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samedi 10 août 2019

Attentat de la rue des Rosiers : des révélations bienvenues


Une instruction qui s’enlise… des coupables libres comme le vent… mais c’est bien sûr !

La « justice » française est encore aux ordres des terroristes…

Et maintenant, combien d’années pour faire toute la lumière sur les attentats islamistes de ces dernières années ?


https://www.lepoint.fr/justice/attentat-de-la-rue-des-rosiers-un-pacte-avec-les-terroristes-avait-ete-conclu-09-08-2019-2329148_2386.php

Attentat de la rue des Rosiers : un pacte conclu entre les renseignements et les terroristes


L’ancien chef des renseignements français a reconnu avoir laissé les terroristes libres en échange de la fin de tout attentat sur le sol français.


avec AFP
Modifié le 10/08/2019 à 08:09 – Publié le 09/08/2019 à 19:10 | Le Point.fr
 
<< On a passe une sorte de deal verbal en leur disant : &quot;Je ne veux plus d'attentat sur le sol francais et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu'il ne vous arrivera rien&quot; >>, a confirme Yves Bonnet.
« On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : “Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien » », a confirmé Yves Bonnet. © JACQUES DEMARTHON / AFP

Trente-sept ans après l’attentat de la rue des Rosiers à Paris, de nouveaux éléments permettent d’accréditer la thèse d’un pacte conclu entre les renseignements français et le groupe Fatah-Conseil révolutionnaire. Un ex-chef des renseignements français a été interrogé en janvier par la justice après des déclarations sur le « marché non écrit » qu’il aurait noué avec le groupe palestinien auteur de l’attentat, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier. Le 9 août 1982, trois terroristes armés de pistolets-mitrailleurs et de grenades ont tué 6 personnes et en ont blessé 22 lors de cette attaque contre le restaurant Jo Goldenberg, dans le quartier juif historique de la capitale. Selon ces sources, confirmant une information du Parisien, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Yves Bonnet, a été interrogé le 30 janvier par le juge d’instruction à la demande des parties civiles.

Yves Bonnet, 83 ans, avait en effet déclaré dans le documentaire Histoire secrète de l’antiterrorisme, diffusé en novembre 2018 sur France 2, avoir envoyé ses hommes négocier avec des émissaires d’Abou Nidal, chef du groupe Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), une faction dissidente de l’OLP à laquelle l’attentat a été attribué. Selon Yves Bonnet, l’accord prévoyait que le groupe s’engage à ne plus commettre d’attaque en France, en échange de quoi ses membres pourraient continuer à venir en France sans être inquiétés. « On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et, en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien », a-t-il confirmé le 30 janvier, rapporte Le Parisien. Selon lui, il n’aurait pas rencontré les auteurs des attentats, mais des « comparses ».

D’après Le Parisien, Yves Bonnet se défend par ailleurs de toute « collaboration » avec le groupe terroriste, préférant évoquer un pacte de « non-agression ». Cette rencontre est pour lui un succès : « Ça a marché, il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 1983, en 1984 et jusqu’à fin 1985. »

L’existence d’un tel accord avec Abou Nidal, mort en 2002 en Syrie dans des conditions suspectes, ainsi que l’infiltration du groupe dans la foulée par un agent français avaient été dévoilées en 2011 dans les carnets du général Philippe Rondot, figure des renseignements, fournissant la trame du film L’Infiltré.


Lire aussi Général Rondot : révélations sur un agent de légende

 

Encore des informations « secret défense »


Selon Le Parisien, « le magistrat instructeur a également convoqué, les 6 et 14 février derniers, Jean-François Clair et Louis Caprioli, deux ex-responsables de la lutte antiterroriste à la DST ». « Mais tous deux se sont réfugiés derrière le secret défense concernant l’accord », ajoute le quotidien. Des proches des victimes entendent demander la levée du secret défense, ont-elles indiqué vendredi lors d’une commémoration organisée pour la deuxième année consécutive sur les lieux de l’attaque par l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT). Elles ont aussi réitéré leur appel aux autorités françaises à se mobiliser pour obtenir l’extradition de l’organisateur présumé et de trois membres possibles du commando, visés depuis 2015 par un mandat d’arrêt que la Jordanie, la Palestine et la Norvège n’ont pas exécuté à ce jour.

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https://www.liberation.fr/france/2019/08/09/accord-secret-de-nouvelles-revelations-sur-l-attentat-de-la-rue-des-rosiers_1744569

«Accord secret» : de nouvelles révélations sur l’attentat de la rue des Rosiers


Par David Pargamin — 9 août 2019 à 16:05
En 1982, l’attentat de la rue des Rosiers, à Paris, a fait six morts et vingt-deux blessés. Photo Michel Clément. AFP

L’ancien patron de l’antiterrorisme, Yves Bonnet, a reconnu face au juge avoir passé un accord secret avec le groupe palestinien d’Abou Nidal afin d’éviter d’autres attentats sur le sol français dans les années 80.

 

  • «Accord secret» : de nouvelles révélations sur l’attentat de la rue des Rosiers

La confession, trente-sept ans après l’attentat de la rue des Rosiers, révèle tout un pan de l’histoire du renseignement français. Le Parisien a révélé jeudi le témoignage de l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Yves Bonnet, aujourd’hui âgé de 83 ans. Entendu au mois de janvier par le juge d’instruction en charge de l’enquête, l’ancien responsable du renseignement intérieur a reconnu avoir passé un pacte secret avec le groupe terroriste palestinien d’Abou Nidal (Fatah – conseil révolutionnaire), une faction dissidente de l’Organisation de libération de la Palestine dont au moins trois membres sont soupçonnés d’être à l’origine de l’attaque.

Le 9 août 1982, une grenade explose la vitrine du restaurant chez Jo Goldenberg, au 9 rue des Rosiers, dans le quartier du Marais à Paris. Un commando masqué et armé de fusils-mitrailleurs, débarque dans le restaurant et ouvre le feu sur les clients. L’attentat fait six morts, 22 blessés. Les premiers portraits-robots sont émis. La piste de nationalistes irlandais fait un temps son chemin, quelques semaines après l’attentat. Le capitaine Paul Barril prétend avoir arrêté les suspects. La piste s’avérera être un mensonge monté de toutes pièces par le gendarme qui aurait lui-même déposé les explosifs pour faire arrêter les nationalistes.

«Je ne veux plus d’attentat sur le sol français»


En 2011, par l’entremise du juge antiterroriste Marc Trévidic mais surtout par des policiers acharnés de la DCRI (la nouvelle DST), les auteurs présumés de la tuerie sont identifiés. Il s’agit de trois hommes, réfugiés à l’étranger et membres de l’organisation Abou Nidal. Le premier, Walid Abdulrahman, alias Abou Zayed, 56 ans, est domicilié à Skien, en Norvège ; le second, Mahmoud Khader Abed, alias Hicham Harb, 60 ans, à Ramallah, en Cisjordanie ; et enfin, Mohamed Souhair al-Abassi, alias Amjad Atta, 64 ans, qui se présente comme le logisticien du groupe, se trouverait en Jordanie. C’est la confrontation entre l’audition de plusieurs anciens membres d’Abou Nidal et les témoignages de l’époque qui aurait permis aux agents de la Direction centrale du renseignement intérieur de remonter leur trace et de déposer, par la suite, trois mandats d’arrêt internationaux à leur encontre.

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Le témoignage d’Yves Bonnet, plus de trente ans après les faits, éclaire une partie encore méconnue de l’affaire, quoique déjà évoquée dans ses carnets (saisis lors d’une perquisition dans le cadre de l’affaire Clearstream) par feu le général Rondot. A en croire le procès-verbal dressé en janvier dernier par le juge d’instruction, Régis Pierre, une rencontre clandestine aurait été organisée quelques mois après l’attentat de la rue des Rosiers entre des agents du renseignement français et l’organisation Abou Nidal, afin de garantir que la France serait épargnée à l’avenir par les attentats. «Je ne veux plus d’attentat sur le sol français, aurait alors déclaré le chef de la DST. En contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien.» Un pacte de «non-agression», en somme, résume l’ancien taulier des services secrets.

Secret-défense


«Et ça a marché, raconte Yves Bonnet contacté directement par le Parisien. Il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 83, en 84 et jusqu’à fin 1985.» Le président de la République de l’époque, François Mitterrand, a-t-il pu ignorer qu’une telle rencontre avait été organisée ? A-t-il donné son aval à cet «accord» passé entre les services de renseignement et un groupe armé ? Dans le Parisien, Bonnet assure qu’il disait tout à Gilles Ménage, directeur de cabinet de Mitterrand…

Au lendemain de ces révélations, l’avocat des parties civiles, Avi Bitton, confie à Libération son intention de déposer très prochainement une «requête auprès du juge d’instruction pour demander la levée du secret-défense dans cette affaire». Auditionnés également en février par le juge Régis Pierre, deux anciens membres de la DST, dont Louis Caprioli, s’étaient, eux, réfugiés derrière le «secret-défense» pour ne pas avoir à revenir sur le fameux pacte secret.

Quant aux suspects, toujours réfugiés à l’étranger, ils restent à ce jour protégés par leur pays d’accueil, qui refusent de les extrader. «Maintenant que les mandats d’arrêt ont été émis, encore faut-il que l’Etat français fasse tout son possible pour mettre en œuvre les extraditions, poursuit l’avocat Avi Bitton. Or, avec ce que l’on apprend aujourd’hui, les victimes ont toutes les raisons d’avoir des doutes.»

David Pargamin

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