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lundi 28 mars 2016

Le roi du clic fait la révolution : encore 72 morts, dont 29 enfants

Aujourd’hui sur le site Rue89 :

http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/28/loitravail-peuvent-les-mobilisations-ligne-263563

#LoiTravail : que peuvent les mobilisations en ligne ?

 
Par Romain Badouard, chercheur. Publié le 28/03/2016 à 13h21
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Publié le 28/03/2016 à 13h28
 
Publié le 28/03/2016 à 14h30
hilsenrath1 dans Folie
Itzig Finkelstein
génocidé
répond à inspecteur crouton
clic


Et sur l’Obs :

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160328.OBS7247/pakistan-ce-que-l-on-sait-de-jamaat-ul-ahrar-qui-revendique-l-abominable-attentat-de-lahore.html

Pakistan : ce que l’on sait de Jamaat-ul-Ahrar, qui revendique l’abominable attentat de Lahore


Pakistan : ce que l'on sait de Jamaat-ul-Ahrar, qui revendique l'abominable attentat de Lahore
A Lahore lundi matin (ARIF ALI)

Ce groupe taliban historiquement proche d’al-Qaeda se dit fier d’avoir tué plus de 72 personnes dont 29 enfants, dans un parc public.



Une énorme explosion, 72 morts dont une trentaine d’enfants, plus de 300 blessés… L’attentat-suicide commis près d’une aire de jeux pour enfants, à l’entrée d’un parc municipal bondé, dimanche soir, à Lahore, à l’est du Pakistan, est l’un des pires de ces dernières années. Il visait des chrétiens, en ce jour de Pâques, mais la majorité des victimes sont musulmanes : principalement des femmes et des enfants venu pique-niquer dans le parc, près des balançoires et des auto-tamponneuses.

Le mouvement a été revendiqué par Jamaat-ul-Ahrar, groupe issu du mouvement des Taliban du Pakistan. « La cible était les chrétiens », a indiqué son porte-parole Ehsanullah Ehsan, précisant qu’il s’agissait « d’envoyer le message au premier ministre Nawaz Sharif que nous sommes entrés dans Lahore », capitale de la région du Penjab et fief dudit premier ministre. Le porte-parole a exprimé un regret étonnant compte tenu du choix de la cible : « Nous ne voulions pas tuer des femmes et des enfants, mais des membres mâles de la communauté chrétienne ».

1. D’où vient Jamaat-ul-Ahrar ?


Jamaat-ul-Ahrar est né des tensions au sein du Mouvement des Taliban du Pakistan : en août 2014, plusieurs dirigeants ont décidé de prendre leurs distances avec ce mouvement qui multiplie les attentats au Pakistan depuis 2007. Ces tensions s’inscrivaient dans le contexte d’une guerre de succession au sein du mouvement, après la mort de son chef Hakimullah Mehsud, tué par un drone américain en 2013.

Le puissant Omar Khalid Khorasani, ancien journaliste, chef des tribus de la région de Mohmand, proche du chef d’Al Qaeda Ayman al Zawahiri (il lui aurait donné asile par le passé), était candidat au poste de commandant suprême. Mais c’est le maulana (« maître ») Fazlullah, né Fazal Hayat, qui a hérité du poste.

Omar Khalid Khorasani a alors pris la tête de la ligne dure du mouvement, fomentant des complots contre Fazlullah. On le soupçonne même d’avoir organisé en février 2014 un attentat à Islamabad pour faire dérailler des discussions entre les talibans et le gouvernement.  Il a fondé en août Jamaat-ul-Ahrar, qui signifie « Congrégation des hommes libres ».

Fazlullah a officiellement exclu Omar Khalid Khorasani en septembre 2014. Ce dernier a entrainé avec lui, dans Jamaat-ul-Ahrar, plusieurs représentants de territoires du nord-est du Pakistan (Mohmand, Bajaur, Khyber, Arakzai) et des militants de villes de la région, Peshawar, Charsadda ou Swat. Dans une vidéo, il a expliqué que le MTP était devenu trop « indiscipliné » et que sa gouvernance chaotique le conduisait les Taliban au désastre.

Omar Khalid Khorasani a confié la direction opérationnelle de son bras droit Qasim Khorasani.  Le nouveau groupe a multiplié les attaques suicides contre divers objectifs. Puis certaines sources ont annoncé que Jamaat-ul-Ahrar, déçu par le faible soutien apporté par Al Qaeda, avait fait allégeance à l’Etat islamique, information qui n’a pas été confirmée.

Finalement, en mars 2015, le porte parole Ehsanullah Ehsana a annoncé que Jamaat-ul-Ahrar était revenu dans le giron du Mouvement des Taliban.

2. Qui dirige aujourd’hui ce mouvement ?


Il est assez difficile d’y voir clair dans la gouvernance de Jamaat-ul-Ahrar. Quelques jours après l’annonce de son retour au sein des Taliban, en mars 2015, son porte parole a indiqué que Omar Khalid Khorasani et Qasim Khorasani avaient quitté volontairement la Choura (conseil exécutif) du groupe. Il a présenté ces départs comme des renouvellements de routine, conformes aux statuts. Visiblement cependant, des tiraillements ont eu lieu et des rumeurs ont même donné les deux hommes pour morts.

Le nouveau chef s’appelle Asad Afridi. Il dirigeait précédemment le sous-groupe représentant la région de Khyber. Il était, avant la scission, membre du conseil central du MPT.

3. Quel est l’objectif poursuivi par Jamaat-ul-Ahrar ?


L’objectif de Jamaat-ul-Ahrar est exactement le même que celui du mouvement souche : renverser le gouvernement pakistanais, imposer un état islamique, reprendre le contrôle de l’arme nucléaire et poursuivre le djihad au niveau mondial, juqu’à ce que le Califat règne en tout lieu…

Ce n’est pas la première fois que le groupe frappe les chrétiens de Lahore : l’année dernière, à Pâques, ils avaient attaqué deux églises catholiques, faisant 20 morts. Dans l’ensemble du pays, les chrétiens représentent seulement 2% de la population, composée principalement de musulmans sunnites.

Lahore est une cible privilégiée des Taliban : c’est une des villes les moins conservatrices et les plus riches du pays. Certains commentateurs ont relié les attentats au débat portant sur un projet de loi sur l’égalité hommes-femmes.  Une trentaine de groupes religieux, hostiles au projet, avaient en effet donné au gouvernement régional jusqu’au 27 avril pour le retirer…

Pascal Riché

Pascal Riché

Journaliste

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