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samedi 13 mai 2023

Tueries du Brabant : la piste de l'extrême-droite

 

 

 

Un des gendarmes et activistes de l'extrême-droite suspectés d'être à l'occasion le "géant", Claude Delperdange, assassiné en 1991 par sa femme, organisait des orgies qui étaient filmées... 

D'où les cassettes que conservait précieusement le concierge de l'Auberge du Chevalier, torturé et tué le 23 décembre 1982 ?

L'ancien gendarme Christiaan Bonkoffsky révèlera en 2015 avoir été le "géant".


 

https://www.lesoir.be/art/epilogue-a-liege-dans-la-mysterieuse-affaire-delperdang_t-19990625-Z0GY8Z.html

Epilogue à Liège dans la mystérieuse affaire Delperdange L'épouse est reconnue coupable mais n'est pas condamnée!

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Epilogue à Liège dans la mystérieuse affaire Delperdange L'épouse est reconnue coupable mais n'est pas condamnée!

Exaspérée par les violences de son mari, elle l'avait froidement abattu en juillet 91 avant de se rendre et de passer aux aveux.

Jusqu'à son terme, l'affaire Delperdange aura donc conservé sa part de mystère. Et le jugement de ce dossier de meurtre a même ménagé une ultime surprise. La prévenue a été reconnue coupable, mais le jury, composé de professionnels, ne l'a pas condamnée!

Depuis le 12 juillet 1991 et la mort de Claude Delperdange, l'affaire a suscité commentaires et rumeurs. Rappel des faits et mise en contexte expliquent les précautions prises par la justice liégeoise. Pas une lenteur inadmissible.

 

 

https://www.rtbf.be/article/tueurs-du-brabant-ce-que-l-on-sait-de-christian-bonkoffsky-soupconne-d-etre-le-geant-9744340

Tueurs du Brabant: ce que l'on sait de Christian Bonkoffsky, soupçonné d'être le "géant"

 

23 oct. 2017 à 14:46 - mise à jour 23 oct. 2017 à 21:15Temps de lecture

Par RTBF

 

Les anciens collègues de Christian Bonkoffsky, interrogés ce lundi, vont-ils apporter de nouvelles informations sur les tueurs du Brabant?

Christian Bonkoffsky, décédé il y a deux ans, est en effet suspecté d'être "le géant", un des membres actifs de la bande qui a commis des braquages sanglants dans les années 80. 

Il n'y a ce stade aucune certitude sur sa participation aux tueries du Brabant, qui ont fait 28 morts entre 1982 et 1985, mais plusieurs éléments troublants: 

  • Sa ressemblance physique avec les portraits-robots diffusés à l'époque, et ses lunettes quasiment identiques: il était effectivement très grand. Plus d'un mètre nonante.
Tueurs du Brabant: Christian Bonkoffsky, soupçonné d'être le "géant" © Belga/RTBF
  • Lors de la deuxième vague de tueries en 1985, le gendarme était à chaque fois absent de son travail au moment des braquages
  • Selon la DH, le lendemain de l'une des tueries, le gendarme aurait envoyé un certificat de maladie pour blessure au pied. Et lors d'une attaque ultérieure, l'un des agresseurs boitait. 
  • Le témoignage d'un membre de sa famille qui affirme que Christian Bonkoffsky lui a révélé sur son lit de mort être le fameux "géant" des Tueurs du Brabant.

"L'information initiale venant d'un membre de sa famille a pu être recoupée et contrôlée sur base d'autres éléments" confirme le procureur général de Liège Christian De Valkeneer.

Christian Bonkoffsky a terminé sa carrière au commissariat d'Alost, auparavant il faisait partie de la brigade Diane, une unité spéciale de la gendarmerie créée après les attentats des JO de Munich de 1972. Les agents engagés à l'époque avaient un profil bien particulier, comme en témoigne l'ancien commandant de la brigade Eric Liévin: "Il fallait engager des gens qui auraient suffisamment de sang froid pour risquer leur vie quand il le fallait. Mais ils avaient les défauts de leurs qualités, et il fallait pouvoir bien contrôler ces personnes qui pouvaient mal tourner."

Christian Bonkoffsky a quitté la brigade au début des années '80, c'est-à-dire au moment du début des attaques.

Les familles concernées veulent en tout cas croire à un sursaut de l'enquête, notamment chez Bozidar Djuroski, qui a vu mourir son père à ses côtés à Braine-l'Alleud en 1985 et qui a à l'époque croisé le regard noir du tueur. Un regard... qu'il dit avoir recroisé quelques années plus tard chez un policier du bureau d'Alost. Mais son témoignage avait été classé sans suite.

"Je ne l'ai pas dit directement, ça m'a bouleversé. Je ne savais pas trop quoi faire", explique-t-il. Le témoignage qu'il fera ensuite sera classé sans suite.

"Mon père m'a dit: couche-toi! Avant de me coucher, j'ai vu un individu devant moi occupé à tirer", raconte-t-il. "Il était à cinq ou six mètres de notre camionette", explique-t-il. "J'ai vu son visage, il avait un regard sombre et expressif."

"J'espère qu'un jour on pourra mettre un nom sur les faits, sinon je me dis que j'ai été blessé pour rien, que mon père est mort pour rien. C'est comme si c'était hier pour moi, je n'ai pas encore fait mon deuil. Ça a déstabilisé toute ma vie", poursuit Bozidar Djuroski.

Patricia Finné, fille d'une des victimes, espère maintenant que le pion "Christian B." fasse tomber d'autres pions, des gens qui seraient encore en vie, et dont elle espère qu'"ils vont payer".



https://www.7sur7.be/home/si-j-estime-que-christiaan-etait-capable-de-tuer-des-enfants-oui~a0962c9a/

 

 Capture d'écran

Capture d'écran © VTM NIEUWS
 

"Si j'estime que Christiaan était capable de tuer des enfants? Oui"

Tueurs du Brabant"Ça me hantait. Pouvais-je vraiment considérer que mon copain était à même de tirer sur des enfants? En fait, oui. Il me l'a assez répété, tel quel: si on me donne un ordre, quel qu'il soit, je m'exécute sans réfléchir". Het Laatste Nieuws a glâné des détails sur celui qui serait le "Géant" auprès de ceux qui l'ont bien connu. Ils font le portrait d'un homme frustré, trahi, obsédé par son corps d'élite et les communistes et évoluant dans une police peu fréquentable.

© photo_news
 

"C'était à la rue d'Aarschot à Bruxelles. Près de la gare du Nord. Cette rue avec toutes les vitrines de filles à moitié nues. On ne devait jamais payer. Les membres de la gendarmerie ne paient pas, disait-il. Chris avait quatre ans de plus que moi. J'avais 21 ans. Il m'a emmené, moi le petit gars de Termonde, à la grande ville". On était assis dans un de ces bars quand il s'est levé. J'ai dit: 'Attends, je dois encore aller payer mon paquet de Belga'. Il a refusé. J'ai trouvé ça bizarre. Que tu ne paies pas ta consommation, voilà tout. Mais des cigarettes? C'était l'époque où on en vendait encore dans les cafés".

Attablés au café Tijl sur la Grand-Place de Termonde, Marc Van Damme et son épouse parlent de Christiaan B., récemment identifié comme étant probablement le ou l'un des géants des Tueurs du Brabant. En 1998, Marc Van Damme s'était résolu à donner le nom de son ami de jeunesse aux enquêteurs, intimement persuadé malgré leur amitié qu'il était mêlé aux tueries. Le café Tijl, c'est l'endroit où l'un des rares clichés diffusés de Christiaan B. a été tiré. Mais depuis la photo du "Géant" affublé d'un chapeau de pirate, l'intérieur du bar a beaucoup changé.

Les dix millions de l'indic
Les habitués en savent beaucoup sur l'affaire eux aussi: "Alors, t'as déjà reçu tes dix millions?", l'interpelle l'un d'eux en plaisantant. Le client fait référence au montant en francs belges promis par Delhaize à l'époque des attaques, en 1985, à celui qui donnerait l'information permettant de mettre la main sur les tueurs. Marc Van Damme explique au Laatste Nieuws que ce n'est jamais que la sixième fois en un jour qu'on lui pose la même question. "Je ne dirais pas non si on me donnait 250.000 euros, mais sérieusement: l'important n'est pas là, si?"

Sa femme se souvient: "Marc et moi nous sommes connus en 1990. Il n'en avait déjà que pour ça. Le Géant. Cela fait déjà trente ans que ça tourne dans sa tête. Ses proches, moi comprise, commençons à en avoir marre. Tu vas pas t'y remettre avec ton Géant?", soupire-t-elle.

Marc Verwilghen: "On était aux scouts ensemble"
Il répond: "Je ne pouvais rien prouver. Je l'ai perdu de vue en 1983. Je n'avais pour éléments que mes souvenirs des années précédentes". Plus d'une semaine après les révélations du Laatste Nieuws, l'enquête a été appuyée de plus d'éléments probants encore et tout porte à croire que le Géant a bel et bien été identifié. Christiaan B., né le 6 avril 1954 à Termonde, grandit dans une famille ordinaire. Son père est militaire de carrière. Il a une enfance qui semble banale. Ironie du sort, Marc Verwilghen, celui-là même qui deviendra plus tard ministre Open VLD de la Justice et de l'Economie, a croisé sa route alors qu'ils n'étaient que des adolescents. "J'ai été dans les mouvements de jeunesse avec lui. Chez les scouts. On l'appellait De Gielle. Je ne sais pas pourquoi. Je peine à y croire, pour être honnête".

Lobotomisé par la Gendarmerie
Le frère de Christiaan B., qui a confirmé la semaine dernière que son frère avait avoué être le fameux Géant à la fin de sa vie, estime qu'un événement l'a fait basculer. "Il est entré à la Gendarmerie quand il avait 17 ans. Cela l'a complètement transformé. Il était reprogrammé. Discipliné. Sanglant, en ce qui concernait son travail".

Après six mois de drill à l'école de gendarmerie à Etterbeek, il est envoyé à Gand. Six mois passent encore et il rentre à la Légion Mobile (au sein du groupe Diane, ndlr) à Bruxelles. De là, il passe à l'unité antibanditisme, créée suite aux attentats des JO de Munich en 1972. Il n'y sera jamais élevé à un grade supérieur que celui de sergent. Au sein de la stricte hiérarchie qu'est la gendarmerie, il n'est habilité qu'à saluer ses supérieurs. Ces derniers ne doivent connaître de cette recrue que son numéro d'officier. Frustrant pour l'intéressé.

"Il était obsédé par les communistes, disait qu'il fallait un coup d'état"
Marc Van Damme explique: "J'ai connu Chris parce que j'étais toujours derrière ou devant le bar ici, au Tijl. Il était souvent de ceux qui faisaient la fermeture. Parfois, il s'endormait sur le comptoir. Alors là c'était toujours: 'Bon qui va le réveiller? Pas moi en tout cas'. Si on le réveillait, on risquait l'une de ses prises de karaté et un nez cassé. Il n'était jamais tranquille. Ce n'était pas non plus un intellectuel. De temps en temps, il faisait des scènes. Que les communistes prenaient le pouvoir. Que nos politiciens n'en avaient rien à foutre. Qu'il faudrait bien un jour un coup d'état".

Entre judokas suspects et bagarreurs
Ce qui fait converger les doutes vers Christiaan B., c'est aussi ses fréquentations douteuses au sein de la Gendarmerie et la police. Un certain Christian Amory, notamment. Les deux collègues partagent tout et rapidement, leurs profils intéressent dans l'enquête sur les Tueurs du Brabant. Amory a quant à lui manqué de peu son ticket pour les Jeux de Munich en 1972. Ce grand judoka qui aurait dû représenter la Belgique est finalement entré à la Gendarmerie en septembre 1971 et, comme Christiaan B., a évolué au sein du contingent de 40 recrues qui feraient ensuite partie du groupe Diane. Il deviendra, lui, maître principal-chef, soit plus haut gradé que Christiaan B alors qu'ils sont simultanément entrés en service et ont fait leurs débuts ensemble dans l'unité d'élite Diane. Tous deux ceintures noires dans plusieurs disciplines, ils auront également tous les deux été suspectés d'être le fameux "Géant" des tueries: on désignera Amory dans les années 80, sans donner suite, et Christiaan B. trente ans plus tard.

"Cela n'est pas vraiment un hasard, au début le groupe Diane était rempli d'athlètes. Donc, si on veut, ils étaient tous plus ou moins des géants. Désormais, on trouve dans les unités spéciales des négociateurs, des spécialistes IT, des tireurs d'élite. A l'époque, on ne sélectionnait que des armoires à glace prêtes à se battre en toutes circonstances".

Club d'extrême droite
Dans cette même génération, on compte aussi Martial Lekeu, lui aussi entré à la Gendarmerie en 1972 et entré en fonction dans l'unité antibanditisme dès la fin de sa formation. Proche de Christiaan B., Lekeu est aussi et surtout à la base de l'élaboration d'un club d'extrême droite actif au sein de la Gendarmerie et appelé le Groupe G. La déclaration de principe de ce dernier est attribuée à Lekeu: "Notre télédiffusion belge est totalement corrompue et les journalistes y sont disposés à chanter l'Internationale le jour venu. Tout indique que notre pays 'libre' s'oriente vers le 100% socialiste, un communisme chinois qui fera de nous tous des robots disciplinés et obéissants. Nos valeurs sont en danger et je ne pense pas qu'une personne libre, digne de ce nom, peut y être indifférente".

Le jour où tout aurait pu basculer
Voilà qui conforte la thèse de la tentative de déstabilisation du pays à l'époque des attaques, voire de coup d'état. Ce même putsch évoqué par Christian Amory, encore lui, en 2000 dans la Dernière Heure lorsqu'il parlait de ce qui s'était dit au groupe Diane au début des années 70: "Nous devions prendre le parlement. On nous avait dit que des tanks étaient en route vers la frontière allemande. Que les paras s'interposeraient. Que les cibles principales seraient le parlement, le palais royal et la RTBF".

Pourtant, rien de tout cela n'est arrivé. Toujours selon Amory, sa section a attendu 24 heures durant, dans une caserne, le "Go" final de la hiérarchie. En vain. "Le scénario prévu était qu'une figure politique importante prendrait le pouvoir. Deux heures avant l'assaut, sa secrétaire a fait savoir qu'il devait décliner le rôle qui lui était offert".

Vanden Boeynants au pouvoir?
De qui s'agissait-il? Selon les documents qui ont émergé lors de la première commission d'enquête sur les Tueurs du Brabant, le politicien en question devait être Paul Vanden Boeynants, ancien ministre de la Défense et fondateur du groupe Diane en 1972. Et lorsqu'un haut officier de la Gendarmerie a été interrogé sur la question en 1990, sa réponse fut laconique: "Il ne s'agissait que de manoeuvres. D'exercices".

Evincé du groupe Diane: "Il en était malade"
Enfin, en 1979, il y a eu l'incident qui a coûté sa place à Christiaan B. Lors d'un exercice à Zaventem, "les membres de Diane ont dû vider leurs chargeurs de semi-automatiques, armer et faire feu. Il a fait ce qu'on lui avait ordonné. Mais il a touché une armoire en métal, et a évité de peu l'instructeur qui se trouvait juste à côté. Mais il y avait un fameux trou dans l'armoire. Et au sein de Diane, on ne pardonne pas les fautes professionnelles. D'après ce qu'on a dit à mon client (son frère), son arme avait été trafiquée. Une telle manipulation n'est pas si compliquée", relate Geert Leensssens, avocat de la famille de Christiaan B. Son frère confirme: "Il a été mis dehors du groupe Diane, il en était malade".

Christiaan B. est alors muté. Lui qui avait tout donné durant huit années pour appartenir à ce corps de police d'élite se retrouvait soudain à patrouiller comme un "vulgaire" inspecteur. A séparer des bagarreurs ivres dans les cafés d'Alost. L'humiliation est insupportable, il se réfugie un peu plus dans l'alcool.

Des ripoux pour amis
Le frère du "Géant" se souvient d'un autre détail important: les liens entre Christiaan et Bouhouche et Beijer, deux policiers ripoux belges bien connus. "Ils venaient parfois à la maison, avant ou après son éviction de Diane, je ne sais plus. Mais il connaissait vraiment très bien ces types. Sur le moment, je ne réalisais pas qui ils étaient réellement". Les deux policiers sont en fait des criminels qui louent une ancienne brasserie au coeur de Bruxelles en 1979. Leur plan est digne d'un film: ils entreprennent de dissimuler des explosifs dans des boîtes de conserve et cherchent à les placer dans les conduites de gaz des magasins Inno afin de provoquer des explosions et d'immenses incendies. La chaîne, très marquée par l'incendie de l'Innovation en 1967, aurait fait l'objet de chantage, une rançon est exigée. Les hommes auraient même fait creuser un tunnel de la brasserie aux égoûts qui mènent à la Senne. Bouhouche et Beijer reçoivent à cette époque l'aide d'un certain... Christian Amory, encore lui. Et peut-être celle de Christiaan B.

Le frère de Christiaan B. affirme pour sa part avoir raconté tout ce qu'il savait, y compris les contacts entre son frère et le duo Bouhouche-Beijer aux enquêteurs carolos. "Je présume qu'ils poursuivent leur travail d'enquête. Ils m'ont également demandé si des noms comme Amory et Lekeu me disaient quelque chose, mais je ne sais strictement rien sur eux".

Dénonciation... oubliée
Quant à Marc Van Damme, il se souvient du 19 octobre 1998, lorsque le portrait-robot du "Géant" des Tueurs du Brabant a été massivement diffusé notamment sur des affiches de plusieurs mètres, bien des années après sa complicité avec celui qui l'avait initié au milieu de la nuit bruxellois: "Je suis arrêté au feu rouge à Haaltert. Je vois le portrait-robot numéro 19. A cet instant précis, j'en suis sûr. C'était lui". Sa femme opine: "Dès ce jour-là, ça n'a plus arrêté: le Géant par ci, le Géant par là. Tous les jours". "Je n'ai pas appelé directement la police. Puis finalement, si. A cette époque, je travaillais comme cuisinier dans une maison de repos. C'est de là que j'ai dénoncé". Pour une raison qu'il faudra encore déterminer, l'indice en or fourni par Van Damme sera littéralement enterré. Ce n'est qu'en 2000 que Christiaan B. sera soumis à un test salivaire et que ses empreintes seront relevées. Mais jusqu'à sa mort, le 14 mai 2015, il ne sera absolument jamais interrogé.

"J'exécuterai aveuglément les ordres, quels qu'ils soient"
"Je luttais avec tous ces sentiments. Etais-je vraiment en train de considérer que mon pote Chris était capable d'abattre des enfants? Ben en fait, oui. Il me l'avait répété à plusieurs reprises, en ces termes: 'Si on me donne un ordre, quel qu'il soit, je l'exécute aveuglement'. Je me souviens encore d'avoir demandé à mon interlocteur de la ligne où l'on pouvait livrer des informations: 'Pourriez-vous me faire savoir si ce n'est pas lui?' Quelque part, j'avais encore l'espoir de m'être trompé de A à Z. Je n'ai plus jamais eu de leurs nouvelles. Enfin rien, à part une voiture banalisée dans ma rue, les jours qui ont suivi. Elle est restée là toute la semaine, chaque jour". Une tentative d'intimidation efficace qui tend à prouver que l'enquête est manipulée: "Je me disais à moi-même que plus jamais je ne dirais un mot de cette affaire à qui que ce soit".

"Un Géant qui boîtait"
Autre "hasard" troublant: quelques jours avant le double raid de Braine et Overijse, Christiaan B. s'est fait porter pâle à son travail pour une blessure au pied. Les témoins des attaques ont déclaré quant à eux que le "Géant" de Braine l'Alleud semblait boîter. Sur un deuxième certificat médical en 1985, on diagnostique une fracture du pied chez Christiaan B. Beaucoup de coïncidences pour un seul homme.

Le frère du "Géant" présumé explique que sa fin de vie fut misérable: "Après sa pension, ce fut la dégringolade. Il se levait, descendait une vodka. Ses organes ont lâché. Les deux dernières années de sa vie, il a eu besoin de moi pour faire ses courses, cuisiner et même pour se laver. A la toute fin, il ne pesait plus que 48 kilos. Une semaine avant sa mort, il a fait une chute. Je lui ai dit d'aller à l'hôpital mais il ne voulait rien de plus qu'un pansement pour se soigner. C'est là qu'il m'a dit la vérité".

"Mon frère n'a été qu'un imbécile utile"
"Il était sobre ce soir-là. Il était sur le divan et m'a dit: 'J'ai fait partie de la Bande de Nivelles'. D'abord, j'étais incrédule. Vous repensez à toutes ces fouilles, tout ce qu'on avait regardé ensemble au journal télévisé. A ce moment où il avait dit: 'Ces crétins ne trouveront jamais rien là'. Je n'ai jamais voulu sortir tout cela, ça reste votre frère, vous voyez", confie son frère qui souffre de le savoir impliqué dans de tels meurtres. Ce n'est que lorsque la police fédérale l'interroge que le frère de B. s'effondre. "Il m'a tendu une photo et m'a demandé si j'avais quelque chose à lui dire. C'est seulement là que j'ai vraiment réalisé. Et malgré tout, je persiste encore à croire qu'il n'a été qu'un imbécile utile".

 

 

https://www.rtl.be/art/info/belgique/faits-divers/tueries-du-brabant-le-nom-de-l-ex-gendarme-qui-pourrait-etre-le-geant-etait-deja-apparu-en-1999-963885.aspx

Christian B. serait le Géant des tueurs du Brabant: solitaire passionné d'arme, il avait déjà été suspecté mais jamais interrogé

 

Le nom de l'ex-gendarme auquel s'intéressent les enquêteurs chargés de faire la lumière sur les Tueries du Brabant, et qui pourrait avoir été le "Géant" de la bande, était déjà apparu dans ce dossier en 1999, écrit Het Nieuwsblad ce dimanche.


Une ressemblance entre l'image numérotée "19" et C. B., l'ancien gendarme d'Alost

Selon le journal flamand, le nom de l'ancien membre des unités d'élites Groupe Diane est apparu dans l'enquête sur les Tueries du Brabant en 1999, après la diffusion d'une deuxième série d'affiches présentant des portraits-robots des présumés tueurs. Quelque 1.300 informations et signalements étaient alors parvenus aux enquêteurs, dont plusieurs pointaient une ressemblance entre l'image numérotée "19" et Christian B., l'ancien gendarme de Termonde.

 
La raison pour laquelle cette potentielle piste n'a pas été poursuivie est un mystère

Le fait qu'il était un ancien du Groupe Diane était un autre élément interpellant, qui rendait son profil plausible. Le journal indique que les enquêteurs se souviennent du nom, peu commun, de Christian B., mais que la raison pour laquelle cette potentielle piste n'a pas été poursuivie est un mystère. "Chaque nom était placé dans une sorte d'ordre, en fonction des éléments qui le rendaient plus ou moins intéressant par rapport à l'enquête. Peut-être qu'il manquait alors d'éléments pour faire de C. B. un suspect potentiel", a appris le Nieuwsblad.


Des indices coïncident

Ce gendarme de Termonde avait déjà été considéré comme un potentiel suspect. Certains éléments sont troublants: les lunettes, le nez, les certificats médicaux que remettait Christian B. pour ses absences les jours des attaques, cette blessure au pied avant la tuerie d'Alost alors que des témoins ont justement évoqué un assaillant qui boitait.


Un voisin de Christian B. le décrit

Christian B. faisait partie de l'unité d'élite de la gendarmerie, avant d'être mis à la porte en 1982. Il était alors retourné à la police de Termonde. Un de ses anciens collègues gendarme a découvert son visage ce matin dans la presse. Il se dit surpris et déçu. "Oui, c'était quelqu'un de nerveux. Si je devais le décrire, je dirais qu'il était un peu spécial, mais rien de vraiment particulier. En tout cas, rien qui laissait présager ce qui s'est produit", confie le voisin. Solitaire, brièvement marié, l'homme a longtemps vécu chez ses parents. Il avait une passion pour les armes et le carnaval. Il était vice-président d'une association carnavalesque de Termonde.

Avant de mourir en mai 2015, Christian B. aurait livré d'autres noms à son frère.

 

 

https://www.lavenir.net/regions/2017/10/24/tueries-du-brabant-le-geant-presume-aurait-ete-renvoye-du-groupe-delite-apres-un-incident-IODOXFOZFRGUXP5DFWSIXIT3H4/

Tueries du Brabant: le «Géant» présumé aurait été renvoyé du Groupe d’élite après un incident

 

Chris B., l’ancien gendarme décédé considéré comme le «Géant» des Tueurs du Brabant, a été renvoyé de l’unité spéciale Groupe Diane au début des années 1980 après un incident de tir à Zaventem, écrit De Standaard mardi. L’information a été confirmée par Geert Lenssens, l’avocat du frère de Chris B.

Tueries du Brabant: le «Géant» présumé aurait été renvoyé du Groupe d’élite après un incident
Le gendarme en question, «Géant présumé», prétendait que son arme avait été sabotée. ©DR.

 

Chris B. faisait partie de l’unité spéciale de la gendarmerie belge, Groupe Diane, au début des années 1980. Il en a été renvoyé après un incident de tir à Zaventem. Les circonstances restent floues mais B. a affirmé à sa famille que son arme avait été sabotée.

«Chris B. a confirmé à plusieurs reprises à mon client qu’il avait été piégé», signale Me Lenssens, l’avocat du frère du supposé Géant. «Il a toujours soutenu la version du sabotage.»

Selon son frère, Chris B. était très amer après l’incident. «Son frère se demande maintenant si cette mise à l’écart n’avait pas pour but de le recruter», explique Me Lenssens à la VRT. «Il pense que des collègues de Chris B. étaient peut-être déjà membres de la bande et qu’ils ont manipulé son arme. S’il était suspendu du groupe d’élite alors il pouvait peut-être rejoindre la bande.»

Chris B. a commencé à boire après son renvoi du Groupe Diane, écrit encore De Standaard. «Selon certaines sources proches de l’enquête, la possibilité existe que B. ait recherché d’autres anciens gendarmes frustrés. Les noms les plus fréquemment cités sont ceux de Madani Bouhouche, Robert Beijer, Martial Lekeu et Christian Amory – soit les noms le plus souvent mentionnés dans le dossier des Tueries du Brabant.»

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christiaan_Bonkoffsky

  1. Christiaan Bonkoffsky

    Christiaan Bonkoffsky
    une illustration sous licence libre serait bienvenue
    Biographie
    Naissance

    Termonde
    Décès
    (à 61 ans)
    Alost
    Nationalité
    Activité
    Autres informations
    A travaillé pour

    Christiaan Bonkoffsky, né à Termonde le et mort à Alost le , est un gendarme belge soupçonné d'être l'une des trois personnalités ayant participé aux tueries du Brabant entre 1982 et 1985.

    Biographie

    Après ses études de commerce, il s'est inscrit à l'école de gendarmerie. En tant que gendarme, il est devenu membre du Groupe Diane1, une unité d'élite, où il a été formé pour combattre le banditisme et le terrorisme.

    À la fin des années 1970, Chris Bonkoffsky est actif dans le milieu du carnaval de Termonde. Il est vice-président de l'association De Tijlvrienden2.

    Dans les années 1980, il est sanctionné à la suite d'un incident de tir à Zaventem et muté à la brigade d'Alost. Fin 1992, il se marie mais son épouse le quitte trois mois plus tard. Il divorce officiellement en 1998. Sa femme a déclaré qu'il était déjà dépendant à l'alcool à ce moment-là3. En 2001, à l'occasion de la réforme de la police, il est muté à la police communale d'Alost où il travaille jusqu'à sa retraite en 20114.

    Bonkoffsky meurt le 14 mai 2015 à Alost sans enfants5.

    Tueries du Brabant

    La Justice belge le suspecte d'avoir été le Géant des Tueries du Brabant lors de la seconde vague d'attentats en 19856,7. Son nom était déjà cité dans le dossier judiciaire. Il se serait confessé à son frère quelques instants avant sa mort.

    Un ami de jeunesse qui le connaissait pendant la période des attentats, l'a décrit comme étant « extrêmiste et (...) militariste. »8 Selon lui, Bonkoffsky aurait dit : « Il faudrait faire un coup d'état et le pouvoir devrait retourner chez nous ». Un des motifs possibles des crimes des tueries du Brabant serait une tentative de coup d'état9,10.

    Voir aussi

    Notes et références


  2. (nl) « Biecht op sterfbed zet België op spoor Bende van Nijvel » [archive], NRC (consulté le )

  3. (nl) « Het dubbelleven van De Reus: ondervoorzitter bij lokale carnavalsvereniging en lid van Bende van Nijvel » [archive], HLN (consulté le )

  4. « Ex-vrouw schetst geen fraai beeld van Reus van Bende van Nijvel » [archive]

  5. (nl) « ‘Korpschef politie Aalst: Verschillende mensen bij ons hebben het moeilijk om hiermee om te gaan » [archive], VRTNWS (consulté le )

  6. (nl) « Broer, ik ben bij de Bende van Nijvel geweest » [archive], De Standaard (consulté le )

  7. (nl) Leen Vervaeke, « Bekentenis op sterfbed: rijkswacht was betrokken bij overvalreeks op Belgische supers in jaren tachtig » [archive], De Volkskrant (consulté le )

  8. (nl) « Na 32 jaar lijkt doorbraak ophanden in onderzoek Bende van Nijvel » [archive], Trouw (consulté le )

  9. (nl) « “Ik gaf naam van ‘De Reus’ al in 1998 aan de politie” » [archive], HLN

  10. VRT: de-bende-van-nijvel [archive]

  11. Bende van Nijvel De Belgische jaren van lood [archive]

 

 

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