C’est en fait l’affaire du possible financement occulte
de la campagne d’Edouard Balladur en 1995 via un mécanisme de
rétrocommissions qui sera examinée au mois d’octobre prochain.
Pour celle de l’attentat proprement dit, il faudra encore attendre…
Personnellement, je ne demande pas mieux que de parler, c’est-à-dire
de témoigner de ce que je sais et d’expliquer aussi ce que j’ai pu
comprendre de manière rétrospective après avoir recollé quelques
morceaux de puzzle, le tout, bien évidemment, éléments de preuves à
l’appui.
Je l’ai déjà dit à de multiples reprises.
Cependant, les magistrats brestois, ultra CORROMPUS, y sont violemment opposés…
Affaire Karachi : procès sur le volet financier en octobre
Par Le Figaro.fr avec AFP
Mis à jour le 02/03/2019 à 19:12
Publié le 02/03/2019 à 18:39
Le procès de six protagonistes du volet financier de l’affaire
Karachi, concernant des soupçons de commissions occultes en marge de la
campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, se tiendra au
tribunal correctionnel de Paris du 7 au 31 octobre, révèle l’AFP d’après
des sources concordantes.
Ce procès pour «abus de bien sociaux» sera le premier à se tenir dans
cette affaire hors norme, née après l’attentat de Karachi qui avait
fait quinze morts, dont onze ouvriers français de la Direction des
chantiers navals (DCN), le 8 mai 2002.
L’enquête terroriste privilégiait au départ la piste du groupe
Al-Qaïda avant de s’en éloigner en 2009 et d’explorer celle de
représailles menées après l’arrêt par la France du paiement de
commissions en marge de contrats de ventes de sous-marins au Pakistan
(contrat Agosta) et de frégates à l’Arabie saoudite (contrat Sawari II).
Dans ce premier volet, dit terroriste, de l’affaire Karachi, toujours
entre les mains des juges d’instruction du tribunal de Paris, aucune
mise en examen n’a été prononcée à ce jour.
Trois hommes politiques, trois hommes d’affaires
Mais cette affaire a aussi conduit à révéler un possible financement
occulte de la campagne de M. Balladur en 1995, via ce mécanisme de
rétrocommissions.
Pour examiner ce nouveau volet financier, une seconde enquête avait
été ouverte en 2011, déclenchée par des plaintes de familles
représentées par l’avocat Olivier Morice. En juin 2014, les juges Renaud
van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient ordonné le renvoi en
correctionnelle des principaux protagonistes.
Cinq ans après et de nombreuses péripéties judiciaires plus tard, six
prévenus sont finalement convoqués pour être jugés pour « abus de biens
sociaux » et « recel ».
Trois sont issus du monde politique: Nicolas Bazire, ex-directeur de
campagne d’Édouard Balladur et aujourd’hui un des dirigeants du groupe
de luxe LVMH ; Renaud Donnedieu de Vabres, ex-conseiller du ministre de
la Défense François Léotard ; Thierry Gaubert, alors membre du cabinet
du ministre du Budget Nicolas Sarkozy.
Les trois derniers viennent du monde des affaires: Dominique
Castellan, ancien patron de la branche internationale de la DCN
(maintenant Naval Group) ; l’homme d’affaire franco-libanais Ziad
Takieddine et l’intermédiaire espagnol d’origine libanaise Abdul Rahman
Al Assir.
Dans cette enquête, les cas d’Édouard Balladur et de François
Léotard, qui relèvent de la Cour de justice de la République (CJR), ont
été disjoints. L’ancien premier ministre et son ministre de la Défense
ont été mis en examen en mai et juillet 2017 pour « complicité d’abus de
biens sociaux ». Nicolas Sarkozy, ex-ministre du Budget, a pour sa part
été entendu comme témoin par la CJR.
Procès dans l’affaire Karachi : une « première victoire » pour l’avocat des victimes
« Des protagonistes pourraient dire des choses extrêmement
compromettantes pour ceux qui étaient au pouvoir lorsque cet attentat a
eu lieu », a expliqué maître Olivier Morice, avocat des familles des
victimes de l’attentat de Karachi.
L’avocat Olivier Morice, à la Cour européenne des droits de l’homme, le 23 avril 2015 à Strasbourg. (PATRICK HERTZOG / AFP)
« C’est une première victoire », s’est félicité dimanche 3 mars sur franceinfo Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, alors que s’ouvrira en octobre un premier procès.
Des protagonistes du financement de la campagne d’Édouard Balladur
comparaîtront pour abus de bien sociaux. L’avocat souligne également la « pugnacité des familles » des victimes de l’attaque, qui avait fait 14 morts en 2002.
franceinfo : Êtes-vous satisfait de l’annonce de ce premier procès ?
Olivier Morice : C’est une première victoire. Je
rappelle que lorsque nous avons déposé plainte en 2009 sous la
présidence de Nicolas Sarkozy, le procureur de la République de Paris
s’était empressé d’expliquer que ce dossier n’aboutirait pas, qu’il n’y
avait pas eu de rétrocommission. Et que de toute manière, s’il y avait
quelque chose, les faits étaient prescrits.
Aujourd’hui, nous avons énormément avancé, grâce la pugnacité des
familles. Ce procès va se dérouler à partir du mois d’octobre, il a
fallu batailler dur et ferme pour éviter toutes les procédures qui ont
été mises en place pour retarder ce procès et la tenue de cette
audience. Les véritables responsabilités ne se tiendront pas
exclusivement devant le tribunal correctionnel, puisqu’Édouard Balladur
et François Léotard sont également mis en examen par la Cour de justice
de la République et nous espérons qu’un jour le Premier ministre, qui va
bientôt avoir 90 ans, puisse enfin répondre devant la justice des faits
qui lui sont reprochés.
Ce procès d’octobre va-t-il servir à déterminer des responsabilités dans cet attentat ?
Ce que nous dénonçons, c’est le fait que des rétrocommissions sont
susceptibles d’avoir permis le financement de la campagne d’Édouard
Balladur. L’arrêt du versement de ces commissions, décidé par Jacques
Chirac, aurait pu avoir des conséquences sur la décision prise par des
commanditaires de faire des représailles et de toucher des salariés
français, pour signaler à la France qu’elle n’avait pas tenu sa parole.
Ce que nous dénonçons aussi à travers cette procédure, c’est le fait que
l’État n’ait pas mis tout en œuvre pour que les commanditaires et les
exécutants de cet attentat absolument odieux puissent être jugés devant
la justice.
Vous attendez des juges qu’ils fassent ressortir certaines évidences ?
Oui, nous attendons aussi peut-être que certaines voix se délient.
Par exemple monsieur Takieddine, qui fait partie des six personnes
renvoyées devant le tribunal correctionnel, aurait beaucoup de choses à
dire. Des protagonistes pourraient dire des choses extrêmement
compromettantes pour ceux qui étaient au pouvoir lorsque cet attentat a
eu lieu.
Péter les plombs avec des fonctionnaires qui ne font que
leur travail le plus correctement possible, ce n’est pas bien malin ni
très recommandé…
Pour Jean-Luc Mélenchon, la convocation en justice subséquente était
attendue depuis les perquisitions mouvementées d’octobre dernier.
Mais pour Jean-Marc Donnadieu, le problème est tout récent.
Manifestement, il aura voulu à tout prix faire la démonstration que
mes prédictions du début de l’année étaient tout à fait sérieuses et
fiables.
En effet, il vient de réitérer publiquement sur sa page Facebook des
menaces pour lesquelles il a reçu par courrier recommandé un premier
avertissement en date du 21 février 2019 :
Je vais répondre et demander la plainte contre moi, parce que c’est un recommandé remis en :mains propres quand même.
Quand on a une connasse au téléphone qui ne vous laisse pas parler alors
que je lui demande poliment de me laisser parler, qui vous dit « les
trucs qu’ils nous ont mis là … », « il ne faut pas croire ce que disent
les journaux », « on s’en fout des heures que vous faites », « c’est pas
possible d’être aussi borné » moi je m’énerve et je lui dis d’aller se
faire enculer, et en hurlant …
Alors que je demandai pourquoi alors qu’une hausse de la prime
d’activité est annoncée, pourquoi moi elle se réduit et que je perd de
l’argent par rapport au mois d’avant …
Donc je le redis qu’elle aille se faire enculer avec du papier verre, du fil barbelé, et du piment!
Jean-marc Donnadieu
En plus c’est faux parce que j’ai fait les calculs pendant qu’on parlé
et j’ai dis « c’est vrai vous avez raison c’est bien le bon montant »,
conversation enregistrée je vais lui mettre le sum à cette connasse…
Pour Jean-Luc Mélenchon, le gouvernement veut lui « pourrir la vie »
Le leader de La France insoumise dénonce sa convocation en justice
après les accrochages qui avaient émaillé la perquisition de son
domicile et du siège du parti.
Source AFP
Modifié le 03/03/2019 à 08:07 – Publié le 02/03/2019 à 19:27 | Le Point.fr
Jean-Luc Mélenchon n’a pas franchement apprécié d’être convoqué par la justice quelques mois après des perquisitions mouvementées
en octobre dernier. Il qualifié samedi « d’abus de pouvoir » d’un
régime « autoritaire qui a décidé de [lui] pourrir la vie » avec cette
convocation. Le parquet de Bobigny a annoncé vendredi soir avoir
convoqué le chef de file de la France insoumise (LFI)
ainsi que plusieurs cadres de son parti, dans le cadre de l’enquête
ouverte pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité
publique ». Ces investigations portent sur les accrochages qui ont
émaillé les perquisitions visant son domicile et le siège de LFI en
octobre 2018.
« Ça va être comme ça jusqu’au moment où ils me mettront en prison,
ou bien ils décideront que je suis inéligible. Ils font ça dans tous les
pays, alors pourquoi pas ici ?Macron est une sorte de pointe avancée
des trouvailles autoritaristes des libéraux », a déclaré le député de Marseille,
convoqué la semaine prochaine. « Tout ça n’a rien à voir avec la
justice. C’est un abus de pouvoir, ça fait partie des mesures
autoritaires d’un régime qui est lui-même autoritaire et a décidé de me
pourrir la vie en me convoquant à intervalles réguliers sous un prétexte
ou un autre », a-t-il dénoncé en marge d’une avant-première à Marseille
de J’veux du soleil !, le documentaire de son collègue LFI de l’Assemblée François Ruffin.
« Ça va être à répétition, chaque fois qu’on va s’approcher d’une
élection. Chaque semaine, il y a quelque chose. La semaine dernière,
j’étais un antisémite ; cette semaine, un repris de justice ; la semaine
prochaine, il y aura autre chose. » Avant la projection, l’ancien
membre du PS est brièvement
revenu sur la mobilisation des Gilets jaunes, estimant la réaction du
gouvernement digne d’une « dictature ». « Seize semaines d’insurrection
dans un pays avancé, c’est un fait absolument et radicalement nouveau »,
a salué Jean-Luc Mélenchon, s’attendant à « un très gros événement » le 16 mars, date citée par de nombreux Gilets jaunes pour intensifier leur mouvement.
Perquisitions LFI : Mélenchon convoqué par la justiceCoignard – Le naufrage de Jean-Luc MélenchonEuropéennes : les « holovans » des Insoumis recalés par plusieurs villesCoignard – L’art du mensonge en politique, de Marine Le Pen à Mélenchon
Ouah… quelle formation il a celui-là… six mois et demi comme « animatrice de Minitel rose »… et c’est leur référence à tous…
Et l’on s’étonne du résultat… et de le voir monter au créneau pour défendre ses petits… et comment…
On le qualifie désormais sans hésiter de « misogyne » dans les
commentaires sur sa dernière émission TV pour ASI, comme par exemple
dans celui-ci qui est un des plus récents :
Drôle d’émission, drôle de titre. C’est la première fois que je
suis autant outrée et choquée par les propos tenus dans une émission
d’ASI et la première fois aussi que j’éprouve le besoin de laisser un
commentaire. DS, malgré plusieurs réactions justes, étonne par moment
par la complicité qu’il semble avoir avec les invités. Je pense
notamment à ce moment hyper gênant où il est question des jeunes filles
préados qui se lacèrent les bras. Les sourires des invités, leur
amusement à ce sujet m’a laissée et continue à me laisser sans voix. Les rires, les rires de complicité sont de la violence. La bande
du lol, une bande de petits cons arrogants et manipulateurs. Les invités
de l’émission, deux misogynes.Daniel S trop complaisant et donc
complice. Alerte alerte !!!!! Merci de vous réveiller un peu et de mieux choisir vos invités à
l’avenir. Ce n’est pas normal d’avoir une telle émission sexiste de la
part d’un média alternatif. Et puis aussi, puisque j’y suis, il me
semblerait pertinent d’être plus sur un mode de coanimation. Les
assistantes de DS que l’on voie sur le plateau sont toujours des femmes,
jeunes et la plupart du temps très effacées. Merci de permettre à ces
journalistes d’avoir plus de place dans le débat en apportant elles
aussi la contradiction aux invités. On sent bien qu’elles n’y sont pas
autorisées.
Je ne connaissais pas ses début de « webjournaliste » jusqu’à ce jour et viens tout juste de les découvrir, d’abord ici :
Etant toujours très occupée à me défendre contre ses protégés Pascal
Edouard Cyprien Luraghi (dont la tata Rollande, prostituée à Strasbourg,
s’est installée en Tunisie avec son dernier souteneur quand elle a pris
sa retraite, lui-même s’étant fait connaître sur le net avec de
nombreux écrits pornographiques et sado-masochistes dont un traduit de
l’anglais sur des pratiques BDSM), et Jean-Marc Donnadieu (orphelin de
père élevé aux films pornographiques qu’il regardait avec sa tata quand
il était petit, puis devenu échangiste adepte de BDSM, ayant eu pour
beau-frère le patron de l’unique boîte gay de Béziers, etc, etc…), je
n’avais jamais pensé à fouiller le net à la recherche de renseignements
sur le soi-disant « journaliste » qui le 10 septembre 2013 s’était
permis de faire une émission à mon sujet sans avoir jamais cherché à me
contacter au préalable, émission au cours de laquelle il n’avait bien
évidemment exposé à son public que la version entièrement fausse,
mensongère, du cybercriminel, harceleur et mythomane Pascal Edouard
Cyprien Luraghi concernant nos différends.
Pour le coup, je commence à comprendre qu’avec ma formation
d’ingénieur informaticien ayant débuté par les classes préparatoires aux
grandes écoles d’ingénieurs (maths sup et maths spé), je suis
complétement has been, juste bonne à jeter chez les fous… Ce n’est pas
du tout ce qu’il faut pour être crédible chez les journaleux dans le
vent, mieux vaut avoir bouffé de la pornographie à toutes les sauces dès
le plus jeune âge et terminé par un CAP de coiffure décroché assez
péniblement à l’âge de 19 ans (cas de Jean-Marc Donnadieu de Béziers) ou
quitté l’école à 14 ans en situation d’échec et sans aucun diplôme (cas
du psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi).
C’est donc ici que Jean-Marc Manach raconte son expérience selon lui très formatrice d’ »animatrice de Minitel rose » :
J’ai bien connu, et pratiqué, le Minitel, qui sera
définitivement débranché ce 30 juin 2012. J’ai même été payé pour ça.
Etudiant, au mitan des 90′s, j’avais besoin de gagner de l’argent : le
mercredi, j’étais animateur dans des centres de loisirs pour enfants, la
nuit, j’étais « animatrice » minitel rose.
France Telecom a décidé de débrancher le minitel ce 30 juin 2012. En 2011, 420 000 personnes “seulement” se sont connectées, contre 25 millions à son apogée. 3615 Ulla, la plus connue des messageries roses, totalise encore 21 000 connexions par mois, contre 2 millions il y a 10 ans.
Je n’ai pas travaillé pour Ulla, mais pour un de ses concurrents.
J’ai plusieurs fois eu l’occasion d’en parler autour de moi, et les
réactions amusées de ceux à qui j’expliquais comment je me faisais
passer pour JFbi21ans, et/ou Jacqueline69 me poussent à faire ce “coming out”
télématique. C’était il y a près de 20 ans, j’avais besoin d’argent,
c’était un petit job pour étudiant, ça m’a permis de faire mes premiers
pas sur les réseaux (en étant payé pour communiquer), et même si ce
n’était pas très bien payé, j’ai vraiment beaucoup appris.
J’avais quatre ou cinq minitel devant moi afin de pouvoir mener autant de “chats”
en simultané. J’avais un minitel dédié aux scénarios coquins -ou
messages généraux- que j’envoyais à l’ensemble des connectés (qui
pensaient, pour la plupart, que je ne discutais qu’avec eux, en privé),
et je me servais des quatre autres minitel pour avoir des conversations
individualisées, notamment pour ceux qui avaient l’impression de ne
discuter qu’avec des “animatrices” ou des robots. J’ai fait ça pendant un peu plus de 6 mois, et ce fut… passionnant, vraiment.
Je ne vendais pas mon corps, mais mes mots
J’y ai d’abord appris à taper sur un clavier (discuter en temps réel
avec des dizaines de gens sur cinq minitel en même temps, ça vaut tous
les cours de secrétaire), mais aussi et surtout que la “télématique“, les réseaux, le “virtuel“,
c’est pas une question de tuyaux ni de technologie : ça sert aussi,
d’abord et avant tout à connecter des êtres humains entre eux (même
s’ils avaient l’impression de causer avec JFbi21ans ou Jacqueline69 :~).
D’aucuns l’ont découvert avec le web2.0, moi, ce fut avec le minitel
rose, au milieu des années 90.
Ah ben moi, à cette époque, j’avais déjà une expérience conséquente
et assez variée d’ingénieur d’études en informatique et discutais avec
mes collègues via messageries professionnelles. Personne n’est parfait,
hein… J’utilisais aussi le Minitel, mais pas pour discuter… Suis-je
nulle, quand même… A propos, savez-vous ce qu’est le Minitel ? C’est une
de ces escroqueries faramineuses dont l’administration française a le
secret, France Télécom qui disposait alors du monopole d’Etat sur les
télécommunications ayant réussi à vendre très cher en l’habillant de son
fameux Minitel ce qui n’était en fait que le réseau… Internet… ce qui
aura énormément retardé son accès direct pour le public français, et
uniquement celui-là… Passons…
Je m’arrête là dans la recopie du texte de M. Manach, dont la suite
devient salace, pour faire remarquer qu’à ce stade, outre qu’on est
quand même, déjà, assez éberlué de savoir quels sont ses débuts de
journaliste web, on a bien du mal à dépasser cette phrase : « discuter en temps réel avec des dizaines de gens sur cinq minitel en même temps, ça vaut tous les cours de secrétaire ». Personnellement,
je bute complètement là-dessus, et n’aurais certainement pas poursuivi
ma lecture si je n’avais cherché à en savoir un peu plus sur son
auteur, et même en étant très motivée, j’ai dû me forcer… C’est dire à
quel point ça choque : il est bien profondément misogyne et n’en est
même pas conscient !
Voici, pour l’exemple, le programme d’une formation au secrétariat de direction :
Un ou une secrétaire ne doit pas seulement savoir taper sur un
clavier, mais comme la plupart du temps, c’est encore une femme, M.
Manach méprise son travail et réduit toutes ses compétences à celle-là,
faisant notamment l’impasse sur des qualités humaines et relationnelles
qui lui font totalement défaut, à lui, prétendument « journaliste
d’investigation », qui ne voit même pas l’intérêt de recueillir les
versions des différentes parties en cause avant de faire une émission
sur un conflit ayant déjà donné lieu à plusieurs procès… mais l’une
d’elles n’étant qu’une femme, il peut ou doit la mépriser comme toutes
les autres…
La suite du texte est intéressante. On y apprend comment le Minitel
rose réunissait en fait beaucoup d’hommes passant leur temps à
satisfaire mutuellement leurs fantasmes les plus débridés… M. Manach
comme les autres, car il y trouvait bien son compte lui aussi, il le dit
assez clairement.
Il s’est donc plu à cette époque à jouer des personnages de femmes
parmi les plus méprisées de la gent masculine, à s’imaginer ce qu’elles
pouvaient être, penser, ressentir, afin de leur faire tenir des propos
qui étaient en fait les siens, ou à leur conférer des personnalités de
son point de vue plus évoluées que celles des vraies femmes également
animatrices du même service, qui elles n’avaient sans doute pas autant
de patience que lui avec les clients, ou ne prenaient avec eux aucun
plaisir, n’étant nullement perverses…
Il n’est pas tombé dans cette marmite-là par hasard.
Tous les étudiants ayant besoin de gagner de l’argent pour vivre
n’ont pas fait ce job. Le panel des possibles est tel qu’il faut bien
des prédispositions ou inclinations particulières pour s’arrêter à
celui-là, de nature à faire fuir la plupart des demandeurs d’emploi,
hommes et femmes.
J’ose à peine faire remarquer qu’il était aussi, le mercredi,
animateur dans des centres de loisirs pour enfants, il va m’accuser de
le traiter de pédo, m’enfin, c’est bien lui qui le dit, je n’invente
rien.
Sur ce, je termine par le début de cette interview ou conférence de
mai 2014 où il rappelle lui-même que le net de la fin des années 1990
était le royaume des pédophiles, des terroristes et des nazis – mais il
s’en moquait et surtout, dit-il, se « moquait » de cette prétendue
« diabolisation d’Internet », étant déjà dans le déni de ses phénomènes
pervers ou de la perversité de ceux qu’il y côtoyait (no comment…) :
Jean-Marc Manach, pionnier du journalisme d’investigation sur le web,
nous parle des hackers des débuts d’Internet, de datajournalisme et
nous rélève la liste des centres d’écoute de la DGSE.
Lundi 12 mai au Numa (link is external) – Jean-Marc Manach qui raconte 15 ans de métier dans une conférence, c’est une liste sans fin de « trucs rigolos »
– c’est comme ça qu’il qualifie ses scoops, découverts à force de
bidouille et de bon sens. « Animatrice de Minitel rose et vidéaste
expérimental », Manach est devenu journaliste, « par hasard », à 29 ans.
Quelques connaissances en programmation web plus tard, il devient @manhack (link is external), journaliste-hacker que le manuel « de recherche sur Internet » de la NSA (link is external) fait bien rigoler :
« En fait, toutes les techniques présentées par la NSA pour faire
de l’open source intelligence, on les connaissait déjà, c’est plutôt
rassurant ! »
Aux débuts d’internet, des « pédo-nazis » et des hackers
« A la fin des années 1990, on parlait d’Internet au 20 heures pour
dire que c’était vachement bien, qu’il y avait la bibliothèque du
Congrès et les œuvres du Louvre en ligne, mais qu’il y avait des
pédophiles, des terroristes et des nazis. C’est à ce moment-là qu’on a
inventé cette expression de « pédonazi », pour se moquer de cette diabolisation d’Internet (link is external) et des hackers.
En définitive, les menaces d’attentat du frère de Cherif Chekatt ne
visaient qu’une seule personne et ses armes étaient factices.
Quant à celles de son complice Jean-Marc Donnadieu de Béziers, elle
ne me visaient que moi et il a depuis effacé ce message, que j’avais
copié dans mon précédent article sur ce blog, posté hier soir.
Noter que Malek Chekatt avait parlé dans un de ses messages publics
de préparer un grand festin à la suite d’un décès, comme en écho à la
publication totalement délirante du malade mental Pascal Edouard Cyprien
Luraghi du 22 février 2019.
Attentat de Strasbourg : le frère de Cherif Chekatt interpellé après avoir menacé sur Facebook de commettre un attentat
Avant d’être arrêté, il a posté une photo avec des armes factices sur son compte Facebook.
Cherif Chekatt a été tué par la police 48 heures après avoir perpétré l’attentat à Strasbourg en décembre 2018. (AFP)
Le grand frère de Cherif Chekatt, l’auteur de l’attentat
du 11 décembre 2018 à Strasbourg, a été interpellé vendredi 1er mars,
dans l’après-midi, à son domicile strasbourgeois, a appris franceinfo de
source policière, confirmant une information des Dernières Nouvelles
d’Alsace. Dans des publications sur son compte Facebook, Malek Chekatt,
37 ans, a menacé de commettre un attentat. Il a également posté une
photo avec cinq armes. Après plusieurs perquisitions, ces armes
s’avèrent factices, a appris franceinfo de source policière.
« Bientôt une vie qui s’éteint. J’allumerai une bougie. Préparons un grand festin », peut-on lire dans deux de ses publications. « Tout est prêt, je demande à mes contacts de garder le silence », ajoute-t-il au-dessus d’une photo montrant les armes.
Ce soir je fais la une de BFM à 18h30 précises. Tout est planifié.
Malek Chekatt
sur son compte Facebook
Selon les informations de France Bleu Alsace, le frère de Cherif
Chekatt a publié d’autres messages dans la foulée, laissant entendre
qu’il ne faut pas le prendre au sérieux : « Mince on est le premier mars et pas le premier avril », écrit-il.
Malek Chekatt a été interpellé vers 16 heures après que des
internautes ont signalé ses publications. Il a été placé en garde à vue
pour « menace contre des personnes », selon France 3 Alsace qui cite une source policière. Cette garde à vue peut durer 48 heures maximum.
L’attentat commis par son frère, Cherif Chekatt, a fait cinq morts et onze blessés à Strasbourg en décembre dernier.
À la suite du 11 décembre Strasbourg : le frère de Cherif Chekatt
interpellé après avoir menacé sur Facebook de commettre un attentat
Le grand frère de l’auteur de l’attentat du 11 décembre 2018, qui a
fait cinq morts et onze blessés à Strasbourg a été interpellé ce
vendredi après-midi à son domicile strasbourgeois.
Le 11 décembre et dans les 48 heures qui ont suivi, les forces de
l’ordre étaient déjà en état d’alerte maximale. Photo Archives L’Alsace –
Jean-Marc LOOS
L’homme âgé de 38 ans a été arrêté par la police à proximité de son domicile peu avant 16 heures. En début d’après-midi,
il a posté sur son compte Facebook des messages laissant entendre qu’il
allait commettre une action terroriste ce vendredi à 18h30. Il
a également publié une photo sur laquelle on voit cinq armes, dont deux
fusils d’assaut, un fusil et deux pistolets, ainsi qu’un gilet
pare-balles.
Il a ensuite publié d’autres messages laissant penser qu’il ne fallait pas le prendre au sérieux.
Les forces de police strasbourgeoises, en alerte maximale, ont
immédiatement procédé à des vérifications de tous les lieux sensibles de
Strasbourg.
Le suspect est en garde à vue au commissariat central de Strasbourg pour
« menace de crime ou délit contre les personnes ». Il est actuellement
interrogé par les enquêteurs de la Direction régionale de la police
judiciaire de Strasbourg.
Son « gentil troll » David Doucet, rédacteur en chef des
Inrocks, vient d’être licencié pour faute grave tout comme son collègue rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire, et
c’est bien normal quand on sait tout ce que l’on a appris ces derniers
temps, d’abord sur la Ligue du LOL, puis sur certains agissements au
sein de leur rédaction, allant apparemment jusqu’à des piratages
informatiques.
Publiera-t-il un nouvel article pour les défendre aussi sur la question de ces piratages informatiques ?
L’avenir dira s’il souhaite comme pour le trollage et autres
« blagues » faites à des femmes multiplier les prises de position
publiques en leur faveur.
En effet, il a déjà donné une interview très éloquente à ce sujet au
mois de septembre dernier, d’où il ressort assez clairement et
piteusement qu’il préfère violer l’intimité de la vie privée
d’ingénieurs informaticiens tout à fait sérieux et compétents, ou
soutenir les malades mentaux qui le font, comme les cybercriminels
Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Jean-Marc Donnadieu et autres
« déconnologues » patentés, plutôt que de faire un vrai travail
d’investigation journalistique.
Une vague d’attentats islamistes particulièrement meurtriers semant
panique et terreur à travers le pays, c’est tellement plus fendard que
de neutraliser cette poignée d’assassins…
« Ligue du LOL » : deux journalistes des « Inrocks » licenciés pour faute grave
David Doucet, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, et F., rédacteur en chef adjoint, ont été notifiés de leur licenciement
dans le courant de la semaine. Ils avaient été mis à pied après la
publication, le 8 février, d’un article de « Libération ».
La direction des « Inrocks » justifie ces licenciements
notamment par l’impact négatif sur « l’image » du journal et par la
« crédibilité journalistique » des deux intéressés. (FRANCOIS GUILLOT /
AFP)
Deux journalistes des Inrockuptibles mis en cause dans l’affaire de la « Ligue du LOL »
ont été licenciés pour « faute grave », a appris franceinfo de source
proche de la direction de l’hebdomadaire, confirmant une information de Libération. David
Doucet, rédacteur en chef, et F., rédacteur en chef
adjoint, ont été notifiés de leur licenciement dans la semaine. Ils
avaient déjà été mis à pied après la publication, le 8 février, d’un
article de « Libération ».
Selon Libération, la direction des Inrocks justifie ces licenciements par l’impact négatif sur « l’image » du journal et par la « crédibilité journalistique »
des deux intéressés au sein de la rédaction. La direction reproche
également à ses deux employés des comportements non-professionnels dans
l’exercice de leur fonction hiérarchique. De nombreux agissements ont
notamment été détaillés dans un article de Mediapart(article payant) à la mi-février.
Peu après les révélations concernant la « Ligue du LOL », David Doucet avait publié des excuses publiques sur Twitter. « Cette
libération de la parole m’a surtout fait prendre conscience que je
comptais parmi les bourreaux. (…) Je mesure aujourd’hui la
dégueulasserie de mes actes et je n’ai pas d’excuses pour cela », avait-il posté le 10 février.
Article par Vincent BRESSON • Publié le 14.09.2018 • Mis à jour le 27.02.2019
Les outils numériques apportent aux rédactions une aide précieuse
dans la collecte d’informations. Les hackeurs, bidouilleurs
informatiques, s’inscrivent parfois dans un travail journalistique.
Entretien avec Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation sur les
liens entre hackeurs et journalistes.
Comment expliquer le rapprochement entre journalistes et hackeurs ces dernières années ?
Jean-Marc Manach : Il y a 20 ans quand j’ai commencé le
journalisme sur Internet j’ai tout de suite compris que les hackeurs
étaient du côté de la solution et pas du problème. C’est grâce à des
hackeurs et sous leur influence que j’ai développé à la fois des
compétences en matière de sécurité informatique et d’investigation en
ligne. J’ai pu commencer à aborder l’état d’esprit, la façon de
travailler sur Internet : chercher des failles de sécurité, trouver des
solutions, expérimenter, bidouiller et apprendre de mes erreurs.
Cela reste un phénomène minoritaire, mais il y a de plus en plus de
journalistes qui arrêtent de considérer qu’un hackeur c’est un criminel
qui met des masques d’Anonymous et des gants pour ne pas laisser ses
empreintes digitales sur un ordinateur.
Sur Google Images, quand vous tapez « hackeur », le résultat est
caricatural et méprisant à un point ! Depuis l’affaire Snowden, ce qui a
changé c’est qu’un nombre non négligeable de journalistes commence à
comprendre qu’il faut sortir de la caricature. Le problème c’est qu’une
majorité d’entre eux continue néanmoins à propager cette image. Mais
avec l’essor du data journalisme, de plus en plus de journalistes
comprennent qu’il faut travailler avec des développeurs, et avoir des
compétences en informatique et en code. Ils découvrent que les hackeurs
et les développeurs ne sont pas uniquement des ingénieurs
informaticiens, et qu’on a besoin d’eux.
Pendant longtemps, Internet était considéré comme un problème et on
ressent encore les effets de cette représentation. On voyait ça comme
quelque chose de compliqué, de technique. Donc les gens et pas seulement
les journalistes, avaient peur d’Internet et des hackeurs qui, dans
l’imaginaire collectif, sont des gens qui maîtrisent Internet.
Que cherchent les journalistes en sollicitant des hackeurs ? Que cherche le hacker réalisant un travail journalistique ?
Jean-Marc Manach : Je ne sais pas si les hackeurs ont besoin
des journalistes. Par contre, les journalistes ont besoin des hackeurs.
Qu’est-ce qu’un journaliste peut y gagner ? D’abord une meilleure
compréhension du fonctionnement d’Internet, donc, de la façon d’y
trouver des informations, de les recouper et de repérer les bons outils.
Je me souviens des premiers cours que je donnais à des journalistes,
ils ne savaient pas si l’information qu’ils cherchaient était disponible
sur Internet. Ils étaient complètement perdus. Alors que si
l’information existe, je peux la trouver. C’est moi qui contrôle
l’ordinateur. C’est moi qui suis aux commandes. La majorité des
utilisateurs sont contrôlés par leurs ordinateurs qui les empêchent de
faire des choses avec des « logiciels privateurs »,
selon l’expression de Richard Stallman. Car quand vous n’avez pas le
droit d’examiner le code source d’un logiciel, ce qui est le cas de
Windows par exemple, vous êtes contrôlés par le logiciel.
Le journaliste peut donc gagner de l’aisance dans sa façon de
travailler, avec plus d’outils et plus de pouvoir. Et je ne vous parle
même pas en termes de protection des sources. Si vous êtes journaliste
d’investigation, vous avez le devoir de protéger vos sources. Et pour
pouvoir le faire, il faut savoir comment fonctionne un ordinateur,
comment fonctionne Internet. Ça ne sert à rien d’acheter une porte
blindée si vous laissez la fenêtre ouverte. Le problème, c’est que la
majeure partie des gens pense qu’il suffit d’installer un antivirus ou
un logiciel de chiffrement pour pouvoir protéger ses sources. Alors que
vous risquez de faire des erreurs si vous ne maîtrisez pas le
fonctionnement de vos terminaux et d’Internet. On peut avoir un faux
sentiment de sécurité. Donc un hacker a énormément de choses à apporter
aux journalistes.
Pourquoi certains hackeurs comme Bluetouff avec le site
reflets.info ou l’équipe de ThinkerView se lancent-ils dans un travail
journalistique ?
Jean-Marc Manach : Reflet.info est parti d’une discussion
entre Kitetoa et Bluetouff [respectivement Antoine
Champagne, journaliste, et Olivier Laurelli, hackeur, NDLR], qui
constataient un vide dans le paysage médiatique français sur les sujets
qu’ils traitent. Constat avec lequel j’étais et je suis toujours
d’accord.
ThinkerView, c’est pareil. Ils sont partis de l’idée que la majeure
partie des journalistes se contentent de « servir de la soupe ». Ce
n’est pas en faisant des interviews pendant trois minutes qui vont être
coupées pour passer aux JT de 20 h qu’on va comprendre un phénomène. Sur
ThinkerView, une interview prend souvent une heure. Ils prennent le
temps de poser des questions. Si la réponse ne suffit pas, elle sera
posée à nouveau. Dans les deux cas ils n’ont pas besoin de journalistes.
ThinkerView est animé par quelqu’un qui n’est pas journaliste. Antoine
Champagne, c’est un journaliste qui s’est associé avec un hackeur parce
qu’il pensait qu’il y avait un vide sur la question d’Internet.
En France il n’y a pas énormément de journalistes qui comprennent et maîtrisent Internet
Dans la presse anglo-saxonne, on a des journalistes qui maîtrisent la
matière première qu’ils traitent dans le domaine informatique. Alors
qu’en France il n’y a pas énormément de journalistes qui comprennent et
maîtrisent Internet.
Peut-on parler d’une spécificité française dans les relations entre journalistes et hackeurs ?
Jean-Marc Manach : La spécificité réside dans l’histoire du CCCF (le
Chaos Computer Club France). À la fin des années 1980, les services de
renseignements américains découvrent que quatre hackeurs allemands sont
payés par le KGB pour espionner les ordinateurs de l’OTAN. Ils sont
arrêtés. Et là c’est un séisme dans le monde du renseignement
occidental. On est en pleine guerre froide et les services de
renseignements découvrent que des « adulescents », petits génies de
l’Internet, peuvent travailler pour le KGB. Donc ça change la donne en
matière de contre-espionnage. Et la DST, le service de contre-espionnage
français, ne trouve rien de mieux à faire que créer le CCCF pour
attirer les jeunes hackeurs français et éviter qu’ils ne se retrouvent
dans les griffes du KGB. Plus personne en France ne va se définir comme
hackeur ou se réclamer du hacking, car c’est prendre le risque d’avoir les services de renseignements aux fesses.
La spécificité française c’est donc ça : le mot hackeur est devenu
tabou. Il a fallu attendre 2007 pour qu’un premier festival utilise le
mot « hackeur » en France : le Hacker Space Festival. Mais ce mot a été
tabou pendant près de 20 ans. À cause de ce qui s’est passé avec le
CCCF. C’est ce qui fait qu’on a cette imagerie populaire du hackeur
comme un criminel.
Quand le mot hackeur est utilisé dans les médias, c’est pour
définir des comportements criminels Cent pour cent des djihadistes se
réclament de l’islam. Ça ne veut pas dire que 100 % des musulmans sont
des terroristes. C’est la même chose avec les hackeurs. La
quasi-totalité des hackeurs sont bien intentionnés. Ce ne sont pas des
délinquants, ils ne font pas des choses hors-la-loi. Si depuis l’affaire
Snowden, la tendance a un peu évolué, aujourd’hui encore, la majeure
partie du temps, quand le mot hackeur est utilisé dans les médias c’est
pour définir des comportements délinquants ou criminels. C’est une
aberration totale !
Il y a un autre congrès de sécurité informatique en France, le SSTIC. C’était organisé [à l’origine] dans l’enceinte même d’une caserne militaire, à l’École des transmissions
à Rennes. Aux États-Unis les colloques de hackeurs s’organisaient dans
des hôtels à Las Vegas et ils avaient un jeu : d’identifier qui était
l’agent du FBI ou de la NSA. En Allemagne, le Chaos Communication Camp
était organisé dans d’anciennes bases militaires de la RDA, avec un
esprit de contre-culture. En France, la moitié des gens était en
uniforme. Il y a une sorte de consanguinité avec l’armée ou la police.
Et du coup, peu de journalistes ont eu l’occasion de discuter avec les
hackeurs de manière sérieuse en France.
Existe-t-il une prise de conscience en matière de sécurité informatique au sein des journalistes ?
Jean-Marc Manach : Le premier site que j’ai créé pour
expliquer comment sécuriser ses conversations sur Internet, j’ai dû le
concevoir en 1999 ou 2000. Nous sommes en 2018, Edward Snowden est sorti
du bois en 2013 et il a fallu attendre l’année dernière pour que
l’École supérieure de journalisme de Lille me demande de former
l’ensemble de sa promo de première année. L’an passé, une étude, basée
sur un questionnaire envoyé aux 14 écoles reconnues par la profession, a
révélé
que, sur les 11 répondants, 4 proposaient une « sensibilisation »
théorique à travers des cours non spécifiques, 4 des conférences de
quelques heures, et 3 (CFJ, ESJ et EJDG) des formations d’au moins deux
voire quatre jours. Cinq ans après le début des révélations Snowden,
c’est juste hallucinant ! Cette formation devrait être un prérequis dans
toutes les écoles de journalisme. Mais aussi dans les écoles de
médecine, d’ingénieurs … Il y a de nombreux métiers soumis au droit de
réserve et où l’on doit protéger des données.
Concernant les rédactions, avant les révélations d’Edward Snowden,
aucune ne m’avait demandé de dispenser des formations internes. Depuis,
ça a dû arriver deux fois dans des petites rédactions, il y en a une qui
m’a donné deux heures et l’autre une matinée … Ça fait des années que
sur les catalogues de formation continue pour les journalistes, il y a
des formations à la sécurité informatique, mais aucune rédaction ne les
achète. Mais ce qui a un petit peu changé, c’est que les journalistes,
d’eux-mêmes, apprennent. L’information est aujourd’hui disponible.
Quelle en est la cause, selon vous ?
Jean-Marc Manach : « Faites ce que je dis, pas ce que
fais. » Beaucoup de journalistes se scandalisent sur les révélations
d’Edward Snowden sans comprendre de quoi il retourne exactement, et pour
autant, ils ne vont pas faire l’effort d’apprendre à se protéger. C’est
de l’inconscience totale, de la paresse intellectuelle, de la faute
professionnelle. Je ne dis pas que tous les journalistes devraient
apprendre. Tous n’ont pas vocation à faire de l’investigation et donc
intérêt à savoir protéger leurs sources.
Mais depuis les révélations Snowden ou Cambridge Analytica,
notamment, des journalistes dénoncent la surveillance de masse, le fait
qu’Internet soit du capitalisme de surveillance … Les médias écrivent
là-dessus. Par contre, prendre le temps d’apprendre à protéger ses
sources et donc à faire face à ces technologies de surveillance, ils ne
le font pas. C’est une forme d’hypocrisie.
Quelles formes peut prendre le rapprochement entre les hackeurs et les journalistes ?
Jean-Marc Manach : Aux États-Unis, le New York Times a
recruté quelqu’un pour sécuriser les communications de ses
journalistes. En France, certaines rédactions ont embauché des
data-journalistes, des gens qui avaient des compétences en matière de
journalisme et de code, pour traiter les données. Mais ce ne sont
généralement pas des hackeurs au sens « sécurité informatique » ou de
quelqu’un qui va pouvoir développer un logiciel.
Deux exemples. Le projet OWNI,
c’était un média français qui a été pionnier du data-journalisme en
France. On y avait cassé (physiquement) le mur entre les développeurs et
les journalistes. Nous y avions des développeurs, des journalistes, des
graphistes et nous travaillions ensemble. On a vraiment « hacké »
l’information.
L’autre exemple c’est celui de Nicolas Kayser-Bril, lui aussi
pionnier du data-journalisme. Quand il est parti d’OWNI, il s’est fait
un nom. Il a été approché par un certain nombre de rédactions. Il
voulait bien travailler avec celles-ci, mais il avait besoin pour cela
d’un développeur et d’un graphiste, et les rédactions ont dit non. Elles
voulaient un journaliste qui soit bon en code, bon en graphisme et bon
en journalisme. Je connais un certain nombre de data-journalistes qui
ont été recrutés dans de grandes rédactions mais qui en sont partis
parce qu’on leur demandait de tout faire, même et y compris des
camemberts, sur des sujets pas très intéressants et sans réelle
plus-value « data ». Ils ne pouvaient pas faire des choses aussi
intéressantes que ce qu’on faisait à OWNI où l’on avait ces trois
compétences-là.
Sur certains sites américains il est possible d’envoyer à la
rédaction des informations chiffrées. En France, pourquoi si peu de
médias le font-ils ?
Jean-Marc Manach : En France, Mediapart le fait mais sans
passer par SecureDrop, qui est le système de référence dans ce domaine
depuis les révélations Snowden. C’est un logiciel qui a été conçu pour
permettre aux lanceurs d’alerte de contacter de manière sécurisée et
anonyme des rédactions. Ça a été fait pour que quelqu’un qui travaille
dans les services de renseignements puisse contacter anonymement un
journaliste pour envoyer des informations. Un peu moins d’une centaine
de médias l’utilisent. Pour la plupart, ils sont américains. Quand l’un
des principaux développeurs de SecureDrop a approché les rédactions en
France pour leur proposer de l’installer, bénévolement ou contre une
petite somme d’argent, ils ont refusé.
Après, il y a des journalistes au Monde ou à Libération
notamment, qui indiquent dans leurs profils Twitter ou sur leur site
personnel comment les contacter sur Signal, mais ce sont des initiatives
individuelles. Aux États-Unis, dans de plus en plus de médias, les
journalistes précisent leur numéro sur Signal ou WhatsApp à côté de leur
signature, avec leur nom. Ça devient la norme aux États-Unis. En
France, pas du tout.
Certains hackeurs créent leur propre site internet
indépendant, d’autres travaillent par intermittence avec journalistes.
Vous avez fait les deux. Entre ces deux options, quelle est la plus
intéressante pour délivrer la meilleure information possible ?
Jean-Marc Manach : J’ai deux réponses à ça. La première,
c’est comme si vous me demandiez ce que peuvent faire les médecins pour
améliorer le journalisme, ce que peuvent faire les policiers pour
améliorer le journalisme… Je ne sais pas si les hackeurs, les médecins
et les policiers veulent améliorer le journalisme, mais ils peuvent y
contribuer en aidant les journalistes à améliorer leurs compétences dans
leurs domaines respectifs : quand un journaliste ou un média écrit une
ânerie il faut lui expliquer. Il faut arrêter la désinformation. Tout
citoyen doit contribuer au fait qu’on ait de moins en moins de fake news. Ce n’est pas seulement un travail de journalistes. On a besoin de personnes qui s’y connaissent mieux que nous.
La deuxième, et c’en est la parfaite illustration, c’est quand Le Monde a fait une une
expliquant que la DGSE surveillait l’intégralité des communications en
France. À l’époque, j’avais cherché à savoir comment la DGSE aurait pu
le faire, parce que vu le maillage décentralisé des télécommunications
en France ça me semblait extrêmement complexe à mettre en œuvre. J’avais
contacté des ingénieurs, des informaticiens, des hackeurs qui
travaillaient au cœur des réseaux internet et je leur ai demandé ce
qu’ils en pensaient, et si c’était possible.
Une des réponses qui m’a été faite, c’est que techniquement et
financièrement, c’était inenvisageable, il aurait fallu installer des
dizaines de milliers de logiciels espions partout en France. Ce qui
aurait coûté des milliards d’euros. Et quand je leur ai demandé :
« pourquoi n’avez-vous pas réagi quand il y a eu la une du Monde
qui racontait ça ? Pourquoi attendez-vous que je vous pose la question,
et pourquoi ne dites-vous pas que c’est faux ? ». La réponse qui m’a été
faite, c’est qu’ils avaient tellement l’habitude que les médias
racontent n’importent quoi en matière d’Internet qu’ils ne réagissent
même plus. Le problème c’est aussi ça.
Donc je ne sais pas dans quelle mesure il y a des hackeurs qui
veulent changer les médias, même s’il existe des mouvements comme Cryptoparty,
qui vont essayer d’expliquer aux gens comment sécuriser leurs
communications. Mais ça reste une minorité, tout comme du côté des
policiers ou des médecins … Tout le monde se plaint des médias sans
s’impliquer pour autant. Alors que les journalistes ont besoin que les
gens qui s’y connaissent mieux qu’eux les aident à comprendre et
maîtriser les sujets dont ils parlent, afin de pouvoir les
contextualiser et les remettre en perspective, tant pour les profanes
que pour les experts.
–
Crédit photo : Capture d’écran d’un entretien sur la chaine Youtube de ThinkerView, avec l’aimable autorisation de ThinkerView.
Ronan Appéré fait partie des « avocats » brestois que
j’avais consultés au cours de l’été 2010 suite à la révélation de mon
identité sur les blogs du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi
en date du 19 juin 2010 et aux avalanches quotidiennes d’inventions
calomnieuses, injures, obscénités et menaces en tous genres à mon
encontre qui depuis lors constituaient le flot ininterrompu des
publications diurnes et nocturnes de ce malade mental et de toute sa
troupe de « déconnologues » (cf. son dernier billet de blog, du 22
février 2019, il est vraiment fou et qui plus est extrêmement
dangereux).
J’en ai déjà parlé dans cet article du 28 décembre 2015 :
« Contrairement à d’autres, par exemple Ronan Appéré qui n’était
pas censé me connaître et m’avait néanmoins soutenu que tout ce qui
était publié à mon sujet sur les blogs de Cyprien Luraghi n’était que la
vérité et ne posait aucun problème, alors que je me plaignais
précisément que toutes ces « informations » n’étaient pour la plupart
qu’inventions calomnieuses outre qu’elles portaient atteinte à
l’intimité de ma vie privée et me mettaient gravement en danger ainsi
que de nombreuses autres personnes, Me Elard ne paraissait pas déjà
« renseigné » à mon sujet par Josette Brenterch ou l’un de ses
complices. »
Désormais, j’ouvre les guillemets quand je parle des « avocats »
brestois, car j’ai depuis appris à mes dépens qu’il n’en existe en fait
aucun, puisque selon leurs dires ils sont tous tenus par le règlement
intérieur de leur barreau d’obéir aux « magistrats » brestois ou de ne
surtout pas les contrarier… raison pour laquelle je n’en trouve vraiment
aucun parmi eux qui accepte de me défendre au lieu de jouer le jeu de
ces « magistrats » ou de leurs corrupteurs… et donc, je fais pareil pour
ces « magistrats » qui pour anéantir toute ma famille et éliminer le
plus tranquillement du monde tous les témoins de leurs violences à notre
encontre ont organisé tous les attentats islamistes de ces dernières
années avec leurs complices Josette Brenterch du NPA de Brest et ses
sbires de la bande du psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi.
Et puisqu’à la base, il y a quand même une affaire de violences
faites aux femmes, ces « juristes » finistériens qui ont toujours au
moins vingt ans de retard en matière de moeurs n’admettant toujours pas
que des femmes puissent être ingénieurs, je ne suis vraiment pas
mécontente de la condamnation prononcée à Poitiers au mois de janvier
dernier contre Ronan Appéré, cet « avocat » brestois qui défend
régulièrement proxénètes et violeurs locaux et m’avait clairement
signifié me dénier toute forme de droit.
En effet, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour
des violences commises sur une femme et j’espère très sincèrement que la
sentence sera plus sévère en appel.
Aucune présomption d’innocence ne tient pour les propos qu’il m’avait tenus lors de notre entrevue de 2010.
Cet homme n’est pas avocat, ce n’est qu’un jean-foutre. Mettez-le au gnouf et qu’on n’en parle plus.
Poitiers. Un avocat pénaliste, poursuivi pour des violences sur une
femme en 2013, dans le Finistère, a été reconnu coupable des faits
reprochés.
Mise à jour : mardi 22 janvier 2019
Me Ronan Appéré, poursuivi pour des faits présumés de violences
devant le tribunal correctionnel de Poitiers et condamné à deux mois de
prison avec sursis (édition du 21 janvier 2019) fait part de son
intention d’interjeter appel de cette décision «tant sur sa
culpabilité que sur le caractère impossible de la peine d’inéligibilité
prononcée en application d’une loi postérieure aux faits et sur les
intérêts civils», indique son avocat, Me Vincent Omez (barreau de Quimper). Le conseil de Me Ronan Appéré précise : «Les
principes posés par les dispositions de l’article préliminaire du Code
de procédure pénale, et notamment celui de la présomption d’innocence
auraient dès lors commandé davantage de prudence dans la rédaction du
compte rendu d’audience, Ronan Appéré n’ayant pas plus de droits en tant
qu’avocat qu’un justiciable qui ne le serait pas, mais pas moins de
droits non plus […] Ronan Appéré conteste la réalité des faits dénoncés,
avait lui-même la qualité de parties civiles dans le cadre de ce
procès, ayant été victime de violences ayant entraîné une incapacité
supérieure à 8jours et que l’ensemble de ces éléments seront rediscutés
devant la Cour d’appel.»
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Avant de lire les lignes qui suivent, vous allez certainement vous
poser une légitime question : pourquoi un dossier concernant la Bretagne
a-t-il encombré le tribunal correctionnel de Poitiers ? Il s’agit d’un
procès dit « dépaysé », en raison de la profession d’un des prévenus,
avocat pénaliste dans le Finistère, poursuivi pour une sombre histoire
de violences.
L’avocat avait été mis à la porte d’un restaurant peu de temps avant Que
s’est-il passé dans la nuit du 25 mai 2013 dans une petite rue noire de
Lanildut (Finistère) ? Dans cette commune du Pays d’Iroise, située à
25 km de Brest, ce n’était pas la valeur du premier port goémonier
d’Europe (35.000 tonnes d’algues déchargées chaque année) qui occupait
les discussions dans un des restaurants de ce bourg de 946 âmes.
Sur fond d’alcool, la discussion entre Ronan Appéré et une femme, amie
d’un avocat irlandais, dégénère. Les insultes pleuvent. Des jeunes s’en
mêlent. Le propriétaire de l’établissement est obligé de ceinturer
l’avocat pour le mettre à la porte.
« Oui, le ton est monté, a reconnu l’avocat à la barre du tribunal. J’ai
eu des propos inadaptés, insultants. J’ai eu un mauvais comportement
avec cette femme. Des jeunes se sont interposés, ils avaient raison. »
Mais le plus grave, ce qui justifiait son renvoi devant un tribunal,
était à venir. Et les versions divergent. Il est minuit. La victime
affirme avoir été ramenée en voiture par l’avocat irlandais au domicile
de l’avocat. Elle aurait alors été sortie de force du véhicule par Ronan
Appéré : « J’ai été traitée de pute, jetée trois fois sur le bitume
alors que j’ai des vis dans le dos. Je me suis réfugiée dans la voiture
et j’ai appelé un ami. »
Cet ami, c’est Ahmed, poursuivi pour violences. Il arrive de Brest pour
secourir son amie. Il descend de voiture, met une claque à Ronan Appéré
avant de repartir avec la victime.
A leur arrivée, à 1 h 30, les gendarmes appelés par Ronan Appéré,
découvrent une autre version de la soirée. Ce dernier affirme avoir été
frappé par deux hommes (peut-être des jeunes « avec des matraques et
deux pistolets sur la tempe »), au pied de sa résidence secondaire.
Défendu par Me Thierry Fillion (barreau de Rennes) sur le plan pénal et
Me Vincent Omez (barreau de Quimper) sur le volet parties civiles,
l’avocat de Brest n’a évoqué à aucun moment les violences commises sur
cette femme à la barre du tribunal correctionnel de Poitiers.
Les magistrats poitevins l’ont pourtant reconnu coupable des faits
reprochés. Ils ont suivi les réquisitions du parquet en le condamnant à
deux mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité pendant
deux ans. Il devra verser 6.000 €, toutes causes de préjudices
confondus, à la femme victime. Son ami, Ahmed, qui avait porté secours à
cette femme, a été relaxé.
à chaud
L’avocat pourra-t-il continuer à plaider ?
Sans préjuger d’un appel de la décision, que se passera-t-il en cas
de condamnation définitive de l’avocat ? Pourra-t-il continuer à
plaider ? Interrogé sur cette question, le bâtonnier du Barreau de
Poitiers, Me Hervé Ouvrard, affirme que tout dépend de la relation avec
l’activité professionnelle de l’avocat. « C’est au conseil de discipline
de l’Ordre régional des avocats de décider s’il y a suspension voire
radiation du tableau du barreau. Une condamnation au pénal ne peut être
compatible avec le serment de l’avocat. » D’autant plus quand la
spécialisation de l’avocat est au pénal.
«Le Verrou», par Fragonard, 1777. Le sens de l’œuvre
exposée au Louvre demeure incertain : scène galante ou viol ? Photo
RMN. Stéphane Maréchalle
Dans un essai, la militante féministe Valérie Rey-Robert dénonce la
culture du viol historiquement ancrée dans notre société et confortée
par une prétendue tradition galante.
«Il y a une manière très française d’envisager les violences sexuelles»
C’était mi-février. Sur le plateau de l’émission Touche pas à mon poste,
Jean-Marie Bigard se lance dans une «blague» sur le viol : l’histoire
d’une femme consultant un médecin pour une déchirure, et à qui le
praticien demande de se dévêtir. «Et là, il la chope par le chignon, il défouraille, il l’attrape par les hanches et il l’encule», enchaîne
Bigard, mime à l’appui… A défaut d’être drôle, cette séquence
atterrante, qui a suscité l’ire de nombreuses féministes et une douzaine
de signalements au Conseil supérieur de l’audiovisuel, illustre à
merveille le poids de la culture du viol dans la société française.
Dans un essai très documenté paru jeudi dernier (1), la militante
féministe Valérie Rey-Robert appelle à prendre conscience de l’ampleur
de ce phénomène, décrit aux Etats-Unis dès les années 70 et qui désigne
un environnement dans lequel les violences sexuelles sont banalisées.
Pis, pour l’auteure du blog «Crêpe Georgette», devenu en dix ans une
référence en matière de féminisme et de problématiques liées au genre, «la vérité, aussi culpabilisante soit-elle, est que les violences sexuelles ne sont pas un problème pour nous».
Alors l’auteure appelle à regarder la réalité en face, chiffres à
l’appui. Selon les données croisées de l’Insee et de l’Observatoire
national de la délinquance et des réponses pénales, chaque année en
France, 84 000 femmes et 14 000 hommes de 18 à 75 ans sont victimes de
viol ou de tentative de viol. Des données en-deça de la réalité, bien
des viols n’étant jamais déclarés. Seule une victime sur dix porte
plainte, et une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Pour Valérie
Rey-Robert, il y a urgence à agir. Seulement voilà, à l’en croire, «la lutte contre les violences sexuelles est possible à condition de revoir un peu nos idées reçues sur le viol». Alors,
au fil de ces 300 pages, Valérie Rey-Robert s’applique à décortiquer
ces préjugés qui contribuent à culpabiliser les victimes et
déresponsabiliser les coupables : trop souvent encore, circule l’idée
que les victimes l’auraient bien cherché, ou que les violeurs auraient
agi en raison de pulsions masculines incontrôlables. La preuve ? Selon
un sondage réalisé par l’institut Ipsos en décembre 2015 pour
l’association Mémoire traumatique et victimologie, pour 40 % des
Français, la responsabilité d’un violeur est atténuée si la victime a eu
une attitude jugée «provocante» en public ; et pour près d’un tiers des Français (29 %), les hommes sont plus susceptibles de commettre ce genre d’actes «à cause de la testostérone, qui rend leur sexualité incontrôlable».
La méconnaissance de la réalité des faits est telle que 16 % des
interrogés pensent qu’il est rare qu’un violeur s’attaque à quelqu’un
qu’il connaît… Alors que c’est le cas neuf fois sur dix. Pis, pour 30
% des 18-24 ans, une femme peut prendre du plaisir à être forcée à un
rapport sexuel.
Pour Valérie Rey-Robert, il y a une «manière très française d’envisager les violences sexuelles». Et même, une «culture du viol à la française». Pour
comprendre ses racines et mieux l’endiguer, l’auteure remonte
l’histoire, de la Bible à l’affaire DSK, et fournit des pistes pour
sortir de cette dangereuse impasse. Entretien.
Comment expliquer notre difficulté à accepter la réalité des violences sexuelles dans l’Hexagone ?
On a en quelque sorte construit une image type des viols : comme si
le «viol idéal» ne pouvait être que le fait de monstres, de satyres au
teint mat et aux pieds de bouc… Résultat : tout acte commis par un homme
lambda, sans arme ou que la victime connaîtrait, n’est pas considéré
comme un «vrai viol». Ce sont des stratégies d’«altérisation» : le
violeur, c’est l’autre. On a du mal à considérer qu’il puisse être un
ami, un voisin, un mari. Cela se ressent dans le grand hiatus entre les
déclarations générales sur le viol et les cas concrets : dans l’absolu,
les gens n’ont pas de propos assez horribles pour condamner les viols
mais dès qu’il s’agit de cas concrets, le discours change : on se
demandera ce que faisait une femme dehors seule à une heure tardive, ou
ce qu’elle portait, ou à un homme pourquoi il ne s’est pas défendu… On a
beaucoup de mal à admettre que l’on a des préjugés sur le viol. Par
exemple, il y a encore 10 % des Français qui considèrent qu’un homme ne
peut pas être violé. Il est grand temps de parvenir à une prise de
conscience.
Est-ce qu’elle n’a pas eu lieu avec les mouvements #MeToo et #Balancetonporc ?
C’est encore un peu tôt pour le dire. Ce qui est certain en revanche,
c’est que cette période a fait remonter des arguments similaires à ceux
brandis au moment de l’affaire DSK. Ce qui était surprenant, ce n’était
pas tant de voir des gens le défendre, mais plutôt les excuses qu’ils
invoquaient, à l’image du tristement célèbre «troussage de domestique».
Ont aussi été convoqués des siècles de littérature courtoise ou
d’histoire galante, quitte à les déformer, ou les idéaliser, alors qu’on
évoquait des faits extrêmement graves.
Cette idée d’une spécificité française dans les relations homme-femme
a ressurgi à l’automne 2017 avec #MeToo. Une nouvelle fois, certains
ont argué que les féministes ne comprenaient pas que la France serait le
pays qui aurait inventé une certaine façon de pratiquer l’amour, fondée
sur la domination masculine et donc sur des relations par essence
asymétriques, empreints d’une certaine violence. La tribune parue à
l’époque dans le Monde revendiquant une «liberté d’importuner»
illustrait cela très bien. Pour autant, il ne faudrait rien y changer,
parce que cette spécificité serait un patrimoine culturel enviable, dont
on devrait s’enorgueillir. La culture du viol à la française, c’est
exactement ça. J’ai aussi été très frappée par la comparaison qui a été
faite au moment de #Balancetonporc avec les collabos qui livraient les
Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme si dénoncer les
violences sexuelles ou une certaine manière d’envisager les rapports
amoureux revenait à trahir la nation !
Les femmes peuvent aussi véhiculer des stéréotypes sans s’en rendre compte…
On baigne tous et toutes dans la culture du viol, donc il est évident
qu’une femme à qui on aurait inculqué l’idée que les viols sont
forcément commis par des inconnus avec un couteau dans un parking, si
elle est violée par son petit ami, va avoir tendance à minimiser. Cela
explique entre autres pourquoi les victimes ne portent pas plainte. J’ai
d’ailleurs très rarement rencontré des victimes qui exagèrent ce
qu’elles ont vécu, bien au contraire. Je me souviens de gens violés
étant enfant, qui avaient pourtant grandi et réfléchi sur le sujet, et
continuaient de minimiser ou de culpabiliser. C’est un sentiment très
difficile à combattre.
Comment agir, justement ?
D’abord, en prenant conscience de nos idées reçues, j’insiste
là-dessus. Ensuite, il faut en finir avec l’idée qu’il y aurait des
petits et des grands combats féministes, dont le viol ferait partie. Car
tout est lié : dès lors qu’on commence à éduquer les enfants de façon
genrée, dans l’idée que les petits garçons valent plus que les petites
filles, mais qu’une petite fille doit les aider, se maintenir en
retrait, ne pas manifester trop ses envies ou ses désirs, on prépare
déjà une société faite de violences sexuelles. On devrait aussi repenser
la place des femmes dans l’espace public. A force de leur répéter que
si elles sortent tard, s’habillent court, ou que si elles prennent les
transports en commun, elles vont être violées, elles finissent par
adopter des stratégies d’autodéfense ou d’évitement, comme limiter leur
liberté de mouvement ou moins sortir.
Vous exhortez aussi à mener des actions de prévention, pas seulement à cibler les suites des violences sexuelles ?
C’est essentiel. L’une des premières pistes pourrait consister à
financer des recherches sur la sexualité et sur les violences sexuelles,
dont on manque cruellement en France. A l’inverse, aux Etats-Unis, des
travaux ont été menés pour comprendre la manière dont les hommes
reçoivent les modes de négation exprimés par les femmes, lorsqu’ils ne
sont pas formulés de manière directe, mais à travers une périphrase par
exemple. Il en est ressorti que les hommes comprennent très bien ces
formulations, tant qu’il ne s’agit pas du domaine sexuel. Là, le souci
n’est pas de comprendre, mais bien d’accepter la négation. Ce genre
d’études permet de mieux cibler les campagnes de prévention, remettant
en cause celles fondées sur des slogans comme «non c’est non». Au Canada, des résultats ont été obtenus avec des messages comme «vous ne voulez pas être ce type-là».
Une des idées reçues les plus prégnantes sur le viol est qu’il serait
inévitable. Comme si de la même manière qu’on ne peut empêcher la pluie
de tomber, on ne pouvait empêcher les hommes de violer. Comme si les
femmes n’avaient qu’à s’y faire. Il faut déconstruire cette idée, parce
que rien n’oblige évidemment les hommes à violer.
(1) Une Culture du viol à la française, éditions Libertalia.