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dimanche 17 mars 2024

Attentats de 2015 : une implication des forces de l'ordre lilloises ?

 

 

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Au procès pour trafic d'armes, le statut d'indicateur d'Hermant confirmé

 

  • Claude Hermant, chef du mouvement Maison Flamande, à Lille le 8 octobre 2011 Claude Hermant, chef du mouvement Maison Flamande, à Lille le 8 octobre 2011
    Claude Hermant, chef du mouvement Maison Flamande, à Lille le 8 octobre 2011 PHILIPPE HUGUEN
Publié le , mis à jour
© 2017 AFP

Un colonel de gendarmerie a confirmé mercredi devant le tribunal de Lille que Claude Hermant, soupçonné d'être au cœur d'un trafic d'armes dont six ont été en possession d'Amedy Coulibaly dans l'attentat contre l'Hyper Cacher et à Montrouge, a bien été recruté en 2013 comme "indicateur".

M. Hermant, 54 ans, figure de l'extrême droite identitaire lilloise, en détention provisoire depuis janvier 2015 mais au casier judiciaire vierge, est le prévenu "transversal" de cette vaste affaire portant sur près de 500 armes, ayant nécessité plus de deux ans et demi d'instruction.

A l'audience lundi, il avait tenté de convaincre les juges que, s'il avait touché à un tel trafic, c'était pour infiltrer un réseau et renseigner les services.

M. Hermant "a été recruté par mon prédécesseur le 13 mars 2013 et a été +blacklisté+ le 3 avril 2015", a déclaré mercredi à la barre du tribunal correctionnel le colonel Jérôme Pichard, à la tête de la section de recherche de Lille-Villeneuve d'Ascq.

Le militaire a reconnu que M. Hermant avait empoché 2.000 euros pour une affaire, une somme qualifiée "d'importante" par M. Pichard, preuve qu'il a pu être utile aux "services".

"M. Hermant était visiblement un bon informateur qui obtenait la tranquillité grâce à la qualité des informations qu'il donnait", a résumé Me Emmanuel Riglaire, qui défend un agent de renseignement des douanes assis sur le banc des prévenus.

En tout, douze rapports d'échanges, majoritairement pour des affaires de trafic d'armes, ont été rédigés sur la base d'informations livrées par Claude Hermant, selon le colonel. En général sur la masse des renseignements fournis par les "indics", à peine 10% étaient vraiment utiles, a-t-il cependant estimé.

Six armes, dont des pistolets Tokarev, ont fini dans les mains du jihadiste Amedy Coulibaly qui a assassiné en janvier 2015 quatre personnes dans un Hyper Cacher à Paris, avant d'être tué. La veille, il avait tué une policière municipale à Montrouge.

D'après sa défense, M. Hermant a bien importé des armes démilitarisées d'Europe de l'Est via la société de sa femme. Mais pour des missions d'infiltration et de renseignement.

"Fiché S"

Claude Hermant, comme neuf autres prévenus dont Samir Ladjali, l'un des intermédiaires présumés d'Amedy Coulibaly, encourt dix ans de prison pour trafic d'armes en bande organisée. Le procès, prévu pour s'achever vendredi, pourrait durer jusqu'à samedi.

Alors qu'une avocate s'étonnait du recrutement de Claude Hermant par les gendarmes, qui était selon elle "fiché S" (pour sûreté de l'Etat, en raison de ses liens avec l'ultra droite), le président du tribunal Marc Trévidic a rétorqué: "des fichiers S qui sont des sources, il y en a des tas!".

Dans l'après-midi, trois gendarmes, spécialisés dans le renseignement et ayant traité avec M. Hermant, ont reconnu qu'il avait pu leur montrer des armes démilitarisées. "Vous n'avez jamais pensé qu'une personne vous montrant des armes puisse se livrer à un trafic"?, a interrogé une avocate. "Si je l'avais pensé (...), je l'aurais dénoncé", a répondu un gendarme, entendu comme témoin à huis clos partiel, le visage tendu.

A une question sur un éventuel "blanc-seing" offert à M. Hermant, un gendarme a répliqué: "On n'a jamais demandé à qui que ce soit de faire des livraisons d'armes", soulignant ne jamais avoir entendu parler de Samir Ladjali de la bouche du prévenu.

Revenu à la barre, le colonel a conclu que Claude Hermant n'était "pas loyal" et qu'il avait "peut-être profité du système".

 

https://www.streetpress.com/sujet/1505070624-trafic-d-armes-oublie-impliquait-hermant

10/09/2017

Des dizaines de tonnes de matériel de guerre auraient transité par la France

Le trafic d’armes oublié qui impliquait déjà Claude Hermant

 
Par Mathieu Molard , Tomas Statius , Clément Quintard

À la fin des années 1990, une filière d’armes croate arrose la France. Et déjà dans ce dossier, jamais jugé en France, apparaissait le nom de Claude Hermant, aujourd’hui mis en cause dans l’affaire des armes de l’Hyper Cacher.

« Avec le bouche à oreille, tout le monde savait ce que je faisais », raconte Claude Hermant aux enquêteurs qui l’interrogent sur la filière qui a fourni les armes de l’attentat contre l’Hyper Cacher [lire notre enquête ici]. S’il s’est fait une telle réputation de trafiquant d’armes, c’est qu’il aime raconter à qui veut l’écouter ses exploits passés.

C’est d’ailleurs un intime qui nous confie qu’en privé Hermant se vante d’avoir fourni des armes aux Croates pendant la guerre. Toujours avec l’aval de l’État français, dit-il. Pourtant, face aux policiers, il raconte seulement avoir été instructeur pendant le conflit, en parallèle de son engagement au DPS, le service d’ordre du Front national.

Son ami nous donne des détails. « Le pays était sous embargo. Pendant un an et demi, il remontait des armes », de la France jusqu’en Croatie, donc. Le nom de ses contacts sur place : le mercenaire belge Marty Cappiau et son supérieur, le colonel Bruno Zorica, alias Zoulou. Un ancien de la légion étrangère qui, en 1991, déserte pour rejoindre son pays natal engagé dans une guerre d’indépendance.

Une affaire tombée dans l’oubli

A la fin du conflit, en 1995, des armes font le trajet inverse, comme le révèle une enquête des journalistes Philippe Lobjois et Paul Moreira, tombée aux oubliettes car jamais mise en ligne. C’est aux archives nationales (BNF & INA) que nous pourrons exhumer l’article publié dans les colonnes de France Soir (1) et le reportage de Canal+ (2) qui racontent cette affaire.

Début 2001, la police croate, après une enquête menée en collaboration avec Interpol, démantèle un réseau qui arrose une partie du continent et plus particulièrement la France. Plusieurs dizaines de tonnes de matériel de guerre auraient transité par le territoire français pour une valeur comprise entre 5 et 10 millions de francs, racontent les deux journalistes. Les armes sont transportées dans des caches constitués dans des bas de caisse et des portières de voitures désossées puis remontées.

Le réseau Zoulou

 
(img) Crédit Clément Quintard kalashvoiture_1.png

A la tête de ce réseau, le colonel, désormais retraité, Zoulou, interpellé le 22 janvier 2001. Quant à la filière française, elle est dirigée par Marty Cappiau. Le mercenaire belge est à la tête de la société ICSC, spécialisée dans l’import-export de matériel militaire, dont l’une des antennes est installée à Roubaix et salarie plusieurs membres ou proches du DPS du Nord.

Claude Hermant accuse Bernard Courcelle, le patron du DPS, de tremper dans l’affaire. Les deux hommes se détestent cordialement depuis l’opération congolaise voir notre enquête ici. Comme en 2002, l’ex-responsable de la sécurité de Le Pen, joint par StreetPress, retourne les accusations contre son ancien homme (3). Selon Courcelle, un peu avant le départ au Congo, Hermant aurait révélé son implication au cours d’une soirée arrosée. Face aux caméras de Canal+, un autre témoin, sous couvert d’anonymat, implique Hermant.

De son côté, Hermant reconnaît un unique voyage en Croatie pour acheminer deux véhicules à Bruno Zorica. Sur place, l’ex-officier aurait proposé des armes en guise de rémunération. Hermant, en 2002, assure avoir refusé. Selon une source proche, il aurait bien accepté ce paiement en nature. Des armes qu’il aurait récupérées par la suite et écoulées. Si ce trafic a bien été jugé en Croatie, la filière française, elle, n’a jamais été inquiétée. Et ce, alors que la police française a collaboré à l’enquête d’Interpol.

(1) France Soir, lundi 14 janvier 2002
(2) 90 Minutes, Canal+, mardi 15 janvier 2002
(3) Bernard Courcelle ajoute que dès la fin des années 1990, les Renseignements généraux l’informent d’un possible trafic d’armes impliquant certains DPS. « J’ai mené ma petite enquête en interne. On m’a parlé du DPS du Nord, sans plus de précisions. J’ai donné l’info aux RG et informé Le Pen. » Interrogé par l’intermédiaire de son conseiller Lorrain De Saint Affrique, Jean-Marie Le Pen déclare ne pas avoir gardé de souvenir de cet épisode, sans pour autant contester la véracité des déclarations de Courcelle.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/proces-des-attentats-de-janvier-2015/au-proces-des-attentats-de-janvier-2015-le-trafiquant-d-armes-claude-hermant-se-dedouane-de-toute-responsabilite-et-charge-la-police_4124947.html

Au procès des attentats de janvier 2015, le trafiquant d'armes Claude Hermant se dédouane de toute responsabilité et charge la police

Au cœur du réseau des armes retrouvées en possession d'Amedy Coulibaly se trouve Claude Hermant, à la fois figure de l'extrême droite lilloise et ancien indicateur des douanes et des gendarmes. Convoqué comme simple témoin à l'audience, jeudi, il a livré "sa vérité".

Article rédigé par Violaine Jaussent
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min
Le tribunal de Paris, où se tient le procès des attentats de janvier 2015. (MATHIEU MENARD / HANS LUCAS)

"Mes sentiments sont clairs : il n'y a pas une nuit sans que j'y pense. C'est un énorme loupé." Le trafiquant d'armes lillois Claude Hermant a exprimé des regrets, jeudi 1er octobre, à propos des attentats de janvier 2015. Convoqué en tant que témoin, il s'est pourtant présenté à la barre comme on s'installe au comptoir, et avec plus d'une heure de retard. "Il est 10h45, vous étiez convoqué à 9h30, ça ne vous gêne pas ? C'est à la cour d'assises de vous attendre ?" le sermonne Régis De Jorna, le président de la cour d'assises spéciale de Paris. Lunettes relevées sur son crâne rasé, barbe blanchie dissimulée en partie derrière un masque en tissu, Claude Hermant penche sa silhouette massive au-dessus du micro. Il s'excuse, penaud.

Mais cette figure des milieux identitaires du Nord retrouve vite son aplomb. "Je suis là pour certaines vérités, que certaines vérités éclatent", déclare-t-il. L'échange avec Régis De Jorna se muscle, le dialogue se densifie. Claude Hermant, encore vendeur d'armes à ce jour, répond du tac au tac.

- "Je réponds à un million et demi de passionnés d'armes...

- Et puis des terroristes aussi ?

- Je ne sais pas, monsieur le président.

- Des fusils d'assaut pour des chasseurs, il y en a assez peu… mais pour des terroristes oui, ça peut arriver dans les mains d'un Amedy Coulibaly."

Car au milieu des zones d'ombre qui subsistent, c'est l'une des certitudes de l'enquête sur les attaques de janvier 2015 : huit armes retrouvées dans l'Hyper Cacher et dans l'appartement "conspiratif" loué par Amedy Coulibaly à Gentilly (Val-de-Marne) ont transité via une société gérée par Claude Hermant et son épouse. "Ces armes viennent de Slovaquie. Un site internet permet la vente d'armes, on les commande et on les fait venir par voie postale malgré le caractère illégal de l'opération", avait décrit, à l'audience, mercredi, une enquêtrice de la sous-direction antiterroriste (SDAT). L'entreprise slovaque les vendait démilitarisées. Les remettre en service était "accessible à un enfant de 10 ans", selon Claude Hermant. Il nie l'avoir fait, quand tous les enquêteurs qui défilent à la barre sur ce volet assurent le contraire.

"Beaucoup de trous dans la raquette"

Comment cet arsenal est-il passé des mains de Claude Hermant à celles du tueur de Montrouge et de l'Hyper Cacher ? "Il n'y a pas de lien direct, reconnaît l'enquêtrice. Mais un lien successif entre les uns ou les autres." L'étau se resserre autour de certains accusés. Une trace ADN d'Amar Ramdani a été mise en évidence sur un billet de 50 euros découvert dans le logement de Gentilly, tandis que l'ADN de Saïd Makhlouf a été retrouvé sur la lanière du taser d'Amedy Coulibaly. Les deux hommes se sont rendus à six reprises dans la région lilloise entre octobre et décembre 2014.

Mohamed Fares, lui, est soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire avec le réseau de Claude Hermant. Il aurait eu en main deux armes retrouvées en possession d'Amedy Coulibaly. Quel est son rôle précis ? A l'écoute du récit fait par l'enquêtrice, son avocate s'agace. "Il y a beaucoup de trous dans la raquette dans ce dossier et dans ce pan du dossier", insiste Safya Akorri. Des pièces manquantes du puzzle, que l'audition de Claude Hermant n'aide pas à trouver.

Un "vieux briscard", indic' de la gendarmerie

"Claude Hermant est un personnage", avait prévenu l'enquêtrice mercredi. "Vous verrez demain, ce sont des vieux briscards, des gros morceaux en matière de droit commun, si la cour peut me permettre", avertit-elle à propos du trafiquant d'armes et de son acolyte, Christophe Dubroeucq, également entendu jeudi à l'audience. Les deux hommes, qui ont fait la route ensemble pour venir témoigner au tribunal judiciaire de Paris, ont été condamnés pour trafic d'armes en bande organisée au cours du même procès. La peine de Claude Hermant a été alourdie en appel, en février 2019, à huit ans de prison et 30 000 euros d'amende.

Tous les deux avaient également un tout autre rôle : ils étaient indicateurs auprès des forces de l'ordre. Claude Hermant a renseigné la section de recherche (SR) de la gendarmerie de Villeneuve-d'Ascq (Nord) en 2013 et 2014. Christophe Dubroeucq a été présenté, mi-2014, à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lille, par l'ancien patron du SDIG, les ex-renseignements généraux du département. Lui comme Claude Hermant ont été radiés du registre des sources, en janvier 2015, "par hasard".

"Lille a merdé, les services ont merdé"

"Je suis une source humaine depuis 1994", se vante pourtant Claude Hermant, à la barre. Il affirme par ailleurs que cette activité n'est pas très rémunératrice. "Vous êtes bénévole ? Ne dites pas que vous faites ça dans un but philantropique", ironise le président de la cour. "J'ai retiré de la rue des dizaines de milliers d'armes, c'est prouvé, c'est dans le dossier…" assure le témoin. "Mais pas les huit qui sont tombées dans les mains de Coulibaly", rétorque Régis De Jorna, qui entame avec Claude Hermant un nouveau dialogue surréaliste.

- "Des infiltrations pour arrêter les criminels, quand ça ne marche pas, je dirais, ça fait 17 morts… Qu'est-ce que vous avez à dire à ça ?

- Dans des dossiers aussi asymétriques que ça, oui, monsieur le président.

- Qu'est-ce que vous appelez 'asymétrique' ?

- Il n'y a aucune règle, les terroristes ne respectent aucune règle."

Claude Hermant hausse le ton. Il rejette la faute sur les services de police qui le surveillaient. Il s'emporte et commet un lapsus : "Il y a trop de souffrance dans cette salle, trop de larmes. Lille a merdé, les services ont merdé… Il devrait peut-être y avoir d'autres coupables dans ce box, mais ce n'est pas moi." Ces mots font sortir de ses gonds Ali Riza Polat, jugé pour complicité d'actes terroristes. "On ne dit pas 'coupable', monsieur !" le reprend l'avocate de l'accusé. "Pourquoi vous n'êtes pas poursuivi alors qu'on est allés chercher des gens qui n'ont probablement rien à voir avec cette histoire ?" poursuit Isabelle Coutant-Peyre. "Je voulais absolument entrer dans ce dossier parisien, mon avocat l'a réclamé à cor et à cri", soutient Claude Hermant.

"Dans ce genre de procès, chacun a sa vérité"

Les avocats des parties civiles préfèrent axer leurs questions sur sa personnalité. Car la réputation de Claude Hermant le précède : il est un des visages de l'ultradroite lilloise. Une image qu'il n'assume pas à l'audience : "Je vomis les extrêmes qu'ils soient politiques ou religieux donc je ne suis pas d'extrême droite." Il assure que cette allégation est "un mensonge de la presse, une mauvaise interprétation". "Je suis de gauche et patriote, mon père était mineur et communiste, je suis un enfant des corons", défend-il.

Invité lui aussi à témoigner à l'audience, l'ancien patron des RG lillois, qui a échangé avec Claude Hermant à plusieurs reprises dans le cadre de ses investigations dans les milieux d'extrême gauche, d'extrême droite et islamistes radicaux, donne une tout autre version. "Pour moi, sans aucune ambiguïté, c'est quelqu'un d'extrême droite, la plus identitaire possible", assure le commissaire, qui qualifie Claude Hermant de " type intelligent, manipulateur" et "séducteur".

Dès lors, quelle crédibilité donner à ses propos ? "Il y a ma vérité, la vérité judiciaire, la vérité du président, la vérité de la défense… Dans ce genre de procès, chacun a sa vérité", estime Claude Hermant. Sur les faits concernant ce volet, les débats n'ont pas permis de progresser : on ne sait toujours pas comment les armes ont transité du trafiquant lillois à Amedy Coulibaly. Il reste encore un mois et demi de procès pour laisser la vérité éclater.

 

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