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jeudi 11 mai 2023

Gilles Politi tué par le Grêlé en 1987 : encore une "plaisanterie" des mêmes givrés que dans le Brabant ?

 

 

Dans ce tout nouveau reportage sur le tueur en série François Vérove, on apprend que la femme de Gilles Politi, tué en 1987 avec leur babysitter Irmgard Muller, avait toute une théorie sur l'assassinat de son mari par son employeur Air France ou le gouvernement, soit celui de Jacques Chirac avec Charles Pasqua à l'Intérieur.

Le fait est que ce crime ressemble assez peu à ceux que commet habituellement François Vérove, un prédateur de petites filles. Aurait-il pu, dans ce cas, exécuter une commande et ne s'intéresser à la babysitter que dans le seul but d'en obtenir qu'elle l'introduise chez sa cible ?

Notons encore que la scène de crime alors découverte chez Gilles Politi ressemble assez à celle laissée par les assassins de José Vanden Eynde, concierge de l'Auberge du Chevalier à Beersel, le 23 décembre 1982 (voir ci-dessous). Ces derniers ont aussi en commun avec François Vérove de rester sur la scène de crime, d'y prendre leurs aises et de voler des objets trouvés sur place (il l'a fait dans d'autres cas que celui du double meurtre commis en 1987 et utilise aussi à l'occasion des câbles de téléphone trouvés sur place pour ligoter ou étrangler ses victimes).

Rappelons que François Vérove a grandi dans l'agglomération lilloise, où il fréquente des clubs échangistes, qu'il a intégré en 1983 à l'âge de 21 ans la Garde Républicaine de la Gendarmerie nationale, où il exerce auprès de personnalités, jusqu'à son départ pour la Police nationale en 1988, et qu'il s'est marié dans le Nord en juin 1985.

Par ailleurs, les faits relevant de l'affaire des tueries du Brabant sont toujours commis le week-end.

Que faisait-il de ses week-ends entre 1982 et 1985 ?


https://www.dhnet.be/actu/faits/2018/01/27/tueries-du-brabant-le-concierge-de-lauberge-du-chevalier-un-ami-de-degrelle-FVZNCQOOHNBVJJZ6W5WNPHHTUY/

Tueries du Brabant: le concierge de l’Auberge du Chevalier, un "ami" de Degrelle

 

Il y a eu 35 ans samedi, le 2e des 28 crimes des tueurs du Brabant. Curieuse victime, un grand admirateur du chef rexiste.

 
Gilbert Dupont
Tueries du Brabant: le concierge de l’Auberge du Chevalier, un "ami" de Degrelle

 

Il y a eu 35 ans samedi, le 2e des 28 crimes des tueurs du Brabant. Curieuse victime, un grand admirateur du chef rexiste. Les faits, en bref. Le 23 décembre 1982 - il y a donc 35 ans, samedi dernier - a été tué le concierge de l’Auberge du Chevalier à Beersel, restaurant connu situé près du château. José Vanden Eynde, 72 ans, a été torturé : brûlures de mégots, coups violents à la tête, battu et 6 à 8 balles tirées dans l’oreille gauche. Il était en slip, chevilles et poignets liés dans le dos. Sur place, les auteurs ont consommé alcools et gibier et volé des bouteilles de vin (grands crus) et - allez savoir pourquoi - une pile d’assiettes décoratives.

L’enquête. L’arme, de calibre 22, a servi à de nombreuses reprises, dès le fait suivant, attribué aux tueurs du Brabant, l’assassinat du chauffeur de taxi Angelou. À la différence de la plupart des victimes des tueries qui se trouvaient au mauvais moment au mauvais endroit, cet acharnement et ces tortures montrent que José Vanden Eynde pourrait n’avoir pas été tué par hasard : pour une fois, il y aurait un lien. Lequel ? Interrogé en janvier 1985, donc après réflexion, son fils Marc Vanden Eynde a eu cette réponse sibylline : "Une vengeance d’Espagne". Lors d’un entretien en 2003 avec la DH, Marc Vanden Eynde, toujours, n’a pas caché les sympathies d’extrême droite de son père ni ses liens avec Léon Degrelle, le chef nazi belge qu’il aurait côtoyé avant-guerre - ils auraient même koté ensemble à Leuven - à l’UCL.

Selon son fils, Vanden Eynde et Degrelle s’écrivaient régulièrement. Son père conservait le courrier et des archives dans une valisette noire, une Samsonite qui ne le quittait jamais. La deuxième victime des tueries est la seule à avoir été tuée de façon si particulière. À la question : qui en voulait à ce point à son père, le fils de la victime répond : "une vengeance d’Espagne". Degrelle vit à l’époque à Fuengirola.

Le témoignage. Pour la première fois, un ancien proche de Degrelle s’exprime : Siegfried Debbaudt, fils de Jean-Robert Debbaudt (mort en 2003), l’héritier politique de Rex. À l’époque, Degrelle et les Debbaudt sont quasi voisins. C’est Siegfried qui apporte son courrier à Degrelle.

Siegfried Debbaudt réfute les allégations de Marc Vanden Eynde. Pour lui, son père "ne faisait pas partie de l’entourage ni proche ni lointain de Degrelle. J’ai vérifié : inconnu au bataillon". Siegfried Debbaudt dément que Degrelle et Vanden Eynde aient pu s’écrire "tous les 15 jours". Le fils Debbaudt "exclut un lien direct entre les deux hommes. Ce M. Vanden Eynde n’était pas dans l’intimité de Degrelle". Selon lui, impossible que José Vanden Eynde ait été détenteur d’archives, listings et documents compromettants liés à Rex ou à un réseau de nostalgiques. Pour Siegfried Debbaudt, Degrelle suivait de près ce qui se passait en Belgique. "Je lui apportais les journaux. Degrelle lisait absolument tout".

Dès le 26 décembre 1982, la presse rapporte (avec détails) l’assassinat du concierge de l’Auberge du Chevalier. Selon Debbaudt, Degrelle n’a pas réagi, ce qu’il eut fait immanquablement s’il s’était agi d’un proche.

Et si Degrelle s’informait sur les tueries du Brabant, Siegfried Debbaudt assure qu’on ne l’a jamais entendu développer une théorie. Même après la découverte plus tard à Uccle d’un document l’accusant d’en être à l’origine via un groupe jamais identifié, dénommé VDO. Une commission d’enquête allait regretter plus tard que la piste n’avait pas fait l’objet d’un contrôle systématique. Et ce fut tout. Cela n’alla pas plus loin que des regrets.

Le temps, dit le procureur Christian De Valkeneer, aide à délier les langues : pour la première fois, un proche de Degrelle acceptait de parler. Fausse piste, selon lui.


http://gangsters-tueurs.kazeo.com/tueurs-du-brabant-25-ans-apres-un-nouveau-rapport-d-autopsie-a120712408

Tueurs du Brabant : 25 ans après, un nouveau rapport d'autopsie

Le légiste de Stacy et Nathalie rédige un rapport d'autopsie d'une victime tuée en 1982

BRUXELLES Vingt-cinq ans après, le parquet de Charleroi fait recommencer le rapport d'autopsie d'une victime des tueries du Brabant wallon tuée en 1982. Selon nos infos, ce rapport, réalisé sans exhumation, mais sur des données conservées, vient de lui être remis avant Noël, un quart de siècle jour pour jour après l'assassinat en décembre 1982 de M. José Vanden Eynde qui avait 72 ans et était le concierge de l'auberge du château médiéval de Beersel, en Brabant flamand.

Ce nouveau rapport d'autopsie a été réalisé par le légiste de Stacy et Nathalie qui avait 16 ans à l'époque des faits, le Dr Philippe Boxho, directeur de l'institut médico-légal et professeur à l'Université de Liège.

Il apporte un éclairage nouveau : lié à d'autres données, il autorise un rapprochement avec un voire deux faits qui, en 25 ans, n'avaient jamais été liés aux tueries du Brabant.

Or, pour l'un des faits, il y avait eu un suspect, qui n'avait jamais été inquiété. Cette personne est-elle toujours vivante ? De façon tout aussi étonnante, il fait apparaître que par quatre ou cinq fois - ce qui empêche de parler de hasard - les tueurs sont, en fait, des voleurs d'alcools, de bouteilles de vin et de champagne, et rien d'autre.

On pensait que la victime de l'Auberge du chevalier à Beersel avait été tuée de six projectiles de calibre 22 lr dans la tête. En fait, sept balles dans la tempe gauche : cinq en tir groupé près de l'oreille, deux légèrement plus haut.

On pensait qu'il était mort crucifié aux montants de son lit. Il gisait effectivement sur le lit, mais plié en chien de fusil, couché sur le flanc droit, dévêtu, les poignets entravés dans le dos par une écharpe du FC Bruges (Vanden Eynde supportait ce club), le tout relié aux chevilles par du câble de téléphone trouvé à l'auberge.

Alors qu'elle a subodoré pendant des années que le choix de M. Vanden Eynde n'était pas dû au hasard, mais était lié à son passé, l'enquête envisage aujourd'hui une explication différente.

L'auberge qui n'avait jamais été cambriolée en 30 ans, l'était pour la troisième fois en l'espace d'un an.

La nuit du 22 au 23 décembre 1982, ils se sont introduits dans l'auberge comme les deux premières fois, en décembre 1981 et en septembre 1982, pour cambrioler ce qu'on trouve dans une auberge, alcools et champagne. La différence, c'est que les deux premières fois, il n'y avait pas de concierge. La troisième, il y avait M. Vanden Eynde, qu'ils ont tué.

Ce sont des cambriolages qui ont lieu en période de Noël et la nuit du mercredi au jeudi, ce qui n'est pas un hasard : le jeudi est le jour de fermeture. Les butins se valent : 40 bouteilles en 1981; du vin, des alcools et du champagne en 1982 - et pas le meilleur ni le plus coûteux (ils oublièrent de fouiller la réserve, NdlR). Il y a 25 ans, lorsqu'ils tuent le concierge en décembre 1982, ils emportent aussi : du pâté maison, 20 à 25 kilos de café et 15 assiettes hollandaises Royal Schwabab.

L'exécution du concierge, à l'étage, ne les empêche pas de se goinfrer dans la cuisine de l'établissement, au rez, et de consommer du gibier, deux alcools et de la tarte aux fraises. Ils vident le portefeuille du concierge et volent encore un bonnet et un manteau Burberry (un Burberry sera retrouvé l'année suivante sur les lieux du meurtre du restaurateur des Trois Canards, M. Van Camp, à Ohain).

À Beersel, les tueurs quittent en oubliant d'éteindre. Le lendemain, le fils du concierge retrouve son père à l'étage. Du vin, du café. Quatre mois plus tôt, les tueurs avaient attaqué une épicerie, en pleine nuit, à Maubeuge, pour y voler du vin.

En 1983, ils attaqueront le Colruyt de Nivelles, avec 3 victimes tuées, rien que pour du café. 

 

https://www.dhnet.be/actu/faits/2014/06/25/tueurs-du-brabant-jai-le-nom-du-tueur-de-mon-grand-pere-65IUDSNHXVFIDMRXOQ5XCZE4GM/

Tueurs du Brabant: "J’ai le nom du tueur de mon grand-père"

 

La petite-fille du concierge de l’auberge de Beersel a déposé une preuve aux enquêteurs. Qui est restée sans suite...

 
F. D.

 

La petite-fille du concierge de l’auberge de Beersel a déposé une preuve aux enquêteurs. 

Marc Vanden Eynde se souviendra toute sa vie du 23 décembre 1982. Ce matin-là, il retrouve le corps torturé et entravé de son papa, José, à l’étage de l’auberge du Chevalier à Beersel, dont il était le concierge.

Le pauvre homme a été abattu de six balles dans l’oreille après avoir été ligoté les mains et les pieds dans le dos avec du câble de téléphone et une écharpe du FC Bruges, dont il était supporter.

La victime présentait manifestement des traces de brûlures… comme si on avait voulu la faire parler. "La mallette Samsonite de mon père n’a jamais été retrouvée", clame Marc Vanden Eynde. "Je sais qu’elle contenait une invitation avec une photo de Degrelle, des bons de caisse et surtout quatre cassettes. Je ne sais pas ce qu’il y avait dessus. Mais mon papa était un habitué du restaurant des Trois Canards à Ohain, dont le patron a aussi été tué. Il y avait du beau monde qui passait par là, des personnes haut placées. Papa connaissait également le taximan Angelou qui s’est fait assassiner à Mons en 1983. Lui aussi transportait souvent des personnalités. Savaient-ils quelque chose qu’ils n’auraient pas dû savoir ? En tout cas, si on a torturé mon père, ce n’est pas pour rien. On voulait qu’il parle et qu’il remette les éléments compromettants qu’il avait en sa possession".

Ce mercredi , Marc Vanden Eynde a rappelé ces éléments aux cinq magistrats en charge du dossier. Pourquoi n’a-t-on pas relevé d’ADN alors que les assassins ont mangé sur place après le crime ? Pourquoi n’a-t-on pas gardé les mégots qu’ils ont fumé ? "À l’époque, la Justice ne disposait pas encore des mêmes moyens scientifiques", a répondu Christian De Valkeneer.

Chantal, la petite-fille de José Vanden Eynde, s’insurge à son tour, en brandissant une lettre. "J’ai ici un courrier où figure le nom du tueur de mon grand-père. Je l’ai transmis aux enquêteurs de la Cellule et je n’ai jamais eu de réponse. Pourquoi ?"

Cette fois, le Procureur général de Liège a pris les choses en main personnellement afin de vérifier si cet élément avait déjà fait l’objet de devoirs ou s’il était tombé aux oubliettes à l’époque, à l’instar d’autres preuves.

 

https://www.dhnet.be/actu/belgique/2002/12/02/la-nouvelle-piste-de-limpermeable-oublie-F2VG4XPTERCNVDF7VDSAUQM6E4/

La nouvelle piste de l'imperméable oublié!

 
Gilbert Dupont
La nouvelle piste de l'imperméable oublié!

 

Un témoignage tardif fait le lien entre certaines tueries. Exclusif
 

BRUXELLES De mi 82 à fin 1985, les tueries du Brabant ont fait vingt-huit victimes. L'affaire reste encore actuellement un mystère. Vingt-huit meurtres impunis. Dont celui d'un restaurateur, M Jacques Van Camp, assassiné le 2 octobre 1982 dans son établissement les Trois Canards à Ohain. Dans le restaurant, on retrouvera un imperméable Burberry beige, taille 52.

Dix-neuf ans ont passé. Récemment, un homme a cherché à nous contacter. Un homme très malade et qui le sait. Nous avons compris, pour lui avoir parlé des heures durant, que sa volonté est de soulager sa conscience.

Une phrase revient souvent: `Vider mon sac´. Nous connaissons cet homme. Nous connaissons sa prudence. Il nous parle `de certitude à 100 pour 100´. Mardi dernier encore, il s'est fait confirmer une nouvelle fois que c'était bien ainsi que les choses s'étaient passées cette nuit noire de septembre 1983. Il veut l'anonymat. Nous le respecterons.

La nuit du 16 au 17 septembre 1983, le gendarme Marcel Morue et deux Bruxellois, le couple Fourez-Dewit qui rentrait de Paris, ont été abattus au Colruyt de Nivelles. Notre homme nous dit que cette nuit-là, `une jeune femme habitant alors avenue du Forum à Laeken a hébergé deux hommes. L'un d'eux portait un imperméable Burberry taché de sang. Elle a lavé le trench dans sa baignoire´.

On savait qu'un Burberry avait été trouvé le 2 octobre 1983 aux Trois Canards à Ohain. Et voilà qu'en 2002, un homme rapporte que seize jours plus tôt, après la précédente tuerie - celle du Colruyt de Nivelles - un homme portant un Burberry taché de sang l'a fait laver dans un appartement de Laeken.

Et que cet homme, c'était un certain V. (nous connaissons le nom complet, Ndlr). C'est le lien du Burberry. Nous préciserons que ce témoignage est encore plus étonnant qu'il est apporté par quelqu'un qui n'en soupçonne pas la portée. Il ignorait qu'un Burberry avait été retrouvé aux Trois Canards peu de temps après la tuerie du Colruyt de Nivelles.

Qui est V.? Nous avons enquêté. Et découvert qu'il avait déjà été cité dans le dossier des tueries. C'était un Bruxellois. 20 ans. Long mince (1,82 m). Toxicomane, il n'a plus vécu longtemps. On l'a retrouvé, le 10 novembre 83, mort dans un chantier d'extension du métro bruxellois. Probablement d'une overdose. Sur le moment, il n'y a pas eu d'enquête, car à l'époque, la justice n'en avait que pour la filière boraine coupable idéale (mais qui fut acquittée).

On parle pourtant déjà de V. le 7 mai 1984 comme d'un possible tueur du Brabant. Son nom est cité par un des Borains, Adriano Vittorio. Mais on pense à une manoeuvre de diversion. On oublie V.

Pas tout à fait pourtant puisqu'en 1998, le juge Lacroix envisage de le faire exhumer. La CBW (Cellule Brabant Wallon) veut son ADN. C'est qu'entre-temps, une relecture du dossier apprend qu'avant de mourir, V. aurait fait (à un certain VB) ce qui ressemble fort à des aveux. Allant même jusqu'à expliquer pourquoi précisément les tueurs avaient choisi d'aller aux Trois Canards et pas ailleurs.

De là, des liens ont été faits avec le vol d'armes chez Dekaise à Wavre (septembre 82), le meurtre (décembre 82) à Beersel du concierge de l' Auberge du Chevalier et même l'attaque à Tamise du fabriquant de vestes pare-balles Wittock-Van Landeghem, le 10 septembre 83, huit jours avant le Colruyt de Nivelles.

Il avait toujours manqué un élément matériel. Ce morceau du puzzle, c'est peut-être aujourd'hui cet homme malade qui le détenait, sans le savoir, depuis 1983, depuis le premier jour. Le lien du Burberry.

Avenue du Forum, V. portait un imper taché de sang. Lui est mort. Mais un second homme l'accompagnait. Et celui-là vit encore.


`Une très, très grosse connerie...´

En 1984, V. est déjà cité comme un suspect possible dans l'enquête sur les tueries

MAUBEUGE C'est un autre élément troublant glané au fil de notre enquête. Aujourd'hui, un témoignage tardif indique néanmoins qu'un certain V., la nuit de la tuerie du Colruyt de Nivelles en septembre 1983, a fait laver en pleine nuit un trench Burberry couvert de sang.

Mais le 7 mai 1984 déjà, un certain Adriano Vittorio faisait une déclaration dans laquelle il citait le même nom. A l'époque, Vittorio était lui-même soupçonné d'appartenir à la filière boraine. Qui lui avait soufflé le nom de V.? Vittorio se garde bien de mettre les pieds en Belgique. Il vit à Maubeuge. Il ne manque rien de ce qui se dit sur les tueries. Il a regardé Appel à Témoins, le mois passé, consacré à l'affaire criminelle la plus incroyable, la plus dramatique, la plus mystérieuse de l'histoire du pays.

C'est épatant de voir comment Vittorio, à 61 ans, se souvient parfaitement de tout au quart de tour. `A l'époque, dit-il, j'étais détenu à la prison de Forest. Je me souviens qu'un après-midi, alors que nous étions au préau, un type que je ne connaissais pas a marché vers moi et m'a dit: C'est toi Vittorio qu'on soupçonne d'avoir fait le Colruyt de Nivelles. Je sais que tu es innocent car le Colruyt de Nivelles, c'était V.´

Ce nom, Vittorio ne l'avait jamais entendu. V., il ne l'a même jamais rencontré. `Je lui ai demandé pourquoi. Le type m'a affirmé qu'après la tuerie du Colruyt de Nivelles, V. avait fait des confidences et dit notamment qu'il avait fait une très très grosse connerie. Je sais que le lendemain, V. est allé chercher les journaux pour voir ce qu'on écrivait. Il s'intéressait à ce qui était écrit sur les tueries.

On m'a dit que V. était mort bizarrement le mois suivant. C'était un camé. Son problème, c'était qu'il ne se contrôlait plus quand il avait pris de la drogue. A l'époque, j'étais le suspect numéro 1. Alors j'ai fait cette déclaration et cité son nom en pensant que ça allait détourner l'attention. Ce type qui m'a parlé de V. à Forest, je ne sais plus comment il s'appelait. Je ne sais même plus si j'ai connu son nom. Mais je me souviens qu'après, il a été transféré à Jamioulx...´


Les aveux de V...

BRUXELLES V. - l'homme de l'avenue du Forum au Burburry's taché de sang - est mort le 10 novembre 1983 à Bruxelles officiellement d'une overdose. Certains font remarquer que la date correspond à un ralentissement des tueries du Brabant. Exception faite néanmoins du meurtre le 1er décembre 1983 à Anderlues d'un couple de bijoutiers, celles-ci s'interrompent pendant quasi deux ans.

Un mois après le décès de V., le 3 décembre 83, trois hommes et une femme sont interpellés à Ohain dans un restaurant qui n'est pas celui des Trois Canards. La femme, c'est la soeur de V. Un des hommes, B., devient subitement important dans l'enquête. C'est lui qui affirme aux enquêteurs que son ami V., avant de mourir, lui a avoué qu'il avait participé à la tuerie du Colruyt de Nivelles deux mois et demi plus tôt.

Pas seulement. Il fournit bien d'autres détails - sur le meurtre de l'Auberge du Chevalier à Beersel, le vol des gilets pare-balles à Tamise et l'exécution du patron des Trois Canards à Ohain. Mais à l'époque, tout ça parait complètement délirant. Le 1er avril 1984, le commissaire en chef Henry, de la PJ de Nivelles, se fend pourtant encore d'un procès-verbal qui va dans ce sens. Mais l'enquête n'ira pas plus loin.

Au parquet de Nivelles, la priorité de Jean Deprêtre, c'est la filière boraine. Et ça peut se comprendre: plusieurs suspects sont détenus et un élément matériel les accuse, le fameux Ruger. Deux pistes en même temps, c'est une de trop. C'est montrer qu'on ne croit pas trop à la première. Il faut à tout prix trouver de quoi envoyer les suspects borains aux assises devant lesquelles tous seront finalement acquittés.

Et voilà que vingt ans plus tard, un témoin reparle de V., évoque un trench taché de sang et remet bien des choses en question...


© La Dernière Heure 2002


Ce que furent les tueries du Brabant
 

BRUXELLES Bien plus tard, en 1986, en repêchant les armes dans le Canal du Centre, en bas du Plan Incliné de Ronquières, on apprendrait que le premier fait connu attribuable aux tueurs avait été commis le 13 mars 1982: le vol sans violence d'une carnardière, fusil à canon allongé pour la chasse au gibier d'eau, chez un armurier de la rue Adolphe Sax à Dinant.

Le lien est établi avec l'attaque - avec coups de feu sur policiers - 13 août 1982, place des Nations, à Maubeuge, de l'épicerie Piot. Du... vin est volé. Fuite à bord d'une VW Santana.

VW Santana que l'on retrouve, le 30 septembre 1982, pour un vol d'armes chez l'armurier Dekaise à Wavre. Un policier tué.

Le 23 décembre 1982, le concierge de l'Auberge du Chevalier, à Beersel, est torturé puis exécuté de six balles dans la tête. Sur place, les tueurs ont mangé (de la gigue de chevreuil), bu (du champagne) et volé (des... assiettes).

Le 12 janvier 1983: le cadavre plié en deux d'un chauffeur de taxi bruxellois d'origine grecque est retrouvé dans le coffre de sa voiture.

Le 3 mars 1983: hold-up au Colruyt de Hal. Le gérant, Walter Verstappen, est abattu d'une balle dans la nuque.

7 juin 1983: vol d'une Saab 900 turbo dans un garage à Braine-L'alleud. Un chien d'attaque est abattu.

9 septembre 1983: Vol de 7 vestes pare-balles chez Wittock-Van Landeghem, une firme à Tamise près d'Anvers. Le mari de la concierge est abattu. 

16 septembre 1983: un couple d'automobilistes bruxellois rentrant de Paris et un gendarme, Marcel Morue, est abattu, en pleine nuit, à l'arrière du Colruyt de Nivelles. Les tueurs volent 50 litres d'huile, 45 kg de café, du whisky et des pralines. 

2 octobre 1983: le patron des Trois Canards, M. Jacques Van Camp, est abattu sur le parking de son restaurant, à Ohain. Les tueurs dérobent la VW Golf I Love Australia de sa fille.

Le 7 octobre 1983: hold-up sanglant au Delhaize de Beersel. Le gérant, Freddy Vermaelen, agenouillé, forcé de regarder à terre, est tué d'une balle dans la nuque.

Le 1er décembre 1983: un couple de bijoutiers, Jean Szymusik et Maria Krystina Slomka, est abattu dans son commerce, rue de la Station, à Anderlues.

Le 27 septembre 1985: double hold-up dans des Delhaize à Braine l'Alleud (trois tués) et Overijse (encore 5 tués)

9 novembre 1985: hold-up au Delhaize d'Alost. Huit tués.

Les hold-up, au total, ont rapporté 7.103.489 F. 
 
 

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