet, un des leaders d’Abu Sayyaf a fait allégeance à l’EI, actif en
Syrie et en Irak, dans une video sur YouTube. Le groupe avait
auparavant bénéficié du financement
d’un beau-frère d’Oussama Ben Laden, dirigeant d’Al-Qaïda tué en
2011.Les autorités philippines considèrent qu’Abu Sayyaf n’est qu’un
groupe criminel intéressé par le paiement de rançons après des
enlèvements. Ce groupe figure sur la liste des groupes terroristes
établie par les Etats-Unis et le gouvernement philippin. »Avec la
libération des deux ressortissants allemands, nos forces de sécurité
poursuivront leurs efforts pour endiguer la vague de criminalité
perpétrée par des bandits », a déclaré le porte-parole du président
Benigno Aquino, Herminio Coloma, dans un communiqué.Le groupe
détiendrait encore 13 otages, dont cinq étrangers, selon l’armée
philippine.
Philippines: un Suisse, enlevé en 2012 et détenu par Abou Sayyaf, est libre
Publié le 06/12/2014 à 07:25, Mis à jour le 06/12/2014 à 08:58
A la Une
Des soldats philippins en patrouille à Jolo, sur l’île de Mindanao AFP/Archives
Un Suisse enlevé en 2012 dans le sud des Philippines et détenu par le
groupe islamiste Abou Sayyaf a retrouvé la liberté samedi à la suite
d’un affrontement armé entre des soldats philippins et les rebelles, a
annoncé un porte-parole militaire.
Lorenzo Vinciguerra, un ornithologue amateur suisse capturé en
février 2012, a échappé aux rebelles d’Abou Sayyaf pendant ces combats
survenus sur l’île de Jolo et a ensuite été recueilli par les soldats, a
déclaré à l’AFP le porte-parole national de l’armée philippine, le
colonel Restituto Padilla.
« Il a eu la possibilité de s’échapper à cause des échanges de tirs
de nos troupes » avec les rebelles, a indiqué le colonel Padilla.
L’ambassadeur de Suisse aux Philippines, Ivo Sieber, a confirmé à
l’AFP que M. Vinciguerra était libre. Le diplomate a précisé que
l’ancien otage se trouvait à présent dans un hôpital militaire après
avoir reçu au cours de son évasion des blessures ne mettant pas sa vie
en danger.
Selon le colonel Padilla, les soldats philippins, agissant sur
renseignement, avaient repéré les rebelles dans une zone de jungle
épaisse, près de Patikul, une ville de l’île de Jolo, un bastion des
rebelles d’Abou Sayyaf.
« Ca se passait dans la jungle, dans l’obscurité. J’avais donné
l’ordre aux soldats de ne pas tirer à l’aveugle. Mais on les a
trouvés », a dit le responsable militaire à l’AFP.
L’armée a indiqué qu’un Néerlandais, Ewold Horn, qui avait été
capturé en même temps que M. Vinciguerra, n’avait pas pu s’échapper et
les autorités estimaient qu’il était toujours captif. L’ex-otage suisse a
expliqué, selon l’armée, que M. Horn n’avait pu courir à cause d’une
douleur au dos.
MM. Vinciguerra et Horn effectuaient ensemble en février 2012 une
expédition pour photographier des oiseaux rares sur l’archipel isolé de
Tawi-Tawi, près de l’île de Jolo, dans le sud des Philippines,
lorsqu’ils avaient été enlevés par des hommes armés inconnus puis livrés
au groupe Abou Sayyaf.
Au moment de leur enlèvement, M. Vinciguerra avait 47 ans et M. Horn 52 ans.
Le groupe Abou Sayyaf est considéré comme responsable des plus graves
actions terroristes de l’histoire des Philippines. Il est notamment
accusé d’un attentat contre un ferry à Manille qui avait fait plus de
100 morts et il a effectué de nombreux enlèvements d’étrangers qu’il
échange habituellement contre d’énormes rançons.
Il est classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, qui
fournissent assistance et entraînement à l’armée philippine pour l’aider
à traquer ces rebelles.
De nombreux gouvernements étrangers déconseillent à leurs citoyens de
se rendre dans les îles de l’archipel de Tawi-Tawi et dans d’autres
îles des Philippines méridionales, considérées comme des bastions d’Abou
Sayyaf et d’autres groupes islamistes.
En juillet, un des leaders du groupe islamiste était apparu dans une
vidéo dans laquelle il faisait allégeance au groupe Etat islamique
combattu par une coalition internationale en Irak et en Syrie.
Le gouvernement philippin considère toutefois Abou Sayyaf comme un
groupe criminel – et non idéologique – surtout impliqué dans les
enlèvements afin d’obtenir de fortes rançons.
Abou Sayyaf a libéré en octobre dernier deux Allemands qu’il détenait
depuis six mois. Les autorités allemandes et philippines ont refusé de
dire si une rançon avait été versée en échange de leur libération.
Mais le groupe islamiste a ensuite mis en ligne sur Facebook une
vidéo montrant une grande quantité d’argent censée être les 250 millions
de pesos philippins (5,7 millions de dollars) qu’il avait exigé en
échange de la libération des deux Allemands.
Selon l’armée, les militants d’Abou Sayyaf sont tombés de quelques
milliers à environ 400 ces dernières années et nombre de ses leaders ont
été tués ou capturés.
Philippines: un Suisse, enlevé en 2012 et détenu par Abou Sayyaf, est libre
– Publié le 06/12/2014 à 07:26 – Modifié le 06/12/2014 à 15:15
Un Suisse enlevé en 2012 dans le sud des Philippines
et détenu par le groupe islamiste Abou Sayyaf a retrouvé la liberté
samedi à la suite d’un affrontement armé entre des soldats philippins et
les rebelles, a annoncé un porte-parole militaire.
Lorenzo Vinciguerra, un ornithologue amateur suisse capturé en
février 2012, a échappé aux rebelles d’Abou Sayyaf pendant ces combats
survenus sur l’île de Jolo et a ensuite été recueilli par les soldats
philippins.
« Lorsqu’il était en train de fuir, l’un des hommes armés l’a
rattrapé et ils se sont affrontés. Vinciguerra a été entaillé à la joue
par une machette et il s’est fait tirer dessus en courant pour échapper à
ses ravisseurs, mais il n’a été que légèrement atteint et a réussi à
s’échapper. » a déclaré la porte-parole des forces militaires locales,
le capitaine Rowena Muyuela.
Vinciguerra a raconté aux militaires qu’il avait tué l’un de ses
ravisseurs en luttant avec lui pour s’emparer d’une machette, ont
déclaré le commandant militaire local, le colonel Alan Arrojado et le
porte-parole national de l’armée philippine, le colonel Restituto
Padilla. L’armée n’a pu toutefois confirmer les dires du Suisse.
Selon le colonel Arrojado, les soldats philippins, agissant sur
renseignement, avaient repéré les rebelles dans une zone de jungle
épaisse, près de Patikul, une ville de l’île de Jolo, un bastion des
rebelles d’Abou Sayyaf.
« Ca se passait dans la jungle, dans l’obscurité. J’avais donné
l’ordre aux soldats de ne pas tirer à l’aveugle. Mais on les a
trouvés », a dit le responsable militaire à l’AFP.
- Un second otage -
L’armée a indiqué qu’un Néerlandais, Ewold Horn, qui avait été
capturé en même temps que M. Vinciguerra, n’avait pas pu s’échapper et
les autorités estimaient qu’il était toujours captif. L’ex-otage suisse a
expliqué, selon l’armée, que M. Horn n’avait pu courir à cause d’une
douleur au dos.
L’armée continuait à ratisser la région pour tenter de retrouver le groupe détenant M. Horn.
MM. Vinciguerra et Horn effectuaient ensemble en février 2012 une
expédition pour photographier des oiseaux rares sur l’archipel isolé de
Tawi-Tawi, près de l’île de Jolo, dans le sud des Philippines,
lorsqu’ils avaient été enlevés par des hommes armés inconnus puis livrés
au groupe Abou Sayyaf.
Au moment de leur enlèvement, M. Vinciguerra avait 47 ans et M. Horn 52 ans.
Vinciguerra a été transporté dans un hôpital militaire pour des
examens médicaux. Des photos prises par les militaires le montrent
couché sur un lit d’hôpital, son visage orné d’une barbe et entouré d’un
bandage.
Il est apparu bien plus maigre que sur des photos prises peu après son enlèvement.
Le groupe Abou Sayyaf est considéré comme responsable des plus graves
actions terroristes de l’histoire des Philippines. Il est notamment
accusé d’un attentat contre un ferry à Manille qui avait fait plus de
100 morts et il a effectué de nombreux enlèvements d’étrangers qu’il
échange habituellement contre d’énormes rançons.
Il est classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, qui
fournissent assistance et entraînement à l’armée philippine pour l’aider
à traquer ces rebelles.
De nombreux gouvernements étrangers déconseillent à leurs citoyens de
se rendre dans les îles de l’archipel de Tawi-Tawi et dans d’autres
îles des Philippines méridionales, considérées comme des bastions d’Abou
Sayyaf et d’autres groupes islamistes.
En juillet, un des leaders du groupe islamiste était apparu dans une
vidéo dans laquelle il faisait allégeance au groupe Etat islamique
combattu par une coalition internationale en Irak et en Syrie.
Le gouvernement philippin considère toutefois Abou Sayyaf comme un
groupe criminel – et non idéologique – surtout impliqué dans les
enlèvements afin d’obtenir de fortes rançons.
Abou Sayyaf a libéré en octobre dernier deux Allemands qu’il détenait
depuis six mois. Les autorités allemandes et philippines ont refusé de
dire si une rançon avait été versée en échange de leur libération.
Mais le groupe islamiste a ensuite mis en ligne sur Facebook une
vidéo montrant une grande quantité d’argent censée être les 250 millions
de pesos philippins (5,7 millions de dollars) qu’il avait exigé en
échange de la libération des deux Allemands.
Selon l’armée, les militants d’Abou Sayyaf sont tombés de quelques
milliers à environ 400 ces dernières années et nombre de ses leaders ont
été tués ou capturés.
Philippines: Deux insurgés d’Abu Sayyaf tués et quatre autres blessés à Sulu
05 Février 2015 19:12 (Dernière mise a jour 05 Février 2015 19:13)
Les quatre soldats blessés
ont immédiatement été transférés dans une installation médicale du Camp
du Général Teodolfo Bautista, à Jolo, capitale de la province de Sulu.
AA/Zamboanga (Philippines)/ Hader Glang
Deux membres du groupe armé extrémiste Abu Sayyaf ont été tués dans
des affrontements qui ont également fait trois blessés dans le camp
d’Abu Sayyaf, et quatre autres dans les rangs de l’armée philippines, à
Sulu, province du Sud des Philippines.
Le porte-parole de la Joint Task Force Zambasulta de l’armée dans la
région, Ensign Chester Ramos, a déclaré à l’Agence Anadolu (AA), que les
combats ont éclaté jeudi, à environ 9H10 (heure locale – 01:10 GMT),
dans le village de Tagbili, lorsqu’une vingtaine d’hommes armés d’Abu
Sayyaf A ouvert le feu sur des soldats menant une patrouille
« d’application de la loi ».
Les quatre soldats blessés ont immédiatement été transférés dans une
installation médicale du Camp du Général Teodolfo Bautista à Jolo,
capitale de la province de Sulu.
Dans un communiqué de presse, la porte-parole du commandement de
l’armée dans l’ouest du Mindanao, Rowena Muyuela, a déclaré que trois
insurgés avaient été blessés dans les affrontements qui se sont déroulés
de Tagbili à un autre village de la région de Patikul, Kabuntakas.
Le groupe armé extrémiste, affilié à al-Qaïda, Abu Sayyaf, détient, à
lui seul, plusieurs otages de différentes nationalités, à Sulu, une île
province située dans le Mindanao.
Le groupe d’insurgés Abu Sayyaf a vu le jour en 1990, en tant que
faction dissidente, lorsque des anciens combattants du Front Moro de
Libération nationale et des vétérans philippins de la guerre en
Afghanistan se sont ligués.
Il est accusé d’avoir perpétré de nombreuses attaques meurtrières
contre des civils et des militaires, ainsi qu’un nombre croissant
d’enlèvements.
8 Abu Sayyaf members killed, 11 soldiers hurt in Sulu firefight
Frances Mangosing
@FMangosingINQ
INQUIRER.net
7:23 PM | Friday, February 6th, 2015
MANILA, Philippines—Eight members of the Abu Sayyaf were killed and 11 soldiers were wounded in a firefight in Sulu on Friday.
The soldiers from the 35th Infantry Battalion, led by Maj. Ibni
Saddama, figured in a fight with about 100 Abu Sayyaf men led by Radulan
Sahiron, Hairulah Asbang and Amlon Abtahi in Siito Kan Islam in Brgy.
Buhanginan in Patikul at about 11:50 a.m., Armed Forces Public Affairs
Office chief Lt. Col. Harold Cabunoc said on Friday.
The gun battle lasted for two hours. The Air Force also provided close air support to the engaged troops.
Cabunoc said one of the 11 wounded soldiers was in critical condition.
The Abu Sayyaf were seen taking their dead comrades towards Sitio Kantitap, he added.
The military is doing all-out law enforcement operations in Sulu
since October following the release of the German captives of the Abu
Sayyaf.
Abou Sayyaf (en arabe : أبو سياف), aussi connu sous le nom de Al-Harakat al-Islamiyya (« Mouvement islamiste ») est un mouvement séparatiste islamiste armé situé dans les îles du sud des Philippines, principalement Jolo, Basilan et Mindanao.
On rapporte qu’Abou Sayyaf a récemment[Quand ?] étendu son influence dans les pays voisins des Philippines comme la Malaisie et l’Indonésie.
Le groupe est responsable d’un grand nombre d’attentats à la bombe,
d’assassinats, d’enlèvements et d’extorsions de fonds, afin de
promouvoir l’indépendance d’un État islamique composé de l’ouest de Mindanao et de l’archipel des Sulu, une première étape dans la création d’un grand état islamique situé dans la péninsule malaise en Asie du Sud-Est.
Le nom Abou Sayyaf est arabe et signifie « le père » (abou) « du sabreur » (sayyaf).
Abou Sayyaf est l’un des plus petits mais aussi des plus radicaux et dangereux groupes islamiques indépendantistes de Mindanao. Certains des membres d’Abou Sayyaf ont étudié ou travaillé en Arabie saoudite et développé des liens avec d’autres moudjahiddins pendant leur entraînement en Afghanistan ou au Pakistan.
Les membres d’Abu Sayyaf sont à l’origine issus du Front Moro de Libération nationale (MNLF), dont ils se séparent en 1991 sous l’impulsion de Abdurajak Abubakar Janjalani.
Ramzi Yousef et Khalid Shaikh Mohammed, deux des radicaux impliqués dans l’opération Bojinka arrivent aux Philippines au début des années 1990 et deviennent organisateurs de plongées sous-marine à Puerto Galera. On suppose qu’il s’agissait d’une couverture pour recruter des militants d’Abu Sayyaf et les former.
Ramzi Yousef fait exploser une bombe à bord du vol 434 de Philippine Airlines,
tuant un passager japonais. Un homme appelle alors les autorités et
déclare « Nous sommes le groupe Abu Sayyaf. Nous faisons exploser un
avion en provenance de Cebu ». On pense que cette opération était un test pour l’opération Bojinka découverte par la police de Manille le 6 janvier 1995.
La première opération d’envergure du groupe Abu Sayyaf est l’assaut d’une tête de pont dans la ville de Ipil sur l’île de Mindanao en avril 1995.
Le groupe est responsable du meurtre de plus de 30 étrangers (notamment des touristes) et de clercs chrétiens,
Abdurajik Janjalani est tué lors d’un affrontement avec les forces de police philippines le 18 décembre 1998. Son jeune frère, Khadaffy Abubakar Janjalani,
lui succède à la tête de l’organisation. La mort du leader historique
du groupe a induit un changement de politique du mouvement qui passe
d’actions idéologiques et symboliques à des actions de kidnappings, de
meurtres et de vols.
Le fief d’Abou Sayyaf est situé dans le sud des Philippines, mais ses
membres voyagent occasionnellement pour des actions à Manille ou dans
d’autres îles. Le groupe étend ses opérations à la Malaisie en 2000,
avec l’enlèvement de touristes étrangers. Le groupe s’attaque deux fois à
des hôtels de luxe, notamment à Sipadan, enlevant à chaque fois des touristes, en 2000 et 2001. Les otages sont relâchés quelques mois plus tard contre des rançons.
Le commandant Abou Sabaya est tué en 2002 en essayant d’échapper aux forces philippines. Galib Andang, dit le commandant Robot, est capturé à Sulu en décembre 20038.
Le groupe est accusé d’avoir perpétré l’attentat le plus meurtrier de
l’histoire des Philippines, l’attaque d’un ferry près de Manille qui a
fait cent morts en 2004.
En septembre 2006, Khadaffy Abubakar Janjalani est tué par les forces de sécurité philippines9. Sa mort est prouvée par des tests ADN.
En janvier 2007, un haut-commandant du groupe, Jainal Antel Sali jr, aussi connu sous le nom d’Abu Sulaiman, est abattu par les forces philippines au cours d’un violent échange de tirs10.
En juin 2007, Yasser Igasan est désigné comme le nouveau chef du groupe terroriste. La nouvelle est confirmée plus d’un an après, le 3octobre200811.
Le 20 juillet 2009, un porte-parole des forces armées philippines
annonce que le gouvernement planifie une offensive majeure contre Abu
Sayyaf en vue d’entraîner sa disparition d’ici fin 2010. De même, il
affirme que cette opération doit viser à résoudre la question de la
pauvreté au sud des Philippines, principal vivier du terrorisme12.
Le 21 septembre 2009, l’armée philippine s’empare d’un des principaux repaires d’Abu Sayyaf sur l’île de Jolo. 24 islamistes et 8 soldats philippins sont tués au cours de l’affrontement13.
Le 29 septembre 2009, une bombe improvisée explose au passage d’un véhicule de l’armée américaine à Indanan,
tuant deux GI et un soldat philippin. L’attaque, bien que non
revendiquée, est imputée à Abu Sayyaf. L’attentat pousse les
responsables de l’armée américaine à retirer leurs troupes de la
province de Sulu14.
Le 9 novembre 2009, le directeur d’un établissement scolaire
philippin, enlevé le 18 octobre 2009 près de Patikul sur l’île de Jolo,
est retrouvé décapité15.
2010 : Offensive gouvernementale
Le 21 février 2010, une opération lancée par les forces armées
philippines contre un camp d’Abu Sayyaf se solde par la mort de six
militants islamistes et de deux soldats philippins. Parmi les six
militants tués, figure Albader Parad, commandant militaire connu pour avoir orchestré l’enlèvement de trois soigneurs de la Croix-Rouge en janvier 200916.
Le 28mars2010, l’armée philippine capture un camp d’Abou Sayyaf à Sitio Kanbaddal dans le village de Panglayahan sur l’île de Sulu,
dirigé par le chef islamiste Radulan Sahiron qui parvient à s’échapper.
Quatre militants islamistes sont tués et un soldat philippin blessé au
cours de l’affrontement17 .
2014
En août 2014, Abu Sayyaf fait allégeance à l’État islamique2.
En avril 2014, Abu Sayyaf capture en mer un couple d’Allemands entre Bornéo et les Philippines. En septembre Abu Sayyaf menace de décapiter l’un de ses otages si l’Allemagne ne cesse pas ses livraisons d’armes au gouvernement régional du Kurdistan et si une rançon de 250 millions de pesos, soit environ 4,5 millions d’euros, n’est pas livrée avant le 10 octobre18,19,20.
Les deux otages allemands, Stefan Okonek, un médecin de 74 ans et
Henrike Diele, 55 ans, sont finalement relâchés le 17 octobre par Abou
Sayyaf qui affirme avoir perçu le versement d’une rançon21,22.
Albader Parad : commandant militaire, tué le 21 février 2010
Umbra Jumdail : commandant militaire et médecin, tué le 2 février 2012
Effectifs et financement
En 2009, les forces d’Abu Sayyaf sont estimées à plus de 2 000 membres avec un noyau actif de 200 personnes1. En 2014, l’armée philippine estime cependant qu’Abu Sayyaf ne compte plus de 300 combattants2.
On a longtemps pensé que le groupe ne recevait pas de financement externe et se contentait de ses enlèvements, rançons ou vols. Mais des rapports de services de renseignement des États-Unis, de l’Indonésie et de l’Australie montrent l’existence de liens par intermittence avec le groupe indonésien Jemaah Islamiyah.
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